embarquement – Codesign-it! http://codesign-it-ventures.fr innovation collaborative Tue, 15 May 2018 06:01:59 +0000 fr-FR hourly 1 https://i0.wp.com/codesign-it-ventures.fr/wp-content/uploads/2015/08/Co_logo_small.png?fit=32%2C32 embarquement – Codesign-it! http://codesign-it-ventures.fr 32 32 110756974 Prêts pour un apprentissage récursif ? http://codesign-it-ventures.fr/2018/05/15/prets-pour-un-apprentissage-recursif/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=prets-pour-un-apprentissage-recursif http://codesign-it-ventures.fr/2018/05/15/prets-pour-un-apprentissage-recursif/#comments Tue, 15 May 2018 05:56:19 +0000 http://codesign-it.com/?p=1816 [...]]]> Que signifie apprendre aujourd’hui ? Comment se mettre en posture d’apprentissage ? Comment mieux appréhender le parcours de l’apprenant ?

Lors de l’embarquement de la session d’avril, première matinée des trois jours consacrée à une réflexion sur le D.U Codesign, les participants ont tenté de mieux comprendre les enjeux de la formation en expérimentant le prototypage du parcours de l’apprenant. Faire un pas de côté et mettre en perspective récursivité et pédagogie inversée, tels étaient les enseignements « mis en jeu ». Retour sur un embarquement récursif.

Rituel de la première matinée de session, l’accueil des nouveaux arrivants. Cette fois, ils sont 4. Normalement, chacun a été informé de ce qui se passe dans le DU par un autre « DU’z’ien » ou « Du’Zienne ». A chaque session, les nouveaux arrivants se présentent rapidement et reçoivent un cahier par « l’embarqueur », un cahier qui servira peut-être de journal de bord. Cette fois, Édouard Cazamajour qui co-facilite cette session avec Catherine Foliot propose une nouvelle consigne de présentation.  « L’embarqueur » doit partager un mot à « l’embarqué », un mot qui l’accompagnera pendant le DU. « Lâcher-prise, exploration, changement, plaisir »… Que des mots inspirants pour un voyage collaboratif !

Parce que les groupes ne sont jamais les mêmes, – c’est la particularité de chaque session -, il n’est pas toujours facile de mettre un nom sur un visage. Afin de mieux se connaître, Édouard propose d’utiliser le diagramme de Venn. L’idée est d’échanger par trois sur nos points communs et de les écrire dans les intersections formées par les trois cercles. Les nouveaux arrivants se mettent chacun dans un groupe différent afin d’être intégrés tout de suite. On échange, puis on écrit nos points communs sur des post-it.

Après quelques minutes d’échanges, une nouvelle consigne d’Édouard :

  • Qu’est-ce qu’on partage au DU ?
  • Qu’est-ce qu’on ne partage pas ?
  • Qu’est-ce qu’on vient chercher ?

Une parole inspirante est écrite au tableau : « L’énergie de chacun est le cœur de la réussite du collectif. » Les discussions reprennent bon train. Dans mon trio formé avec Jean-Etienne et Anouk, nous échangeons beaucoup. Et ce que j’en retiens, c’est que malgré les motivations propres à chacun, l’année du DU est placée sous le signe du changement professionnel et personnel.

Le DU change aussi de coordinatrice. Nous assistons au passage de relais entre Mai-Liên et Julie pour qui une page se tourne. J’ai beaucoup appris sur les postures d’apprentissage et sur l’ingénierie pédagogique, partage Julie même si des questions l’animent encore : Comment fait-on pour comprendre ce qu’on attend de nous ? Comment fait-on pour comprendre l’enjeu des grilles PI (grille de pédagogie inversée) ?

Quant à Mai-liên, elle est passionnée par les questions d’innovation éducative et s’interroge la manière de créer les conditions pour que chacun puisse trouver sa voie…

D’ailleurs, elle nous partage sa vision du DU avec un prototype qu’elle a réalisé présentant l’écosystème de l’apprenant : « Il y a des vers de terre, l’eau qui fluidifie, le vent, qui décale, qui fait déplacer les éléments initialement posés, la terre qui structure, qui nourrit, les abeilles et les papillons qui permettent de se connecter, le soleil qui réchauffe et rassure, les petites pousses qui sont tous ces éléments que l’on apprend collectivement. Et il y a ces éléments qui composent et font le DU : les mentors, les intervenants, la grille PI, les lieux du DU, les collectifs de participants, les publications. C’est un système fragile et en mouvement.

Et aux participants de souligner : « Mais il n’y a pas de coordinatrice dans la maquette ! »

Soudain Mai-liên réalise qu’elle s’est oubliée sur le plateau de jeu. La coordinatrice, c’est le garde-forestier, s’exclame Catherine Foliot.

Dans cette métaphore de la forêt, poursuit Catherine, on a envie de réinterroger le parcours de l’apprenant. C’est une façon de mieux comprendre la vie secrète des arbres. Nous sommes tous interdépendants, complète Mai-liên.

Catherine propose de réfléchir sur ces trois questions :

  • Qu’est-ce qu’apprendre aujourd’hui ?
  • Quels sont nos maîtres, nos guides, nos référents ?
  • Quels sont les liens avec la posture de l’apprenant aujourd’hui ?

Après un temps de réflexion personnel, nous échangeons en sous-groupes. Dans le mien, ça fuse. Dès qu’on parle d’apprentissage, chacun se sent concerné. Apprendre aujourd’hui soulève de nombreuses problématiques. Pédagogique : le système éducatif doit permettre à chacun de trouver sa place ou encore l’expérimentation en classe de nouveaux modes d’apprentissage – jusqu’où pousser la pédagogie ? Scientifique : des études sur les neurosciences ont montré l’impact sur le cerveau de l’apprentissage descendant. Futuriste : l’utilisation de l’intelligence artificielle pour le recrutement, en passant par l’obsolescence des compétences.

Pour moi, apprendre aujourd’hui, c’est savoir repartir de zéro, c’est savoir changer de point de vue, c’est être capable de faire quelque chose dont je ne me croyais pas capable. Me reviennent les paroles du philosophe Alain Badiou que je partage au sous-groupe : « Le bonheur, c’est lorsque l’on découvre que l’on est capable de quelque chose dont on ne se savait pas capable. »

Après discussion, nous tombons d’accord sur le fait qu’apprendre, c’est finalement un moyen d’être heureux, un moyen d’approcher du bonheur.

Ensuite, Catherine nous délivre la consigne de prototyper le chemin des actions de l’apprenant dans son écosystème en tenant compte de cinq éléments :

  • Actions/tâches
  • Responsabilité
  • Engagement
  • Postures
  • Interactions

Le magasin est ouvert. Il regorge de fournitures en tous genres : pâtes à modeler de toutes les couleurs, grande feuille cartonnée, ficelles, agrafeuses, feutres. Chacun vient se servir, parfois hésite à prendre, ou bien amasse un maximum d’objets. La magie opère. Très vite, les participants retrouvent leur spontanéité d’enfant. De quoi réveiller son esprit créatif !

Dans mon sous-groupe, il y a comme un émerveillement partagé de jouer avec la pâte à modeler, d’y retrouver une odeur chimique qui donne envie de la manger. Très vite, une image s’impose à nous, celle d’un buffet de la connaissance. C’est de cette manière que nous envisageons le parcours de l’apprenant aujourd’hui. A table !

Lors de la restitution, nous précisons ce qu’est pour nous la métaphore du buffet : un empilage de connaissances, à picorer, à partager, à siroter. A la base du prototype, un socle bleu qui représente la responsabilité d’être heureux, de partager et de vouloir apprendre en permanence. Comme les « postures », représentées par les quatre pieds de la table, l’agilité, l’humilité, l’autonomie et la curiosité. Sur le plateau, les délices de l’esprit en n’oubliant pas la touche digitale !

Lors du feed-back, en mode chapeaux de Bono, c’est le rouge qui nous est donné par Jihène : « Ce prototype est généreux, c’est une belle invitation ». Et Martin d’ajouter : « En utilisant la table, vous avez pris en compte l’ensemble de l’écosystème »

Les prototypes réalisés par les autres sous-groupes sont des invitations au voyage.

Là, devant nous, se dresse l’aventure apprenante au cœur du DU. Le parcours de l’apprenant se construit d’allers-retours entre la vie professionnelle, le DU, la vie personnelle.

Ici, c’est un parcours d’élévation. L’objectif, c’est d’arriver tout là-haut, en prenant un chemin qui me permet de grandir « horizontalement » et « verticalement ».

Enfin, nous nous élevons dans l’espace. L’apprenant est au centre de ce monde cosmique où tout s’écrit et se reconstruit. A chaque étape, des actions et des postures. Le déséquilibre est intentionnel. Les apports de connaissance permettent de se rééquilibrer. C’est cela, être vivant.

« Cela m’évoque l’image du funambule », intervient Catherine, c’est le déséquilibre permanent qui permet d’avancer. Et pour conclure : « La maquette n’est qu’une partie de l’apprentissage. L’aventure du prototypage n’a de valeur que s’il est « feedbacké ». Ce sont des objets pour matérialiser les hypothèses, les valider ou non. »

Avant la fin de la session, vient le temps de la réflexivité. Deux questions nous sont posées par Catherine :

  • Qu’est-ce qui s’est passé ce matin ?
  • Qu’est-ce que ça produit pour moi et pour le groupe ?

Les constats positifs sont nombreux : « Prototyper en soi déclenche un moment interactif et ludique entre les participants, cela permet de faire baisser la pression, de s’assurer que le ressenti est partagé. Il émerge une dynamique intéressante où chacun peut s’exprimer. Dans le même temps, le sujet était bien choisi pour faire un prototype. » Pour ma part, j’ai découvert que le prototypage permet d’agréger de manière collective des pensées personnelles.

Ça y est ! Nous allons atterrir. Il en va de chacun d’être heureux de cet embarquement. J’entends par-ci, par-là : « C’était bien de démarrer la session comme ça ! Ça remet en perspective le pourquoi nous sommes là et notre posture d’apprenant ! » Et moi dans tout ça, qu’est-ce que j’en pense ? J’adhère à cette idée que le collaboratif génère quelque chose de plus grand. Je me dis que le bonheur partagé, c’est aussi lorsque nous découvrons que nous sommes capables de quelque chose dont nous ne nous savions pas capables… Et c’est le « nous », l’important.

Cet embarquement aura permis de paralléliser les parcours d’apprenants (« nous » en tant que participants et/ou « nous » en tant que facilitateurs). Et si en mathématiques, deux parallèles ne peuvent se rencontrer, lors d’une session de codesign, les droites peuvent parfois converger vers le bonheur d’apprendre collectivement.


Un grand merci à Catherine, Edouard, Julie et Mai-liên d’avoir créé les conditions de cette « découverte ».

Restitution proposée par Odile Lefranc-Monsinjon, participante du Diplôme Universitaire Codesign

Licence Creative Commons Cette œuvre du Diplôme Universitaire Codesign est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

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Embarquer dans le D.U. Codesign http://codesign-it-ventures.fr/2018/05/14/embarquer-dans-le-d-u-codesign/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=embarquer-dans-le-d-u-codesign http://codesign-it-ventures.fr/2018/05/14/embarquer-dans-le-d-u-codesign/#comments Mon, 14 May 2018 09:41:55 +0000 http://codesign-it.com/?p=1795 [...]]]> Manuel de (sur)vie pour l’embarquement dans le Diplôme Universitaire Codesign

…ou comment se préparer à l’aventure en devenir du D.U.

Plantons le décor, nous sommes mardi matin, seconde journée de ma première session du D.U Codesign. La première journée a été pour moi un parachutage sur Mars, déstabilisante en termes d’apprentissage. Immersion au pas de charge dans un groupe déjà constitué, première application de la pédagogie inversée, découverte de la problématisation, réflexivité, tout un vocabulaire inconnu. Bref, j’ai débarqué dans un nouveau monde.

La première journée a été consacrée à la présentation puis problématisation sur l’application de la Théorie U à l’écriture collaborative d’un roman à la FDJ. Et donc pour moi, à la découverte de nouveaux outils, d’une autre forme de travail en équipe, de l’ébauche d’une nouvelle posture embryonnaire, bref, du rêve, du beau, du collaboratif, du révolutionnaire.

La seconde matinée a été très différente, tant en contenu qu’en énergie. La session a démarré avec une intervention de Greg Serikoff, un des cofondateurs du collectif professionnel Codesign-it et le co-responsable, avec Sophie Pène, de l’équipe pédagogique du D.U Codesign.

Greg a rappelé le socle fondateur du DU, défini ci-dessous :

Cette définition fait appel à plusieurs notions :

  • Multitudes des horizons, pour former des groupes hétérogènes mais néanmoins équilibrés;
  • Gestion du groupe : les nouveaux participants intègrent le D.U dans le but de préserver cet équilibre, avec l’aide des plus anciens qui veillent à une intégration bienveillante;
  • Objet expérimental, le D.U a vocation à valider un certain nombre d’hypothèses. Une de ces hypothèses est de ne pas partir sur un groupe figé mais en intégrant et faisant sortir du D.U des personnes au fur et à mesure.

Cette dynamique permanente implique une mise en déséquilibre des participants les poussant à évoluer, se repositionner sans cesse, et d’un autre côté, elle implique également une organisation et une quantité de travail très importante de la part de l’équipe pédagogique.Le projet du D.U Codesign est un projet volontariste et basé sur le volontariat d’une équipe pédagogique et d’un collectif associatif qui intervient à titre bénévole. Ces différents ingrédients font que l’implication, la motivation et l’autodiscipline des participants sont des éléments fondamentaux dans la réussite de la conduite de l’expérimentation.

Sur ce sujet, plusieurs points ont été remontés par Greg et Julie.

1/ Absentéisme : le fonctionnement du DU et son organisation rendent difficile la gestion des annulations de dernière minute;

2/ Arrivées tardives: le fonctionnement en pédagogie inversée rend nécessaire la ponctualité de la totalité des participants afin de pouvoir démarrer correctement une session;

3/ Retards et non-restitutions des publications : les publications sont l’élément de production tangible des sessions de travail du DU*.

*réf : Définition du codesign donnée par Dan Newman : “Mon travail : rendre l’intangible tangible”

Pour ma part, ce qui m’a le plus marqué, c’est la prise de conscience de l’effort fourni par l’équipe pédagogique, de l’affect qui entoure ce projet et l’implication personnelle de cette équipe, qui va au-delà d’une implication professionnelle.

Ce point m’a énormément touché et fait réfléchir, notamment sur ma perte d’intérêt vis à vis du D.U entre le moment où j’ai passé mes entretiens et le moment où j’ai embarqué (9 mois…. Le temps d’une gestation et parfois d’un désengagement / démotivation), sur la responsabilité -peut être non identifiée- que cela implique de participer à une telle expérimentation.

Le discours d’embarquement a été une prise de conscience, mais également une forme de rite de passage permettant de faire réellement partie d’un groupe soudé, d’une aventure humaine.

Pour autant, d’autres questions se posent suite à ce discours :

  • Quid des contraintes individuelles face à un engagement collectif ? Qu’est ce qui est acceptable quand on est engagé dans une dynamique de groupe (maladie, contrainte professionnelle, à quel niveau de gravité etc…) ;
  • Quelle conscience a-t-on de l’impact d’un comportement individuel sur un engagement collectif ;
  • Comment placer ses priorités quand on participe à une telle expérience, qui dure dans le temps ;
  • Quid de la posture de consommateurs versus une appropriation totale du D.U (embarquement des nouveaux arrivants) ;
  • Quid de l’application de certains concepts que nous retrouvons, d’intelligence collective, d’organisation holistique etc…., là, concrètement, dans nos vies de tous les jours, nos cadres plus usuels ;
  • De la différence d’engagement quand on est acteur, fondateur, versus consommateur (je m’inscris, je paye, et je viens ou pas);
  • De la limite du bénévolat (engagement de l’équipe pédagogique de manière bénévole), le coût affectif d’un engagement dans un tel projet versus le coût affectif d’être étudiant du D.U, le déphasage entre les deux;
  • Quid de la distance mise, des aléas de la vie et de l’organisation professionnelle/personnelle quand l’embarquement se fait plusieurs mois voire un an après l’inscription et l’entretien préalable au DU.

Une fois ces thématiques discutées, expliquées, rappelées, nous sommes passés vers un sujet plus cérébral. A savoir, co-réfléchir aux moyens qui permettraient de faire du D.U Codesign un objet plus efficace, réplicable, touchant plus de monde (impliquant moins d’efforts de la part des organisateurs, touchant un plus grand public, public international).

Les idées devront donc répondre aux critères suivants, à savoir comment :

  • Emmener plus loin ceux qui le souhaitent ;
  • Impacter plus de bénéficiaires ;
  • Nécessiter moins d’efforts ;
  • Permettre de faire mieux l’existant.

Un tableau est tracé avec en colonne chaque thème. Chaque participant prépare plusieurs post-it, répondant à un ou plusieurs de ces problèmes, et vient ensuite les ranger dans une ligne, avec un score dans la colonne de chaque critère (impact positif, aucun impact, impact négatif). Le but est de faire apparaître très rapidement les idées les plus pertinentes.

Le résultat du travail donne cela :

 

Et en prime nous avons imaginé les 10 commandements pour l’embarquement dans le D.U :

  • En retard jamais tu n’arriveras (enfin, essaye….)
  • Annulation de dernière minute tu ne feras pas (bon, sauf si tu es à l’hôpital…)
  • Ton mentor tu contacteras
  • Ta grille PI à jour tu maintiendras
  • Tes publications rapidement tu démarreras
  • À l’aide tu appelleras (et rapidement, n’attends pas de boire la tasse)
  • Du collaboratif pour tout tu appliqueras (peut-être pas pour acheter une baguette…)
  • Sur la démarche et le vécu de ton expérimentation tu insisteras
  • Le kif et le lâcher prise tu appliqueras !!!!!  
  • Le kif et le lâcher prise tu appliqueras parce c’est vraiment important!

Et juste un mot pour la fin, et il est très personnel. Mon travail repose sur une posture de leadership, qui devient pesante et frustrante avec le temps, d’où la réponse au chant de sirène du DU. Personnellement aujourd’hui je me dis que le collaboratif est avant tout une autorisation que l’on se donne, de ne pas avoir les bonnes réponses ou celles qui seront retenues, d’appeler à l’aide, de ne pas savoir, pas maîtriser mais d’y aller quand même.

Je vous souhaite un superbe parcours de D.U.


Restitution proposée par Jihene Bouraoui, participante du Diplôme Universitaire Codesign.

Et un grand merci à : Claire, Carlos, Stéphanie, Christelle, mais aussi Eric et Karine, qui m’ont aidé à sortir du combat imaginaire que je m’étais construit concernant la rédaction de cette publication 😊. Une preuve s’il en faut que le collaboratif fonctionne !

Licence Creative Commons Cette œuvre du Diplôme Universitaire Codesign est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

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L’innovation est une aventure ! http://codesign-it-ventures.fr/2017/11/29/linnovation-est-une-aventure/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=linnovation-est-une-aventure http://codesign-it-ventures.fr/2017/11/29/linnovation-est-une-aventure/#respond Wed, 29 Nov 2017 13:08:18 +0000 http://codesign-it.com/?p=1358 [...]]]> Comment lancer des aventures d’innovation collaborative qui embarquent massivement les collaborateurs ? Comment donner envie et susciter l’enthousiasme sincère des équipes dès lors qu’on sort du « Business as Usual » et des missions quotidiennes ? Comment mobiliser les individus au profit du collectif ? Quels leviers motivationnels activer ? Quels ressorts convoquer pour que, enfin, « ça prenne » ?

Avec l’avènement des outils digitaux d’une part, et des nouvelles méthodes de travail inspirées du modèle entrepreneurial d’autre part, les propositions de « nouvelles façons de travailler » n’ont jamais été aussi nombreuses : réseaux sociaux d’entreprise, design thinking, pizza teams, méthodes agiles, applis de recueil et de partage d’idées, solutions de consultation et de vote en ligne, les initiatives se multiplient et se généralisent dans nombre de secteurs, tous types d’entreprises confondus.

Ces expériences, le plus souvent animées et soutenues avec force moyens, facilitation, community management, sponsorship, sont souvent productives, ponctuellement efficaces et excitantes : elles créent un engagement émotionnel inédit pour les collaborateurs qui ont bien voulu lâcher prise et quitter la routine et le confort de leurs façons de travailler quotidiennes.

Mais au delà de ces moments forts, que reste-t’il de l’enthousiasme né et de l’énergie créée par ces collaborations d’un genre nouveau ? Sprints, hackathons, bootcamps, communautés virtuelles collaboratives… sont des initiatives qui jouent indéniablement un rôle transformant, mais comment faire perdurer le souffle créatif et l’esprit entrepreneurial ? Comment tangibiliser la démarche d’innovation dans un process pérenne et récurrent ?

C’est tout l’enjeu que nous a décrit Chloé Renault, membre du collectif Codesign-it! lors de son exposé devant le groupe de participants du D.U Codesign : à la manœuvre de « YNot », un ambitieux dispositif d’innovation pour répondre aux besoins du cabinet de conseil EY, elle relate les différentes étapes de son parcours, et nous interpelle sur la question de la pérennisation des démarches innovantes et la force de l’engagement face à l’attraction inexorable de la routine quotidienne.

« Chercheuse secouée » ainsi qu’elle se présente elle-même, Chloé a initié, avec la Direction d’EY le lancement d’une aventure d’innovation participative cross-équipes. Largement sponsorisée par le management, la démarche devait répondre à l’objectif concret d’imaginer des solutions inédites sur la problématique cruciale du staffing et de la rétention : onboarder des nouveaux embauchés, attirer et retenir les talents, travailler sans Powerpoint, mesurer l’engagement des collaborateurs etc. En effet, pour rester compétitif, EY, comme la plupart des grands groupes, éprouve la nécessité d’utiliser des méthodes créatives et variées pour expérimenter et voir les choses sous un angle nouveau : « Why Not » !

La saison 1 du dispositif a débuté par un séminaire à Deauville regroupant 200 managers de différentes « service lines », volontaires et prêts à s’investir pendant 2 jours pour créer une offre, une démarche en mode parKour au service de 8 problématiques identifiées. Animée par les équipes de Codesign-it!, la session a assigné aux 8 équipages formés pour l’occasion (les « équipes XP ») l’ambition de se mobiliser pour l’intérêt collectif de la société EY et de ses membres en essayant de « faire les choses différemment ».

A l’issue de ce séminaire, 8 projets innovants ont émergé des groupes ; chacun d’entre eux étayé et répondant à réel un besoin utilisateur.

Avec un enthousiasme communicatif, les 45 personnes impliquées ont pris le développement de leurs projets à bras le corps et ont, tout au long de cette première phase, réussi à porter et essaimer l’esprit de l’aventure YNot au delà de leurs équipes XP : 80 personnes sollicitées par les équipes XP, 100 personnes connectées sur le fil Slack, les indicateurs de cette première saison étaient encourageants.

Mais Chloé s’est également rendue compte qu’aller au-delà n’était pas si facile. Quelque temps après, la dynamique semblait s’émousser, comme si c’était une initiative one-shot, un exercice ponctuel, auquel s’étaient pliés avec envie près de 50 personnes mais qui peinait à perdurer dans l’organisation.

« Le soufflé retombait » et le constat était que la contribution au profit du collectif avait ses limites notamment dans le monde du consulting, où le « temps chargé » (temps facturé au client) est l’indicateur-roi.

Une nouvelle expérience fut menée, tirant les enseignements de la saison 1, et tentant de guider de façon resserrée les participants (« plus de drive »).

La saison 2, lancée par une session aux Arcs, a également impliqué davantage le middle management (management intermédiaire) et soigné le storytelling de la démarche, notamment auprès du management exécutif, en se concentrant sur 5 initiatives.

Chloé identifie des freins structurels au cœur de ce type de démarche, et elle interroge le groupe du D.U Codesign sur les conditions à réunir et les dispositions à prendre pour transformer les façons de travailler et innover de façon durable. Comment embarquer les gens sur ces démarches qui sortent du « B.A.U » (Business as Usual) ?

Quelques pistes de réflexion émergent :

– Puisque les critères d’évaluation RH actuels entravent l’engagement individuel au profit du collectif, l’intégration de nouveaux critères et la prise en compte du temps consacré à ces objectifs collectifs dans la progression de carrière pourraient se révéler efficaces.

– Partager davantage des expériences vécues et les apprentissages entre « les élus » et les autres : documenter, mettre en scène, créer une balise « comment partager ce que j’ai vécu pour favoriser l’implémentation au sein de mon équipe » pourrait créer un effet d’entraînement, au lieu de susciter les réactions négatives et/ou ironiques du type : « on fait ton boulot pendant que tu t’amuses en workshop ».

Le manque de plaisir et de bénéfice perçu obère inévitablement la capacité à libérer du temps ? Alors valorisons les nouvelles compétences acquises, l’employabilité renforcée et les apports de l’expérience vécue.

 

Bien-sûr, les pistes recommandées par les 4 groupes de codesign seront à expérimenter chez EY et chez d’autres clients, mais on touche bien du doigt la difficulté de fond des démarches de transformation : « un battement d’aile de papillon n’entraîne pas toujours une vague puissante ». Néanmoins il n’y aura jamais de fleuve sans petites rivières, et Chloé nous encourage à poursuivre les initiatives et les aventures différenciantes, en gardant notre sens critique et un réflexe « test & learn » permanent, pour devenir toujours meilleurs et développer progressivement l’impact du change management dans nos structures traditionnelles.

Restitution proposée par Céline Blanchet et Jean-Etienne Bouedec, participants du Diplôme Universitaire Codesign.

Merci à Chloé Renault pour son intervention !

Cette œuvre de Codesign-it! est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

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