inspiration – Codesign-it! http://codesign-it-ventures.fr innovation collaborative Tue, 03 Apr 2018 11:12:29 +0000 fr-FR hourly 1 https://i0.wp.com/codesign-it-ventures.fr/wp-content/uploads/2015/08/Co_logo_small.png?fit=32%2C32 inspiration – Codesign-it! http://codesign-it-ventures.fr 32 32 110756974 Prétotypage : zéro complexe, zéro prétexte http://codesign-it-ventures.fr/2018/04/03/pretotypage-zero-complexe-zero-pretexte/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=pretotypage-zero-complexe-zero-pretexte http://codesign-it-ventures.fr/2018/04/03/pretotypage-zero-complexe-zero-pretexte/#comments Tue, 03 Apr 2018 10:51:08 +0000 http://codesign-it.com/?p=1609 [...]]]> Ce matin, c’est Aliénor de Monredon qui pitche au 10co (avis aux étudiants : nous passerons tous par cette « figure imposée » du DU qui consiste à accueillir l’intervenant pour l’embarquer dans notre univers). Elle nous convie à la découverte du groupe Arcade Fire, modèle de codesign de la scène musicale rock, groupe américano-canadien d’une créativité folle qui incarne l’intelligence collective.

Phase d’inspiration : partage des pratiques en session avec un focus sur le prototypage.

Frédéric d’Incau nous avait demandé quelques jours avant notre rencontre d’apporter un outil que nous aimons utiliser lors de nos préparations ou sessions de travail collaboratif… Ce matin, nous restituons nos « fétiches » sur panneaux Plume (1) et sommes invités à nous exprimer en quelques minutes sur des Stattys Notes (2) sur le thème « qu’est-ce qu’un Prototype ? Et au fait, à quoi sert le prototypage rapide ?

Frédéric, designer de son métier, partage avec générosité les coulisses de ses sessions participatives, de la préparation aux séquences de prototypage, des modalités aux outils, avec une récursivité maximale.

Selon lui, une démarche collaborative fonctionnera bien si elle se déroule dans un environnement adapté avec les bonnes modalités et les bons outils. Autrement dit, savoir créer les conditions idéales pour engager les participants dans le process de prototypage, ça se travaille… et dans les moindres détails ! Frédéric est un « ultra » de la préparation, un orfèvre qui élabore soigneusement les outils les plus audacieux ou les plus ingénieux au service de ses sessions et se réinvente en permanence. Véritable leçon (en toute humilité) et invitation à faire sans cesse acte de création et re-(ré-)création.

Du plus simple au plus élaboré, les conseils et les exemples en situation du pro pour accompagner la préparation des sessions et les séquences de prototypage:

  • Apporter un soin aux fournitures classiques de base pour donner envie
  • Organiser des ateliers de collecte d’infos pour fédérer autour d’un projet
  • Choisir les bons « lieux ressources » pour les ateliers de codesign (des espaces vivants, accessibles, auto-porteurs…)
  • Quelle que soit la démarche des sessions, faire expérimenter par les sponsors avant
  • S’offrir un ancrage visuel collectif : murs de publications qui permettent à un groupe de structurer leur restitution dès l’amont, conférences de rédaction (assorties d’une formalisation en temps réel avec des graphistes)
  • Rendre les réflexions concrètes et manipulables en s’offrant des outils accessibles pour élever le niveau visuel global : fabrication de carnets personnalisés grâce aux fameuses pinces à clip de serrage, accessoires de traçage ou autres normographes pour dessiner des graphiques et des process, simplification graphique (utilisation de playmobiles sans tête…)
  • Multiplier les jeux, avec par exemple le jeu de cartes pour faciliter l’interaction.
  • Documenter et archiver les contenus produits (photos, doc par affichage…)
  • Pas de session sans un document de cadrage à présenter au client pour visualiser le dispositif. Quelle que soit sa forme in fine (que ce soit avec des post-it ou dans un tableau Excel ou autres service type http://storiesonboard.com/, éventuellement selon le principe du Cycle en V), il est essentiel pour partager le parcours proposé au client  et contient quoiqu’il arrive les éléments suivants : le contexte, les objectifs, les participants impliqués, les thèmes abordés, les outils mis à disposition, le timing des prochaines étapes, le budget.

L’une des Flight Case OutDaBox

  • Sélectionner les bons outils pour réfléchir et prototyper… du plus pratique au plus sophistiqué :
    • Les trépieds de chez Décathlon… une chaise en plus mais qui n’est pas encombrante
    • Les Stattys Notes M…
    • Les papiers de couleurs… et les marqueurs blancs
    • Les pics à cocktail, les perforeuses d’angles pour réaliser de jolies cartes….
    • Les « panneaux Plume » sur lesquels nous devisons collectivement lors de nos séquences de problématisation et autres tentatives de résolution des-dits problèmes. Ceux-ci ont été codesignés par Frédéric et 3 autres comparses de Codesign-it
    • Le must absolu : les boites de prétotypage de Codesign-it. Nous découvrons ce matin les Flight Cases « OutDaBox », spécialement co-conçues par Frédéric et d’autres membres du collectif pour prototyper partout, en grand nombre et sous toutes les formes. Avec également un format plus mobile appelé « Yugami ». Il en existe en tout 7 versions (2D, 3D, Systèmes, Espaces, Apps, Vidéo, IOT/IA/Robotique … ).

 

Mais où va-t’il chercher tout ça ?

Ses lieux d’inspirations sont partout : les boîtes de jeux, les salons professionnels, les écoles d’architecture (maquettes…), les cours publics, le pavillon de l’Arsenal (maquettes et dataviz) … les yeux grands ouverts !

Pour mettre tout le monde d’accord, un petit coup d’œil à la facilitation graphique de l’intervention de Frédéric réalisée par Evy Raelison en séance. Tout y est…

La séquence d’inspiration a duré plus longtemps que prévu et nous n’avons pas vu le temps passer… séquence suivante, à nous la problématisation par groupes de cinq. Nous isolons et partageons les grands thèmes qui s’imposent à nous sur les problématiques autour du design de session et du prototypage : lever les freins à l’engagement des participants, parvenir à crédibiliser l’intégration d’un module de prototypage dans une session, expliquer la démarche…
Frédéric nous invite à faire un rapide prototype de nos tentatives de résolution.

Récursivité oblige, nous accueillons tous cette nouvelle consigne à des degrés divers d’implication ou de perplexité voire de vertige… ça veut dire quoi prototyper finalement ? Comment ça travaille ? Qu’est-ce qui se joue dans ce moment collectif ?

Chaque groupe choisit sa box, tourne autour, se familiarise avec les matériaux qui vont servir à construire le proto, on lance des idées de formes, de fond et peu à peu, l’un se saisit d’un carton de couleur, l’autre attrape un cube, un autre une paire de ciseau et du fil… et les mains prennent le relais et commencent à penser ensemble.

Résultat :

Les groupes présentent leurs protos, « ces objets intermédiaires de conception »

Petite galerie des protos capturés en image :

« Vis ma vie de proto »

Le prisme d’une session collaborative

outil d’analyse des outils pour animer une séquence de prototypage

Lever les freins au prototypage grâce au … cercle de concrétisation

 

 

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Engagement collaboratif, social et solidaire ! http://codesign-it-ventures.fr/2018/04/03/engagement-collaboratif-social-et-solidaire/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=engagement-collaboratif-social-et-solidaire http://codesign-it-ventures.fr/2018/04/03/engagement-collaboratif-social-et-solidaire/#respond Tue, 03 Apr 2018 08:11:38 +0000 http://codesign-it.com/?p=1605 [...]]]> Môm’artre, comme de plus en plus d’initiatives émergentes, s’inscrit dans des démarches d’économie sociale et solidaire, ces actions d’inspiration altruiste qui cherchent à provoquer des impacts positifs sur la vie d’autrui.

Sa fondatrice, Chantal Mainguené, est ainsi fellow de Ashoka, ce réseau inclusif d’accompagnement d’entrepreneurs sociaux. Cette ONG a, en 35 ans, poussé plus de 3300 entrepreneurs sociaux à résoudre des problèmes sociétaux dans 85 pays. C’est dans ce même état d’esprit que Chantal Mainguené se penche sur la complexité à mener de front vie professionnelle et vie familiale, en particulier, encore souvent, pour les mères de famille. L’association Môm’artre, lancée en 2001 avec Cécile Decognier, propose un mode de garde d’enfants adapté, répondant à la fois aux besoins de certaines familles urbaines et proposant aux enfants un contenu éducatif et artistique pendant l’absence de leurs parents.

Le projet s’est depuis agrandi à différents arrondissements de Paris, mais aussi en dehors de l’agglomération parisienne.

Brice de Margerie, membre de Codesign-it! et fondateur de Talent Social, y a apporté son grain de sel, en accompagnant les membres du réseau avec un outil sur mesure : Jour de Gloire. Prenant le contre-pied de la célèbre plateforme digitale Vie de Merde, Jour de Gloire prend résolument le parti de voir le verre plein. Comme son nom l’indique, ce réseau social simple permet d’indiquer au jour le jour ce qui va bien, plutôt que les difficultés quotidiennes. D’autant plus riche qu’il est mis entre des mains positives et enthousiastes, cet outil permet de mapper ce qui fait la richesse des différentes antennes de Môm’artre en France : à Nantes, ou à Arles, chaque équipe partage de façon hebdomadaire ses inventions les plus récentes. Jour de Gloire sert alors de réceptacle, les nouveautés pédagogiques des animateurs étant agrégées dans des newsletters envoyées chaque semaine aux autres équipes de Môm’artre.

De nouveaux besoins ont émergé au sein de la codirection de Môm’artre, guidée jusqu’à Codesign-it! par Cécile Decognier. Sentant la nécessité d’enrichir la direction bicéphale de leur association par une dimension collaborative dans la prise de décision, les deux directrices ont voulu questionner les moyens de rendre cette instance plus représentative et engageante. Codesign-it! a accompagné plusieurs équipes issues de l’association Môm’artre dans cette démarche, par 5 sessions d’une journée.

Béatrice Collet et Brice de Margerie ont d’abord guidé les équipes pour leur permettre de s’aligner sur les questions de vision, de valeur, d’utilité sociale, et surtout de retrouver la notion de sens : quelle est, finalement, la fonction réelle du comité de direction au sein de Môm’artre, au-delà de sa position d’instance dirigeante ? Pourquoi en a-t-on besoin ?

D’autres questions plus opérationnelles ont également été abordées, telles que la détermination des prérogatives propres à la codirection, comme le recrutement ou l’ouverture d’une nouvelle antenne.

Mais cette phase pilote a progressivement laissé la place à une phase de transfert des capacités de facilitation. La principale ambition de ces sessions était en effet de donner aux équipes les clefs de la facilitation, afin qu’elles puissent entretenir la dynamique collaborative au-delà de ces rencontres ponctuelles et les mettre en pratique dans le fonctionnement de l’association. L’outil de rôle délégué a ainsi été sollicité : les participants, chargés à tour de rôle d’animer eux-mêmes le débat au sein des équipes, surveillent le temps, et accélèrent la décision.

Peu à peu, l’influence des facilitateurs s’est effacée pour permettre aux participants de gagner en autonomie, si bien qu’aux dernières sessions, ceux-ci choisissaient à la fois le sujet à traiter et les outils ou activités appropriées pour y répondre de façon optimale.

Ce dispositif, en bousculant les acteurs dans leur position habituelle, ne se contente pas de huiler certains rouages, il superpose à la machine de nouvelles poulies, pour hisser les ambitions à un autre niveau.

Car l’engagement personnel est peut-être la meilleure réponse à l’inertie.

Publication proposée et témoignages recueillis par Nina Valin.

Cet article de Codesign-it! est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

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Projet Imagine : l’inspiration collective http://codesign-it-ventures.fr/2018/03/28/projet-imagine-linspiration-collective/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=projet-imagine-linspiration-collective http://codesign-it-ventures.fr/2018/03/28/projet-imagine-linspiration-collective/#respond Wed, 28 Mar 2018 12:13:16 +0000 http://codesign-it.com/?p=1591 [...]]]>

L’ONG Projet Imagine est au service de causes multiples, du handicap à la pauvreté, de la biodiversité à l’éducation… Pour diffuser ses messages, elle utilise un support original : le court et long métrage documentaire. Ceux-ci mettent en lumière des héros discrets, anonymes, ceux qui agissent secrètement pour le bien des autres sans en réclamer la vedette, ceux que l’on a juste le temps d’apercevoir prêter main forte à un inconnu avant qu’ils ne disparaissent au coin de la rue… Leur intention ? Frapper les esprits par leur force évocatrice, être source d’inspiration, donner envie de s’engager comme les héros modestes qui s’animent sur l’écran, pour mener ses propres batailles. Mais l’ONG s’assure également d’accompagner les motivations naissantes pour éviter qu’elles ne retombent sitôt après la fin du film, en allant à la rencontre d’étudiants ou de salariés.

Cette ONG dirigée par la main bienveillante de Frédérique Bedos, a en effet conçu des programmes de sensibilisation à l’action citoyenne et à la solidarité, et s’apprête, cette année, à créer un programme propre aux villes. Ce changement d’échelle permet d’ouvrir le spectre des acteurs concernés, en touchant l’ensemble des citoyens et citoyennes. Mais aussi de se saisir du territoire comme d’un espace où les différentes entités sensibilisées aux valeurs qu’incarnent les héros Imagine peuvent être mises en relation : écoles, entreprises, prisons…

Après avoir consacré ses talents de compositeur à la mise en musique des péripéties de certains héros Imagine, Nicolas Wauquiez a proposé d’apporter le soutien du collectif Codesign-it! au projet des villes Imagine, qui a déjà séduit la ville de Louviers, en Normandie. Rassembler les membres de l’organisation et les facilitateurs de Codesign-it!, avait pour but de définir, collectivement, le visage de la ville Imagine.

Pour Béatrice Collet, qui a pris le relais en tant que facilitatrice, ce partenariat pro bono représente pour Codesign-it! l’occasion de consacrer des moyens à un projet dans lequel croit le collectif, un projet qui lui a plu pour son ambition et ses idées novatrices.

Pour l’équipe de l’ONG, c’est l’opportunité d’impliquer tous les membres dans le processus de réflexion, pour partager dès le départ un horizon commun. Car « pour être créatif, il faut du cadre », explique Béatrice. Avec cette vision d’ensemble, le Mouvement Imagine peut s’installer dans la durée.

L’intention de la première session a ainsi été de donner la parole aux membres du projet, en leur permettant de se projeter dans leur conception de la ville Imagine et de faire émerger des perspectives sur ce qu’ils attendent d’une ville plus juste et plus durable. Pendant une matinée, plusieurs sous-groupes restituent sur des panneaux leurs idées selon deux angles principaux : le paysage et les fonctions des villes. Pendant ce temps, les facilitateurs de Codesign-it! orchestrent les réflexions en coulisses…

Cette première phase d’idéation permet surtout de se donner le droit de rêver. À la question « Comment imagines-tu la ville idéale de demain ? », les réponses s’entremêlent : des potagers sur les toitures, des réseaux de compost pour une cité plus verte, des murs colorés pour valoriser le bien-être et l’accueil… Tous les aspects de la ville, politiques, économiques, sociaux, viennent composer ce grand portrait ingénu et foisonnant de la vision Imagine.

Amélie Lemarchand et Carla Altenburger, toutes deux responsables du pôle Mouvement de l’ONG, expliquent leur expérience collaborative comme une nécessaire mutualisation des compétences, un nouveau cadre de travail durant lequel toutes les voix comptent dans la construction d’un projet commun.

Les deux prochaines sessions canaliseront d’abord les idées pour les confronter à la réalité et aux moyens disponibles, à travers des mises en situation et l’utilisation de personas, pour les présenter ensuite à des élus ou acteurs des collectivités territoriales. A l’issue de ce parcours, toutes les étapes de construction du projet auront été validées, de la rêverie au concret, de l’idéation à l’étude de terrain, pour le préparer en amont aux éventuels obstacles.

Pendant que les réflexions murissent, la ville Imagine prend peu à peu consistance, délogée de l’espace imaginaire qu’occupent les idées pour bientôt s’installer dans la réalité.

Publication proposée par Nina Valin.

Cet article de Codesign-it! est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

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Tu dois, il adhère, nous aimons… http://codesign-it-ventures.fr/2018/01/02/tu-dois-il-adhere-nous-aimons/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=tu-dois-il-adhere-nous-aimons http://codesign-it-ventures.fr/2018/01/02/tu-dois-il-adhere-nous-aimons/#respond Tue, 02 Jan 2018 17:04:47 +0000 http://codesign-it.com/?p=1462 [...]]]>  

Tu dois, il adhère, nous aimons : de l’obéissance à l’engagemnt, le secret d’une productive félicité ?

Thème général / Apports / Déroulement / Échanges

Olivier Piazza, membre de Codesign-it! et co-fondateur du Diplôme Universitaire Intelligence Collective à l’Université de Cergy n’est pas un néophyte en matière d’intelligence collective. Olivier nous ramène au fondement quasi-paradoxal du facilitateur en codesign : comment prétendre faciliter l’expression épanouie du potentiel de créativité d’un groupe dans lequel on incarne une position d’autorité ? Hum… pas facile si l’on en croit la l’abondante littérature inspirée par la théorie de l’auto-détermination (TAD).

Cette théorie, initiée par Decy et Ryan dans les années 70, est déclinée depuis dans de nombreux articles, mémoires, sites et diagrammes dont voici deux échantillons :

 

Psychologie cognitive, psychologie du travail, psychologie sociale, psychologie de la créativité, théorie du management, théorie de la créativité organisationnelle, tout le monde est d’accord pour dire, écrire, affirmer que la contrainte tue l’intérêt, l’autodétermination et l’autonomie ouvrent les portes de la motivation, et qu’intrinsèquement motivés, nous prenons plus plaisir à faire et sommes plus créatifs (cf. biblio si vous êtres auto-déterminés à en savoir +).

Mais alors, être facilitateur serait ouvrir la voie de l’autodétermination, autonomie créative ? Comment cela serait-il possible ? Et de quelle autonomie parle-t-on ? Celle du groupe, ou des individus qui le constituent ? D’ailleurs, comment s’articulent créativité/motivation groupale et créativité/motivation individuelle ? Les deux sont-elles compatibles ? L’autodétermination individuelle existe-t-elle au sein d’un groupe « facilité » ?

Autant d’apories qu’Olivier a fait germer dans nos esprits et incarné face à nous pendant cette demi-journée : comment nous instiller pendant 20mn un message édifiant sur les affres de l’obéissance et espérer nous ouvrir la voie vers une pensée autonome, individuellement vivante ? Comme souvent dans le D.U, c’est par l’expérience que la solution s’est dessinée.

Certes, les sympathisants du 10co (espaces du collectif Codesign-it! à Paris) sont un public un peu particulier pour un exercice sur l’engagement et la motivation… Depuis presque 2 jours, nous formons un groupe qui a réfléchi sur ce qu’est une « happy place », et qui a été éveillé aux délices de l’inspiration collective naturaliste, une tribu de « happy few » sélectionnés pour intégrer ce D.U à l’aune d’une motivation (intrinsèque) d’airain, bref, un groupe que l’on peut imaginer soudé, (auto)déterminé et quasiment extatique à l’idée de créer. Nous sommes peu représentatifs des écosystèmes dans lesquels un facilitateur intervient, constitués d’individus dont la créativité n’est habituellement pas toujours stimulée, valorisée, voire autorisée. Pour autant, l’expérience que nous faisons avec Olivier et qu’Olivier fait avec nous sur les ressorts de l’engagement nous plonge au cœur du sujet.

Tout d’abord, dans l’ambiance postprandiale de ce 2ème jour de session estivale, nous faisons collectivement l’expérience qu’être continuellement sollicités pour exprimer sa capacité de réflexion autonome, fût on motivé, ça fatigue ! Il faut réveiller le créatif qui est en nous sans le saturer, entretenir la flamme, soutenir la motivation. D’autre part, beaucoup d’entre nous ayant traversé les différentes phases du modèle qu’Olivier nous présente avant de prendre le chemin de la rue Ambroise Thomas, on peut imaginer que capter notre attention volontaire sur le sujet, c’est pas gagné !

Et pourtant, ça a marché ! Comment ? En faisant du modèle théorique une source d’inspiration, et du cadre un outil bienveillant et souple propice à l’organisation d’une pensée. L’importance du cadre pour asseoir l’auto-détermination est d’ailleurs soulignée dans Liberté & Cie par Isaac Getz & Brian M Carney : plutôt que de chercher à motiver les gens, les leaders se demandent « comment mettre en place un environnement où les salariés se motivent eux-mêmes ? ».

Nous nous sommes répartis en 3 groupes pour problématiser le sujet, des groupes plus grands que d’habitude, pour s’attaquer avec ardeur à un sujet ardu. Puis notre célèbre boucle PI (pédagogie inversée) a été déroulée dans une ferveur joyeuse : challenge vigilant des facilitateurs de cette session sur la formulation de nos problématiques, présentation apéritive des formulations devant la neutralité bienveillante d’Olivier, immersion volontaire dans la recherche de solutions à nos problèmes co-construits, et exposé enjoué de nos co-trouvailles dont je vous livre quelques lignes .

 

Nos 3 problématiques…

Quels éléments de contexte sont les plus favorables à l’épanouissement d’une autodétermination de groupe ?
Le modèle de l’autodétermination est un outil de réflexivité qui nous aide à tenir compte des situations individuelles : identifier les positions de chacun dans la grille d’analyse TAD afin de solliciter par les moyens de facilitation la part ouverte de chacun dans trop solliciter les défenses correspondant à leur situation. Cela peut par exemple donner des clés pour ne pas malmener des individus ou groupes drivés par un management top-down qui institue habituellement l’obéissance en norme de fonctionnement. Cadrage et autonomie ne sont pas antinomiques mais, au contraire, intrinsèquement liés, le premier conditionnant le second !

Comment créer les conditions de co-responsabilité ?
La problématique a été appliquée à la co-responsabilité d’un lieu et de sa gouvernance. Avoir la co-responsabilité d’un lieu passerait par le fait de l’incarner, avoir une vision commune sur les règles d’usage et de jeu qui s’y appliquent. La gouvernance, flexible, serait constituée de prises de décisions partagées, au même titre que la charge mentale qui y est associée pour gérer notamment les principes d’exclusion et d’inclusion attachées à ce lieu. Pour qu’il fonctionne, le lieu doit être porté collectivement par les gens qui l’utilisent, qui l’incarnent de façon à ce que personne ne semble jamais manquer : lorsque quelqu’un s’absente, les autres le reconstituent de façon agile, pas « troué » mais différent.

Comment peut-on être libre de contribuer individuellement à une œuvre collective ? Comment peut-on articuler l’ego et le co, passer de l’engagement personnel à la réalisation collective? En se basant sur des ressorts individuels ou en rebondissant sur un socle d’adhésion commun ? En prolongeant l’objet d’amour individuel par l’amour de l’aventure collective?

 

Mais aussi, un peu après…

Comment passer de l’injonction à la stimulation sans passer par la schizophrénie ? Comment éviter de soumettre les personnes que nous stimulons à des injonctions paradoxales ou à des conflits de loyauté quand leur management leur demande obéissance? La réunion de cadrage qui précède toute intervention de facilitation peut être particulièrement précieuse pour expliciter, stimuler, arracher les messages incontournables qui devront être délivrés et assumés par la direction en amont d’un atelier pour induire sans danger une évolution de la position des participants dans la matrice de l’ADT.

Au-delà d’un cadre favorable à l’émergence de la co-responsabilité, de l’autonomie du groupe, de la co-création : comment donner de la place à l’individualité dans un cadre d’intelligence collective, plus de je/jeu au service du nous ? L’effacement des egos au service du collectif est une solution palliative, à défaut de permettre à chacun plus d’expression de son individualité au service du collectif. Il s’agit d’aller au-delà de l’ego, de le transcender !

 

Bibliographie

Edward L. Deci et Richard M. Ryan, Handbook of Self-Determination Research, University of Rochester Press, 2002 (ISBN 978-1-5804-6156-6)

https://www.hacking-social.com/2015/10/13/se-motiver-et-motiver-autrui-une-histoire-dautodetermination/

https://www.lesmotivations.net/spip.php?article42

Psychologie de la créativité, Todd Lubart, Christophe Mouchiroud, Sylvie Tordjman, Frank Zenasni, Armand Collin, 2015.

De l’individuation au leadership, Edgar Stein, Dunod.

Liberté & Cie, Isaac Getz & Brian M Carney, Flammarion collection Clé des Champs, 2016

 


Restitution proposée par Chantal Joie La Marle, participante du Diplôme Universitaire Codesign.

Merci à Olivier Piazza pour son intervention !

Cette œuvre de Codesign-it! est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

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Le biomimétisme http://codesign-it-ventures.fr/2017/10/21/le-biomimetisme/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=le-biomimetisme http://codesign-it-ventures.fr/2017/10/21/le-biomimetisme/#comments Sat, 21 Oct 2017 10:40:31 +0000 http://codesign-it.com/?p=941 [...]]]> La présentation de la biologiste Céline TCHAO, travaillant sur l’intelligence artificielle Watson pour IBM, avait pour objectif de nous sensibiliser à la bio-inspiration, en particulier en matière d’innovation.

Le début de cet article est structuré selon le modèle « Scan-Focus-Act » de la méthodologie collaborative MGTaylor.

 

SCAN :

Le Bower bird est-il un artiste ?

Céline a choisi comme mode de présentation une succession d’exemples de comportements de la nature qui nous ont amenés à prendre conscience de son fonctionnement.

Depuis la lutte en escalier de l’héliconius et de la passiflore jusqu’aux bactéries contenues dans les intestins, en passant par les nautiles et le bowerbird, ces exemples illustrent la fonction d’innovation dans la nature, qui doit être durable et répondre à un besoin.

L’adaptation est son principal moteur pour une finalité de conservation. L’évolution passe par une étape d’apprentissage et s’appuie sur la collaboration. Née de l’adaptation et de la nécessité de conservation, elle accroit la biodiversité. Elle est d’ailleurs inscrite de manière biologique dans notre espèce – il a été récemment démontré qu’une partie de notre cerveau serait responsable de notre besoin de créer du lien social, d’aider et de collaborer – mais apparemment, ces comportements existent chez d’autres espèces.

La nature produit des erreurs. Elle en a le temps. Elle tâtonne jusqu’à trouver la solution viable et durable. Tout est prototype dans la nature…

Céline finit sa présentation par deux exemples de bio-inspiration :

  • Au niveau fonctionnel: reproduction de la structure osseuse, poreuse mais pourtant résistante, dans le design et l’assistance computationnels, qui pourraient être l’avenir des produits (Andrasek, 2001)
  • Au niveau systémique : transposer un écosystème à l’échelle locale en optimisant la gestion des ressources à l’image des Yanomami (Wiithaa & Keller)

 

FOCUS:

Facilitation : Une aide a été donnée pour nous aider dans la problématisation : des cartes d’animaux et de végétaux avec un court texte précisant leur spécificité (cartes open source de Wiithaa). Nous avons d’abord dû les choisir individuellement, sans consigne sur le nombre ni sur l’objectif. Puis, les groupes formés, nous avons partagé et raconté nos images selon nos écosystèmes.

Il y avait un décalage évident entre le niveau des images et celui de la problématique. Pourtant, il me semble que cela nous a aidés à problématiser, peut-être justement par le fait même de cette distance. La dérivation, une piste à creuser en cas de blocage d’un groupe ?

Nous avons établi les problématiques suivantes :

  • Le chemin vers un objectif donné pour le groupe (en fonction des contraintes, des objectifs et en interaction) n’est pas souvent optimal
  • Les villes ne sont pas toujours conçues en respectant les spécificités humaines
  • Notre structure interne et l’écosystème externe interagissent difficilement

 

ACT :

Ci-dessous, les captures des travaux des groupes, proposant des solutions aux 3 problématiques :

 

PARTAGE :

Les discussions ont permis de développer certains concepts comme le Vantage Points Model, inhérent à l’image de la coupe du tronc d’arbre, avec ses 7 niveaux de spécificité, depuis la pratique des tâches à accomplir jusqu’à l’inscription dans la philosophie, globale par essence (cf. panneau 3).

Le modèle part du principe que le point d’entrée pour appréhender les différents niveaux d’abstraction – de la stratégie à la philosophie – est la simple tâche – à ce que j’ai pu comprendre en lisant les articles. Il a été développé par Matt et Gail Taylor, qui semblent avoir été pionniers dans le domaine de la facilitation et du co-design (mais pas du tout en communication web !) et s’inscrivent dans les théories de l’information et de la communication, et à ce qui me semble, dans la mouvance de la philosophie analytique, sur la logique et le langage.

Marion Van Bommel, de l’équipe pédagogique du D.U Codesign, nous a aussi vivement encouragés à regarder le site de Doing it Together Science – DITOs pour les intimes – initiative pour valoriser les projets scientifiques citoyens collaboratifs en Europe.

 

Interrogation personnelle :

Le design a une place incontestable dans le biomimétisme, comme en témoignent les références de Céline, car il s’attache à la fonctionnalité de l’objet. Mais l’art, l’inutile ont-ils leur place ? Ou, contrairement à ce qu’on a cru pendant des siècles, est-il possible de faire du beau à l’image de la nature ?

La notion de beau est un jugement, une interprétation humaine. Et dans la nature, la beauté a un but exclusivement fonctionnel – généralement attirer une compagne ou une proie.

Comme le disait Kant dans sa Critique de la faculté de juger : « l’objet beau ne sert pas ; il est incapable de remédier à quelqu’une de mes privations déterminées. L’objet utile, au contraire, se met à profit ; je n’ignore pas sa destination, si j’en suis maître. ». Je ne crois pas que, dans la nature, il existe quoi que ce soit qui ne réponde à aucun besoin. Si quelqu’un en connait, je suis preneuse.

 

Références :

ANDRASEK, Alisa : Biothing, Collection FRAC Centre, 2001. La designer a créé le laboratoire pluridisciplinaire Biothing en 2001, basé sur le potentiel des systèmes computationnels. Son objectif est de transposer la main de l’artiste dans la création dans un algorithme qui génère des intentions dynamiques en perpétuelle évolution et qui viennent s’adapter en fonction de l’environnement, comme le fait la nature. La forme n’est plus figée dans une intention statique, mais évolutive.

DESCOLA, Philippe : Par-delà nature et culture, Paris, NRF Gallimard, 2005. L’anthropologue revient sur l’opposition nature / culture afin de sortir de la pensée ethnocentrique dominante et propose une typologie des « modes d’identification et de relation » avec des critères qui intègre humains et non-humains.

HALLE, Francis : Eloge de la plante : pour une nouvelle biologie, Paris, Points, 2009. (Histoire l’héliconius et de la passiflore)

LATOUR, Bruno : Nous n’avons jamais été modernes, Paris, La découverte, 1991. Le sociologue remet en question l’idée de progrès et de modernité, qui ne tient pas compte de la complexité et de l’évolution de la société.

OBADIA, Claude : « Le beau et l’utile, un couple impossible? », in Espace-prépas N° 123, 2009. Belle synthèse de ce classique de l’esthétique

 

Circulardesignguide.com : bureau de design circulaire

Christophe Keller – anarchéologie – montage vidéo sur la trace

https://paleo-energetique.org/: histoire collaborative des énergies

3 laboratoires de recherches ouverts et citoyens : La paillasse (Paris, incubateur), Le Biome (Rennes) et La Myne (Lyon)

FAB.CITY : modèle urbain autonome de production locale dans un monde connecté.

Asknature.org: conférence TED de Janine Benyus sur les productions biomimétiques

wiithaa.com : agence de design dédiée à l’économie circulaire. Conception zéro déchet

 

Publication proposée par Claire Leroux, participante du Diplôme Universitaire Codesign..

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Posture et état d’esprit du facilitateur : zoom sur le lien de confiance http://codesign-it-ventures.fr/2017/09/05/posture-et-etat-desprit-du-facilitateur-zoom-sur-le-lien-de-confiance/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=posture-et-etat-desprit-du-facilitateur-zoom-sur-le-lien-de-confiance http://codesign-it-ventures.fr/2017/09/05/posture-et-etat-desprit-du-facilitateur-zoom-sur-le-lien-de-confiance/#respond Tue, 05 Sep 2017 11:15:12 +0000 http://codesign-it.com/?p=929 [...]]]> Nadège Lossouarn, qui intervient cet après-midi, nous l’avons connue « de l’autre côté du miroir » quand nous étions sponsors d’une démarche innovante et collaborative au sein d’un ministère en transition !

Raison de plus pour être attentifs à son récit qui, au-delà des mots, révèle une personnalité totalement alignée avec ses actes. Dimension qu’elle évoquera dans sa présentation !

Ce n’est donc pas une surprise pour nous de découvrir que le sujet central de son intervention est le lien de confiance, et le climat de sécurité induit, que le facilitateur doit créer et entretenir tout au long du processus de travail. Car, en effet, c’est bien ce sentiment de confiance dans un environnement sécurisé que nous avons toujours éprouvés lors des différentes sessions organisées avec Nadège.

Et si ce sentiment s’est d’emblée imposé entre nous, cela ne signifie pas pour autant qu’il n’est pas le résultat d’un cheminement personnel, basé sur l’expérience, jalonné d’échecs et de réussites, et construit de la part du facilitateur, Nadège en l’occurrence.

La confiance peut se définir ainsi, par l’ensemble des croyances confortant le client dans la certitude que les intentions et les comportements de son partenaire d’échanges produiront les résultats attendus. [1]

Ce lien de confiance s’installe d’abord entre le facilitateur et le sponsor pour ensuite s’étendre à l’ensemble des participants.

Ce lien de confiance est un des atouts majeurs du facilitateur pour amener le groupe à être plus efficace, à avancer ensemble dans une direction commune. Ce cadre de confiance créé par le facilitateur permet à l’intelligence collective d’émerger.

État d’esprit à installer à chaque nouvelle relation sur la base d’enseignements et d’expériences diverses, qui mobilise trois dimensions distinctes mais complémentaires :

  • la présomption de compétences

Le facilitateur doit faire preuve de pédagogie auprès du sponsor pour démontrer la maîtrise de son savoir-faire, sa compréhension du contexte, des enjeux et la pertinence des méthodes collaboratives qui vont être déployées. Les compétences du facilitateur sont aussi sa base de confiance en lui, ce qui lui permet d’assumer et d’assurer une capacité à co-construire avec un collectif.

  • la présomption de bienveillance

Tout au long de l’accompagnement déployé, le facilitateur doit veiller à faire preuve de bienveillance vis-à-vis du sponsor et des participants qu’il embarque dans la démarche. Cette bienveillance doit aussi être réciproque à l’égard du facilitateur, quand bien même les confrontations et échanges d’idées et de cheminements sont denses et animées. Cette bienveillance crée les conditions d’un travail efficace, serein et facilite la réussite de la collaboration. Elle s’établit en postulat initial réciproque puis s’entretient par des postures (la franchise, la sincérité, la transparence, l’écoute, le souci d’inclusion et la détection des irritants) incarnées tant par le facilitateur que par le sponsor tout au long de la démarche engagée.

  • la présomption de cohérence

Elle se traduit par la capacité du facilitateur à tenir ses engagements et à être sincère dans ses promesses. Dans l’accompagnement d’un client, pour Nadège, il est également important de rester aligné avec ses propres valeurs et ses propres engagements, par respect pour celui-ci d’une part et pour soi-même d’autre part.

 

Comme le souligne Nadège, on ne naît pas facilitateur, on le devient après avoir vécu des expériences réussies mais aussi des échecs dont il faut savoir apprendre et partager, en toutes franchises, quelques anecdotes.

Ce récit professionnel personnel a inspiré la communauté du DU autour de trois questions explorées en sous-groupes :

1/ Comment créer les conditions de la confiance ?

par la convergence des enjeux (des intentions claires et partagées entre facilitateur et sponsor, des attentes exprimées, des méthodes de travail validées,…)

  • par des objectifs réalistes et livrables,
  • par le « walk the talk/talk the walk » (faire ce qu’on dit, dire ce qu’on fait, avec un feedback partagé et co-porté),
  • par une méta-communication (partager la confiance, lâcher les peurs, crever l’abcès)
  • par la distance dans la relation (répondre à tout le besoin ou seulement au besoin, rester authentique, savoir dire non)

 

2/ Comment s’adapter en restant authentique ? En restant aligné ?

  • la définition des règles du JEU : transparence, cadre de sécurité, engagement mutuel, liberté de paroles
  • la clarté des rôles, des intentions, des objectifs, des méthodes
  • la capacité d’adaptation du facilitateur et sa capacité à dire NON

 

3/ Comment savoir qu’on a créé un lien de confiance ?

Des signes                                                                des comportements dans la relation

– Qualité du feedback                                               Franchise / Transparence / Écoute

– Repérage les irritants                                             Accueil / Qualité de la Présence

– On peut tout se dire !                                              Engagement / Disponibilité

– Intensité de la collaboration                                    De nouvelles missions / le bouche-à-oreilles

 

En complément de l’intervention de Nadège, au gré des rencontres, des expériences vécues, des apprentissages acquis lors du DU, on peut retenir que le facilitateur doit être une sorte de « couteau suisse », toujours disponible et utile sans être encombrant ! Il n’est pas un animateur, situé au centre de la relation, il n’est pas le formateur qui est au-dessus de l’interaction, ni le coach, ni le gourou. Au cours d’une session, la place/rôle du facilitateur va évoluer, il sera très présent/référent au démarrage d’une collaboration, d’une session pour idéalement s’effacer au fur et à mesure que la démarche de codesign est appropriée et portée par les participants et sponsors. Son objectif est d’amener le groupe à être plus efficace ensemble notamment par la co-construction et le co-design. Le rôle du facilitateur est de créer un cadre, de réunir des conditions indispensables pour permettre à l’intelligence collective de fonctionner, et aux solutions d’émerger tout en accompagnant le groupe vers l’autonomie pour sa propre transformation.

La confiance est un des outils à déployer au même titre que l’empathie, la neutralité, l’adaptabilité et la bienveillance.

 

Merci à Nadège pour son intervention et sa bienveillance !

[1]   Jean Frisou – Confiance interpersonnelle et engagement : une réorientation béhavioriste

 

Restitution proposée par Dominique Jeandot et Patrice Roux-Caillebot, participants du Diplôme Universitaire Codesign.

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Le design au service de la protection des communs http://codesign-it-ventures.fr/2017/05/21/le-design-au-service-de-la-protection-des-communs/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=le-design-au-service-de-la-protection-des-communs http://codesign-it-ventures.fr/2017/05/21/le-design-au-service-de-la-protection-des-communs/#comments Sun, 21 May 2017 10:02:12 +0000 http://codesign-it.com/?p=805 [...]]]> Nous accueillons Sophie Pène, co-responsable du DU Codesign, côté universitaire : « Ecoutez-moi comme si j’étais une page web ». Mais au fait, c’est quoi les communs ? Et le design ? « Il est des choses qui n’appartiennent à personne et dont l’usage est commun à tous… » L’eau, l’air, les connaissances appartiennent à tous et sont donc ce que l’on nomme traditionnellement des « communs ». Les communs sont des ressources vulnérables qu’il est indispensable de protéger pour en assurer l’usage par chacun d’entre nous. Quant au design, il s’agit d’une matière transversale, non académique, mettant en lien différentes expertises pour contribuer à un projet. Ce qu’il permet : résoudre collectivement des problèmes de collectifs, de manière collaborative.

Imaginez donc SI, ou plutôt, QUAND le design se met au service des communs !

  • Cela signifie alors qu’une communauté, un groupe d’individus, s’empare d’un sujet puis collabore, imagine et invente de nouvelles voies pour protéger ce qui n’appartient à personne mais dont tout le monde à l’usage.
  • Cela signifie alors que le design peut se mettre au service du bien, du mieux, au bénéfice des individus mais aussi des communautés.

Stimulation par l’histoire. On aime tous les histoires, elles donnent vie aux idées, stimulent l’inspiration et permettent d’aborder les concepts de façon apparemment simple. Sophie Pène nous conte celle de Cesar Harada, incroyable et typique nouveau héros des temps modernes.

Pour le portrait, la version longue est ici https://www.linkedin.com/in/cesarharada/fr

“Cesar believes that nature, human and technology can coexist in harmony”.

Pour faire plus court : un trentenaire franco-japonais, ultra doué en tout, un CV long comme le bras qui cumule les expertises les plus diverses autour du design (ENSCI, ENSAD, puis Royal College of Art à Londres) mais cultive aussi un engagement pour l’expérimentation en contribuant à des labs d’innovation.

Il engage sa thèse autour du thème « apprendre à travailler avec de la documentation académique ». Alors qu’il est invité à Boston au Medialab du MIT comme chef de projet (au programme, maquette et prototypage), une catastrophe écologique majeure (l’accident de la plateforme BP « Deep Horizon » au Mexique en avril 2010 qui provoque une marée noire sans précédent) vient le heurter et capte toute son attention.

Il se rend sur place dans le Golfe du Mexique et observe les dégâts à l’aide de drones mais surtout il observe longuement l’ensemble des parties prenantes concernées par cette catastrophe (les experts, les océanographes, les bateaux censés dépolluer, les polluants qui dérivent …), il les observe en mettant le design au centre de sa réflexion.

De cette observation germe une idée : fabriquer des robots autopropulsés pour nettoyer la mer.

Il dédie un TED au sujet. Objectif : produire un réseau réactif d’experts ayant un intérêt commun dans le monde, la lutte contre la pollution. Chemin faisant il mobilise autour de lui partout dans le monde des scientifiques, des océanographes, des concepteurs qui s’emparent de son idée et commencent à la prototyper. Ce sont plus de 150 co-concepteurs qui s’emparent du sujet (tout est disponible en open source bien sûr), les protos circulent de par le monde et Cesar Harada suit imperturbablement leur évolution.

Le projet prend forme sous le nom de PROTEI, l’ensemble des développements liés au projet sont déposés dans Git Hub, disponibles en open source. Reste à imaginer un modèle économique viable pour rémunérer cette valeur créée.

En adoptant cette démarche, et en réorientant l’action humaine vers le bien commun et la préservation des communs, Cesar Harada conçoit un véritable design de système.

Son parcours, c’est lui qui en parle le mieux dans le TED qu’il consacrait en Juin 2012 à son « idée innovante pour nettoyer les marées noires ».

https://www.ted.com/talks/cesar_harada_a_novel_idea_for_cleaning_up_oil_spills?language=fr

 

Dès lors comment s’inspirer de cette histoire et la rapprocher de nos univers ?

Pour les personnes plus visuelles : la superbe facilitation graphique de Fred Debailleul.

 

Il s’agit à présent d’identifier, à la lueur des éléments partagés par Sophie, les points de tension, d’intensité. Nous voici à présent répartis en petits groupes à nous questionner collectivement. Qu’avons-nous compris ? Quelles questions nous posons-nous ?

Pour faire simple, voilà ce qu’il faut en retenir :

  • Comment le design se met au service des communs ? Quels sont les éléments déclencheurs ? Pourquoi ? Par qui ?
  • En quoi le design permet-il la fabrication et/ou la préservation des communs ?
  • Comment engager une communauté sur des problèmes en lien avec les communs ?
  • Comment favoriser l’émergence d’une communauté, d’un collectif engagé, animé par une même ambition, qui œuvre à la préservation des communs ?
  • Comment structurer, organiser et animer une communauté virtuelle sans rencontrer les travers classiques ?
  • Si l’expérimentation est indispensable, comment faire pour essaimer et s’emparer du sujet de la protection des communs, au-delà de l’expérimentation souvent circonscrite à un territoire ?
  • Comment trouver un équilibre financier et permettre à la communauté de vivre ?
  • Quels moyens trouver pour cristalliser la production de contributeurs disséminés ?
  • Le design serait-il un commun ?
  • Comment accélérer les processus de préservation des communs ?
  • Comment associer toutes les parties prenantes ?

Quelques éléments de réponses…

  • Pour favoriser la réussite des projets, il est nécessaire que ceux-ci soient portés et incarnés par un individu emblématique,
  • Pour faire le bien, il est nécessaire de transmettre, convaincre et diffuser dans une logique d’intérêt et de responsabilités individuels et collectifs, partagés,
  • Rôle de chaque contributeur : se mettre au service du bien commun sans mettre le bien commun à son service pour mobiliser la communauté,
  • Le design est un geste politique.

 

Avec l’aide de Greg Serikoff, nous redécouvrons ce que nous comprenions déjà du design de système sans le savoir.

En lançant l’Ipod (disparu aujourd’hui), Steve Jobs ne lance pas un produit, il lance le premier élément d’un système. En effet, ce qui rend l’univers Apple aussi puissant, ce ne sont pas ses produits, c’est le design du système autour duquel la marque s’articule : de l’iPod à iTunes à l’AppStore. En créant des logiques d’interdépendance de ses produits et services, Apple renforce son système. C’est d’ailleurs le propre du design numérique à l’œuvre aujourd’hui : nous vivons dans une société connectée dans laquelle tous les objets fabriqués ont une interface et font donc système.

Ce qui conduit Jean-Louis Fréchin (patron de l’agence Nodesign) à dire que « le design contemporain produit des objets à finir » (notamment grâce à la capacité que nous avons en permanence à les connecter à des systèmes différents).

A propos de JL Fréchin :  https://www.lesechos.fr/16/10/2013/lesechos.fr/0203070614436_jean-louis-frechin–nodesign——le-numerique–c-est-la-mobilite-des-idees—.htm

Pour revenir et boucler avec Cesar Harada, celui-ci apporte une amplification du design de système en le mettant à l’échelle de la problématique mondiale du développement durable et donc de la préservation des communs.

« Quand on design un système, on est beaucoup plus puissant que quand on design un produit »

C’est de nouveau à nous de jouer !

En équipe nous réfléchissons autour de plusieurs projets liés au design de système :

  • Un Lab d’innovation à vocation « développement durable » dont le fonctionnement serait connecté à un écosystème animé par le même objectif,
  • Une économie de plateforme collaborative,
  • Une maison connectée,
  • Les datas urbaines pour optimiser la vie au sein des villes (dans une logique écologique),
  • Les datas pour optimiser la qualité de vie.

 

« Rien n’est à craindre, tout est à comprendre »

« Interroger la notion de communs c’est interroger de manière plus globale les écosystèmes, leur fonctionnement et la façon dont on va partager la connaissance, de l’intelligence et préserver ce qui importe à l’humanité dans son ensemble. »

 

Restitution proposée par Hélène Amoussou et Sophie Sachnine, participantes du Diplôme Universitaire Codesign.

Merci à Sophie Pène et à Zeineb Chaabane pour sa facilitation !

Licence Creative CommonsCette œuvre de Codesign-it! est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

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