énergie – Codesign-it! http://codesign-it-ventures.fr innovation collaborative Fri, 09 Nov 2018 07:03:18 +0000 fr-FR hourly 1 https://i0.wp.com/codesign-it-ventures.fr/wp-content/uploads/2015/08/Co_logo_small.png?fit=32%2C32 énergie – Codesign-it! http://codesign-it-ventures.fr 32 32 110756974 Ils ont voulu organiser ce qu’ils avaient conquis http://codesign-it-ventures.fr/2018/11/06/ils-ont-voulu-organiser-ce-quils-avaient-conquis/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=ils-ont-voulu-organiser-ce-quils-avaient-conquis http://codesign-it-ventures.fr/2018/11/06/ils-ont-voulu-organiser-ce-quils-avaient-conquis/#respond Tue, 06 Nov 2018 15:34:24 +0000 http://codesign-it.com/?p=2063 [...]]]> Ils ont voulu organiser ce qu’ils avaient conquis (Bernanos).

Point de vue partial et imparfait sur Codesign-it aujourd’hui
Par Catherine Foliot

Ils avaient conquis la possibilité de faire entreprise autrement, chacun restant indépendant et libre, tout en étant reliés pour mutualiser les ressources et inventer une nouvelle manière de décider collectivement. Ils étaient huit à l’origine, mus par le double désir de fuir une grande organisation qui tuait leur espace d’expression et par la furieuse envie de créer un lieu autre – tiers – au sein duquel chacun pourrait éprouver sa liberté tout en étant ensemble.

Car ces métiers ne s’exercent pas seuls : l’innovation collaborative par essence se vit collectivement et les projets sont de taille à nécessiter des équipes. Ainsi, depuis presque cinq ans maintenant, Codesign-it tente de résoudre quotidiennement l’équation impossible d’associer la liberté individuelle à une gouvernance collective. Cette tentative est touchante, audacieuse, porteuse d’espoir.

Ces lignes sont là pour tenter de décrire, d’un point de vue par définition partial et incomplet, ce que ce collectif a conquis et les questions qui se posent aujourd’hui pour la suite de sa trajectoire. Je décris ici ce que je vis depuis trois ans que je suis résidente puis membre de Codesign-it, élue au bureau de l’association cette dernière année.

Qu’est-ce que ce collectif a conquis ?

J’aime ce terme de Bernanos, car on sent l’effort, l’inédit, les territoires vierges, peu fréquentés, peu connus. On sent la force des pionniers, des aventuriers qui, plus ou moins consciemment, s’engagent dans les herbes folles, les mers parfois déchainées et les eaux paradisiaques. On sent les heures, les nuits passées à penser, à imaginer, à prendre des décisions parfois radicales. On sent l’inconscience, le mouvement d’aller de l’avant, de continuer les premiers pas, ceux-là mêmes qui n’autorisent pas le retour en arrière.

Codesign-it a conquis cette énergie, cette force de la conquête, cette libido de la création.

Cette force de création, qui se ressent encore, a été, je crois, dédiée à trois paris : le premier fut de se prouver qu’il était possible d’y croire, le second fut de ne jamais enfermer Codesign-it dans aucune forme qui ne le fige et d’en décréter une expérimentation permanente, le troisième fut d’investir dans la transmission, à travers l’engagement dans un diplôme universitaire et la tentative de fabriquer des « Communs », formes de savoirs donnés à tous fonctionnant dans les règles de l’économie du don. Tous les paris furent gagnés et très vite et, en deux ans à peine, Codesign-it était une figure de référence sur le marché en tant que nouvelle forme organisationnelle, très investie dans la transmission et l’expérimentation permanente.

La gouvernance à l’époque était fondée sur les conversations entre membres dans le cadre de sprints d’une journée, mensuels, journées dédiées à l’évolution de la gouvernance de Codesign-it ! Les conversations étaient auto-facilitées, reposant ainsi sur le leadership de chacun. Ainsi, au cœur de ce collectif de professionnels aguerris de la facilitation de l’innovation collaborative, s’improvisaient des conversations qui aboutirent à des résultats tangibles pour lesquels les accouchements furent longs et parfois douloureux. Deux questions étaient en jeu : le statut de l’association qui ne pouvait plus porter les projets business et la taille du collectif.

Qu’ont-ils voulu organiser ?

Est-ce les questions d’organisation se posent quand on commence à croitre, à grandir en nombre ? Est-ce que ces questions secondent les premières dédiées à la création ? Est-ce que l’organisation est nécessaire pour matérialiser l’invention, voir même pour faire passer l’invention du côté de l’innovation, c’est-à-dire dans son ancrage dans la réalité sociale ? Est-ce que l’organisation est du côté de l’ordre et du contrôle alors que l’invention serait du côté du chaos et du pulsionnel ? Il semble trop facile d’opposer l’invention à l’organisation, alors qu’ordre et désordre sont nécessaires pour toute vie. Il y a tant de l’organisation dans la création que de la créativité nécessaire à l’organisation.

Mais surtout, y vivant depuis trois ans, je me suis aperçue progressivement de l’immense hétérogénéité parmi les membres de Codesign-it. Pas tant dans leurs métiers ou leur capital social qui restent assez proches, mais dans l’idée que chacun se fait de ce qu’est une organisation. Codesign-it invente une nouvelle manière de faire entreprise, la forme que prend le collectif n’est pas connue par avance (par définition) et se prête ainsi à toutes sortes de projections. Peut-être est-ce là un point important et un apprentissage passionnant : comment chacun réagit-il ou elle à l’inconnu ? Comment chacun ou chacune va projeter sa vision sur cet objet non encore identifié ? Nous sommes au cœur de l’innovation, la vraie, au cœur de ce qui s’invente, s’expérimente, se crée avec les personnes qui la vivent.

M’est alors venu ce tableau de Brueghel. Nous sommes en 1558 en pleine Renaissance, époque traversée par les transformations de toutes parts : économiques, techniques, scientifiques, artistiques, philosophiques. L’homme y prend une place centrale, une place d’acteur, moins soumis aux aléas divins. Comme dans ces périodes de transformations fortes (que l’on retrouve au XIXème et aujourd’hui), les innovations sont multiples.

Au premier plan, on trouve le laboureur qui pousse sa charrue. Le berger garde l’élevage plus bas et le pêcheur au bord de l’eau récolte les fruits de son travail. Voici le monde de la culture, de l’élevage, de la terre travaillée pour qu’elle donne ses fruits, d’un rythme qui suit les cycles de la nature avec les contraintes et les possibilités qu’offrent chacune des saisons.

Le second plan nous emmène vers la mer et l’horizon. Deux grands bateaux quittent le port, sans doute pour découvrir ces terres encore inconnues, c’est l’époque des grandes découvertes, de l’atterrissage dans des terres que l’on pensait indiennes alors qu’elles furent américaines …. Ce sont ces pionniers aventuriers, entrepreneurs sachant convaincre les financeurs et leurs équipiers, osant aller au-delà de ce qu’on ne voit pas.

Et puis un peu en dessous du premier grand bateau, on voit des jambes dans l’eau, à l’envers,…quelqu’un qui a chuté. C’est le titre du tableau : la Chute d’Icare. Icare est le fils de Dédale qui a créé à Minos le labyrinthe pour cacher le Minotaure, fruit d’une liaison inavouable. Dédale puni se retrouve enfermé dans sa propre création avec son fils. Il le sait : la seule issue possible est l’envol. Il fabrique des ailes imitant les oiseaux, avec des plumes et de la cire. Il alerte son fils de la fragilité de l’appareil, lui en donnant les limites de sa trouvaille : pas de vol trop près de l’eau car trop humide, pas de vol trop près du soleil, car trop chaud risquant de faire fondre les ailes. Icare s’envole et grisé par l’envol, la liberté, oublie et vole vers le soleil qui lui brûle les ailes. Il chute et se noie, nous dit Ovide.

Entre la culture et l’aventure, il y a la transgression : aller au-delà des règles et des limites. L’innovateur est un transgresseur nous rappelle le sociologue Becker ; il distingue les innovateurs qui transgressent pour un mieux du monde – et les déviants qui transgressent pour détruire. Icare est la figure de la transgression qui dans ce cas s’avère destructive pour lui.

Chez Codesign-it , on retrouve les laboureurs, les cultivateurs d’une terre à soigner pour que les récoltes soient régulières. Les projets sont plutôt connus, les rôles sont précis et identifiés, les équipes ont déjà pu vivre plusieurs fois ces types de projets, l’apprentissage s’y organise, les business models sont éprouvés. Le modèle d’expérimentation permanente vient parfois heurter ces modes de fonctionnement, préférant des situations stables et acquises.

On trouve également quelques aventuriers, les avant-garde, celles et ceux qui continuent d’inventer, que ce soit des produits, des modes d’intervention, des formes d’organisation, des modes de relation clients. Pour eux, ce qui n’a pas de forme n’est pas un problème car ils les imaginent chaque jour et ces formes peuvent évoluer au gré de leurs visions. L’expérimentation est leur nature. Trouve t-on chez Codesign-it des Icare qui se seraient brulé les ailes ? Non, pas si explicitement. Mais d’Icare, il y aurait peut-être le pulsionnel, ou l’impensé, qui se traduisent dans des mots ou des passages à l’acte impulsifs qui causent des perturbations et des frictions. Mais nous ne sommes qu’humains, à l’image de ce tableau humaniste de Bruegel qui dresse nos différents rapports au monde, entre l’ordre et le chaos, entre la création et la destruction.

Je m’étais dit un moment que cette hétérogénéité poserait un problème pour Codesign-it !, me conformant à la pensée convenue qu’une organisation se doit d’avoir une vision partagée et une stratégie commune. Or chez Codesign-it, les visions sont différentes entre membres et pour ce qui est de la stratégie, certains ne veulent pas entendre ce mot quand d’autres expriment le besoin d’en construire une.

Aujourd’hui, je ne pense pas que l’hétérogénéité soit problématique, elle a été et elle peut être au contraire source de créativité et de vitalité mais, posons l’hypothèse, à deux conditions : que les membres utilisent davantage leur créativité, leur inventivité, leur agilité, dans la manière d’envisager des décisions et aussi dans la manière de se parler, visant une parole qui crée et non une parole qui détruise – utilisant, par exemple, – mais pas seulement – des techniques de communication non violente : parler en son nom, ne pas projeter ce qu’on dit sur les autres « tu fais ci », reconnaitre et exprimer ses besoins, etc.

Autrement dit, une perspective aujourd’hui pour Codesign-it serait de poursuivre à tirer encore plus parti de tout le potentiel de création qu’un groupe peut avoir, évitant les pièges de la destruction, c’est-à-dire, peut-être – devenir des funambules, marchant sur un fil oscillant entre ordre et désordre, entre labours et découvertes, reconnaissant ce mouvement de balancier, fait par chacun ou par la complémentarité des uns et des autres.

Comment rester funambules ?

S’aventurer dans ce qui nous est étranger…

C’est peut-être l’alerte posée par Bernanos dans cette phrase : « Ils ont voulu organiser ce qu’ils avaient conquis » : l’ombre de l’organisation pourrait détruire la conquête, l’organisation s’opposerait à la création, laboureurs et découvreurs ne seraient pas compatibles. Je crois que cette pensée de l’incompatible nous traverse tous – moi la première -, et que nous avons tous à un moment pensé que « les autres » sont pénibles, que leurs besoins différents des nôtres sont un poids pour notre liberté et enfreignent la rapidité dans laquelle nous souhaitons agir. Au cœur de cette réalité est la grande question humaine de l’acceptation de la différence, de ce qui nous est étranger, si facile à dire ou à écrire, si sensible à vivre, … qu’en est-il chez Codesign-it qui, fait de grande hétérogénéité, vit la différence quotidiennement ?

A quelles conditions est-elle fertile, c’est-à-dire encore une fois du côté de la création et non du côté du débat sans fin, du conflit de parti-pris ? « Écoutez les sons qui vous dérangent » disait le compositeur de musique contemporaine Xenakis. Non seulement il faudrait les supporter, mais plus encore, il faudrait les écouter ? Xenakis nous invite à expérimenter le déplacement de soi, car tout ce qui me dé-range, potentiellement me range autrement, m’amène ailleurs. Voici l’aventure de l’étranger qui n’est qu’en nous. Ce qui nous dérange est la part inconnue qui nous est propre et qui reste une aventure. La différence de l’autre nous invite à nous découvrir encore davantage, avec nos lumières et nos fragilités, ce qui nous rend humain. C’est même la condition de notre humanité.

S’inspirer sans modération sans tomber dans les dogmes

Quand on ne sait pas ce que l’on fabrique, on s’inspire. L’inspiration est l’un des moteurs majeurs de la création. L’inspiration sert à faire entrer de l’air, autrement dit du nouveau, mais elle ne doit pas devenir un modèle à reproduire. La limite est parfois ténue. Il y a pourtant une grande différence entre inspiration et modèle à transposer qui peut devenir dogme, autrement dit fabriquer l’inverse de la création.

Nous sommes parfois à la limite de la bascule de l’inspiration au dogme. Chez Codesign-it, dans une phase post-création qui cherchait peut-être une forme d’organisation stable, le modèle d’organisation de la sociocratie inventée par un ingénieur au XIXème siècle a suscité l’intérêt des membres. Cela m’a fait l’effet d’un Livre qu’on allait chercher parce que le modèle d’organisation se cherchait et que l’invention était peut-être trop coûteuse. C’est humain, là encore, nombre de sociétés l’ont vécu et sont construites ainsi. Des débats ont alors éclaté opposant les partisans de l’application de la règle à la lettre à ceux pour qui la sociocratie était une inspiration à adapter pour Codesign-it ! L’expérimentation de la sociocratie prendra fin à une date non encore précisée, et je crois que ce statut permanent d’expérimentation est ce qui protège la créativité et permet le non-enfermement dans des dogmes.

Rester expérimental : trouver les moyens communs de faire vivre l’expérimentation dans la durée, des Communs

L’expérimentation est un coût, ou plutôt un investissement pour poursuivre la part joyeuse de cette aventure, et la part d’espoir qu’elle porte depuis l’origine. Car l’expérimentation demande à expliciter des hypothèses, à suivre les réalisations, à débriefer des résultats et à clarifier les apprentissages. Elle demande de la rigueur, du temps, une façon différente d’être dans l’action, une distance autre à l’objet de travail.

Or ce temps et ces dispositions ne sont pas comprises dans notre temps rémunéré aujourd’hui. Nos revenus sont exclusivement tirés des projets que nous vendons et menons. Ainsi aujourd’hui l’expérimentation, au-delà du mot qui reste employé, n’est pas sérieusement menée car nous n’avons pas encore mis en place les conditions de sa réalisation. Nous avons voté une mission Documentation qui est un prémice, quelques bribes de feed-back ont été faites sur la sociocratie, des premiers pas ont donc été posés.

Or une hypothèse serait qu’investir une partie de notre budget d’investissement que nous tirons de la vente de nos projets serait une condition majeure à la durabilité de Codesign-it, dans sa part saine, porteuse d’espoir et revenant à son désir premier : comment faire vivre une organisation entrepreneuriale dans laquelle liberté et coopération sont possibles ?

L’expérimentation nous protège du dogme et des débats sans fin de qui a raison, l’expérimentation développe notre part d’humilité car nous ne savons pas tant que nous n’avons pas vécu des choses et appris de ce qu’il se passe.

L’expérimentation entretient la curiosité, cette part vivante qui nourrit le désir. L’expérimentation permet également d’apprendre, de poser des bases et des convictions à partir de l’expérience, et non pas à partir de leçons extérieures.

Laboureurs et découvreurs s’y retrouvent. L’expérimentation n’est t-elle pas ainsi une nouvelle forme d’organisation, applicable chez Codesign-it ! mais également au sein des projets que nous menons avec nos clients ? Le Diplôme Codesign, la poursuite du travail sur les Communs, les articles de recherche, une proposition de projet d’exposition dont le titre serait « C’est quoi ce travail ? » et bien d’autres formes existantes et à venir en sont les écrins. A suivre, avec impatience ….


Texte proposé par Catherine Foliot, membre du Collectif Codesign-it!

Licence Creative Commons Cette œuvre de Codesign-it! et Catherine Foliot est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

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Le management symbolique http://codesign-it-ventures.fr/2018/04/03/le-management-symbolique/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=le-management-symbolique http://codesign-it-ventures.fr/2018/04/03/le-management-symbolique/#comments Tue, 03 Apr 2018 18:09:22 +0000 http://codesign-it.com/?p=1678 [...]]]>

Le management symbolique
ou
comment manager la complexité des organisations et de leur transformation
grâce à l’universalité et à la puissance des symboles

En cette après-midi de D.U. Codesign, Stéphane RIOT, fondateur de NoveTerra (écosystème d’experts et de chercheurs sur les modèles économiques et sociétaux de demain), va nous donner de l’énergie…va nous transmettre son énergie…en nous parlant de l’impact des symboles dans notre quotidien, au plus profond de nous, mais aussi des liens que l’on peut faire avec les entreprises ou les différentes organisations.

Tout part d’un principe ancestrale et incontestable : chaque organisme vivant a besoin pour vivre et survivre d’être au contact de différentes énergies, que nous appellerons les quatre éléments : la terre, l’eau, le feu et l’air.

Hippocrate, le père de la médecine, parlait lui-même de la médecine des quatre éléments pour expliquer le fonctionnement du vivant :

  • La TERRE : la structure, les squelettes et les os
  • L’EAU : les fluides, l’eau et le sang
  • Le FEU : l’énergie nécessaire au quotidien
  • L’AIR : ce dont nous avons besoin pour respirer

Pour survivre, les organismes vivants ont besoin que ces quatre éléments soient présents et ce de manière équilibrée. Si un tel équilibre n’est pas assuré, cela peut engendrer des difficultés, voir certaines souffrances dans les cas les plus extrêmes.

Partant de ce postulat, Stéphane nous propose de savoir si nous avons un élément prédominant chez nous. Pour cela, il organise un quiz d’une dizaine de questions (que vous retrouverez facilement d’ailleurs sur internet avec votre moteur de recherche préféré). Les questions défilent, et quelques sourires sur les visages des participants laissent déjà envisager la suite.

– Sommes-nous plutôt Terre et donc plutôt attaché aux règles, aux traditions ?
– Sommes-nous plutôt Eau, privilégiant les échanges, la communication, le partage avec les autres ?
– Sommes-nous plutôt Feu, bouillonnant d’énergie et passionné ?
– Sommes-nous plutôt Air, toujours inspiré et inspirant les autres ?

Le verdict tombe et la magie opère quand physiquement nous nous regroupons par petits groupes ayant le même élément dominant. La diversité des participants du DU fait que les groupes sont également équilibrés. Les échanges entre sous-groupes se poursuivent et nous sommes tous en quête déjà d’un peu plus d’équilibre. Ce que Stéphane appellera l’homéostasie*.

Dans la tête de certains, d’autres questions surgissent : « De quel élément dominant sont mes amis ? Ma femme ou mon mari est-il du même élément dominant que moi ou sommes-nous plutôt complémentaires ? Est-ce donc pour ça que je ne m’entends pas très bien avec mon chef ?… Ces questions en amènent d’autres mais Stéphane précise également que nous sommes en perpétuelle dynamique de vie et que nous ne naissons pas et mourrons pas en étant attaché toujours au même élément. Certains évoquent être passés par trois éléments dominants au cours des dernières années.

Si ce lien entre éléments et prédispositions individuelles semble convaincre tout le monde dans la salle…comment appliquer cela aux entreprises et aux organisations ?

Stéphane explique alors que les entreprises ont elles aussi un ou plusieurs éléments dominants et que souvent un déséquilibre provoqué par un élément moins présent peu amener des dysfonctionnements.

Il propose que lors d’un diagnostic d’entreprise et au-delà des méthodes traditionnelles et classiques, une analyse sous l’angle des quatre éléments soit faite :

– Faut-il un peu plus de TERRE ? Avec un peu plus de standards, de règles, d’organisations, de valeurs, de fondations.
– Faut-il un peu plus d’EAU ? Renforçant ainsi la communication interne, le visuel, les échanges et le partage.
– Faut-il plus de FEU ? En démultipliant de nouveaux challenges, en développant plus de créativité et de passion.
– Ou faut-il enfin plus d’AIR ? C’est-à-dire avoir une nouvelle vision, de nouvelles inspirations pour l’entreprise.

Une fois ce diagnostic fait, il est alors possible de faire prendre conscience des déséquilibres et de trouver de nouvelles idées, de nouvelles méthodes, de nouvelles actions…afin de rééquilibrer l’entreprise.

Chaque transformation importante a souvent tendance à accentuer ces déséquilibres. ll est alors nécessaire de regarder quel(s) élément(s) sont moins présents après la transformation afin de rééquilibrer le tout et relancer une nouvelle dynamique de performance.

Par ailleurs, il est amusant de voir que certains métiers sont profondément ancrés autour d’un symbole plutôt qu’un autre :

  • La TERRE : les notaires, les comptables, les avocats,…
  • L’EAU : les agence de communication, les RH, les coachs…
  • Le FEU : les start-up ; les services commerciaux,
  • L’AIR : les cabinets de conseil, la R&D…

Stéphane RIOT nous a démontré que les symboles étaient bien au service de l’universalité…mais ses dernières recherches promettent déjà de nouvelles révélations prochainement autour de l’impact des symboles dans les organisations. A suivre…

Voici  pour finir 3 illustrations concrètes d’utilisation des 4 éléments :

Management par la symbolique – Mini XP (expérimentation)

En chemin vers un rendez-vous client, mon associée m’interroge sur le contenu de ce fameux D.U dont je lui parle souvent ces temps-ci. Je refuse l’obstacle de lui résumer mes deux premières sessions en quelques mots et décide de lui répondre par une mini XP sur le management par la symbolique.

Je lui explique rapidement le parcours de Stéphane Riot (j’ai l’impression que ça va m’aider à crédibiliser la suite de l’explication) et me lance dans la reformulation de ce que j’ai compris du management par la symbolique. « C’est directement inspiré de la médecine d’Hippocrate qui considérait que pour être en bonne santé, un être humain doit trouver l’équilibre entre sa terre, son eau, son feu et son air. »

Puis je lui explique en quelques phrases ce que j’ai retenu de la description des 4 éléments. « Sa terre, ce sont ses racines, ses croyances, sa personnalité, etc. Son eau, c’est la capacité à communiquer, à créer du lien entre les gens. C’est aussi les émotions, positives ou négatives. Son feu, c’est son énergie. Et l’air renvoie aux idées, à l’inspiration, à la créativité, etc. ». Elle suit ; c’est facile à raconter et à comprendre, les symboles. Tout le monde connait.

Je lui demande : « Quelle est ta dominante à toi ? »
Sa réponse arrive du tac au tac : « Je suis dans l’eau avant tout. Et peut-être un peu aussi dans la terre ».
J’enchaîne : « Et moi ? Tu me vois comment ? »
Son regard s’éclaire « tilt ! ». Elle vient de comprendre, comme moi, pourquoi nous formons un binôme efficace. « Toi tu es dans l’air à fond ! Et dans le feu aussi. »

Transformer l’assurance maladie grâce au management par la symbolique

Nous retrouvons Stéphane Riot dans un café un matin pluvieux de novembre. Au-delà de la séquence que nous avons partagée avec lui au D.U, nous voulons recueillir quelques exemples de transformations par la symbolique pour illustrer notre publication.

Un premier exemple lui vient immédiatement à l’esprit : la transformation de l’Assurance Maladie ! Stéphane sort en effet d’une session intense avec les 200 cadres dirigeants de la CNAM (Caisse Nationale d’Assurance Maladie) qui doit se transformer, notamment pour développer l’e-santé et prendre en charge prochainement le RSI et ses équipes. Le séminaire doit lancer des commissions d’exploration sur ces sujets et s’appuie sur le management par la symbolique.

Stéphane nous décrit l’assistance : 200 cadres dirigeants de la CNAM, des médecins, des énarques, et le premier d’entre eux, Nicolas Revel, directeur général de la CNAM. Le professeur Alain Lyon-Caen est également présent. Il est chef du service neurologie de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, professeur de neurologie à l’UPMC et médecin-conseil national de la CNAM.

Stéphane introduit le séminaire en expliquant le management par la symbolique. Il fait référence à Hippocrate, bien connu de ces érudits et ces médecins. Il est incontestable. Et d’ailleurs, personne ne conteste. Personne ne ricane, même. En quelques minutes seulement, l’assemblée a adhéré au modèle et s’apprête à contribuer aux travaux de la session.

Accompagner la transformation d’un journal en réinvention

Stéphane Riot évoque également le cas d’un journal dont il accompagne la transformation dans un contexte de grande difficulté. Le titre, mensuel grand public français, subit lourdement la crise de la presse.

La mise en perspective par les 4 éléments, a permis à de faire remontée en conscience les difficultés et des manques qui n’étaient jusqu’alors pas complètement mis en évidence. Dans un contexte de crise, cette accélération est un facteur clé de la réussite de la transformation et des thèmes cœur métier apparaissent très rapidement comme des sujets de travail urgent. Le questionnement sur les nouveaux métiers de la presse (innovation) est par exemple au cœur de la transformation et a inspiré l’organisation de learning expeditions déclenchées suite au constat de manque d’air.

Organiser une entreprise multi-culturelle avec les 4 éléments

Stéphane Riot accompagner depuis 2 ans déjà une entreprise internationale en forte croissance dont l’enjeu était principalement la dispersion des équipes et leurs différences de cultures (50 personnes, 22 nationalités présentes dans une quinzaine de pays)

Depuis 2 ans l’équipe a décidé de se retrouver tous les ans  en France pour un séminaire d’une semaine de connexion (terre) et d’échange (eau) afin de (re)mobiliser les équipes autour d’objectifs communs (feu) et de reflexion sur les nouveaux espaces d’innovation (air)

Chaque année est l’occasion pour l’équipe de faire le bilan de l’année écoulée et de déterminer les besoins individuels et collectifs.

Cette année, l’entreprise prévoit ainsi de renforcer la cohésion interne (terre/eau) par la nomination d’une fonction hybride entre le RH et le Community manager nommée «  work smarter together »

 

Retrouvez son TedX sur les 4 éléments içi : https://www.youtube.com/watch?v=k9DlRVkumVc

* homéostasie : terme utilisé en biologie et en systémique et qui caractérise un phénomène par lequel un facteur clé est maintenu autour d’une valeur bénéfique pour le système. C’est un système de régulation.


Restitution proposée par Nicolas Bled & Carlos Cardoso, participants au Diplôme Universitaire Codesign.

Merci à Stéphane Riot pour sa contribution et sa disponibilité !

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La Joie de Dame Fortune, roman collaboratif. http://codesign-it-ventures.fr/2018/04/03/la-joie-de-dame-fortune-roman-collaboratif/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=la-joie-de-dame-fortune-roman-collaboratif http://codesign-it-ventures.fr/2018/04/03/la-joie-de-dame-fortune-roman-collaboratif/#respond Tue, 03 Apr 2018 16:59:28 +0000 http://codesign-it.com/?p=1664 [...]]]>  

La statuette de Dame Fortune

« Créer, c’est vivre deux fois » Albert Camus

Résumé :

Cette publication retrace le déroulement d’une session du diplôme universitaire de Codesign. Le cœur de la session est le récit d’une expérience de co-écriture d’un roman épistolaire et d’éclairages sur le modèle du parcours de vie de Jean-Pierre Boutinet et du méta-modèle de la Théorie U d’Otto Sharmer. Les réflexions des participants s’ouvrent sur la place de l’initiateur-trice d’un projet dans son déroulement et sa suite, la potentielle utilisation de la Théorie U dans une œuvre artistique collective et la place de la joie dans le travail collaboratif.

Caroline Guyon et Christine Da Silva, collaboratrices de La Française Des Jeux, sont les deux intervenantes venues stimuler les participants du diplôme universitaire de Codesign. Pour cela, Caroline et Christine ont partagé leur expérience de co-écriture d’une histoire singulière, à la fois au cœur et en marge de leur emploi. L’histoire de Dame Fortune et du roman qui lui est consacré.

 

Déroulement de la session :

Lundi 2 octobre, 9h, temps maussade, température basse, café chaud, nouvel espace du 12co, les participants se réunissent pour parcourir trois nouvelles journées dans le Diplôme Universitaire de codesign et les boucles de pédagogie inversée. Rien ne laisse présager que la joie sera si grandement présente ce matin.

Comme souvent, la session commence par un imprévu. Le pitcheur de l’accueil n’est pas là : qui va pitcher ? Car pour que la session commence, le rituel de l’accueil est nécessaire afin de connecter l’intervenant au groupe et de le mettre dans de bonnes conditions en connaissant mieux le déroulement de la formation et la composition du collectif. C’est Véronique qui, spontanément, se propose pour accueillir Caroline et Christine avant de leur laisser la parole.

Pour trouver le début de l’histoire qui nous est raconté, il faut remonter en 2014, dans le hall de La Française des Jeux. Caroline, ingénieur qualité, passe chaque jour devant une œuvre d’art, sans vraiment la remarquer. L’œuvre est dans le paysage, elle est le symbole de l’entreprise. Et puis un jour, Caroline se demande qu’elle est donc cette œuvre ? Ce symbole ? Elle est attirée par l’œuvre, et même les œuvres, identiques, présentes sur chaque site de l’entreprise et qui pourtant semblent être ignorées par le plus grand nombre. Cette œuvre c’est Dame Fortune, c’est écrit sur le socle mais une question naît : qui est-elle ? Qui est Dame Fortune ?

L’envie d’écrire sur l’œuvre mobilise Caroline. Elle transcende son propre jugement et les suppositions inhibitrices en partageant cette envie avec quelques collègues lors d’un déjeuner : Et si nous écrivions ensemble sur la vie de Dame Fortune ?

Certains répondront positivement à l’appel de Caroline, dont Christine. Les rencontres se dérouleront de façon hebdomadaire, le mardi entre 12h et 14h, dans un restaurant voisin de l’entreprise. Le collectif de 9 personnes est lancé et pose les principes qui le guidera pendant 6 mois :

– Valeur commune : “Créer ensemble, c’est vivre deux fois plus heureux”. Réadaptée, la phrase d’Albert Camus, car il semblait délicat de « promettre la réincarnation ».
– Règles de fonctionnement : créer sans se juger, se faire plaisir, rester positif. Le fruit de notre imagination ne peut être divulgué qu’avec l’accord du groupe.

Les questions qui soudent le collectif autour de l’envie d’écrire prennent forme :

– Pourquoi Dame Fortune tu es sur tous nos sites ?
– Pourquoi tu as les yeux bandés ?
– Qui es-tu ?

Dans le récit de cette expérience, la méthode ne précède pas l’envie. C’est chemin faisant, durant les premières semaines, que le collectif découvre les travaux de Jean-Pierre Boutinet sur la trajectoire de vie et le parcours de vie. Ce cadre sera la base du travail du collectif sur la vie de Dame Fortune, la structure du roman. Durant 3 mois, les échanges seront focalisés sur les événements et le déroulement de la vie de Dame Fortune.

La trajectoire et le parcours de vie de Dame Fortune

L’étape méthodologique suivante sera la découverte de la Théorie U. Il s’agit pour le collectif d’un méta-modèle qui leur permet de réinterpréter leur expérience au travers des étapes décrites par Otto Charmer. Caroline nous relate alors des éléments essentiels d’un parcours en U : esprit ouvert et suspension de la voix du jugement, puis coeur ouvert et suspension de la voix du cynisme et enfin volonté ouverte et suspension de la voix de la peur.

Autre élément qui pourrait être considéré comme un détail, mais que nos deux intervenantes s’accordent à qualifier de point crucial dans la vie du collectif : la date, une échéance pour achever l’ouvrage. Et la date fait sens dans l’entreprise qui réunit ce collectif puisque durant l’année de la co-écriture il y a un vendredi 13, un seul. La date devient alors une évidence.

Dans son cheminement avec à présent le U pour fil conducteur, après de multiples échanges et correspondances en plus des rencontres hebdomadaires, le collectif choisit la forme du roman épistolaire pour raconter l’histoire de Dame Fortune. A l’approche du vendredi 13, deux nouvelles questions se posent : l’ouvrage doit-il être publié ? Et si oui, sous les vrais noms ou sous des pseudonymes ? Le groupe s’accorde selon ses principes : il faut l’accord de chacun pour que la publication soit réalisée et si l’anonymat est préféré il sera adopté.

Le jour J étant arrivé la publication est réalisé sur l’Intranet de l’entreprise et partagé au plus grand nombre. En parallèle un livre en auto-édition est édité. La personne qui a publié est nécessairement sortie de l’anonymat, tandis que l’ouvrage est signé par les « Fortune Tellers ».

La suite des aventures du collectif était déjà présente sur la couverture de l’ouvrage puisqu’il s’agit du dessin… De nouveau l’appel est lancé, un collectif se mobilise, l’esprit, le cœur et la volonté ouvert-e-s les traits prennent forme à chaque nouveau rendez-vous…

Peut-être verrez-vous un jour une exposition d’œuvres collaboratives que Caroline et Christine auront réalisée avec d’autres, et si c’est le cas, je prends le pari que le vernissage se fera un vendredi 13.

Suite à ce partage, vient l’étape de problématisation, réalisée en parallélisant, c’est à dire en divisant le groupe de participant-e-s en sous-groupes de 5 à 7 personnes, pour rechercher un problème suite à la stimulation. La problématisation, pour essentielle qu’elle soit, est régulièrement problématique et confusante. On voit souvent émerger une intention ou une suggestion, une réponse même, parfois dissimulée dans une question, ou une affirmation sans que pour autant il s’agisse tout à fait d’un problème. La tentation de la question est grande et nous, participant-e-s, y cédons fréquemment. Cependant, il s’agit d’une démarche apprenante et dans les sous-groupes, il y a souvent une personne pour pointer l’écueil, si ce n’est pas le facilitateur ou le collectif qui le fait au moment du partage des problèmes.

Problèmes identifiés :

– Cultiver la joie dans le travail collaboratif.
– La méthode U permet à des artistes de co-créer des œuvres de meilleure qualité, reformulé ensuite en : comment ne pas diluer une expertise dans un travail collaboratif ?
– Conserver la juste place du leader (influence, neutralité, moteur, autonomie, …) alors qu’il est partie prenante
– Passer de mon projet à notre projet avec des volontaires (rêve, méthode, …)

Le temps consacré à la réflexivité permet de mettre en commun ce que les participants ont vécu, retiennent, ont appris durant la session. Dans ce cas, la méthode du domino a été utilisée. Réuni-e-s en plénière, Alain, notre facilitateur nous a invité à écrire sur un post-it ce que l’on souhaite partager, puis un-e participant-e initie le partage en lisant et en collant son post-it, si une autre personne à une chose identique ou proche, il suffit d’aller réunir les post-it. Si non, on passe au partage d’un autre post-it et du regroupement éventuel qui l’accompagne et ainsi de suite jusqu’à ce que chacun-e ait partagé ses réflexions. Cela permet de voir les points de convergence et les points plus singuliers.

Dans notre cas, la part des mots ou phrases lié-e-s à une dimension émotionnelle m’a marqué et notamment en ce qui concerne la joie : « la joie est dans la co-création », « la phase de prototypage est la plus excitante », « la méthode n’est qu’un support, la joie de la création collective est le vrai moteur », « la joie est dans la concrétisation d’un projet collectif » …

Des éléments saillants s’attachent à la place de leader, de l’impulsion de l’initiateur-trice : « l’initiateur d’un projet peut passer au rôle de participant (ou sortir) sans que le projet ne meure », « partager et laisser agir », « le rôle et la responsabilité du porteur de projet évolue au cours du temps », « connaître dès le début d’un projet l’évolution du rôle d’un porteur d’idée », « exprimer ses rêves », « parler de ses projets », « oser co-initier », « fédérer un groupe autour d’un idée perso en faisant de la place à chacun », …

 

D’autre encore reviennent sur l’importance du cadre : « un cadre partagé allié à beaucoup de liberté », « pour garantir ce « presencing » le cadre est nécessaire », « fixer les règles pour libérer la créativité », « se donner des règles, un cadre en amont + partage de valeurs ».

A l’occasion de cette séquence de réflexivité, le temps maussade de l’extérieur est oublié grâce à l’enthousiasme de ce qui se déroule à l’intérieur.

Ressources complémentaires :

– Les travaux de Jean-Pierre Boutinet sur le Parcours de vie et autres publications : http://www.jeanpierreboutinet.fr

– Le site internet du Presencing Institute et la Théorie U : https://www.presencing.com

– Résumé de la théorie U : « Éclairer l’angle mort de notre époque » https://www.presencing.com/sites/default/files/page-files/TU-ExecSum-French.pdf

L’un des apports majeurs concerne, pour ma part, les notions de trajectoire et de parcours de vie. L’élan donné par l’extérieur et l’élan donné par soi-même sont des notions qui me semblent être au cœur des démarches collaboratives. Lorsque la complexité est présente et l’incertitude ambiante, la capacité d’un collectif à chercher des pistes de solutions puis à prendre des décisions et enfin à les mettre en œuvre semblent proches du passage de la trajectoire au parcours de vie. Le groupe faisant alors, dans une certaine mesure, des choix déterminants dans la construction de son futur, impactant parfois celui d’autres, leur donnant une trajectoire avant qu’à leur tour, ils construisent leur parcours de vie…

Concernant le processus collaboratif tel qu’il nous a été présenté par Caroline et Christine (et tel que je l’ai perçu et retenu), j’en garde une sensation d’enthousiasme, de plaisir, de joie dans cette dynamique hybride, à la fois dans et hors de l’entreprise, à la fois pour soi et pour/avec les autres, à la fois dans un cadre et dans l’autonomie, …

Plusieurs fois, le fantasme qu’une formule existerait pour favoriser cette joie a été évoqué lors des échanges, elle pourrait ressembler à :

oser partager + motivation intrinsèque + production collective + échéance + implication = joie

J’ai personnellement été saisi par le récit de ce cas concret d’une démarche qui se calque, en chemin, sur la Théorie U. J’aime quand les modèles, méta-modèles, techniques, concepts, sont présentés par le prisme de l’expérience. Cela me permet de réaliser de façon plus précise à quoi ils peuvent se rattacher en situation. A mon sens cela évite de se perdre en conjectures ou en réflexions infinies qui, bien qu’intéressantes, risquent de perdre de leur substance en se s’éloignant du réel.

A l’issue de cette matinée, des questions nouvelles émergent :

– Quelle est le processus de la reconnaissance dans le souhait de l’anonymat ?
– Quel est l’impact de ce type de démarche sur son travail du quotidien ?
– Quelle est l’influence de ces démarches sur la confiance en soi et l’estime de soi ?
– La joie peut-elle devenir un nouvel indicateur au travail ?

Autant de questions qui invitent à découvrir de nouveaux ouvrages, partager des expériences, mener de nouvelles explorations…


Publication proposée par Guillaume Roissard, avec la précieuse contribution de Sophie Mourey, participant-e-s du Diplôme Universitaire Codesign

Merci à Caroline Guyon et à Christine Da Silva pour leur intervention !

Licence Creative Commons Cette œuvre de Codesign-it! est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

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Design pédagogique http://codesign-it-ventures.fr/2018/04/03/design-pedagogique/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=design-pedagogique http://codesign-it-ventures.fr/2018/04/03/design-pedagogique/#comments Tue, 03 Apr 2018 13:12:17 +0000 http://codesign-it.com/?p=1640 [...]]]> Une des forces de l’ est d’accélérer l’apport de solutions, c’est ce que nous nous apprêtons de nouveau à expérimenter avec Léa Douhard et Ada Loueilh. Une problématique concrète, des étudiants du DU en pédagogie inversée, un cycle PI, l’environnement co-design It et un un facilitateur seront le terreau de notre réflexion.

Après une rapide présentation du CRI (Centre de Recherche Interdisciplinaire), qui réunit des chercheurs, des entrepreneurs, des étudiants et des citoyens de tous horizons voulant contribuer à la création collaborative d’un écosystème de création de savoirs, et dont dépend également le DU, elles nous exposent l’écosystème du Master EdTech dont le maître mot est la diversité :

Des objets sont sortis un à un de 2 boites blanches et représentent chacun des étudiants et leur parcours. C’est clair et c’est concret ! Des étudiants originaires du monde entier, chacun avec sa propre histoire: grecque, barcelonaise, israélienne… des domaines de compétences très différents, de tous âges mais avec en commun le besoin de reconstruire, de trouver leur Projet, avec la force de leur singularité.

La situation est décrite comme complexe, le master a pour objectif de les aider à se trouver, dans des parcours très différents, afin qu’ils s’appuient sur leur compétences, généralement des soft skills, mettre en valeur des parcours interdisciplinaires, s’ouvrir à de nouveaux métiers et prendre des décisions. L’idée est de leur laisser une grande zone de liberté, permettant le learning by doing et les learning expeditions mais ceci peut sembler contradictoire dans un contexte d’université et un besoin d’évaluation. Quelles sont les limites de la culture du OUI ?

La présentation est volontairement concrète…. Par les objets et aussi toutes les images et métaphores utilisées, dont celle de l’avion… Comment cadrer ce voyage tout en cadrant le besoin de divergence ? Comment les aider à atterrir…. ?

En tant que facilitateur graphique, un clin d’œil à leur description imagée qui nous donne une idée de la richesse de leur environnement !

Dans ce contexte, Léa et Ada veulent organiser un bootcamp pour la première semaine d’intégration.

L’objectif de cette semaine est de canaliser l’énergie des 45 « bêtes apprenantes », c’est ainsi qu’elles nomment les « M1 » premières années du Master arrivant dans cet « environnement frénétique ». Cette semaine est donc une première étape importante pour qu’ils intègrent les attentes et des clés pour leur année. Un de leurs souhait est est de faire évoluer le format existant, aujourd’hui plutôt en mode descendant, pour amener plus d’impact.

Elles nous décrivent la manière dont elles imaginent cette semaine appelée déconditionnement : lundi : inspiration, mardi : exploration, Mercredi : Positionnement, Jeudi : décision, Vendredi : landing. Elles imaginent aussi une semaine organisée en Parkour.

Pour rappel Parkour est une façon d’organiser une session ou une démarche collaboratives où les participants décident en fonction de leur projets les étapes et l’ordre des modules (appelés balises) à dérouler pour leur projet.

Détail non négligeable, cette première semaine aura lieu dans … 5 semaines ! Bref il y a urgence à designer cette session.

Le collectif devient session designer … tout en suivant le cycle PI !

On n’oublie pas dans un premier temps de problématiser ! Nous expérimentons cette étape très importante du codesign : elle nous permettra de s’aligner sur la compréhension commune du problème et des besoins du sponsor. Nous testons aujourd’hui un nouveau pattern pour problématiser : Ce pattern comporte 4 parties :
– qui veut-on aider (qui est concerné par ce problème) ?
– dans quel contexte ?
– quel est le problème ?
– dans quel objectif plus global ?

Il s’agit de rendre visible le chemin parcouru en temps réel et les accompagner au mieux, défi.nir un cap au sein d’un cadre commun, être acteurs de leur parcours dans l’écosystème du master, articuler parcours individuel et cadre collectif. Les 4 groupes proposent donc des problématisations avec un prisme et un angle de vue un peu différent.

Les différentes tentatives qui s’en suivent proposent de mettre en avant  les échanges avec le collectif (ensemble des étudiants, sous-groupes ou en mode speed dating), la co-écriture de règles, l’utilisation d’outils collectifs type réseau social, la mise en place de rituels et de rôles tournants permettant à chacun d’établir et de partager sa feuille de route. Tout ceci pouvant être fait de manière ludique (définir mon héro fictif) et dans tout les cas de manière concrète : un lieu pour afficher les cartes et les boussoles de chacun.

La facilitation graphique est largement utilisée pour formaliser, présenter voire prototyper les propositions.

Le feedback permet de souligner parmi toutes ces « propositions alléchantes » que ressortent l’importance du lien individuel-collectif et la force et la richesse des échanges avec le groupe. On souligne aussi l’importance d’embarquer toutes les parties prenantes : les intervenants pédagogiques et aussi les étudiants M2 de 2ème année.

Une étape complémentaire de synthèse des propositions des différents groupes est proposée en vote with your feet, afin de faire une décision collective des propositions à retenir.

Les élèves du DU montrent aussi leur intérêt au feedback sur moyen ou long terme. Comment est ce que nos proposition auront pu être prises en compte et quel est leur impact à 3 ou 6 mois ?

Enfin la période de réflexivité nous amène à nous poser la question : en passant cette après-midi en collectif à aider le Master EdTech, est ce qu’on ne parlait pas aussi un peu de nous, étudiants du DU ? On peut effectivement faire le parallèle avec notre propre expérience, car chaque participant du DU a sa propre histoire, ses propres attentes et va vivre une expérience du DU unique…. D’où la question : peut on encore tirer plus profit de ces enseignements en partageant plus avec le collectif sur notre propre projet, pour préciser à notre tour quelle est notre boussole, où se situe-t-on sur notre carte…. Afin d’en apprendre plus sur soi, sur les autres et faire émerger de nouvelles richesses ?


Restitution proposée Frédéric Debailleul, participant du Diplôme Universitaire Codesign.

Merci à Léa Douhard et Ada Loueilh pour leur intervention !

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Le jour où j’ai parlé dauphin… http://codesign-it-ventures.fr/2018/01/02/le-jour-ou-jai-parle-dauphin/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=le-jour-ou-jai-parle-dauphin http://codesign-it-ventures.fr/2018/01/02/le-jour-ou-jai-parle-dauphin/#respond Tue, 02 Jan 2018 16:28:06 +0000 http://codesign-it.com/?p=1455 [...]]]> Rémi Sabouraud, membre de Codesign-it!, a introduit cette séance en déclamant un poème en alexandrins ; très rafraîchissant en cette première journée de canicule estivale !

Rémi est convaincu que la créativité est une compétence qui se travaille et en tant que codesigners, cette habilité fait partie de notre écologie personnelle, notre discipline de travail.

Nous avons donc cheminé au travers de plusieurs exercices visant cet apprentissage et en parallèle, nous avons expérimenté ce que l’on appelle le flow.

Le flow, c’est une sensation étrange d’harmonie de groupe parfaite, un moment où le temps n’existe plus, des instants où la concentration et l’engagement sont tels que rien ne pouvait nous distraire.

Le flow c’est aussi une histoire de courbe, d’énergie montante et descendante.

De son expérience professionnelle, Rémi nous indique que le flow se produit quand 8 éléments sont réunis :

Pour citer Rémi : « le facilitateur c’est comme un funambule sur une ligne oscillante » et c’est ce à quoi, en tant que facilitateur, nous sommes amenés à faire face en situation de modération.

Ça sera donc le thème de notre après-midi, muscler notre créativité, expérimenter l’inattendu, et constater les effets produits sur le groupe grâce à un ingénieux système de monitoring conçu par Greg et Rémi.

 

Tout a commencé par une stimulation, drôle, décalée et ludique, extraite du film OSS 117, une scène où des noms franchouillards à souhait, sont égrenés de manière totalement absurde pendant près d’une minute.

C’est à notre tour de se dire « bonjour » de cette manière, deux par deux, on ne triche pas, on ne prend pas les noms de nos proches, la consigne donnée est d’inventer !

Je me rends compte que plus on avance dans l’exercice, plus les techniques de créativité apparaissent presque naturellement et qu’en cassant les paradigmes tacites d’une recherche créative, on arrive à sortir des sentiers battus assez facilement et rapidement :

  • Analogies : Dubois, Dutilleul, Duhêtre, Duroseau, Dubuffet, Delaporte, ….
  • Modification : Dulitteul, Dusoreau, Duffubet….
  • Combinaison : Infectédelavérolle, Tuéparomicide…

Cette forme de créativité, sous contrainte, laisse ensuite la place à une autre technique, plus libre, bien qu’étant modérée : le rêve éveillé.

3 participants « cobayes » étudiants du D.U., acceptent de jouer le jeu, ils sont allongés au sol, les yeux fermés, et se laissent embarquer dans leur récit par Rémi.

Ils parlent à voix haute et imaginent ensemble quel serait le futur du DU.

Peut-être plus difficile à mettre en œuvre, en contexte d’entreprise ou dans des situations où les participants se connaissent moins bien, il me semble que cette technique doit faire l’objet de plus de précautions dans sa mise en place, je constate toutefois que le pouvoir de l’inconscient au service de la génération d’idée a fait son œuvre rapidement et s’est montré diablement efficace (…vous avez déjà parlé le dauphin ?!)

Sans transition ou presque, Rémi nous offre une nouvelle stimulation à partir d’une courte vidéo de Serge le mytho.

Et par groupe de deux, nous inventons à notre tour des histoires abracadabrantesques. Je prends cela comme un jeu, je le trouve drôle et stimulant quand se livre alors une forme de compétition induite sur le thème de « celui qui racontera la plus grosse c… ».

Au-delà d’une application directe en exercice créatif de divergence, il est intéressant de noter que nous partons à la découverte du lâcher prise, de l’imagination.

L’exercice a la vertu de démontrer qu’il est possible, voir facile d’enjamber une situation d’inconfort avec pour seul outil un peu d’imagination, d’impertinence et de liberté de ton…

Bien échauffés, nous partons à la conquête de notre dernier défi.

Le groupe est divisé en 3 et chaque sous-groupe prépare 3 situations inattendues auxquels nous pourrions être confrontés en facilitation.

Par deux, nous répondons, le plus rapidement possible à cette situation en mobilisant notre imagination et notre capacité de rebond.

 

 

Dernière courbe, ou dernier virage, retour au calme pour la conclusion avec les œuvres magiques éphémères et oniriques d’Andy Goldworthy et les Variations de Goldberg de Bach interprétées par GlenGould qui ont pour Rémi un fort pouvoir d’inventivité et qui plongent chacun d’entre nous dans un moment personnel d’introspection et de réflexivité .

 


Restitution proposée par Sophie Mourey, participante du Diplôme Universitaire Codesign.

Merci à Remi Sabouraud pour cette riche intervention, et à Greg Serikoff pour sa facilitation !

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Pour les rêveurs… http://codesign-it-ventures.fr/2016/05/30/pour-les-reveurs/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=pour-les-reveurs http://codesign-it-ventures.fr/2016/05/30/pour-les-reveurs/#comments Mon, 30 May 2016 08:27:22 +0000 http://codesign-it.com/?p=556 [...]]]> Comment réveiller notre artiste intérieur ?

J’ai un esprit logique, pragmatique et plutôt analytique.

Selon les scientifiques, mon cerveau gauche prendrait donc l’ascendant sur mon cerveau droit qui prédomine pour l’imagination, la créativité, les rêves, les émotions. Le cerveau est bien entendu beaucoup plus complexe et subtil, mystérieux, constitué de quantité de connexions et façonné surtout par nos expériences.

4 reveurs

Mais alors, la créativité…. ?

Est-elle réservée uniquement à certaines personnalités ?

Est-ce une question d’état d’esprit ou une forme de rébellion face au conformisme, aux normes de notre société ?

 

Je suis certes rationnelle, mais j’ai un cerveau droit. Je dois alors pouvoir l’activer pour développer cet esprit créatif qui, me laisse bien rêveuse depuis que j’ai rencontré Rémi Sabouraud, membre de Codesign-it!.

J’ai tout d’abord appris un nouveau mot, Rémi est un « PEUL », un Passeur d’Expériences Utiles et Légères….je vous avoue que dans les premières minutes, il était surtout pour mon cerveau gauche, un « ET », un Extra-Terrestre….

Il a envahi la salle Eiffel du Palais Brongniart pour achever notre seconde session de 3 jours de codesign intense, en nous terrassant avec toute son énergie positive et sa passion de la vie.

Je l’ai écouté et observé en passant par le doute, l’étonnement, puis la curiosité, l’admiration et enfin l’envie voire même un peu de jalousie….un joli panel d’émotions m’a traversée pendant la narration de ses expériences plus surprenantes et folles les unes que les autres….Il a commencé à bousculer mon cerveau droit…mais comment ses idées naissent-elles ? Où trouve t-il sa source d’inspiration ?

Il a l’air heureux, il a l’air de s’amuser tout le temps, il rit et aime faire rire…Il semble avoir gardé cette âme d’enfant…

…qui est curieux de tout ce qui l’entoure,

…qui se pose sans cesse des questions,

…qui s’émerveille de tout,

…qui rêve et fantasme,

…qui est à la recherche de ce petit frisson qui lui fait peur,

…qui aime prendre des risques conscients ou inconscients,

…qui tombe et qui se relève, même pas mal,

…qui joue à partir de rien, en détournant les objets, les mots,

…qui arrive à imaginer, à relier, à voir ce que personne ne voit,

…qui se construit un monde où tout est possible.

« Have fun », a t-il dit les yeux pétillants, le fil conducteur de sa créativité, son addiction, cela paraît tellement simple quand il prononce ses mots.

Il semble faire partie de cette toute petite catégorie de gens qui savent ce qui les passionne et ce qui est vital pour eux. Il se connaît, il est en quête de son bien-être et par extension, du bonheur de son entourage.

Être simplement en harmonie avec soi-même, c’est peut-être un début de piste pour stimuler davantage mon cerveau droit, une condition favorable à la créativité qui me permettrait, de me libérer de mes freins, mes habitudes, de me déstructurer…pouvoir tenter de nouvelles expériences.

J’ai un cerveau droit et j’ai été enfant, je pense que la créativité existe en chacun de nous, encore faut-il avoir envie de la réveiller.

Rémi nous a conditionnés pour nous déconditionner, il nous a fait un beau cadeau, une mise en pratique pour laisser libre cours à notre créativité collective.

Il a vidé son sac à dos avec toutes sortes d’objets différents et de matériaux, et nous a lancés un défi : « Créer la cérémonie de remise des diplômes de la première session du DU Codesign».

Grand silence dans la salle, les regards se croisent…teintés d’une certaine inquiétude.

Des petits groupes se sont formés, l’appréhension initiale a vite laissé place à une pièce en effervescence. Des idées ont émergé, des tentatives se sont amorcées, en jeu de ping-pong, des initiatives collectives ont pris vie pour aboutir à plusieurs créations. Les différents talents se sont réunis, avec comme seule préoccupation, offrir une belle cérémonie au millésime 2015.

crea

Chouette expérience et cérémonie amusante, défi relevé !

Pour finir, j’ai repéré lors de mes recherches, ce poème de Pearl Buck, qui illustre cette belle addiction qu’est la créativité :

« Quel que soit son domaine de création, le véritable esprit créatif n’est rien d’autre que  ça : une créature humaine née anormalement, inhumainement sensible.

Pour lui, un effleurement est un choc, un son est un bruit, une infortune est une tragédie, une joie devient extase, l’ami un amoureux, l’amoureux est un dieu, et l’erreur est la fin de tout.

Ajoutez à cet organisme si cruellement délicat l’impérieuse nécessité de créer, créer, et encore créer au point que sans la possibilité de créer de la musique, de la poésie, des livres, des édifices, ou n’importe quoi d’autre qui ait du sens, il n’a plus de raison d’être. Il doit créer, il doit se vider de sa créativité.

Par on ne sait quelle étrange urgence intérieure, inconnue, il n’est pas vraiment vivant à moins qu’il ne soit en train de créer. »

Pearl Buck (1892-1973)

Un grand merci à Rémi Sabouraud pour son intervention passionnée et pleine de vie !

Restitution proposée par Nelly Dutendas, participante du Diplôme Universitaire Codesign

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2000 mètres sous les mers http://codesign-it-ventures.fr/2015/07/15/2000-metres-sous-les-mers/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=2000-metres-sous-les-mers http://codesign-it-ventures.fr/2015/07/15/2000-metres-sous-les-mers/#respond Wed, 15 Jul 2015 15:08:33 +0000 http://codesign-it.com/?p=60 [...]]]> Il ne fallait pas moins de 2000 mètres sous les mers pour relever le défi d’une nouvelle course à la profondeur, à l’heure où les territoires inexploités de la surface s’épuisent. Le projet offshore Kaombo porté par le consortium inédit, formé début 2014, entre Technip (leader mondial de l’ingénierie et de la construction en industrie de l’énergie), et l’entreprise hollandaise Heerema, est un nouveau pas vers la découverte de champs de ressources inexplorés  : le projet prévoit de creuser, au large de l’Afrique, sous 1950 mètres de profondeur d’eau, de nombreux puits de forage et d’y puiser du du pétrole, lequel sera conduit vers d’anciens tankers transformés en plateforme flottante, où il sera traité et stocké avant d’être acheminé à travers le monde.

JulesVerne

Le domaine amont – la phase de design et d’ingénierie – restent associés à un travail de surface. C’est là que les équipes de Christian Daumarie, rassemblant ingénieurs, responsables des relations avec les fournisseurs, de la planification, de la fabrication, de la qualité ou du HSE (Health Safety and Environnment) dans le cadre d’un projet à risques, travaillent actuellement à l’engineering et aux premières étapes d’installation. L’objectif est de lancer l’exploitation fin 2017.

Passionné par les approches innovantes et collaboratives, Christian Daumarie a fait appel à Codesign-it!, dès octobre 2014, pour mener ce projet complexe sous un angle différent. En effet, les équipes sont confrontées à des difficultés multiples : du point de vue managérial, comment composer avec les trois sources d’obstacles que sont la dimension internationale, les relations entre trois entreprises différentes, et les rotations régulières des équipes ? Comment d’autre part assurer l’efficacité et la pérennité des installations à deux mille mètres de profondeur, en prenant en compte les aspects sismologiques, thermiques, et de pressurisation ?

Ce projet a mobilisé de nombreux membres de Codesign-it!, toute une équipe de codesigners se passant le relais pour assurer la mise en place et la continuité du dispositif d’accompagnement, sur tous les volets stratégiques du programme.

Le dispositif comprend un espace hébergé au cœur du plateau projet chez Technip, organisé en trois secteurs : un Hub collaboratif destiné à accueillir des workshops fréquents de « problem solving », un Command Center en mode Lean pour des réunions d’arbitrage et de mise à jour d’indicateurs de l’avancement du programme, et un espace convivial de visual management, de communication, de rencontres, et de conversations…

Guenola Rasa donne certains exemples spécifiques de son activité en tant que codesigner :

– Une démarche comprenant des points d’alignement et un atelier d’une journée, pour rassembler une équipe de Technip et une équipe hollandaise de Heerema partageant un périmètre commun, mais ayant des difficultés à s’aligner du fait des distances géographiques et de celles liées à la culture. Il a permis de définir les modes de fonctionnement respectif, les points forts de leur collaboration ou au contraire les éléments qu’il était nécessaire de rectifier, afin d’optimiser les façons de travailler et les processus communs.

– Dans ce même esprit, sur la demande du responsable Technip de l’ingénierie du programme, un workshop d’une demi-journée a réuni les équipes locales en Angola avec des équipes Technip afin de déterminer les bons critères permettant de répartir les fonctions attribuées aux différentes équipes, au regard de leurs compétences respectives.

Avant même de démarrer l’installation à 2000 mètres sous les mers, l’aventure est enrichissante pour tous. Les équipes ont désormais beaucoup plus d’échanges, contribuent à la fluidité du projet et ont saisi au vol cette opportunité de transformer leur style de management, se donnant tous les moyens pour que les opérations futures soient des succès.

À l’image du rendez-vous orbital entre les vaisseaux Apollo et Soyouz, anticipé bien avant leur imbrication finale dans l’espace en 1975, le point critique de lancement du programme, au fond de l’océan, est un événement orchestré dans tous ses détails, dans l’espoir d’en amoindrir l’inévitable imprévisibilité.

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