réflexivité – Codesign-it! http://codesign-it-ventures.fr innovation collaborative Tue, 03 Apr 2018 17:26:14 +0000 fr-FR hourly 1 https://i2.wp.com/codesign-it-ventures.fr/wp-content/uploads/2015/08/Co_logo_small.png?fit=32%2C32 réflexivité – Codesign-it! http://codesign-it-ventures.fr 32 32 110756974 La recherche et l’écoute : allez ouste, dehors ! http://codesign-it-ventures.fr/2018/04/03/la-recherche-et-lecoute-allez-ouste-dehors/ http://codesign-it-ventures.fr/2018/04/03/la-recherche-et-lecoute-allez-ouste-dehors/#comments Tue, 03 Apr 2018 17:26:14 +0000 http://codesign-it.com/?p=1673 [...]]]> Ce matin-là, nous nous interrogeons sur la posture du chercheur. Dans ce contexte, Catherine Foliot nous invite à construire la cabane du codesign.

Inspirée par la « Cambra » de l’artiste Ben (Vautier) à Nice, Catherine Foliot nous invite à construire la cabane du Codesign. Cambra signifie « chambre » en vieux niçois. L’œuvre de Ben est un cube sans porte ni fenêtre dans lequel les visiteurs peuvent entrer et jouer. Il n’a cessé de la transformer pendant 8 ans. Une œuvre ouverte et évolutive, un musée de Ben dans le musée de Nice. Délicieusement récursif.

A l’image de l’œuvre de Ben, la consigne donnée par Catherine est très ouverte et laisse une grande liberté d’action. Nous sommes invités à penser la fonction des murs et l’espace.

Avant de se lancer, nous vérifions qu’il est possible de construire notre cabane avec des tableaux Plume. Design frugal. Nous assemblons 4 panneaux pour voir si ça tient : un mur de chaque côté, un mur de fond, et un toit. Vote with your feet : chacun est invité à toucher le mur sur lequel il a envie de travailler. Se forment ainsi 4 sous-groupes, chacun responsable d’un pan de cette future cabane. Au sein de chaque équipe, on nommera un connecteur pour faire le lien avec les autres équipes et vérifier la cohérence des travaux.

Les équipes se mettent en action, l’exigence de concret et la dimension ludique semblent réveiller les énergies. Les connecteurs se mettent rapidement en écoute.

Dans mon équipe, on aborde d’abord les notions d’inclusion, de coprésence. La cabane du codesign doit être un espace qui accueille, qui protège, qui fait grandir, qui nourrit. Elle héberge l’intelligence collective, la créativité augmentée.

Nous dessinons une fenêtre pour ouvrir sur l’extérieur. Sortir du cadre, sortir de l’entre-soi, s’ouvrir à la diversité des points de vue. Qu’est-ce que le codesign change dans notre perception au monde ? Inversement, comment est perçu le codesign par un regard extérieur ?

Le toit est riche en symbolique. La charpente soutient, le toit protège et isole du froid. Il a une ouverture vers le ciel, les étoiles, la lumière, le soleil qui inonde la pièce. C’est un lieu de rêverie et de convivialité. C’est aussi un lieu responsable où les abeilles fabriquent du miel et les panneaux solaires produisent de l’énergie. Enfin c’est un lieu connecté au monde via son antenne.

Dans cet exercice, nous avons pu éprouver la posture du chercheur : observer, analyser, tester, déployer. C’est une posture exigeante qui se nourrit d’imperfection et d’impermanence. Il s’agit à la fois de penser ce qu’on fait et de faire pour penser. Dans mon groupe de travail, nous étions enlisés dans des débats conceptuels jusqu’à ce que l’un d’entre nous prenne un feutre et commence à dessiner une fenêtre. Ce simple geste a projeté toute l’équipe dans une dynamique d’action.

Mais le processus collaboratif a été très affaibli par le manque d’écoute au sein de l’équipe. Comment partager une vision si on n’arrive pas à s’écouter? Comment construire un espace collaboratif sensé accueillir les conversations si nous-mêmes n’arrivons pas à construire cet espace d’écoute et de collaboration entre nous ? C’est vrai aussi pour la collaboration avec les autres équipes. Nous aurions pu aller beaucoup plus loin dans cette cohérence et cette continuité entre les murs. Mais comment collaborer avec l’extérieur quand on a déjà du mal à collaborer à l’intérieur ?

Forts de cette expérience, nous nous sommes fixés des règles pour l’activité suivante: l’utilisation du bâton de parole. Cette technique a immédiatement prouvé son efficacité en facilitant les échanges entre les membres du groupe.

L’écoute est un prérequis au sein d’un processus collaboratif. Mais comment se donner les conditions pour une bonne écoute? On revient toujours à la nécessité d’un cadre, de règles, de rôles pour veiller au bon fonctionnement. C’est sans aucun doute parmi les premières activités à pratiquer dans le cadre du D.U. Codesign pour qu’il soit véritablement apprenant.

La démarche du chercheur, comme celle l’artiste, est souvent perçue comme solitaire par nature, même si les laboratoires de recherche et les résidences d’artistes sont là pour les sortir de cet isolement. Et si on observait leur façon d’écouter et d’interroger le monde pour nourrir nos expériences collaboratives?

Références :

MAMAC – Musée D’Art Moderne et d’Art Contemporain de Nice

La Cambra de Ben (Vautier)

L’Homme Spatial, Michel Lussault

La théorie U, Otto Sharmer

Le Vantage Point Model, MG Taylor

The Art of Hosting


Restitution proposée par Hélène CHANEL et relecture par Laurent DUCLOS, participants du Diplôme Universitaire Codesign.

Merci à Catherine Foliot pour son intervention !

Licence Creative Commons Cette œuvre de Codesign-it! est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

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La Joie de Dame Fortune, roman collaboratif. http://codesign-it-ventures.fr/2018/04/03/la-joie-de-dame-fortune-roman-collaboratif/ http://codesign-it-ventures.fr/2018/04/03/la-joie-de-dame-fortune-roman-collaboratif/#respond Tue, 03 Apr 2018 16:59:28 +0000 http://codesign-it.com/?p=1664 [...]]]>  

La statuette de Dame Fortune

« Créer, c’est vivre deux fois » Albert Camus

Résumé :

Cette publication retrace le déroulement d’une session du diplôme universitaire de Codesign. Le cœur de la session est le récit d’une expérience de co-écriture d’un roman épistolaire et d’éclairages sur le modèle du parcours de vie de Jean-Pierre Boutinet et du méta-modèle de la Théorie U d’Otto Sharmer. Les réflexions des participants s’ouvrent sur la place de l’initiateur-trice d’un projet dans son déroulement et sa suite, la potentielle utilisation de la Théorie U dans une œuvre artistique collective et la place de la joie dans le travail collaboratif.

Caroline Guyon et Christine Da Silva, collaboratrices de La Française Des Jeux, sont les deux intervenantes venues stimuler les participants du diplôme universitaire de Codesign. Pour cela, Caroline et Christine ont partagé leur expérience de co-écriture d’une histoire singulière, à la fois au cœur et en marge de leur emploi. L’histoire de Dame Fortune et du roman qui lui est consacré.

 

Déroulement de la session :

Lundi 2 octobre, 9h, temps maussade, température basse, café chaud, nouvel espace du 12co, les participants se réunissent pour parcourir trois nouvelles journées dans le Diplôme Universitaire de codesign et les boucles de pédagogie inversée. Rien ne laisse présager que la joie sera si grandement présente ce matin.

Comme souvent, la session commence par un imprévu. Le pitcheur de l’accueil n’est pas là : qui va pitcher ? Car pour que la session commence, le rituel de l’accueil est nécessaire afin de connecter l’intervenant au groupe et de le mettre dans de bonnes conditions en connaissant mieux le déroulement de la formation et la composition du collectif. C’est Véronique qui, spontanément, se propose pour accueillir Caroline et Christine avant de leur laisser la parole.

Pour trouver le début de l’histoire qui nous est raconté, il faut remonter en 2014, dans le hall de La Française des Jeux. Caroline, ingénieur qualité, passe chaque jour devant une œuvre d’art, sans vraiment la remarquer. L’œuvre est dans le paysage, elle est le symbole de l’entreprise. Et puis un jour, Caroline se demande qu’elle est donc cette œuvre ? Ce symbole ? Elle est attirée par l’œuvre, et même les œuvres, identiques, présentes sur chaque site de l’entreprise et qui pourtant semblent être ignorées par le plus grand nombre. Cette œuvre c’est Dame Fortune, c’est écrit sur le socle mais une question naît : qui est-elle ? Qui est Dame Fortune ?

L’envie d’écrire sur l’œuvre mobilise Caroline. Elle transcende son propre jugement et les suppositions inhibitrices en partageant cette envie avec quelques collègues lors d’un déjeuner : Et si nous écrivions ensemble sur la vie de Dame Fortune ?

Certains répondront positivement à l’appel de Caroline, dont Christine. Les rencontres se dérouleront de façon hebdomadaire, le mardi entre 12h et 14h, dans un restaurant voisin de l’entreprise. Le collectif de 9 personnes est lancé et pose les principes qui le guidera pendant 6 mois :

Valeur commune : “Créer ensemble, c’est vivre deux fois plus heureux”. Réadaptée, la phrase d’Albert Camus, car il semblait délicat de « promettre la réincarnation ».
– Règles de fonctionnement : créer sans se juger, se faire plaisir, rester positif. Le fruit de notre imagination ne peut être divulgué qu’avec l’accord du groupe.

Les questions qui soudent le collectif autour de l’envie d’écrire prennent forme :

– Pourquoi Dame Fortune tu es sur tous nos sites ?
– Pourquoi tu as les yeux bandés ?
– Qui es-tu ?

Dans le récit de cette expérience, la méthode ne précède pas l’envie. C’est chemin faisant, durant les premières semaines, que le collectif découvre les travaux de Jean-Pierre Boutinet sur la trajectoire de vie et le parcours de vie. Ce cadre sera la base du travail du collectif sur la vie de Dame Fortune, la structure du roman. Durant 3 mois, les échanges seront focalisés sur les événements et le déroulement de la vie de Dame Fortune.

La trajectoire et le parcours de vie de Dame Fortune

L’étape méthodologique suivante sera la découverte de la Théorie U. Il s’agit pour le collectif d’un méta-modèle qui leur permet de réinterpréter leur expérience au travers des étapes décrites par Otto Charmer. Caroline nous relate alors des éléments essentiels d’un parcours en U : esprit ouvert et suspension de la voix du jugement, puis coeur ouvert et suspension de la voix du cynisme et enfin volonté ouverte et suspension de la voix de la peur.

Autre élément qui pourrait être considéré comme un détail, mais que nos deux intervenantes s’accordent à qualifier de point crucial dans la vie du collectif : la date, une échéance pour achever l’ouvrage. Et la date fait sens dans l’entreprise qui réunit ce collectif puisque durant l’année de la co-écriture il y a un vendredi 13, un seul. La date devient alors une évidence.

Dans son cheminement avec à présent le U pour fil conducteur, après de multiples échanges et correspondances en plus des rencontres hebdomadaires, le collectif choisit la forme du roman épistolaire pour raconter l’histoire de Dame Fortune. A l’approche du vendredi 13, deux nouvelles questions se posent : l’ouvrage doit-il être publié ? Et si oui, sous les vrais noms ou sous des pseudonymes ? Le groupe s’accorde selon ses principes : il faut l’accord de chacun pour que la publication soit réalisée et si l’anonymat est préféré il sera adopté.

Le jour J étant arrivé la publication est réalisé sur l’Intranet de l’entreprise et partagé au plus grand nombre. En parallèle un livre en auto-édition est édité. La personne qui a publié est nécessairement sortie de l’anonymat, tandis que l’ouvrage est signé par les « Fortune Tellers ».

La suite des aventures du collectif était déjà présente sur la couverture de l’ouvrage puisqu’il s’agit du dessin… De nouveau l’appel est lancé, un collectif se mobilise, l’esprit, le cœur et la volonté ouvert-e-s les traits prennent forme à chaque nouveau rendez-vous…

Peut-être verrez-vous un jour une exposition d’œuvres collaboratives que Caroline et Christine auront réalisée avec d’autres, et si c’est le cas, je prends le pari que le vernissage se fera un vendredi 13.

Suite à ce partage, vient l’étape de problématisation, réalisée en parallélisant, c’est à dire en divisant le groupe de participant-e-s en sous-groupes de 5 à 7 personnes, pour rechercher un problème suite à la stimulation. La problématisation, pour essentielle qu’elle soit, est régulièrement problématique et confusante. On voit souvent émerger une intention ou une suggestion, une réponse même, parfois dissimulée dans une question, ou une affirmation sans que pour autant il s’agisse tout à fait d’un problème. La tentation de la question est grande et nous, participant-e-s, y cédons fréquemment. Cependant, il s’agit d’une démarche apprenante et dans les sous-groupes, il y a souvent une personne pour pointer l’écueil, si ce n’est pas le facilitateur ou le collectif qui le fait au moment du partage des problèmes.

Problèmes identifiés :

– Cultiver la joie dans le travail collaboratif.
– La méthode U permet à des artistes de co-créer des œuvres de meilleure qualité, reformulé ensuite en : comment ne pas diluer une expertise dans un travail collaboratif ?
– Conserver la juste place du leader (influence, neutralité, moteur, autonomie, …) alors qu’il est partie prenante
– Passer de mon projet à notre projet avec des volontaires (rêve, méthode, …)

Le temps consacré à la réflexivité permet de mettre en commun ce que les participants ont vécu, retiennent, ont appris durant la session. Dans ce cas, la méthode du domino a été utilisée. Réuni-e-s en plénière, Alain, notre facilitateur nous a invité à écrire sur un post-it ce que l’on souhaite partager, puis un-e participant-e initie le partage en lisant et en collant son post-it, si une autre personne à une chose identique ou proche, il suffit d’aller réunir les post-it. Si non, on passe au partage d’un autre post-it et du regroupement éventuel qui l’accompagne et ainsi de suite jusqu’à ce que chacun-e ait partagé ses réflexions. Cela permet de voir les points de convergence et les points plus singuliers.

Dans notre cas, la part des mots ou phrases lié-e-s à une dimension émotionnelle m’a marqué et notamment en ce qui concerne la joie : « la joie est dans la co-création », « la phase de prototypage est la plus excitante », « la méthode n’est qu’un support, la joie de la création collective est le vrai moteur », « la joie est dans la concrétisation d’un projet collectif » …

Des éléments saillants s’attachent à la place de leader, de l’impulsion de l’initiateur-trice : « l’initiateur d’un projet peut passer au rôle de participant (ou sortir) sans que le projet ne meure », « partager et laisser agir », « le rôle et la responsabilité du porteur de projet évolue au cours du temps », « connaître dès le début d’un projet l’évolution du rôle d’un porteur d’idée », « exprimer ses rêves », « parler de ses projets », « oser co-initier », « fédérer un groupe autour d’un idée perso en faisant de la place à chacun », …

 

D’autre encore reviennent sur l’importance du cadre : « un cadre partagé allié à beaucoup de liberté », « pour garantir ce « presencing » le cadre est nécessaire », « fixer les règles pour libérer la créativité », « se donner des règles, un cadre en amont + partage de valeurs ».

A l’occasion de cette séquence de réflexivité, le temps maussade de l’extérieur est oublié grâce à l’enthousiasme de ce qui se déroule à l’intérieur.

Ressources complémentaires :

– Les travaux de Jean-Pierre Boutinet sur le Parcours de vie et autres publications : http://www.jeanpierreboutinet.fr

– Le site internet du Presencing Institute et la Théorie U : https://www.presencing.com

– Résumé de la théorie U : « Éclairer l’angle mort de notre époque » https://www.presencing.com/sites/default/files/page-files/TU-ExecSum-French.pdf

L’un des apports majeurs concerne, pour ma part, les notions de trajectoire et de parcours de vie. L’élan donné par l’extérieur et l’élan donné par soi-même sont des notions qui me semblent être au cœur des démarches collaboratives. Lorsque la complexité est présente et l’incertitude ambiante, la capacité d’un collectif à chercher des pistes de solutions puis à prendre des décisions et enfin à les mettre en œuvre semblent proches du passage de la trajectoire au parcours de vie. Le groupe faisant alors, dans une certaine mesure, des choix déterminants dans la construction de son futur, impactant parfois celui d’autres, leur donnant une trajectoire avant qu’à leur tour, ils construisent leur parcours de vie…

Concernant le processus collaboratif tel qu’il nous a été présenté par Caroline et Christine (et tel que je l’ai perçu et retenu), j’en garde une sensation d’enthousiasme, de plaisir, de joie dans cette dynamique hybride, à la fois dans et hors de l’entreprise, à la fois pour soi et pour/avec les autres, à la fois dans un cadre et dans l’autonomie, …

Plusieurs fois, le fantasme qu’une formule existerait pour favoriser cette joie a été évoqué lors des échanges, elle pourrait ressembler à :

oser partager + motivation intrinsèque + production collective + échéance + implication = joie

J’ai personnellement été saisi par le récit de ce cas concret d’une démarche qui se calque, en chemin, sur la Théorie U. J’aime quand les modèles, méta-modèles, techniques, concepts, sont présentés par le prisme de l’expérience. Cela me permet de réaliser de façon plus précise à quoi ils peuvent se rattacher en situation. A mon sens cela évite de se perdre en conjectures ou en réflexions infinies qui, bien qu’intéressantes, risquent de perdre de leur substance en se s’éloignant du réel.

A l’issue de cette matinée, des questions nouvelles émergent :

– Quelle est le processus de la reconnaissance dans le souhait de l’anonymat ?
– Quel est l’impact de ce type de démarche sur son travail du quotidien ?
– Quelle est l’influence de ces démarches sur la confiance en soi et l’estime de soi ?
– La joie peut-elle devenir un nouvel indicateur au travail ?

Autant de questions qui invitent à découvrir de nouveaux ouvrages, partager des expériences, mener de nouvelles explorations


Publication proposée par Guillaume Roissard, avec la précieuse contribution de Sophie Mourey, participant-e-s du Diplôme Universitaire Codesign

Merci à Caroline Guyon et à Christine Da Silva pour leur intervention !

Licence Creative Commons Cette œuvre de Codesign-it! est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

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Design pédagogique http://codesign-it-ventures.fr/2018/04/03/design-pedagogique/ http://codesign-it-ventures.fr/2018/04/03/design-pedagogique/#comments Tue, 03 Apr 2018 13:12:17 +0000 http://codesign-it.com/?p=1640 [...]]]> Une des forces de l’ est d’accélérer l’apport de solutions, c’est ce que nous nous apprêtons de nouveau à expérimenter avec Léa Douhard et Ada Loueilh. Une problématique concrète, des étudiants du DU en pédagogie inversée, un cycle PI, l’environnement co-design It et un un facilitateur seront le terreau de notre réflexion.

Après une rapide présentation du CRI (Centre de Recherche Interdisciplinaire), qui réunit des chercheurs, des entrepreneurs, des étudiants et des citoyens de tous horizons voulant contribuer à la création collaborative d’un écosystème de création de savoirs, et dont dépend également le DU, elles nous exposent l’écosystème du Master EdTech dont le maître mot est la diversité :

Des objets sont sortis un à un de 2 boites blanches et représentent chacun des étudiants et leur parcours. C’est clair et c’est concret ! Des étudiants originaires du monde entier, chacun avec sa propre histoire: grecque, barcelonaise, israélienne… des domaines de compétences très différents, de tous âges mais avec en commun le besoin de reconstruire, de trouver leur Projet, avec la force de leur singularité.

La situation est décrite comme complexe, le master a pour objectif de les aider à se trouver, dans des parcours très différents, afin qu’ils s’appuient sur leur compétences, généralement des soft skills, mettre en valeur des parcours interdisciplinaires, s’ouvrir à de nouveaux métiers et prendre des décisions. L’idée est de leur laisser une grande zone de liberté, permettant le learning by doing et les learning expeditions mais ceci peut sembler contradictoire dans un contexte d’université et un besoin d’évaluation. Quelles sont les limites de la culture du OUI ?

La présentation est volontairement concrète…. Par les objets et aussi toutes les images et métaphores utilisées, dont celle de l’avion… Comment cadrer ce voyage tout en cadrant le besoin de divergence ? Comment les aider à atterrir…. ?

En tant que facilitateur graphique, un clin d’œil à leur description imagée qui nous donne une idée de la richesse de leur environnement !

Dans ce contexte, Léa et Ada veulent organiser un bootcamp pour la première semaine d’intégration.

L’objectif de cette semaine est de canaliser l’énergie des 45 « bêtes apprenantes », c’est ainsi qu’elles nomment les « M1 » premières années du Master arrivant dans cet « environnement frénétique ». Cette semaine est donc une première étape importante pour qu’ils intègrent les attentes et des clés pour leur année. Un de leurs souhait est est de faire évoluer le format existant, aujourd’hui plutôt en mode descendant, pour amener plus d’impact.

Elles nous décrivent la manière dont elles imaginent cette semaine appelée déconditionnement : lundi : inspiration, mardi : exploration, Mercredi : Positionnement, Jeudi : décision, Vendredi : landing. Elles imaginent aussi une semaine organisée en Parkour.

Pour rappel Parkour est une façon d’organiser une session ou une démarche collaboratives où les participants décident en fonction de leur projets les étapes et l’ordre des modules (appelés balises) à dérouler pour leur projet.

Détail non négligeable, cette première semaine aura lieu dans … 5 semaines ! Bref il y a urgence à designer cette session.

Le collectif devient session designer … tout en suivant le cycle PI !

On n’oublie pas dans un premier temps de problématiser ! Nous expérimentons cette étape très importante du codesign : elle nous permettra de s’aligner sur la compréhension commune du problème et des besoins du sponsor. Nous testons aujourd’hui un nouveau pattern pour problématiser : Ce pattern comporte 4 parties :
– qui veut-on aider (qui est concerné par ce problème) ?
– dans quel contexte ?
– quel est le problème ?
– dans quel objectif plus global ?

Il s’agit de rendre visible le chemin parcouru en temps réel et les accompagner au mieux, défi.nir un cap au sein d’un cadre commun, être acteurs de leur parcours dans l’écosystème du master, articuler parcours individuel et cadre collectif. Les 4 groupes proposent donc des problématisations avec un prisme et un angle de vue un peu différent.

Les différentes tentatives qui s’en suivent proposent de mettre en avant  les échanges avec le collectif (ensemble des étudiants, sous-groupes ou en mode speed dating), la co-écriture de règles, l’utilisation d’outils collectifs type réseau social, la mise en place de rituels et de rôles tournants permettant à chacun d’établir et de partager sa feuille de route. Tout ceci pouvant être fait de manière ludique (définir mon héro fictif) et dans tout les cas de manière concrète : un lieu pour afficher les cartes et les boussoles de chacun.

La facilitation graphique est largement utilisée pour formaliser, présenter voire prototyper les propositions.

Le feedback permet de souligner parmi toutes ces « propositions alléchantes » que ressortent l’importance du lien individuel-collectif et la force et la richesse des échanges avec le groupe. On souligne aussi l’importance d’embarquer toutes les parties prenantes : les intervenants pédagogiques et aussi les étudiants M2 de 2ème année.

Une étape complémentaire de synthèse des propositions des différents groupes est proposée en vote with your feet, afin de faire une décision collective des propositions à retenir.

Les élèves du DU montrent aussi leur intérêt au feedback sur moyen ou long terme. Comment est ce que nos proposition auront pu être prises en compte et quel est leur impact à 3 ou 6 mois ?

Enfin la période de réflexivité nous amène à nous poser la question : en passant cette après-midi en collectif à aider le Master EdTech, est ce qu’on ne parlait pas aussi un peu de nous, étudiants du DU ? On peut effectivement faire le parallèle avec notre propre expérience, car chaque participant du DU a sa propre histoire, ses propres attentes et va vivre une expérience du DU unique…. D’où la question : peut on encore tirer plus profit de ces enseignements en partageant plus avec le collectif sur notre propre projet, pour préciser à notre tour quelle est notre boussole, où se situe-t-on sur notre carte…. Afin d’en apprendre plus sur soi, sur les autres et faire émerger de nouvelles richesses ?


Restitution proposée Frédéric Debailleul, participant du Diplôme Universitaire Codesign.

Merci à Léa Douhard et Ada Loueilh pour leur intervention !

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Tu dois, il adhère, nous aimons… http://codesign-it-ventures.fr/2018/01/02/tu-dois-il-adhere-nous-aimons/ http://codesign-it-ventures.fr/2018/01/02/tu-dois-il-adhere-nous-aimons/#respond Tue, 02 Jan 2018 17:04:47 +0000 http://codesign-it.com/?p=1462 [...]]]>  

Tu dois, il adhère, nous aimons : de l’obéissance à l’engagemnt, le secret d’une productive félicité ?

Thème général / Apports / Déroulement / Échanges

Olivier Piazza, membre de Codesign-it! et co-fondateur du Diplôme Universitaire Intelligence Collective à l’Université de Cergy n’est pas un néophyte en matière d’intelligence collective. Olivier nous ramène au fondement quasi-paradoxal du facilitateur en codesign : comment prétendre faciliter l’expression épanouie du potentiel de créativité d’un groupe dans lequel on incarne une position d’autorité ? Hum… pas facile si l’on en croit la l’abondante littérature inspirée par la théorie de l’auto-détermination (TAD).

Cette théorie, initiée par Decy et Ryan dans les années 70, est déclinée depuis dans de nombreux articles, mémoires, sites et diagrammes dont voici deux échantillons :

 

Psychologie cognitive, psychologie du travail, psychologie sociale, psychologie de la créativité, théorie du management, théorie de la créativité organisationnelle, tout le monde est d’accord pour dire, écrire, affirmer que la contrainte tue l’intérêt, l’autodétermination et l’autonomie ouvrent les portes de la motivation, et qu’intrinsèquement motivés, nous prenons plus plaisir à faire et sommes plus créatifs (cf. biblio si vous êtres auto-déterminés à en savoir +).

Mais alors, être facilitateur serait ouvrir la voie de l’autodétermination, autonomie créative ? Comment cela serait-il possible ? Et de quelle autonomie parle-t-on ? Celle du groupe, ou des individus qui le constituent ? D’ailleurs, comment s’articulent créativité/motivation groupale et créativité/motivation individuelle ? Les deux sont-elles compatibles ? L’autodétermination individuelle existe-t-elle au sein d’un groupe « facilité » ?

Autant d’apories qu’Olivier a fait germer dans nos esprits et incarné face à nous pendant cette demi-journée : comment nous instiller pendant 20mn un message édifiant sur les affres de l’obéissance et espérer nous ouvrir la voie vers une pensée autonome, individuellement vivante ? Comme souvent dans le D.U, c’est par l’expérience que la solution s’est dessinée.

Certes, les sympathisants du 10co (espaces du collectif Codesign-it! à Paris) sont un public un peu particulier pour un exercice sur l’engagement et la motivation… Depuis presque 2 jours, nous formons un groupe qui a réfléchi sur ce qu’est une « happy place », et qui a été éveillé aux délices de l’inspiration collective naturaliste, une tribu de « happy few » sélectionnés pour intégrer ce D.U à l’aune d’une motivation (intrinsèque) d’airain, bref, un groupe que l’on peut imaginer soudé, (auto)déterminé et quasiment extatique à l’idée de créer. Nous sommes peu représentatifs des écosystèmes dans lesquels un facilitateur intervient, constitués d’individus dont la créativité n’est habituellement pas toujours stimulée, valorisée, voire autorisée. Pour autant, l’expérience que nous faisons avec Olivier et qu’Olivier fait avec nous sur les ressorts de l’engagement nous plonge au cœur du sujet.

Tout d’abord, dans l’ambiance postprandiale de ce 2ème jour de session estivale, nous faisons collectivement l’expérience qu’être continuellement sollicités pour exprimer sa capacité de réflexion autonome, fût on motivé, ça fatigue ! Il faut réveiller le créatif qui est en nous sans le saturer, entretenir la flamme, soutenir la motivation. D’autre part, beaucoup d’entre nous ayant traversé les différentes phases du modèle qu’Olivier nous présente avant de prendre le chemin de la rue Ambroise Thomas, on peut imaginer que capter notre attention volontaire sur le sujet, c’est pas gagné !

Et pourtant, ça a marché ! Comment ? En faisant du modèle théorique une source d’inspiration, et du cadre un outil bienveillant et souple propice à l’organisation d’une pensée. L’importance du cadre pour asseoir l’auto-détermination est d’ailleurs soulignée dans Liberté & Cie par Isaac Getz & Brian M Carney : plutôt que de chercher à motiver les gens, les leaders se demandent « comment mettre en place un environnement où les salariés se motivent eux-mêmes ? ».

Nous nous sommes répartis en 3 groupes pour problématiser le sujet, des groupes plus grands que d’habitude, pour s’attaquer avec ardeur à un sujet ardu. Puis notre célèbre boucle PI (pédagogie inversée) a été déroulée dans une ferveur joyeuse : challenge vigilant des facilitateurs de cette session sur la formulation de nos problématiques, présentation apéritive des formulations devant la neutralité bienveillante d’Olivier, immersion volontaire dans la recherche de solutions à nos problèmes co-construits, et exposé enjoué de nos co-trouvailles dont je vous livre quelques lignes .

 

Nos 3 problématiques…

Quels éléments de contexte sont les plus favorables à l’épanouissement d’une autodétermination de groupe ?
Le modèle de l’autodétermination est un outil de réflexivité qui nous aide à tenir compte des situations individuelles : identifier les positions de chacun dans la grille d’analyse TAD afin de solliciter par les moyens de facilitation la part ouverte de chacun dans trop solliciter les défenses correspondant à leur situation. Cela peut par exemple donner des clés pour ne pas malmener des individus ou groupes drivés par un management top-down qui institue habituellement l’obéissance en norme de fonctionnement. Cadrage et autonomie ne sont pas antinomiques mais, au contraire, intrinsèquement liés, le premier conditionnant le second !

Comment créer les conditions de co-responsabilité ?
La problématique a été appliquée à la co-responsabilité d’un lieu et de sa gouvernance. Avoir la co-responsabilité d’un lieu passerait par le fait de l’incarner, avoir une vision commune sur les règles d’usage et de jeu qui s’y appliquent. La gouvernance, flexible, serait constituée de prises de décisions partagées, au même titre que la charge mentale qui y est associée pour gérer notamment les principes d’exclusion et d’inclusion attachées à ce lieu. Pour qu’il fonctionne, le lieu doit être porté collectivement par les gens qui l’utilisent, qui l’incarnent de façon à ce que personne ne semble jamais manquer : lorsque quelqu’un s’absente, les autres le reconstituent de façon agile, pas « troué » mais différent.

Comment peut-on être libre de contribuer individuellement à une œuvre collective ? Comment peut-on articuler l’ego et le co, passer de l’engagement personnel à la réalisation collective? En se basant sur des ressorts individuels ou en rebondissant sur un socle d’adhésion commun ? En prolongeant l’objet d’amour individuel par l’amour de l’aventure collective?

 

Mais aussi, un peu après…

Comment passer de l’injonction à la stimulation sans passer par la schizophrénie ? Comment éviter de soumettre les personnes que nous stimulons à des injonctions paradoxales ou à des conflits de loyauté quand leur management leur demande obéissance? La réunion de cadrage qui précède toute intervention de facilitation peut être particulièrement précieuse pour expliciter, stimuler, arracher les messages incontournables qui devront être délivrés et assumés par la direction en amont d’un atelier pour induire sans danger une évolution de la position des participants dans la matrice de l’ADT.

Au-delà d’un cadre favorable à l’émergence de la co-responsabilité, de l’autonomie du groupe, de la co-création : comment donner de la place à l’individualité dans un cadre d’intelligence collective, plus de je/jeu au service du nous ? L’effacement des egos au service du collectif est une solution palliative, à défaut de permettre à chacun plus d’expression de son individualité au service du collectif. Il s’agit d’aller au-delà de l’ego, de le transcender !

 

Bibliographie

Edward L. Deci et Richard M. Ryan, Handbook of Self-Determination Research, University of Rochester Press, 2002 (ISBN 978-1-5804-6156-6)

https://www.hacking-social.com/2015/10/13/se-motiver-et-motiver-autrui-une-histoire-dautodetermination/

https://www.lesmotivations.net/spip.php?article42

Psychologie de la créativité, Todd Lubart, Christophe Mouchiroud, Sylvie Tordjman, Frank Zenasni, Armand Collin, 2015.

De l’individuation au leadership, Edgar Stein, Dunod.

Liberté & Cie, Isaac Getz & Brian M Carney, Flammarion collection Clé des Champs, 2016

 


Restitution proposée par Chantal Joie La Marle, participante du Diplôme Universitaire Codesign.

Merci à Olivier Piazza pour son intervention !

Cette œuvre de Codesign-it! est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

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Le jour où j’ai parlé dauphin… http://codesign-it-ventures.fr/2018/01/02/le-jour-ou-jai-parle-dauphin/ http://codesign-it-ventures.fr/2018/01/02/le-jour-ou-jai-parle-dauphin/#respond Tue, 02 Jan 2018 16:28:06 +0000 http://codesign-it.com/?p=1455 [...]]]> Rémi Sabouraud, membre de Codesign-it!, a introduit cette séance en déclamant un poème en alexandrins ; très rafraîchissant en cette première journée de canicule estivale !

Rémi est convaincu que la créativité est une compétence qui se travaille et en tant que codesigners, cette habilité fait partie de notre écologie personnelle, notre discipline de travail.

Nous avons donc cheminé au travers de plusieurs exercices visant cet apprentissage et en parallèle, nous avons expérimenté ce que l’on appelle le flow.

Le flow, c’est une sensation étrange d’harmonie de groupe parfaite, un moment où le temps n’existe plus, des instants où la concentration et l’engagement sont tels que rien ne pouvait nous distraire.

Le flow c’est aussi une histoire de courbe, d’énergie montante et descendante.

De son expérience professionnelle, Rémi nous indique que le flow se produit quand 8 éléments sont réunis :

Pour citer Rémi : « le facilitateur c’est comme un funambule sur une ligne oscillante » et c’est ce à quoi, en tant que facilitateur, nous sommes amenés à faire face en situation de modération.

Ça sera donc le thème de notre après-midi, muscler notre créativité, expérimenter l’inattendu, et constater les effets produits sur le groupe grâce à un ingénieux système de monitoring conçu par Greg et Rémi.

 

Tout a commencé par une stimulation, drôle, décalée et ludique, extraite du film OSS 117, une scène où des noms franchouillards à souhait, sont égrenés de manière totalement absurde pendant près d’une minute.

C’est à notre tour de se dire « bonjour » de cette manière, deux par deux, on ne triche pas, on ne prend pas les noms de nos proches, la consigne donnée est d’inventer !

Je me rends compte que plus on avance dans l’exercice, plus les techniques de créativité apparaissent presque naturellement et qu’en cassant les paradigmes tacites d’une recherche créative, on arrive à sortir des sentiers battus assez facilement et rapidement :

  • Analogies : Dubois, Dutilleul, Duhêtre, Duroseau, Dubuffet, Delaporte, ….
  • Modification : Dulitteul, Dusoreau, Duffubet….
  • Combinaison : Infectédelavérolle, Tuéparomicide…

Cette forme de créativité, sous contrainte, laisse ensuite la place à une autre technique, plus libre, bien qu’étant modérée : le rêve éveillé.

3 participants « cobayes » étudiants du D.U., acceptent de jouer le jeu, ils sont allongés au sol, les yeux fermés, et se laissent embarquer dans leur récit par Rémi.

Ils parlent à voix haute et imaginent ensemble quel serait le futur du DU.

Peut-être plus difficile à mettre en œuvre, en contexte d’entreprise ou dans des situations où les participants se connaissent moins bien, il me semble que cette technique doit faire l’objet de plus de précautions dans sa mise en place, je constate toutefois que le pouvoir de l’inconscient au service de la génération d’idée a fait son œuvre rapidement et s’est montré diablement efficace (…vous avez déjà parlé le dauphin ?!)

Sans transition ou presque, Rémi nous offre une nouvelle stimulation à partir d’une courte vidéo de Serge le mytho.

Et par groupe de deux, nous inventons à notre tour des histoires abracadabrantesques. Je prends cela comme un jeu, je le trouve drôle et stimulant quand se livre alors une forme de compétition induite sur le thème de « celui qui racontera la plus grosse c… ».

Au-delà d’une application directe en exercice créatif de divergence, il est intéressant de noter que nous partons à la découverte du lâcher prise, de l’imagination.

L’exercice a la vertu de démontrer qu’il est possible, voir facile d’enjamber une situation d’inconfort avec pour seul outil un peu d’imagination, d’impertinence et de liberté de ton…

Bien échauffés, nous partons à la conquête de notre dernier défi.

Le groupe est divisé en 3 et chaque sous-groupe prépare 3 situations inattendues auxquels nous pourrions être confrontés en facilitation.

Par deux, nous répondons, le plus rapidement possible à cette situation en mobilisant notre imagination et notre capacité de rebond.

 

 

Dernière courbe, ou dernier virage, retour au calme pour la conclusion avec les œuvres magiques éphémères et oniriques d’Andy Goldworthy et les Variations de Goldberg de Bach interprétées par GlenGould qui ont pour Rémi un fort pouvoir d’inventivité et qui plongent chacun d’entre nous dans un moment personnel d’introspection et de réflexivité .

 


Restitution proposée par Sophie Mourey, participante du Diplôme Universitaire Codesign.

Merci à Remi Sabouraud pour cette riche intervention, et à Greg Serikoff pour sa facilitation !

Cette œuvre de Codesign-it! est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

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La P.I. c’est pas de la tarte http://codesign-it-ventures.fr/2017/05/21/la-p-i-cest-pas-de-la-tarte/ http://codesign-it-ventures.fr/2017/05/21/la-p-i-cest-pas-de-la-tarte/#respond Sun, 21 May 2017 11:54:05 +0000 http://codesign-it.com/?p=824 [...]]]> Ce lundi matin le soleil brille déjà haut dans le ciel bleu d’avril. Mes veines sont saturées de globules rouges après une excellente semaine de snowboard printanier à 3000m, je suis plutôt bien rechargé, fin prêt pour entamer ma première session du Diplôme Universitaire de codesign, pourtant :

J’avoue, je flippe un peu ! Pourquoi retourné-je à l’université ?

Même avec 20 années de carrière passées à fouler des centaines de scènes, des milliers d’heures de studio, après des dizaines de sessions de travail collaboratif dont les plus récentes sont en tant que coach pour l’innovation chez EY, l’idée de repasser par la case fac reste un challenge qui ne me laisse pas indifférent : Qui sont les autres étudiants ? D’où viennent-ils ? Quel niveaux ont-ils ?

 

Pour ce diplôme en cursus continu qui ne suit pas de calendrier scolaire, des nouveaux comme moi, il en arrive toutes les cinq semaines. Les plus anciens, eux, soutiendront leurs expérimentations à la fin de ces 3 jours après avoir éprouvé entre 5 et 7 sessions comme celle que je commence.

Je n’ai cependant pas le temps de tergiverser dans tous les sens, le chauffeur du taxi qui me conduit vers l’immeuble de la FDJ me narre son parcours professionnel chaotique, pour me confier au final qu’il s’inquiète de l’avenir de son fils qui passe ses nuits enfermé devant sa console de jeu. Je le rassure, lui contant que moi aussi, enfant je passais mon temps derrière un ordinateur à programmer des jeux et que ce sont ces fondamentaux, maintenant ancrés au plus profond de moi, qui servent de socle à mes diverses activités. «Je suis certain que votre fils est en train de développer des skills qui lui serviront plus tard » – lui affirme-je à voix haute – «cela lui permettra d’exercer confortablement certains des 65% de métiers de 2030 qu’il reste encore à inventer». Bienveillant tel un Uber, il ne me répond pas. Je vois bien néanmoins à son sourire crispé au moment de claquer la portière, qu’il aimerait bien me croire, juste un petit peu… Et c’est avec entrain que j’entre dans le bâtiment, me dirige vers les charmantes hôtesses d’accueil pour récupérer un badge.

Je monte dans l’ascenseur en scrutant discrètement mes voisins dans l’espoir de savoir si l’un d’entre eux est un «diplômant», la pression monte à la mesure des étages… Ding ! L’ascenseur s’arrête. C’est seulement quand les portes s’ouvrent que tout se relâche, d’un coup tout va pour le mieux : je vois juste en face de moi, au loin mais coloré, une baie vitrée à travers de laquelle j’aperçois des post-it sur des murs ornés de facilitation graphique. Yes ! Le seuil de l’AZAP à peine franchi, j’entends «Bonjour, je suis Sophie, bienvenue».

Les couleurs chatoyantes du buffet d’un petit-déjeuner mêlées à l’odeur agréable du café suffisent à me faire baisser les dernières armes, l’inclusion est parfaite, la journée peut continuer ! Ainsi, la transition vers la première session collaborative se déroule de manière tout aussi fluide. Chacun a naturellement trouvé sa place sur les 25 chaises prédisposées en arc de cercle dans la plénière et la pile de livres et de carnets Moleskine brandés Codesign-it! est rapidement distribuée comme cadeaux de bienvenue aux 9 nouveaux arrivés.

Après un récapitulatif précis des attentes du Diplôme Universitaire fait par Greg, puis la présentation du cycle et de la grille PI (pédagogie inversée), Cécile ouvre le rituel avec le pitch d’ouverture que ma facette empathique adore, mais qui reçoit un accueil mitigé car elle a omis d’introduire François Rochet le meneur de la stimulation (maligne, elle hackera le système en co-pitchant la session de l’après-midi). Puis Greg et François Rochet entament la session en écrivant 4 sujets sur le tableau blanc numérique interactif :

1) Parkour
2) Tiers-lieux | Labs | AZAP
3) Documentation de dedans ou de dehors
4) Jeu de cartes design thinking.

La consigne tombe :«Inscrivez votre prénom sous un des sujets avec comme seule contrainte la diversité nécessaire, dans quelques secondes ces groupes sont complets ! » . L’adrénaline monte…

Je suis bien en cours, côté participant, étudiant, apprenant, quelque soit le nom choisi, le principe est clair pour moi c’est par l’expérimentation que naîtra l’apprentissage.

Mon expérience de la co-gestion d’un espace de coworking et la présence de mon collègue Fred Debailleul avec qui j’ai fait la formation de facilitation graphique l’année passée me font choisir le sujet 2 (Tiers-lieux | Labs | AZAP). Le groupe est fluide et la problématisation se met en œuvre de façon naturelle. Chacun apporte de l’eau au moulin questionnant le sens de AZAP (on apprendra de vive voix plus tard que cet acronyme signifie Accelerated Zone for Accelerated Projects), posant le fait qu’un tiers-lieux n’est pas le bureau (il s’avère que la définition de Tiers-lieu est « ni maison ni lieu de travail usuel »), argumentant sur la nécessité d’une infrastructure dédiée, etc. Grâce au feutres de Fred le tableau se structure rapidement pour faire apparaître un nuage de questions : C’est quoi ? Qui ? Comment ? Pourquoi ? Propice ? Et des pistes de réponses se dessinent…

Ensuite, les problématisations entreprises par les groupes se déroulent dans une atmosphère bon enfant. Ainsi, on découvre le sujet parKour à travers la restitution des présentateurs de la première équipe. J’ai bien aimé la métaphore avec le sport dont le nom s’inspire, qui consiste — pour les athlètes —  à faire des acrobaties dans un environnement urbain en choisissant son propre parcours, à exécuter rapidement et avec fluidité. Si vous connaissez les Yamakasi qui sautent d’immeuble en immeuble ou bien Assassin’s Creed vous voyez de quoi je parle. Greg nous explique que ce parKour consiste – pour les équipes de participants – à construire son propre chemin d’innovation à travers des balises de session de travail collaboratif telles que : balise prototypage, balise idéation, balise BMG, etc.

L’équipe suivante nous parle de documenter les sessions de travail collaboratif. Les filles nous expliquent comment elles ont pris le parti de rester en posture d’observation de certaines équipes (en effet, je me souviens de ce moment où 4 yeux te regardent sans rien dire) et comment elles ont choisi d’interférer en s’incluant dans d’autres équipes pour en documenter la réflexion. On retient que la problématisation arrive différemment selon les équipes puis on diverge sur la physique quantique…! Ce que j’en retiens c’est que le principe d’incertitude d’Heisenberg peut s’appliquer dans notre cas : «La mesure perturbe le résultat».

Enfin le dernier groupe nous présente leur découverte du jeu de cartes Design your Sprint, conçu par Melissa Aldana et Vincent Dromer de la start-up Klap Ce jeu agrège la méthodologie de Design Thinking dans une forme ludique pour accompagner le travail collaboratif.

Greg propose de reconsidérer nos problématisations : « La problématisation ne produit pas une question, mais une assertion. C’est la formulation d’un problème à résoudre. » À ce moment tout devient limpide, je saisis que je suis en train d’apprendre de manière réflexive suite à l’expérimentation qui vient de se dérouler : le cycle PI que nous venons de vivre, la grille PI et ses définitions, le principe de Pédagogie Inversée (PI) lui même.

Il est 13h passé, ça fait plus de 4 heures que nous sommes là et j’en veux encore plus ! Je sais maintenant que j’ai ma place ici avec mes nouveaux camarades, on va passer de bons moments, de belles expériences, de belles chutes et relever de nombreux défis pour ressortir grandis et devenir de meilleurs nous-mêmes. Même plus peur, ce diplôme c’est de l’or pour l’avenir ! Dernière question avant de partir déjeuner : «Qui souhaite faire la restitution ?». C’est ma première, et à peine défloré, je suis tellement chaud que je me propose d’office de la faire sous le regard étonné des anciens…

Et vous, dites-moi, reprendriez-vous une petite part de PI ?

Merci à François Rochet et Greg Serikoff pour leur belle introduction au DU ! Merci à Vincent et Melissa pour leur super jeu de cartes !

Restitution proposée par Evy Raelison, participant du Diplôme Universitaire Codesign.

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