regard – Codesign-it! http://codesign-it-ventures.fr innovation collaborative Mon, 30 Apr 2018 13:29:28 +0000 fr-FR hourly 1 https://i2.wp.com/codesign-it-ventures.fr/wp-content/uploads/2015/08/Co_logo_small.png?fit=32%2C32 regard – Codesign-it! http://codesign-it-ventures.fr 32 32 110756974 Transgression et loyauté : Courbet et les impressionnistes http://codesign-it-ventures.fr/2018/04/03/transgression-et-loyaute-courbet-et-les-impressionnistes/ http://codesign-it-ventures.fr/2018/04/03/transgression-et-loyaute-courbet-et-les-impressionnistes/#comments Tue, 03 Apr 2018 15:26:11 +0000 http://codesign-it.com/?p=1653 [...]]]> Lors d’un après-midi au Musée d’Orsay, Catherine Foliot nous a invités à revisiter l’histoire. Nous avons ainsi découvert des précurseurs, qui ont osé à leur époque sortir du cadre… et finalement pratiquaient déjà l’innovation collaborative.

Catherine Foliot, membre du collectif Codesign-it et fondatrice de Passage Management, s’appuie sur l’art pour nous inviter à voir les choses différemment. Elle a publié un ouvrage en 2014 intitulé « Ce que regarder veut dire ».

Nous découvrons ainsi le musée d’Orsay sous un autre angle :

  • D’un côté, ceux qui respectent les traditions, les habitudes, les règles fixées par l’Académie (perspective, proportions idéales, en cohérence avec le nombre d’Or, sujets religieux et antiques). Thomas Couture, en 1851, gagne ainsi le premier prix à l’Académie avec son tableau Les Romains de la décadence. Belle récompense, mais qui s’en souvient aujourd’hui ?
  • De l’autre, les « rebelles », au premier rang desquels Gustave Courbet. La même année, il ose proposer Un enterrement à Ornans… qui casse tous les codes. Il finit par se faire exclure de l’Académie, seule structure qui, à l’époque, permettait de gagner sa vie en tant que peintre… mais persiste et signe, et nous le connaissons tous aujourd’hui.

Comment Courbet, puis les impressionnistes, en avance sur leur temps, ont-ils pu continuer à créer ? Nous retrouvons de nombreux points communs avec le monde de l’innovation collaborative aujourd’hui :

  • L’importance de lâcher les certitudes ou les acquis pour être capable d’oser, petit à petit, comme le propose aujourd’hui la Théorie U
  • La curiosité qui pousse à s’immerger dans d’autres cultures pour s’en inspirer. Les voyages apprenants des impressionnistes leur ont permis d’intégrer, par exemple, les techniques de l’estampe japonaise.
  • La recherche d’un écosystème plus favorable : Courbet s’est exilé en Hollande, comme de nombreux entrepreneurs aujourd’hui choisissent de quitter des organisations trop figées
  • La puissance du collectif avec des modes de coopération inédits : les impressionnistes avaient créé une association et faisaient preuve d’une grande solidarité. Ceux qui avaient réussi soutenaient les autres en achetant leurs toiles, pour que leur valeur soit reconnue. Ils ont, avec leurs mécènes, inventé le concept des galeries d’art, mode de distribution inédit à l’époque qui permettait de contourner le monopole de l’académie.
  • Des lieux propices à la cross-fertilisation : ainsi l’atelier rassemble des disciplines différentes (peintres, pianistes…) qui se nourrissent les uns des autres. Une façon de pratiquer le « dé-silotage » et un avant-goût des Labs Innovation.

Ces notions font écho au témoignage de Brendan Backman, alias Kay One, que nous avons rencontré le matin et qui a illustré son propos en tatouant les étudiants du DU, ainsi reconnaissables dans les allées du musée d’Orsay.

L’expérience de cette journée a été particulièrement marquante. Nous connaissions, pour la plupart, déjà le musée d’Orsay, mais Catherine nous a proposé un regard décalé. La surprise de cette découverte nous permettra ainsi de ne pas oublier comment la force d’un collectif peut favoriser le développement des talents individuels.

 

Ouvrages de référence :

  • Norbert Alter « L’innovation ordinaire »
  • Michel Ragon « Gustave Courbet, peintre de la liberté »

Restitution proposée par Karine Lenoir Capelle, participante du Diplôme Universitaire Codesign

Merci à Catherine Foliot pour son intervention !

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]]> http://codesign-it-ventures.fr/2018/04/03/transgression-et-loyaute-courbet-et-les-impressionnistes/feed/ 2 1653 Rencontre avec une facilitatrice graphique http://codesign-it-ventures.fr/2017/05/22/rencontre-avec-une-facilitatrice-graphique/ http://codesign-it-ventures.fr/2017/05/22/rencontre-avec-une-facilitatrice-graphique/#comments Mon, 22 May 2017 18:42:26 +0000 http://codesign-it.com/?p=861 [...]]]>

 

Laure Villemaine raconte son histoire comme on raconte une bande dessinée d’aventure. Sa destinée n’était pas de devenir facilitatrice graphique, mais géographe. Sa passion des cartes, la fascination pour une émission de télévision devenue culte à ses yeux (“le dessous des cartes” de Jean-Christophe Victor) et enfin de nombreuses rencontres et circonstances particulières l’ont amené à découvrir une façon nouvelle de communiquer pour faire passer des messages complexes: de dos et sans dire un mot !

 

Mais qu’est ce que la Facilitation Graphique ?

En voici la définition, telle qu’on peut la trouver sur le site de la Communauté de Praticiens de la Facilitation Graphique (FGCP) :

“La facilitation graphique est une pratique qui utilise les médias graphiques pour favoriser les échanges et les réflexions au sein d’un groupe, afin de lui permettre de construire une vision commune. Elle sert, alimente et accompagne un processus de collaboration. C’est ce qui distingue cette pratique des autres métiers de la visualisation tel que le design graphique ou graphisme.”

 

L’impact de la facilitation graphique

Pourquoi Laure Villemaine cite t-elle “Le dessous des cartes” comme une des inspirations qui l’ont amené à la facilitation graphique ?

Les démonstrations illustrées de Jean-Christophe Victor lui ont probablement fait découvrir à quel point s’appuyer sur des éléments graphiques animés et évolutifs simples représentait une force considérable pour faire passer des messages. Et à quel point ces informations semblaient tout à coup plus marquantes et facilement mémorisables.

 

C’est bien plus tard, en animant une session de travail collaboratif, que l’occasion se présente à elle de constater les effets positifs de la facilitation graphique. Le sponsor faisant part de ses difficultés à présenter son idée et créer une dynamique nouvelle, Laure se saisit spontanément d’un marqueur et représente schématiquement la métaphore, les messages clefs et finit par faciliter les sessions durant 4 jours, feutre en main.

Même si ses premiers dessins, selon son propre aveu, “ne sont pas beaux”, ce coup d’essai est une réussite ! A tel point que le sponsor lui demande de produire une fresque graphique pour illustrer sa démarche.

Laure ressort de cette expérience convaincue que le visuel touche une partie émotionnelle plus forte que les autres vecteurs de communications traditionnels.

La facilitation graphique permet à l’auditoire :

  • de mieux comprendre ce qui se dit, car elle fait appel à différentes formes d’intelligence et stimule l’imaginaire
  • de renforcer l’engagement des participants par un ancrage supplémentaire, car la facilitation graphique sollicite le plaisir, le jeu et permet ainsi aux participants d’être plus actifs
  • de mémoriser plus facilement les idées, car elle est un outil de synthèse efficace qui simplifie considérablement le discours (sans le dénaturer)
  • de créer de l’émotion et favoriser davantage les interactions entre les participants
  • Enfin, la représentation via une carte géographique illustre les échanges entre les personnes et en fait ressortir les différents points de vue

La facilitation graphique doit être bien maîtrisée pour éviter de tomber dans un certain nombre de pièges, par exemple :

  • que la représentation graphique soit juste “jolie” et ne soit pas porteuse de “sens
  • ou qu’elle soit perçue comme trop réductrice
  • ou encore que le facilitateur graphique commette des erreurs d’interprétation

Domaines d’application et techniques de la facilitation graphique

La facilitation graphique peut être mise en œuvre dans de nombreux cas de figure, tant pour faciliter la pédagogie, la création, la vulgarisation ou la restitution, dès qu’il s’agit de processus de collaboration.

Elle s’appuie sur un certains nombre de bonnes pratiques et astuces à avoir en tête avant toute séance de facilitation graphique :

  • Trouver un point d’entrée et penser à raconter une histoire.
  • Écrire au moins une phrase qui illustre le propos. Rédiger le titre à la fin, pour rajouter éventuellement ce qui pourrait manquer
  • Donner un sens à la lecture (ne pas hésiter à rajouter des flèches pour indiquer ce sens)
  • Ne pas oublier qu’on fait “pour les autres” et qu’il faut être compréhensible !
  • Respecter l’équilibre entre le dessin et le texte
  • Se soucier de la gestion de l’espace (créer des familles d’idées et définir visuellement des zones distinctes). Ne pas oublier que le vide a son importance !
  • Poser les éléments au fil de l’eau sans dessiner les liens immédiatement, et anticiper le remplissage en fonction de la durée de la réunion
  • Ne pas hésiter à jouer sur les différences de taille des personnages en faisant des zooms pour mettre en avant telle ou telle idée
  • Choisir la couleur du texte/ du dessin en fonction du sens qu’on veut donner, 2 ou 3 couleurs maximum (choisir une couleur chaude et une couleur froide)
  • Rester cohérent entre la typo et le message
  • Mettre un cadre autour de chaque texte n’est pas obligatoire
  • Éviter la pollution visuelle, faire propre avec un trait net pour aller plus vite à l’information
  • Se souvenir que le format horizontal est plus facile
  • Ne pas confondre la création issue d’une facilitation graphique “live” et la production d’un outil de communication à des fins de diffusion. La facilitation graphique s’adresse avant tout aux participants de la réunion, ce n’est pas autoporteur !

Pour démarrer, Laure conseille de tester des techniques simples, sur la base de formes géométriques, de personnages en bâtons, en s’appuyant sur les regards pour signifier les émotions et désigner le sens de la lecture. La bouche et les sourcils complètent efficacement le regard pour définir les expressions souhaitées. Les pieds, représentés très symboliquement, ont une importance car ils montrent la direction vers laquelle se déplace le personnage (de face, de dos…).

Le texte doit être écrit de préférence en majuscules pour faciliter la lecture.

Les traits sont le plus possible nets, droits, francs. Il est utile de représenter un plan fixe (le sol par exemple) pour définir l’espace où évoluent les personnages et créer des repères.

La posture du facilitateur graphique et les qualités nécessaires

Finalement les qualités nécessaires pour faciliter graphiquement ne sont pas tant un talent de dessinateur qu’une capacité à synthétiser le discours. La technique est importante mais elle n’est rien sans une posture adaptée. Il faut être concentré au maximum, se placer dans un état émotionnel particulier qui permet de retranscrire le plus fidèlement possible les échanges et de cette façon :

  • engager
  • aligner
  • rassembler les participants

Pour l’anecdote, Laure raconte une séance de facilitation qu’elle a menée devant 700 personnes durant laquelle elle a scribé sur scène – dans un cirque – à côté des intervenants pendant 6h. Elle était tellement entrée dans “sa bulle de concentration” que surprise qu’en fin de session on lui demande ce qu’elle pensait des échanges, elle s’était retrouvée incapable de dire le moindre mot.

La posture de concentration extrême se focalise sur la retranscription fidèle, pas sur l’analyse et la formalisation de sa propre opinion.

 Outils et références utiles

Pour numériser facilement les scribes :

Pour s’inspirer :

Pour se former :

Pour faire émerger des idées :

Merci à Laure Villemaine pour son intervention !

Restitution proposée par Frédéric Fleury, participant du DU Codesign participante du Diplôme Universitaire Codesign.

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