conflit – Codesign-it! http://codesign-it-ventures.fr innovation collaborative Mon, 14 May 2018 10:12:37 +0000 fr-FR hourly 1 https://i0.wp.com/codesign-it-ventures.fr/wp-content/uploads/2015/08/Co_logo_small.png?fit=32%2C32 conflit – Codesign-it! http://codesign-it-ventures.fr 32 32 110756974 Ça ne prend pas toujours… http://codesign-it-ventures.fr/2018/05/14/ca-ne-prend-pas-toujours/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=ca-ne-prend-pas-toujours http://codesign-it-ventures.fr/2018/05/14/ca-ne-prend-pas-toujours/#comments Mon, 14 May 2018 10:12:37 +0000 http://codesign-it.com/?p=1807 [...]]]>  

La veille d’un atelier, avez-vous déjà eu l’inquiétude que le groupe ne prendrait pas ? J’ai souvent cette petite crainte, qui disparaît assez vite en me disant que jusqu’à présent, il y a toujours quelques chose qui se passe. Et dans le pire des cas, même si rien en sort, cela ne changera pas la face du monde. Mais en ce jour de janvier, lors de mon embarquement dans le DU, justement, ça ne prend pas !

Je suis arrivé la veille. Nous avons déjà formulé des problématiques à l’occasion des trois interventions précédentes. Cette fois-ci, l’atelier se fait en anglais et nous écoutons Shea Hagy, un architecte qui nous vient de Suède. Il nous invite à nous projeter dans le futur de l’industrie du bâtiment.

Première session de post-it : chacun imagine l’habitat et la ville de demain. La cohabitation avec la nature, la modularité des bâtiments, le recyclage, la vie lunaire… nous partageons à tour de rôle nos idées.

Shea nous propose alors des sujets sur lesquels travailler : CO2, Materials, Waste, User Centric, Equality, Innovation. Je vois déjà comment va se passer le reste de l’après-midi : problématiser en groupe sur un des sujets pendant 30 minutes, restituer, puis apporter un début de réponse sur la problématique de son choix.

Allez ! Equality me tente assez. Nous sommes quatre à nous plonger dedans pendant les 30 prochaines minutes. Première étape, le définir : “Que signifie Equality pour chacun de nous ?” 5, puis 10, puis 15 minutes de débat plus tard, nous n’avons toujours pas de définition précise, mais nous sommes d’accord pour parler d’équité et non d’égalité. Nous poursuivons et essayons de formuler une problématique. L’ambiance se tend.

Le fait que nous n’ayons pas de définition commune du mot “Equity” nous amène à être constamment en désaccord. De plus, ce sujet semble nous impliquer personnellement. Comme le dit l’une d’entre nous, derrière ce thème il y a la valeur de justice qui nous touche tous. Les systèmes de valeur s’entrechoquent…

Marion* prend la parole un peu agacée : “Comment fait-on quand nous sommes bloqués ?” Ça y est ! le mot est lancé ! “bloqués”
Du tac au tac, Cynthia* explique que cela n’arrive jamais et qu’on finit toujours par se mettre d’accord.
Et ma petite voix qui me dit : “Pourquoi avoir choisi ce sujet ? Au moins, pour définir CO2, il n’y avait pas besoin d’une dissertation de philosophie !”

Nous listons tant bien que mal les questions que nous nous posons autour de l’équité, sans être vraiment convaincus.

– “De toute façon, ce ne sera pas à nous d’y répondre !“
– “Oui, mais il faut au moins que le groupe suivant comprenne la problématique posée”.

Plus qu’1 minute… nous nous mettons d’accords sur une large problématique, pas trop engageante.

Ouf ! Nous avons survécu, sans conviction commune, mais nous sommes allés au bout. Nous avons tous hâte de découvrir le travail des autres groupes et de choisir une bonne problématique !

Après la restitution, la consigne est de repartir sur son sujet et de tenter d’apporter une solution. Tous les participants repartent dans leur kiosque, sauf nous quatre qui partons voir le facilitateur pour lui demander si, comme d’habitude, nous pouvons aller travailler sur d’autres problématiques.

Comme l’atelier se fait en anglais, l’équipe pédagogique ne souhaite pas apporter trop de complexité et chaque équipe travaille donc sur son sujet.. moment de silence… puis regain de motivation collectif. Marion* pose une condition : “OK, mais que ce ne soit plus conflictuel”

Même si cela nous demande un effort, nous avons tous à cœur d’aboutir à quelque chose. Je pense que pour chacun(e), l’enjeu est plus de dépasser ce moment un peu délicat que de trouver une solution.

C’est reparti : notre désaccord est une problématique en soi. Nous repartons de là. Nous essayons de définir un terrain de jeu. On teste, on tente, on se plante et on recommence…

Et puis, il y a aussi mes maladresses de débutant qui permettent de se focaliser sur autre chose : j’écris de manière illisible sur le panneau effaçable, on me fait vite remarquer qu’il faut TOUJOURS écrire en lettres capitales. “Ah ! et j’imagine que vous voulez un peu de couleurs aussi ?! ;)” Peu à peu, l’ambiance se détend.

Ah la fin de l’atelier, nouvelle consigne du facilitateur : un pitcheur reste à son kiosque et le reste du groupe va apporter ses idées aux autres kiosques pendant 5 minutes (pollinisation croisée). Quelle porte de sortie idéale pour tout le monde… sauf pour celui qui pitche !

Le reste de l’atelier a peu d’intérêt mais nous avons tout de même réussi à restituer en groupe des pistes qui nous semblaient intéressantes.

Avec un peu de recul, cette demi-journée s’est jouée sur 5 points :

La légèreté

Nous avons oublié une règle essentielle : aborder ces moments avec légèreté ! Très rapidement, nous nous sommes entrée dans une logique de “Sauver le monde”. Nous avons essayé de co-construire en 30 minutes LA solution qui allait résoudre l’exclusion dans le monde !

D’ailleurs, le fait d’avoir introduit de l’humour, du jeu, a permis de dédramatiser nos questionnements philosophiques.

La pause

Je pense que le moment de restitution entre les deux ateliers a été une pause essentielle pour le groupe. Nous n’y avons pas pensé, mais peut-être que nous aurions dû faire un temps mort.

Un terrain de jeu

Il doit être commun et compréhensible.
La session en anglais, et un thème qui nous touche… tous les ingrédients étaient réunis pour que nous ayons chacun notre interprétation.
Alors que nous avons passé les 30 premières minutes à nous confronter sur nos définitions, la définition d’un terrain de jeu commun a permis de relancer la dynamique de groupe.

Essayer (test and learn)

Nous n’arrivions vraiment pas à être en phase. La moindre initiative était discutée : pourquoi ? comment ? et si ?… le fait d’improviser, de tenter, d’être dans l’action a permis d’aboutir à quelque chose. Par exemple, pour converger vers une idée clé, nous avons tenté de faire un vote par dotmocratie (vote par gomettes). Bien entendu, nous avons sélectionné trop idées et avons dû voter 3 fois de suite ! Même si c’était laborieux, cela a permis de rajouter du comique de situation.

Le feedback / réflexivité

La veille, nous avions passé du temps sur la notion de feedback mais ne l’avons pas fait pour notre groupe. J’y ai pensé le soir en réfléchissant à ce que j’allais écrire. Je me demandais si lors de la restitution, chaque membre du groupe se sentait encore engagé ?

Suite à mes échanges, chacune m’a dit se sentir encore impliquée lors de la restitution mais contente que ça prenne fin. J’ai appris un peu plus tard que certaines avaient même pris le temps de discuter de leurs réactions.

Et une nouvelle fois, grâce à la participation de chacun(e), le groupe a réussi à se débloquer…

*les prénoms ont été changés


Merci à  Shea Hagy pour son intervention !

Restitution proposée par Aymeric Bellamy-Brown, participant du Diplôme Universitaire Codesign.

Licence Creative Commons Cette œuvre du Diplôme Universitaire Codesign est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

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Triangle Dramatique http://codesign-it-ventures.fr/2018/01/02/triangle-dramatique/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=triangle-dramatique http://codesign-it-ventures.fr/2018/01/02/triangle-dramatique/#respond Tue, 02 Jan 2018 14:01:01 +0000 http://codesign-it.com/?p=1428 [...]]]> Ces petites frictions du quotidien qui débouchent sur des situations de rupture.

On a tous été confrontés à des situations, professionnelles ou personnelles, où un simple conflit peut dégénérer, s’embourber et créer une situation de rupture ayant des conséquences bien plus dramatique que le motif qui a provoqué initialement la querelle.
Toutes ces situations qu’il est facile de qualifier a posteriori de « problème de communication », d’un « manque de proactivité » ou d’une « absence d’empathie » sont le fait d’un cycle destructeur dans lequel on rentre, telle une pièce de théâtre où les acteurs jouent sans avoir conscience de leurs rôles.
Le psychologue Stephen Karpman a émis à la fin des années 60 un concept simple et applicable permettant de décrire, expliquer et surtout d’éviter ces situations conflictuelles.

« Le « E=MC2 » de la psychologie relationnelle »

La puissance de ce concept réside notamment dans la simplicité de son expression, son universalité et sa capacité à suggérer facilement des solutions concrètes pour répondre aux problématiques qu’il souligne.


Une grille d’analyse pour évaluer la puissance d’un concept.

·      Simple à comprendre même pour un enfant de 8 ans

·      Intéressant pour un étudiant de Harvard

·      Utile pour un agriculteur du Midwest


Une pièce de théâtre dramatique.

1- La scène

La matérialisation d’une scène de conflit sous la forme d’un triangle inversé (forme instable par essence). Le « jeu » commencera lorsque deux protagonistes au moins feront leur entrée par l’un des 3 angles de ce triangle

2- Le casting

 

Le Persécuteur

Le persécuteur se présente comme ayant :

  • Plus de valeur que les autres
  • Le pouvoir de les diriger, de les mépriser
  • Le lourd fardeau de critiquer et agresser les autres pour gérer la situation

 

Le Sauveur

Le sauveur considère qu’il :

  • L’autre n’a plus de valeur que si le sauveur l’aide
  • A pour mission de guider et contrôler l’autre pour qu’il aille mieux.
  • N’a pas d’autre choix que de sortir les autres des écueils ou ils se sont égarés du fait de leur incompétence, l’aide du sauveur est incontournable

 

La Victime

La victime considère en premier lieu ses erreurs :

  • Elle a le sentiment d’avoir moins de valeur que l’autre
  • Elle a tendance à se déprécier et à s’excuser
  • A tendance à se plaindre et à dépendre des autres pour régler une situation

 

3- L’intrigue

Imaginez dans un premier temps une situation professionnelle ou personnelle difficile et stressante, c’est notre décor. La pièce commence lorsque l’élément perturbateur vient bousculer la situation initiale et fait rentrer les acteurs dans le jeu du triangle.

En revêtant l’un des 3 rôles, le premier protagoniste va lancer un hameçon, une attaque sur un point faible de ton interlocuteur. Cette provocation est l’invitation à entrer dans le jeu du triangle.

 

La relation va entrer dans le triangle dramatique si le second interlocuteur « mord à l’hameçon » en acceptant, consciemment ou non de revêtir à son tour l’un des 3 rôles.

 

4- Le climax

La situation, déjà peu réjouissante, va devenir dramatique et s’envenimer lorsque l’un des interlocuteurs va changer de rôle, on parle de « switch ».

 

Cet échange peut continuer éternellement. En alternant les « switch » chacun endosse un rôle incite l’autre à endosser le sien.

La situation est alors propice à l’enlisement du conflit, un Viêt-Nam relationnel sans fin, et sans espoir de sortie qui peut tirer la situation vers le bas jusqu’à qu’elle soit insoutenable pour l’un des protagonistes (épuisement, perte de confiance en soi, perte de confiance au sein de l’équipe, démotivation, …).

 


Le petit guide CASE pour bien favoriser le triangle dramatique et dégrader la situation :

·      Condescendant : considérer les autres avec mépris, se sentir supérieur

·      Abrupte : ne pas mettre les formes

·      Secret : entretenir le flou sur les objectifs

·      Evasif : ne pas répondre concrètement aux questions et interrogations : « botter en touche »


 

Karpman propose des solutions comportementales individuelles pour sortir du triangle dramatique. Nous croyons qu’il est possible d’éviter le triangle dramatique par des modes / principes de collaboration.

 

A – Sortir du triangle dramatique

Il s’agit de faire évoluer les 3 rôles dramatiques vers une posture d’avantage tournée vers la collaboration et l’empathie.

Persécuteur à Puissance :
Un leader accompagne le développement de ses équipes, est capable de définir une vision, de la partager et de se faire accompagner pour la mettre en œuvre

Sauveur à Soutien :
Donner les clés pour que les autres membres de l’équipe soient en mesure de progresser, accompagner leur développement professionnel

Victime à Vulnérable / volontaire :
reconnaître ses erreurs, partager ses doutes et agir avec les autres pour questionner les incertitudes d’un projet.

 


CASE+ un contexte propice à sortir du triangle dramatique

·      Chaleureux : accompagner / faire grandir

·      Accueillant : recevoir les remarques, les doutes, répondre aux interrogations

·      Solidaire : Aider, être présent et comprendre les motivations

·      Engagé : Être présent et investi vis-à-vis du projet et de l’équipe.


 

La simple connaissance du modèle permet de tempérer une situation et d’éviter qu’elle ne dégénère.
La proposition de Karpman demande un fort travail sur soi. Mais est-ce l’unique solution ?

 

B – Éviter le triangle dramatique

Contrat initial de collaboration : définir les règles du jeu de la collaboration
Dans la pratique ça veut dire quoi ?

Travailler avec plus de transparence
Transparent sur quoi ? Via quels moyens de communication ?

Échelle de l’intimité
Pas sûr, on peut jouer au triangle dramatique avec des proches…

Humour et prise de recul
Paradoxal et demande un grande maîtrise

Instituer des règles de CNV (Communication Non Violente)
Ok pour soi. Et pour les autres ?

Éviter les « joueurs professionnels »
Sommes-nous prédisposés à jouer un rôle en particulier ?


SEVF : Faciliter la cohésion au sein d’un groupe

·      Signe de reconnaissance

·      Encouragement

·      Validation

·      Facilitation


 

Restitution proposée par Léo Veyrier, participant du Diplôme Universitaire Codesign.

Merci à Bertrand Huck pour son intervention !

Cette œuvre de Codesign-it! est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

Licence Creative Commons

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