stimulation – Codesign-it! http://codesign-it-ventures.fr innovation collaborative Tue, 03 Apr 2018 13:42:06 +0000 fr-FR hourly 1 https://i0.wp.com/codesign-it-ventures.fr/wp-content/uploads/2015/08/Co_logo_small.png?fit=32%2C32 stimulation – Codesign-it! http://codesign-it-ventures.fr 32 32 110756974 Un lieu pour faire sens http://codesign-it-ventures.fr/2018/04/03/un-lieu-pour-faire-sens/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=un-lieu-pour-faire-sens http://codesign-it-ventures.fr/2018/04/03/un-lieu-pour-faire-sens/#respond Tue, 03 Apr 2018 13:42:06 +0000 http://codesign-it.com/?p=1644 [...]]]> Toute société s’organise dans l’articulation de sept dimensions:

  • politique : normes, règles, institution, gouvernance
  • naturelle : manifestations de l’incorporation des données physique et biologiques
  • économique : production et distribution des richesses et des biens
  • sociologique : tout ce qui participe à la construction du social
  • temporelle :
  • individuelle : valeur de l’autonomie, de la latitude personnelle, du choix
  • spatiale : questions liées à la distance, aux placements, aux côtoiements

Sébastien Rocq débute cette session par la présentation théorique de la notion d’espace social.

Aujourd’hui, il est primordial de parler aux personnes pour qui on crée un espace, dans un langage qu’elles comprennent, qu’à travers la dimension spatiale, il est proposé une disposition :

“L’espace est d’abord et avant tout une construction sociale” La production de l’espace – Henri Lefebvre

Dans le cadre d’un design d’espace dédié à la stimulation de l’intelligence collective, au codesign, apparaît essentiel qu’une partie du lieu, de l’espace ne soit pas programmée. Cette absence de programmation, de sur-design laisse alors place à l’appropriation du lieu par les individus. Car on ne pré-détermine pas ce qu’est un lieu avant que les individus en prennent possession, se l’approprient.

Sébastien cite Michel Lussault : “Il faut voir l’espace comme un agencement spatial des réalités sociales”

L’agencement, la construction d’un espace suppose alors une compréhension amont de la société pour laquelle il est pensé, designé. Cela dit l’importance de l’espace dans la démarche de codesign. L’espace, l’environnement influence les liens qui peuvent se créer entre les individus.

Sébastien nous parle de notre société et de sa transformation : nous sommes entrés aujourd’hui dans l’ère du collaboratif, notre économie aussi, nous sommes à la fois consommateur ET créateur. Il n’y a plus de frontière entre le pro et le perso et de cette mutation de notre société  découle aussi l’accroissement du besoin de chacun de s’approprier le lieu dans lequel il évolue (personnalisation de son espace de travail, habitudes de placement dans une salle de réunion, actions rituelles…).

Au même titre que la créativité ne peut naître qu’à certaines conditions : l’imagination doit être stimulée, l’esprit doit se sentir libre, l’individu à l’aise dans son environnement.

Alors, que doit-on rechercher dans la conception d’un lieu dédié à la naissance de nouvelles idées, à l’innovation?

Pour rendre une démarche d’innovation possible, il est nécessaire d’accepter qu’elle ne peut pas se faire en intra, l’internalisation ne fonctionne généralement pas : il faut créer une bulle ouverte dédiée à l’innovation. Ce lieu permettra de monter des prototypes, expérimenter, tenter, tester, itérer… Donner à voir, rendre matériel cette quête de nouveauté, d’innovation. Rendre possible la rencontre et l’union des forces, idées et créativité de chacun.

L’erreur serait de sur-designer, car à trop vouloir prévoir, organiser, anticiper, nous serions alors contre-productifs. Tout réside dans la juste mesure, le juste milieu. Le lieu se crée et s’invente au fur et à mesure, il se co-crée par les utilisateurs qui se l’approprient, le font évoluer, le transforment. Il doit pour cela rester accessible, ouvert : chacun doit pouvoir s’y retrouver.

Un lieu d’innovation, d’intelligence collective doit conjuguer trois dimensions :

 

Alors, quelle programmation peut-on en faire ? Quelle liberté y laisser ?

Julie Credou nous parle de son expérience de chercheuse et prend l’exemple du lieu de rencontres informelles de l’ENS Cachan. Ce lieu, hors cadre et pourtant installé au cœur de l’institution a permis à bon nombre d’étudiants chercheurs d’échanger et avancer dans leurs travaux, en partageant une bière (voire plusieurs), un instant, une conversation.

Pour Julie, il est évident et précieux de laisser la place aux rencontres fortuites, à l’informel. C’est la notion de sérendipité

 De ces lieux de rencontres et moments de déconnexion naissent de grandes idées, des réponses à des questionnements, des tests d’hypothèses. Ces instants permettent la célébration de chaque étape d’un projet mais aussi le partage sans cadre, sans peur du jugement de l’autre, sans bride pour l’imagination; grâce à ces lieux d’ancrage identifiés comme des lieux de confiance. Les moments rituels, informels font que les échanges brassent, les idées émergent. Les bienfaits de la spontanéité sont à préserver et demandent de l’ouverture, de l’empathie, de la bienveillance.

Convivialité, bienveillance, liberté, autant de notions auxquelles les pouvoirs décideurs doivent être attentifs et ouverts.

Car dans l’entreprise, comme dans un lieu de recherche, la démarche d’innovation appelle de la structure, de l’exigence. Et plus c’est structuré, plus il faut des moments rituels. Plus c’est exigeant, plus la pression est forte et plus le besoin de relâche est grand. Plus c’est important, plus on a besoin de feedbacks et de confronter les idées.

Pour l’entreprise, créer un lieu d’innovation, c’est créer un lieu porteur de sens.

Comment créer de l’adhésion autour d’un projet ? Il faut lui donner une intention.

Les impératifs pour que cela fonctionne :

1/ le projet soit rattaché assez haut dans l’organisation hiérarchique, aux décideurs. il faut un sponsor à haut niveau et un ancrage dans la réalité du terrain.

2/ ne pas laisser cet espace devenir un jouet, une posture, un outil de vitrine, de communication. Ce lieu a pour objectif de créer de la valeur ajoutée. Au sein de l’entreprise, le lab a pour objectif de matérialiser et donner à voir : il ne peut être seulement vitrine de la volonté d’innover. Afin d’éviter cet écueil, la définition et la méthode de sélection des projets est à penser en amont, dans la phase même de codesign de l’espace. Car l’espace ne devient lieu d’innovation qu’à partir du moment où il s’y passe quelque chose. Et cela réside avant tout dans le lâcher-prise du sponsor stratégique, dans son acceptation de l’idée que ce lieu doit fonctionner en dehors des normes de l’entreprise.

Le lieu doit être polyvalent dans ses usages (temps de travail collaboratif, temps de pause, temps de tests, prototypages…) cela s’accompagne d’un réseau d’acteurs capables d’en tirer parti et d’une équipe en capacité de le faire vivre.

Un lieu d’innovation a donc besoin d’un agencement, de fonctions et d’activités définies, d’une gouvernance et d’une équipe dédiée.

Les rôles “casquettes” d’une équipe Lab

Arrive alors le moment de problématiser. Le sujet : le lab, lieu de stimulation de l’intelligence collective. Lieu de proposition et d’émergence de projets. Lieu de recherches, de tests, d’apprentissages et d’échanges. Lieu des possibles : outils de prototypage, modularité, aspect ludique.

L’espace doit alors offrir à l’utilisateur toute l’autonomie nécessaire à sa créativité.

Un lieu d’intelligence collective, d’innovation collaborative est fondé sur l’initiative des acteurs et l’autonomie de leur travail.

Nous avons été invité à problématiser et réfléchir à des hypothèses pour la création d’un lab d’innovation au sein d’un grand groupe en nous basant sur le vantage points model.Nous avons donc travaillé par groupe sur des dimensions différentes. Certains se sont intéressés à l’ancrage stratégique, au programme d’activités, à l’aménagement du lieu et enfin au prototypage des activités. Chaque dimension est interdépendante des autres et nous avons tous pourtant réussi à réfléchir et proposer des solutions.

De cette séance de travail en groupe, il se dégage deux grandes conclusions :

  • le prototypage est un outil formidable pour matérialiser, accélérer la productivité, expérimenter de manière très rapide
  • il est important d’aborder tous les plans d’un projet de manière systémique et itérative

Ce que je retiens de cette session :

1/ notion de l’importance du sponsorship
2/ rôles de l’équipe et importance d’intégrer toutes ces dimensions dès le départ
3/ l’adhésion passe par un projet porteur de sens : ne jamais oublier le « pourquoi »
4/ la liberté passe par l’appropriation personnelle du lieu
5/ sur-designer est contre-productif
6/ les temps de pauses, l’informel stimulent aussi la créativité, la naissance d’idées car ils sont des temps de partage et d’échange précieux
7/ Importance d’aborder un projet de manière systémique

Pour aller plus loin :

http://laviemanifeste.com/wp-content/uploads/2007/09/michel_lussault.mp3 : interview de Michel Lussault

Bourdieu Pierre. Espace social et genèse des « classes ». In: Actes de la recherche en sciences sociales. Vol. 52-53, juin 1984. Le travail politique. pp. 3-14; doi : 10.3406/arss.1984.3327

http://www.persee.fr/doc/arss_0335-5322_1984_num_52_1_3327

Lauriol Jacques, Perret Véronique, Tannery Franck, « Stratégies, espaces et territoires. Une introduction sous un prisme géographique », Revue française de gestion, 2008/4 (n° 184), p. 91-103. DOI : 10.3166/rfg.184.91-103.

URL : http://www.cairn.info/revue-francaise-de-gestion-2008-4-page-91.htm

La production de l’espace – Henri Lefebvre

Recherche et convivialité (Apérologie) – Office et Culture – Julie Credou


Restitution proposée Claire Lalanne, participante du Diplôme Universitaire Codesign.

Merci à Sébastien Rocq et Julie Credou pour leur intervention !

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Pédagogie et intentions http://codesign-it-ventures.fr/2018/04/03/1620/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=1620 http://codesign-it-ventures.fr/2018/04/03/1620/#comments Tue, 03 Apr 2018 11:33:14 +0000 http://codesign-it.com/?p=1620 [...]]]> En cette après-midi de troisième jour de D.U., après des interventions inspirantes autour de l’apprentissage (« Qu’est ce qu’apprendre ? », par Cécile et Mathilde) et de l’innovation dans l’éducation, c’est tout naturellement que deux mondes se sont mixés.

Les étudiants du D.U. Codesign qui expérimentent la pédagogie inversée et la promo du D.U. des Acteurs de la Transition Éducative deviennent un groupe fusionné d’apprenants le temps d’une journée. Une opportunité pour tous de mettre en pratique et d’essayer des concepts pour travailler autrement.

L’après-midi s’est déroulé en deux temps. Nous avons tout d’abord vécu pour la première fois, ou pas, l’expérience de la pédagogie inversée, en rupture avec les modes traditionnels d’apprentissage. En voici les étapes :

  • Stimulation par Lucas Gruez. Super héros et acteur de l’innovation dans l’éducation. Lucas est prof d’histoire & géographie, mais aussi préfet des études, honoré du prix de l’Innovation et du développement professionnel, à l’occasion de la Journée de l’innovation du Ministère de l’Éducation Nationale en 2015, pour son expérimentation d’un “collège des Intelligences Multiples”. Pour en savoir plus, c’est par là: https://padlet.com/lgruez/DU)
  • Problématisation en sous-groupes
  • Présentation des problématiques en plénière
  • Mix des groupes pour répondre à l’une des problématiques posées
  • Mise en commun en plénière des tentatives de réponses
  • Conclusion et feedbacks de Lucas

 

Nous avons poursuivi l’après midi en assistant aux présentations d’expérimentations de 3 étudiants du D.U. de Codesign. Le debrief  nous a permis de rappeler et de clarifier ce qu’on attend d’une XP (hypothèse, solution). Ce que nous retenons de ce rappel est la difficulté que l’on peut avoir à ne pas transformer une expérimentation en récit de projet. Questionner, challenger, prototyper sont les conditions pour transformer un projet en expérience…

Alors, qu’est ce qu’une hypothèse d’XP ? La réponse en image et en exemple:

Une hypothèse doit être une réponse possible au problème choisi.

Problématique: La performance d’un world café est très variable.

Hypothèse: La présence de fraises tagada sur la table améliore la performance d’un world café

Conséquence vérifiable de l’hypothèse: Si je mets des fraises tagada sur les tables, on devrait améliorer la performance d’un world café

Expérience: Un world café avec des tables avec et sans fraises tagada

Résultats: toute chose égale par ailleurs (difficile à contrôler … car les participants sont différents sur les tables…) il y a plus de propositions et elles sont de meilleure qualité sur les tables avec fraises tagada. Les participants ont vécu une expérience qu’ils décrivent comme meilleure.

Interprétation: on peut donc valider notre hypothèse et dire que la présence de fraises tagada sur la table améliore la performance d’un world café

 

 

Aujourd’hui, je me pose la question suivante : « Est ce que je me souviens d’un moment particulier ? ». Un élément semble me sauter aux yeux, la dynamique de groupe. La manière dont le groupe s’est constitué, la façon dont il s’est mixé. C’est de cela que j’ai envie de parler.

Pour rappel, nous étions deux groupes de D.U. réunis pour une journée d’apprentissage. L’un était un groupe hyper constitué et plutôt homogène de sachants quand nous étions un groupe hétérogène de personnes concentrés sur le savoir-être et les processus collaboratifs.

Si j’écoute ma mémoire et mon ressenti, le matin la mayonnaise avait beaucoup plus pris que l’après-midi. Pourquoi mixer ces deux groupes était si compliqué l’après-midi ?

Pour ma part, ma matinée résonne avec les mots suivants : nouveauté, envie, découverte. L’envie de découvrir ces nouvelles personnes avec qui nous partagions cette expérience folle de la pédagogie inversée, l’envie de travailler avec elles, et surtout qu’elles nous apportent leur regard extérieur.

L’après-midi était sans doute plus bercée par la fatigue physique et mentale de ces 3 jours de course au savoir et aux expérimentations. Je doute que ma fatigue soit la seule raison à cette difficulté de mixer deux groupes. En faisant écho avec ma pratique professionnelle, je me rend compte que j’ai oublié LA CLEF : le(s) objectif(s) commun(s) !

Pour constituer un groupe qui fonctionne et qui a envie d’avancer ensemble il est primordial d’avoir pris le temps de parler un language commun, d’avoir une intention et un objectif communs.

C’est donc ça que nous n’avions pas partagé cette fameuse après midi, nous avons fait l’exercice demandé sans savoir ou nous – groupe – nous avions envie d’aller. Nous avions des attentes et des objectifs individuels non partagés au sein du groupe.

Le voilà donc le corps émulsionnant à introduire pour que l’eau et l’huile se mélangent.

individus + objectif commum = groupe

Wouah, finalement, cet exercice de réflexivité à froid est hyper puissant !


Restitution proposée par Marine Sonilhac, participante du Diplôme Universitaire Codesign.

Merci à Alain Biriotti pour sa contribution à l’écriture de ce post !
Merci à Cécile Roche-Boutin, Mathilde Sauzet-Mattei pour leur intervention !

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Tu dois, il adhère, nous aimons… http://codesign-it-ventures.fr/2018/01/02/tu-dois-il-adhere-nous-aimons/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=tu-dois-il-adhere-nous-aimons http://codesign-it-ventures.fr/2018/01/02/tu-dois-il-adhere-nous-aimons/#respond Tue, 02 Jan 2018 17:04:47 +0000 http://codesign-it.com/?p=1462 [...]]]>  

Tu dois, il adhère, nous aimons : de l’obéissance à l’engagemnt, le secret d’une productive félicité ?

Thème général / Apports / Déroulement / Échanges

Olivier Piazza, membre de Codesign-it! et co-fondateur du Diplôme Universitaire Intelligence Collective à l’Université de Cergy n’est pas un néophyte en matière d’intelligence collective. Olivier nous ramène au fondement quasi-paradoxal du facilitateur en codesign : comment prétendre faciliter l’expression épanouie du potentiel de créativité d’un groupe dans lequel on incarne une position d’autorité ? Hum… pas facile si l’on en croit la l’abondante littérature inspirée par la théorie de l’auto-détermination (TAD).

Cette théorie, initiée par Decy et Ryan dans les années 70, est déclinée depuis dans de nombreux articles, mémoires, sites et diagrammes dont voici deux échantillons :

 

Psychologie cognitive, psychologie du travail, psychologie sociale, psychologie de la créativité, théorie du management, théorie de la créativité organisationnelle, tout le monde est d’accord pour dire, écrire, affirmer que la contrainte tue l’intérêt, l’autodétermination et l’autonomie ouvrent les portes de la motivation, et qu’intrinsèquement motivés, nous prenons plus plaisir à faire et sommes plus créatifs (cf. biblio si vous êtres auto-déterminés à en savoir +).

Mais alors, être facilitateur serait ouvrir la voie de l’autodétermination, autonomie créative ? Comment cela serait-il possible ? Et de quelle autonomie parle-t-on ? Celle du groupe, ou des individus qui le constituent ? D’ailleurs, comment s’articulent créativité/motivation groupale et créativité/motivation individuelle ? Les deux sont-elles compatibles ? L’autodétermination individuelle existe-t-elle au sein d’un groupe « facilité » ?

Autant d’apories qu’Olivier a fait germer dans nos esprits et incarné face à nous pendant cette demi-journée : comment nous instiller pendant 20mn un message édifiant sur les affres de l’obéissance et espérer nous ouvrir la voie vers une pensée autonome, individuellement vivante ? Comme souvent dans le D.U, c’est par l’expérience que la solution s’est dessinée.

Certes, les sympathisants du 10co (espaces du collectif Codesign-it! à Paris) sont un public un peu particulier pour un exercice sur l’engagement et la motivation… Depuis presque 2 jours, nous formons un groupe qui a réfléchi sur ce qu’est une « happy place », et qui a été éveillé aux délices de l’inspiration collective naturaliste, une tribu de « happy few » sélectionnés pour intégrer ce D.U à l’aune d’une motivation (intrinsèque) d’airain, bref, un groupe que l’on peut imaginer soudé, (auto)déterminé et quasiment extatique à l’idée de créer. Nous sommes peu représentatifs des écosystèmes dans lesquels un facilitateur intervient, constitués d’individus dont la créativité n’est habituellement pas toujours stimulée, valorisée, voire autorisée. Pour autant, l’expérience que nous faisons avec Olivier et qu’Olivier fait avec nous sur les ressorts de l’engagement nous plonge au cœur du sujet.

Tout d’abord, dans l’ambiance postprandiale de ce 2ème jour de session estivale, nous faisons collectivement l’expérience qu’être continuellement sollicités pour exprimer sa capacité de réflexion autonome, fût on motivé, ça fatigue ! Il faut réveiller le créatif qui est en nous sans le saturer, entretenir la flamme, soutenir la motivation. D’autre part, beaucoup d’entre nous ayant traversé les différentes phases du modèle qu’Olivier nous présente avant de prendre le chemin de la rue Ambroise Thomas, on peut imaginer que capter notre attention volontaire sur le sujet, c’est pas gagné !

Et pourtant, ça a marché ! Comment ? En faisant du modèle théorique une source d’inspiration, et du cadre un outil bienveillant et souple propice à l’organisation d’une pensée. L’importance du cadre pour asseoir l’auto-détermination est d’ailleurs soulignée dans Liberté & Cie par Isaac Getz & Brian M Carney : plutôt que de chercher à motiver les gens, les leaders se demandent « comment mettre en place un environnement où les salariés se motivent eux-mêmes ? ».

Nous nous sommes répartis en 3 groupes pour problématiser le sujet, des groupes plus grands que d’habitude, pour s’attaquer avec ardeur à un sujet ardu. Puis notre célèbre boucle PI (pédagogie inversée) a été déroulée dans une ferveur joyeuse : challenge vigilant des facilitateurs de cette session sur la formulation de nos problématiques, présentation apéritive des formulations devant la neutralité bienveillante d’Olivier, immersion volontaire dans la recherche de solutions à nos problèmes co-construits, et exposé enjoué de nos co-trouvailles dont je vous livre quelques lignes .

 

Nos 3 problématiques…

Quels éléments de contexte sont les plus favorables à l’épanouissement d’une autodétermination de groupe ?
Le modèle de l’autodétermination est un outil de réflexivité qui nous aide à tenir compte des situations individuelles : identifier les positions de chacun dans la grille d’analyse TAD afin de solliciter par les moyens de facilitation la part ouverte de chacun dans trop solliciter les défenses correspondant à leur situation. Cela peut par exemple donner des clés pour ne pas malmener des individus ou groupes drivés par un management top-down qui institue habituellement l’obéissance en norme de fonctionnement. Cadrage et autonomie ne sont pas antinomiques mais, au contraire, intrinsèquement liés, le premier conditionnant le second !

Comment créer les conditions de co-responsabilité ?
La problématique a été appliquée à la co-responsabilité d’un lieu et de sa gouvernance. Avoir la co-responsabilité d’un lieu passerait par le fait de l’incarner, avoir une vision commune sur les règles d’usage et de jeu qui s’y appliquent. La gouvernance, flexible, serait constituée de prises de décisions partagées, au même titre que la charge mentale qui y est associée pour gérer notamment les principes d’exclusion et d’inclusion attachées à ce lieu. Pour qu’il fonctionne, le lieu doit être porté collectivement par les gens qui l’utilisent, qui l’incarnent de façon à ce que personne ne semble jamais manquer : lorsque quelqu’un s’absente, les autres le reconstituent de façon agile, pas « troué » mais différent.

Comment peut-on être libre de contribuer individuellement à une œuvre collective ? Comment peut-on articuler l’ego et le co, passer de l’engagement personnel à la réalisation collective? En se basant sur des ressorts individuels ou en rebondissant sur un socle d’adhésion commun ? En prolongeant l’objet d’amour individuel par l’amour de l’aventure collective?

 

Mais aussi, un peu après…

Comment passer de l’injonction à la stimulation sans passer par la schizophrénie ? Comment éviter de soumettre les personnes que nous stimulons à des injonctions paradoxales ou à des conflits de loyauté quand leur management leur demande obéissance? La réunion de cadrage qui précède toute intervention de facilitation peut être particulièrement précieuse pour expliciter, stimuler, arracher les messages incontournables qui devront être délivrés et assumés par la direction en amont d’un atelier pour induire sans danger une évolution de la position des participants dans la matrice de l’ADT.

Au-delà d’un cadre favorable à l’émergence de la co-responsabilité, de l’autonomie du groupe, de la co-création : comment donner de la place à l’individualité dans un cadre d’intelligence collective, plus de je/jeu au service du nous ? L’effacement des egos au service du collectif est une solution palliative, à défaut de permettre à chacun plus d’expression de son individualité au service du collectif. Il s’agit d’aller au-delà de l’ego, de le transcender !

 

Bibliographie

Edward L. Deci et Richard M. Ryan, Handbook of Self-Determination Research, University of Rochester Press, 2002 (ISBN 978-1-5804-6156-6)

https://www.hacking-social.com/2015/10/13/se-motiver-et-motiver-autrui-une-histoire-dautodetermination/

https://www.lesmotivations.net/spip.php?article42

Psychologie de la créativité, Todd Lubart, Christophe Mouchiroud, Sylvie Tordjman, Frank Zenasni, Armand Collin, 2015.

De l’individuation au leadership, Edgar Stein, Dunod.

Liberté & Cie, Isaac Getz & Brian M Carney, Flammarion collection Clé des Champs, 2016

 


Restitution proposée par Chantal Joie La Marle, participante du Diplôme Universitaire Codesign.

Merci à Olivier Piazza pour son intervention !

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Le jour où j’ai parlé dauphin… http://codesign-it-ventures.fr/2018/01/02/le-jour-ou-jai-parle-dauphin/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=le-jour-ou-jai-parle-dauphin http://codesign-it-ventures.fr/2018/01/02/le-jour-ou-jai-parle-dauphin/#respond Tue, 02 Jan 2018 16:28:06 +0000 http://codesign-it.com/?p=1455 [...]]]> Rémi Sabouraud, membre de Codesign-it!, a introduit cette séance en déclamant un poème en alexandrins ; très rafraîchissant en cette première journée de canicule estivale !

Rémi est convaincu que la créativité est une compétence qui se travaille et en tant que codesigners, cette habilité fait partie de notre écologie personnelle, notre discipline de travail.

Nous avons donc cheminé au travers de plusieurs exercices visant cet apprentissage et en parallèle, nous avons expérimenté ce que l’on appelle le flow.

Le flow, c’est une sensation étrange d’harmonie de groupe parfaite, un moment où le temps n’existe plus, des instants où la concentration et l’engagement sont tels que rien ne pouvait nous distraire.

Le flow c’est aussi une histoire de courbe, d’énergie montante et descendante.

De son expérience professionnelle, Rémi nous indique que le flow se produit quand 8 éléments sont réunis :

Pour citer Rémi : « le facilitateur c’est comme un funambule sur une ligne oscillante » et c’est ce à quoi, en tant que facilitateur, nous sommes amenés à faire face en situation de modération.

Ça sera donc le thème de notre après-midi, muscler notre créativité, expérimenter l’inattendu, et constater les effets produits sur le groupe grâce à un ingénieux système de monitoring conçu par Greg et Rémi.

 

Tout a commencé par une stimulation, drôle, décalée et ludique, extraite du film OSS 117, une scène où des noms franchouillards à souhait, sont égrenés de manière totalement absurde pendant près d’une minute.

C’est à notre tour de se dire « bonjour » de cette manière, deux par deux, on ne triche pas, on ne prend pas les noms de nos proches, la consigne donnée est d’inventer !

Je me rends compte que plus on avance dans l’exercice, plus les techniques de créativité apparaissent presque naturellement et qu’en cassant les paradigmes tacites d’une recherche créative, on arrive à sortir des sentiers battus assez facilement et rapidement :

  • Analogies : Dubois, Dutilleul, Duhêtre, Duroseau, Dubuffet, Delaporte, ….
  • Modification : Dulitteul, Dusoreau, Duffubet….
  • Combinaison : Infectédelavérolle, Tuéparomicide…

Cette forme de créativité, sous contrainte, laisse ensuite la place à une autre technique, plus libre, bien qu’étant modérée : le rêve éveillé.

3 participants « cobayes » étudiants du D.U., acceptent de jouer le jeu, ils sont allongés au sol, les yeux fermés, et se laissent embarquer dans leur récit par Rémi.

Ils parlent à voix haute et imaginent ensemble quel serait le futur du DU.

Peut-être plus difficile à mettre en œuvre, en contexte d’entreprise ou dans des situations où les participants se connaissent moins bien, il me semble que cette technique doit faire l’objet de plus de précautions dans sa mise en place, je constate toutefois que le pouvoir de l’inconscient au service de la génération d’idée a fait son œuvre rapidement et s’est montré diablement efficace (…vous avez déjà parlé le dauphin ?!)

Sans transition ou presque, Rémi nous offre une nouvelle stimulation à partir d’une courte vidéo de Serge le mytho.

Et par groupe de deux, nous inventons à notre tour des histoires abracadabrantesques. Je prends cela comme un jeu, je le trouve drôle et stimulant quand se livre alors une forme de compétition induite sur le thème de « celui qui racontera la plus grosse c… ».

Au-delà d’une application directe en exercice créatif de divergence, il est intéressant de noter que nous partons à la découverte du lâcher prise, de l’imagination.

L’exercice a la vertu de démontrer qu’il est possible, voir facile d’enjamber une situation d’inconfort avec pour seul outil un peu d’imagination, d’impertinence et de liberté de ton…

Bien échauffés, nous partons à la conquête de notre dernier défi.

Le groupe est divisé en 3 et chaque sous-groupe prépare 3 situations inattendues auxquels nous pourrions être confrontés en facilitation.

Par deux, nous répondons, le plus rapidement possible à cette situation en mobilisant notre imagination et notre capacité de rebond.

 

 

Dernière courbe, ou dernier virage, retour au calme pour la conclusion avec les œuvres magiques éphémères et oniriques d’Andy Goldworthy et les Variations de Goldberg de Bach interprétées par GlenGould qui ont pour Rémi un fort pouvoir d’inventivité et qui plongent chacun d’entre nous dans un moment personnel d’introspection et de réflexivité .

 


Restitution proposée par Sophie Mourey, participante du Diplôme Universitaire Codesign.

Merci à Remi Sabouraud pour cette riche intervention, et à Greg Serikoff pour sa facilitation !

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Quelle société apprenante voulons-nous ? http://codesign-it-ventures.fr/2017/11/29/quelle-societe-apprenante-voulons-nous/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=quelle-societe-apprenante-voulons-nous http://codesign-it-ventures.fr/2017/11/29/quelle-societe-apprenante-voulons-nous/#respond Wed, 29 Nov 2017 14:13:50 +0000 http://codesign-it.com/?p=1365 [...]]]> Nous accueillons Amodsen Chotia du CRI (Centre de Recherches Interdisciplinaires) sur un sujet passionnant : les enjeux liés à la société apprenante. Amodsen CHOTIA, biologiste et physicien, est chercheur en innovation pédagogique dans le champ des Sciences du vivant au CRI.

I – QU’EST-CE QUE LE CRI ?

L’ambition du CRI est de créer de la valeur autour de l’interdisciplinarité. Il accompagne et impulse de nouvelles idées au bénéfice des différents acteurs de l’éducation : les rectorats, enseignants, chercheurs, chefs d’établissements, et surtout les apprenants ! Il organise des rencontres pluridisciplinaires afin que chaque spécialiste puisse réinterroger sa propre discipline avec une perspective nouvelle enrichie par l’interdisciplinarité. Discipline > Pluridisciplinarité > Interdisciplinarité

Le CRI  est un hub. Un lieu physique de rencontres, hébergeant de petites équipes de recherche pour faire progresser l’éducation, offrant des espaces de prototypage, prolongé par un écosystème numérique pour apprendre et partager. La coopération à toutes les échelles est clé dans l’apprentissage.

Les étudiants du CRI sont immergés dans ce hub, et y réalisent des boucles d’apprentissage.
Exemple de boucle d’apprentissage dans le champ des sciences du vivant :

Observer > Questionner > Prototyper > Apprendre en faisant ou Apprendre en jouant > Essai/erreur.

Les chercheurs stimulent ces boucles d’apprentissage par leur posture de mentors bienveillants. Les interactions et itérations sont permanentes et croisées entre étudiants, entre chercheurs, et entre étudiants et chercheurs. La pédagogie inversée est créatrice de valeur par rapport à la classique pédagogie descendante, ce sont les étudiants qui ont l’initiative des questions adressées aux chercheurs qui les stimulent et les accompagnent.

Ce dispositif pourrait-il s’appliquer à d’autres lieux de formation ? À l’école élémentaire ? Aux masters ? Aux écoles doctorales ? A la formation continue et à la société toute entière ?

Son rayonnement repose sur la diffusion de recommandations pour des structures éducatives apprenantes.Le CRI a notamment formulé des propositions pour des universités apprenantes :

Son enjeu est d’adapter le système scolaire aux évolutions sociétales en cours . « Le système scolaire est une étape importante dans le processus de socialisation. Il détermine la vision du monde de chacun, sa manière de penser, de se comporter. »

Nous faisons toutes les deux le constat que le fonctionnement de la plupart des organisations tant privées que publiques procède aujourd’hui de celui vertical de l’école de la République. Au sommet de la hiérarchie les anciens bons élèves, en bas les moins bons. Les processus de décision sont verticaux et descendants, on se réfère à des cadres et modèles éprouvés peu propices à l’expérimentation, aux itérations répétées et à l’innovation requises pour s’adapter aux évolutions sociétales. Le droit à l’erreur n’existe pas.

Au terme de cette présentation du CRI, nous formulons l’hypothèse que la transformation du système éducatif peut être une réponse aux grands enjeux de transition.

II – POURQUOI ET COMMENT TRANSFORMER LE SYSTÈME ÉDUCATIF POUR RÉPONDRE AUX DÉFIS DE LA TRANSITION ?

Notre société toute entière doit devenir apprenante afin de faire face à des transformations majeures. L’enjeu est créer un système éducatif construisant la confiance de ceux qui demain vont vivre un nouveau monde qu’on ne peut leur décrire.

Sir Ken Robinson a produit il y a 6 ans une analyse fine des origines et des limites du modèle éducatif actuel. Il est le produit du cartésianisme des Lumières conjugué aux enjeux économiques de l’ère industrielle. Il opère une sélection entre les individus capables d’adopter un raisonnement linéaire dit académique et les autres, relégués au bas de l’échelle sociale. La collaboration, essentielle au processus d’apprentissage, y est proscrite : c’est de la triche. En exigeant des enfants une attention exclusive à des programmes académiques, au détriment de leur sensibilité et de leurs autres aptitudes, il tarit leur capacité à adopter une pensée divergente. Celle-ci diffère de la créativité. La créativité est un processus permettant l’émergence d’idées originales ayant de la valeur. La pensée divergente, compétence nécessaire à la créativité, est l’aptitude à identifier de multiples réponses à une question, de multiples interprétations possibles de celle-ci, à penser latéralement, pas seulement de manière linéaire ou convergente. Une étude a montré que 98 % des enfants détiennent cette aptitude à un niveau extrêmement élevé, et qu’elle se détériore profondément au fil des années de scolarisation, aux termes desquelles on considère qu’une personne est « éduquée », c’est à dire « formatée ».

Quelles sont les alternatives ? Comment changer de paradigme en matière d’éducation ?

Voici quelques Ted Talks de Ken Robinson pour y voir plus clair :

Changer les paradigmes de l’éducation
L’école tue la créativité
Comment échapper à la vallée de la mort de l’éducation
Déclencher la révolution

Nous avons choisi de rapporter ici sous un angle très subjectif ce que nous retenons de cette intervention pour notre parcours personnel. Nous travaillons dans le champ du développement des compétences et de la transformation RH dans des organisations de service public et sommes toutes deux mères de famille, portant un regard attentif et souvent critique sur l’école de nos enfants.

C’est avec ce prisme que nous avons choisi et collecté les réflexions et propositions des différents groupes, les plus fécondes, à notre sens, pour répondre à ce défi. Cet inventaire constitue l’ébauche d’une boite à outils à expérimenter, s’approprier, enrichir.

Apprendre pour saisir le présent et appréhender l’avenir

Via la formation initiale, on apprend surtout le passé : les programmes de l’élémentaire au Bac portent sur l’étude du passé, de la préhistoire au 21ème siècle. Ceci contribue mais ne suffit pas à éclairer le présent, ni surtout à y repérer les signaux faibles de l’avenir afin de s’y préparer et surtout de le construire. Il faudrait enseigner la prospective inventée par Gaston Berger, industriel et philosophe, ancien résistant devenu directeur général de l’enseignement supérieur au ministère de l’éducation nationale de 1953 à 1960. Celle-ci permet à tous de construire le présent en fonction de l’avenir que nous souhaitons. Gaston Berger nous incite à «voir loin, large» (pour dépasser les vues étroites des spécialistes), à «prendre des risques» (la prospective permet une liberté que n’autorise ni le court terme ni l’urgence), et de «penser à l’homme».

«(L’avenir sera) alors ce que nous aurons voulu qu’il fût» car «regarder un atome le change, regarder un homme le transforme, regarder l’avenir le bouleverse ».

Libérer l’école et les apprenants 

Parallèlement à la création de l’école laïque et obligatoire, on a créé des corps enseignants et une science, les sciences de l’éducation, qui ont comme confisqué la fonction enseignante. A tel point que les parents qui aujourd’hui décident de prendre en charge l’éducation de leurs enfants parlent de « faire l’école à la maison »… Il nous paraît important de reconnaître à la société dans toutes ses composantes son aptitude à former. L’école ne doit plus être un lieu unique (l’école ou l’université) pour un ou deux temps (formation initiale puis professionnelle) mais partout, dans la société ouverte et toute la vie.

De la même façon, le statut d’apprenant est plus souvent associé à la nécessité de combler un déficit de connaissances qu’à un processus naturel d’adaptation au présent et de préparation de l’avenir.

Faut-il s’affranchir des modèles existants ?

Si les cadres et les modèles sont utiles, rassurants, ils ne facilitent pas l’émergence d’une culture et de postures d’ouverture, de curiosité, de créativité, d’innovation, encore moins la prise de risque, l’audace, les logiques d’essai/erreur. Se référer à des modèles expose au risque de reproduire des schémas de pensée et d’action inadaptés aux besoins actuels. Une fois les modèles intégrés, maîtrisés, l’enjeu est de s’en affranchir. Et d’insuffler très tôt des logiques d’observation, de questionnement, de test, et d’itération, dans lesquelles l’erreur est reconnue comme une étape de l’apprentissage.

C’est bien le schéma de l’expérimentation que nous avons à mener dans le cadre du DU : observer un contexte, le questionner, poser des hypothèses (ou tout du moins une) pour tenter de résoudre une problématique, réaliser des tests et observer ce que cela produit…

Hybrider les formats pour passer de l’école pour TOUS à l’école pour CHACUN

L’enjeu de l’éducation, c’est que chacun, quelles que soient ses aptitudes, puisse se construire, faire grandir sa confiance en lui et être reconnu comme individu. Des parcours personnalisés prenant en compte les projets et talents de chacun permettraient de recontacter l’envie innée d’apprendre, alimentée par le sens que chacun verrait à la réalisation de son futur souhaité.

Nous préconisons une école dynamique sachant s’adapter à chacun et encourageant une posture apprenante, audacieuse et agile, tout au long de la vie. Elle ne rejetterait pas en bloc le système classique au profit de systèmes alternatifs mais concilierait le meilleur des deux mondes en recommandant des méthodes, parcours, contenus, personnalisés, adaptés aux besoins, profils et potentiels de chacun (enfants/adultes).

Dans ces systèmes hybrides, protéiformes, chacun pourrait se positionner sur les différents curseurs et les faire évoluer, pour bénéficier de la meilleure trajectoire … pour lui-même !

Exemples de curseurs :
– Lieux ouverts type FabLab vs lieux fermés type salle de classe
– Parcours unique vs parcours séquentiel, itératif et personnalisé choisi par l’apprenant
– Apprentissage collectifs vs individuel
– Théorique vs pratique
Facilitateurs bienveillants proposant des ressources inspirantes vs enseignants
– Posture passive vs posture apprenante, audacieuse et participative

Nous nous laisserions bien tenter par un système en mode PARKOUR !

Cohabiter avec les Intelligences Artificielles : un défi pour la société apprenante ?

La cohabitation entre les humains et les Intelligences Artificielles (IA) représente elle aussi un défi pour la société apprenante. Comment collaborer, co-apprendre ? Peut-on concevoir des démarches collaboratives entre intelligences humaines et intelligences artificielles ? Une pédagogie inversée augmentée ? Une forme de trans-pédagogie ? Voici un nouveau défi à relever pour les équipes du CRI et le collectif Codesign-it !

Certains se sont prêtés au jeu en proposant de nouveaux blocs thématiques pour enrichir nos connaissances :

– technique (interface, augmentation, making, 3 lois de la robotique, algorithme),
– intelligence du futur (veille, langage, art, etc.),
– relation (rapports aux émotions, à la sexualité, à l’éthique, à la psychologie, à l’éducation citoyenne, affranchissement des genres, transhumanisme),
– organisation (management inter-intelligence, nouvelle place du travail dans la société, création d’un job de CRO (Chief Robot Officer) ?

III – CE QUE NOUS RETENONS

Cette plongée au cœur d’un sujet central pour nos sociétés ne nous laisse pas indemnes ! Comment faire pour que d’autres s’emparent du sujet ? Comment essaimer, polliniser, partager les réflexions  via des canaux variés qui permettront à tous de prendre conscience des enjeux et des expérimentations menées dans une logique d’appropriation, de test et d’essaimage …

Hybrider et inclure pour accélérer la transformation ? Faire bouger les lignes collectivement en intégrant l’ensemble des parties prenantes nous semble être une clé. Pour cela, nous rêvons de faire tomber les frontières de la sphère éducative en invitant les entreprises à s’interroger, à contribuer, à s’engager à chacun des niveaux, bien au-delà des dispositifs existants (apprentissage, stage…), dans des rencontres et actions communes fertiles.

Nous rêvons d’un monde apprenant en mouvement permanent où chacun des membres de l’écosystème aurait la possibilité de jouer l’ensemble des rôles à tout moment pour stimuler sans cesse les boucles d’apprentissage : un jour « apprenant », la minute qui suit « producteur de contenus », le lendemain « diffuseur », puis « co-financeur », ou encore « facilitateur », etc.
Un monde où le vivant serait utilisé partout, tout le temps, pour apprendre à tout moment. Un monde où l’audace, la prise de risque, le droit à l’erreur seraient reconnus, encouragés et intégrés dès le plus jeune âge.

Un monde qui permettrait à chacun de développer tout au long de sa vie les compétences qui lui seraient utiles pour s’intégrer, évoluer, transformer, innover. Des compétences utiles pour lui mais aussi pour le collectif. Un monde où l’école n’existerait plus parce qu’il existerait des milliers d’espaces d’expériences et d’apprentissage tous différents.

Nous rêvons d’un monde qui offrirait aux générations futures la promesse de vivre une Aventure Apprenante tout au long de leur vie. Une aventure unique, une aventure qui ne serait pas linéaire, qui ne serait pas prédéterminée, une aventure hybride, personnalisée où chacun aurait la possible de n’emporter que le meilleur…pour lui-même, et au bénéfice de tous.

Pour aller plus loin : Synthèse du rapport Taddei sur la société apprenante 

 

Restitution proposée par Sarah Illien et Hélène Amoussou, participantes du Diplôme Universitaire Codesign.

Merci à Amodsen CHOTIA pour sa stimulation, Alain BIRIOTTI pour sa facilitation

Cette œuvre de Codesign-it! est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

Licence Creative Commons

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La P.I. c’est pas de la tarte http://codesign-it-ventures.fr/2017/05/21/la-p-i-cest-pas-de-la-tarte/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=la-p-i-cest-pas-de-la-tarte http://codesign-it-ventures.fr/2017/05/21/la-p-i-cest-pas-de-la-tarte/#respond Sun, 21 May 2017 11:54:05 +0000 http://codesign-it.com/?p=824 [...]]]> Ce lundi matin le soleil brille déjà haut dans le ciel bleu d’avril. Mes veines sont saturées de globules rouges après une excellente semaine de snowboard printanier à 3000m, je suis plutôt bien rechargé, fin prêt pour entamer ma première session du Diplôme Universitaire de codesign, pourtant :

J’avoue, je flippe un peu ! Pourquoi retourné-je à l’université ?

Même avec 20 années de carrière passées à fouler des centaines de scènes, des milliers d’heures de studio, après des dizaines de sessions de travail collaboratif dont les plus récentes sont en tant que coach pour l’innovation chez EY, l’idée de repasser par la case fac reste un challenge qui ne me laisse pas indifférent : Qui sont les autres étudiants ? D’où viennent-ils ? Quel niveaux ont-ils ?

 

Pour ce diplôme en cursus continu qui ne suit pas de calendrier scolaire, des nouveaux comme moi, il en arrive toutes les cinq semaines. Les plus anciens, eux, soutiendront leurs expérimentations à la fin de ces 3 jours après avoir éprouvé entre 5 et 7 sessions comme celle que je commence.

Je n’ai cependant pas le temps de tergiverser dans tous les sens, le chauffeur du taxi qui me conduit vers l’immeuble de la FDJ me narre son parcours professionnel chaotique, pour me confier au final qu’il s’inquiète de l’avenir de son fils qui passe ses nuits enfermé devant sa console de jeu. Je le rassure, lui contant que moi aussi, enfant je passais mon temps derrière un ordinateur à programmer des jeux et que ce sont ces fondamentaux, maintenant ancrés au plus profond de moi, qui servent de socle à mes diverses activités. «Je suis certain que votre fils est en train de développer des skills qui lui serviront plus tard » – lui affirme-je à voix haute – «cela lui permettra d’exercer confortablement certains des 65% de métiers de 2030 qu’il reste encore à inventer». Bienveillant tel un Uber, il ne me répond pas. Je vois bien néanmoins à son sourire crispé au moment de claquer la portière, qu’il aimerait bien me croire, juste un petit peu… Et c’est avec entrain que j’entre dans le bâtiment, me dirige vers les charmantes hôtesses d’accueil pour récupérer un badge.

Je monte dans l’ascenseur en scrutant discrètement mes voisins dans l’espoir de savoir si l’un d’entre eux est un «diplômant», la pression monte à la mesure des étages… Ding ! L’ascenseur s’arrête. C’est seulement quand les portes s’ouvrent que tout se relâche, d’un coup tout va pour le mieux : je vois juste en face de moi, au loin mais coloré, une baie vitrée à travers de laquelle j’aperçois des post-it sur des murs ornés de facilitation graphique. Yes ! Le seuil de l’AZAP à peine franchi, j’entends «Bonjour, je suis Sophie, bienvenue».

Les couleurs chatoyantes du buffet d’un petit-déjeuner mêlées à l’odeur agréable du café suffisent à me faire baisser les dernières armes, l’inclusion est parfaite, la journée peut continuer ! Ainsi, la transition vers la première session collaborative se déroule de manière tout aussi fluide. Chacun a naturellement trouvé sa place sur les 25 chaises prédisposées en arc de cercle dans la plénière et la pile de livres et de carnets Moleskine brandés Codesign-it! est rapidement distribuée comme cadeaux de bienvenue aux 9 nouveaux arrivés.

Après un récapitulatif précis des attentes du Diplôme Universitaire fait par Greg, puis la présentation du cycle et de la grille PI (pédagogie inversée), Cécile ouvre le rituel avec le pitch d’ouverture que ma facette empathique adore, mais qui reçoit un accueil mitigé car elle a omis d’introduire François Rochet le meneur de la stimulation (maligne, elle hackera le système en co-pitchant la session de l’après-midi). Puis Greg et François Rochet entament la session en écrivant 4 sujets sur le tableau blanc numérique interactif :

1) Parkour
2) Tiers-lieux | Labs | AZAP
3) Documentation de dedans ou de dehors
4) Jeu de cartes design thinking.

La consigne tombe :«Inscrivez votre prénom sous un des sujets avec comme seule contrainte la diversité nécessaire, dans quelques secondes ces groupes sont complets ! » . L’adrénaline monte…

Je suis bien en cours, côté participant, étudiant, apprenant, quelque soit le nom choisi, le principe est clair pour moi c’est par l’expérimentation que naîtra l’apprentissage.

Mon expérience de la co-gestion d’un espace de coworking et la présence de mon collègue Fred Debailleul avec qui j’ai fait la formation de facilitation graphique l’année passée me font choisir le sujet 2 (Tiers-lieux | Labs | AZAP). Le groupe est fluide et la problématisation se met en œuvre de façon naturelle. Chacun apporte de l’eau au moulin questionnant le sens de AZAP (on apprendra de vive voix plus tard que cet acronyme signifie Accelerated Zone for Accelerated Projects), posant le fait qu’un tiers-lieux n’est pas le bureau (il s’avère que la définition de Tiers-lieu est « ni maison ni lieu de travail usuel »), argumentant sur la nécessité d’une infrastructure dédiée, etc. Grâce au feutres de Fred le tableau se structure rapidement pour faire apparaître un nuage de questions : C’est quoi ? Qui ? Comment ? Pourquoi ? Propice ? Et des pistes de réponses se dessinent…

Ensuite, les problématisations entreprises par les groupes se déroulent dans une atmosphère bon enfant. Ainsi, on découvre le sujet parKour à travers la restitution des présentateurs de la première équipe. J’ai bien aimé la métaphore avec le sport dont le nom s’inspire, qui consiste — pour les athlètes —  à faire des acrobaties dans un environnement urbain en choisissant son propre parcours, à exécuter rapidement et avec fluidité. Si vous connaissez les Yamakasi qui sautent d’immeuble en immeuble ou bien Assassin’s Creed vous voyez de quoi je parle. Greg nous explique que ce parKour consiste – pour les équipes de participants – à construire son propre chemin d’innovation à travers des balises de session de travail collaboratif telles que : balise prototypage, balise idéation, balise BMG, etc.

L’équipe suivante nous parle de documenter les sessions de travail collaboratif. Les filles nous expliquent comment elles ont pris le parti de rester en posture d’observation de certaines équipes (en effet, je me souviens de ce moment où 4 yeux te regardent sans rien dire) et comment elles ont choisi d’interférer en s’incluant dans d’autres équipes pour en documenter la réflexion. On retient que la problématisation arrive différemment selon les équipes puis on diverge sur la physique quantique…! Ce que j’en retiens c’est que le principe d’incertitude d’Heisenberg peut s’appliquer dans notre cas : «La mesure perturbe le résultat».

Enfin le dernier groupe nous présente leur découverte du jeu de cartes Design your Sprint, conçu par Melissa Aldana et Vincent Dromer de la start-up Klap Ce jeu agrège la méthodologie de Design Thinking dans une forme ludique pour accompagner le travail collaboratif.

Greg propose de reconsidérer nos problématisations : « La problématisation ne produit pas une question, mais une assertion. C’est la formulation d’un problème à résoudre. » À ce moment tout devient limpide, je saisis que je suis en train d’apprendre de manière réflexive suite à l’expérimentation qui vient de se dérouler : le cycle PI que nous venons de vivre, la grille PI et ses définitions, le principe de Pédagogie Inversée (PI) lui même.

Il est 13h passé, ça fait plus de 4 heures que nous sommes là et j’en veux encore plus ! Je sais maintenant que j’ai ma place ici avec mes nouveaux camarades, on va passer de bons moments, de belles expériences, de belles chutes et relever de nombreux défis pour ressortir grandis et devenir de meilleurs nous-mêmes. Même plus peur, ce diplôme c’est de l’or pour l’avenir ! Dernière question avant de partir déjeuner : «Qui souhaite faire la restitution ?». C’est ma première, et à peine défloré, je suis tellement chaud que je me propose d’office de la faire sous le regard étonné des anciens…

Et vous, dites-moi, reprendriez-vous une petite part de PI ?

Merci à François Rochet et Greg Serikoff pour leur belle introduction au DU ! Merci à Vincent et Melissa pour leur super jeu de cartes !

Restitution proposée par Evy Raelison, participant du Diplôme Universitaire Codesign.

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Être en présence… http://codesign-it-ventures.fr/2017/02/25/etre-en-presence/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=etre-en-presence http://codesign-it-ventures.fr/2017/02/25/etre-en-presence/#respond Sat, 25 Feb 2017 08:58:36 +0000 http://codesign-it.com/?p=739 [...]]]> Cette session promet d’être riche avec Patrick Frick, co-fondateur de The Value Web (organisation partenaire du D.U Codesign) venu nous parler d’un projet commencé en 2010.

Le sujet est passionnant : il s’agit de créer la nouvelle vision pour l’agriculture au niveau planétaire. Cette co-création implique 20 pays et une multitude d’acteurs (gouvernements, secteur privé, société civile, agriculteurs ainsi que 400 experts techniques).

Pour des raisons de proximité avec les acteurs d’un tel projet, Patrick, d’origine suisse allemande, s’est installé à Washington DC. C’est donc via vidéo-conférence et en anglais que Patrick fait son intervention.

Patrick commence son speech. Au bout d’une minute, Greg se lève, prend un marqueur et commence à prendre en note, en français, l’intervention de Patrick. Il vient de réaliser que la mauvaise qualité de la vidéo-conférence allait poser un problème pour une partie d’entre nous qui ne maitrisons pas parfaitement la langue de Shakespeare. Après cinq minutes et un tableau noirci, il tend le marqueur, laissant entendre : « Qui prend le relais ? ». Gaële se lève et poursuit la mission de main de maître. Cependant une information semble lui avoir échappé. C’est alors que Quentin se lève à son tour et vient prêter main forte à Gaële ; complète sa prise de note et continue sur sa lancée. Avant même que Gaële et Quentin n’arrivent à la fin du dernier tableau à leur disposition, Solange et Léo anticipent en rapatriant 2 nouveaux panneaux effaçables récupérés en fond de salle et se mettent à la tâche.

Résultat : 5 tableaux de prise de notes et surtout 24 participants avec le même niveau d’information.

Cette petite expérience, certes anecdotique, a été l’occasion d’un bel enseignement sur la compréhension du rôle du facilitateur.

Au moment où Greg a passé la parole à Patrick, on entrait dans la phase de « stimulation » de la Pédagogie Inversée. Autrement dit, un moment particulièrement magistral : un orateur qui présente un témoignage à un auditoire en posture d’écoute. Cette configuration, qui était prévue pour ½ heure, ne nécessitait donc pas d’intervention particulière d’un facilitateur ou autre animateur.

Le fait est que Greg est resté. Pourquoi ? Peut-être n’était il pas rassuré par le dispositif technique qu’il avait mis en place et qu’il le sentait instable (mauvaise connexion internet). Finalement, ce n’est pas la connexion qui posa problème mais la qualité du son. Face à l’inconfort manifeste de certaines personnes de l’auditoire, Greg mit en place son système de prise de notes. Le fait d’inviter à prendre le relais après avoir lancé le mouvement, a créé la dynamique du groupe qui finalement s’est organisé et autonomisé. Belle mise en abîme de nos apprentissages.

Ce qui devait être une séquence top down, s’est finalement transformé en un temps co-facilité. Et si la dynamique s’est bien mise en place, avec les bons réflexes, la bonne attitude, la bonne technique, les bons relais, et au final une bonne qualité d’écoute, tout cela n’aurait pu se réaliser sans une attention particulière et initiale du facilitateur.

Dans « From the Front of the Room » (petit traité sur la facilitation offert à tous les participants du D.U), Dan Newman explique que, s’il est primordial qu’un facilitateur ait comme principale qualité une « vraie » écoute de ses sponsors, son attention ne doit pas se limiter à ce seul périmètre.

Les leviers de facilitation utilisés lors d’une session sont nombreux et sont finalement autant de capteurs à la disposition du facilitateur pour prendre le pouls d’une session. Le facilitateur se doit d’être attentif, « aware ». J’ai déjà entendu certains facilitateurs parler d’être en « hyper-conscience » avec sa session.

Parmi ces nombreux leviers, 5 d’entre eux que Dan Newman qualifie de « logistiques » sont trop souvent sous-employés voire sous-estimés et pourtant essentiels:

pieuvre

Prendre en considération chacun de ces aspects permet d’optimiser l’expérience et la présence des participants lors d’ateliers de travail en mode collaboratif et donc la qualité de leur contribution.

Dans le cas présenté ce sont bien le son et le matériel qui ont fait défaut. De la compréhension du speech de Patrick, dépendait la qualité de la séquence entière de l’après-midi.

Est ce que cela aurait pu être anticipé ? Peut être… Mais finalement peu importe, puisque cet incident a permis d’expérimenter un autre enseignement qui est celui d’ « accueillir l’imprévu ». Et cela a pu se réaliser grâce à la mise en place d’autres leviers de facilitation tels que la documentation en live.

Et pour ceux qui se sentent frustrés de ne pas avoir un retour sur le contenu de l’intervention de Patrick Frick, vous trouverez ci-après les désormais fameuses prises de notes :

A B C D E

 

 

 

 

 

 

 

Merci à Gaële, Solange, Quentin, Léo et Greg !

Merci à Patrick Frick pour son intervention !

Restitution proposée par Martin Boudier, participant du Diplôme Universitaire Codesign.

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