recherche – Codesign-it! http://codesign-it-ventures.fr innovation collaborative Mon, 02 Dec 2019 12:12:19 +0000 fr-FR hourly 1 https://i0.wp.com/codesign-it-ventures.fr/wp-content/uploads/2015/08/Co_logo_small.png?fit=32%2C32 recherche – Codesign-it! http://codesign-it-ventures.fr 32 32 110756974 Le Livre Le Lab des Labs : l’ouvrage aux 277 contributeurs ! http://codesign-it-ventures.fr/2019/12/02/le-livre-le-lab-des-labs-louvrage-aux-277-contributeurs/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=le-livre-le-lab-des-labs-louvrage-aux-277-contributeurs http://codesign-it-ventures.fr/2019/12/02/le-livre-le-lab-des-labs-louvrage-aux-277-contributeurs/#respond Mon, 02 Dec 2019 12:12:14 +0000 http://codesign-it.com/?p=2636 [...]]]> Documentation de l’expérimentation Codesign-it !

Le Livre Le Lab des Labs : l’ouvrage aux 277 contributeurs !


A l’occasion de la semaine de l’innovation publique, le CGET, Futurs Publics, le CNAM et Codesign-it ont eu le plaisir de présenter le livre Le Lab des Labs. Un ouvrage qui compte déjà 277 contributeurs et qui ne demande qu’à en rassembler davantage ! 

Lundi 25 novembre dernier, il y a foule au Lieu de la transformation publique : des équipes de Labs, des designers, des chercheurs, des acteurs de l’innovation publique, privée ou associative…

“Associer le secteur public et le secteur privé dans la communauté des Labs et dans cet ouvrage est quelque chose dont nous sommes très fiers”

Catherine Foliot, membre de Codesign-it 

Le livre Le Lab des Labs est le fruit de deux “brins d’ADN” : 

  1. L’expérience accumulée de nombreux acteurs de Labs, et l’idée de les faire se rencontrer pour échanger et produire ensemble des contenus. Cela depuis environ une quinzaine d’années, à l’apparition des premiers Labs en France. 
  2. Les Communs : une production open source, destinée au plus grand nombre, sans présupposer de ce que les lecteurs auraient envie d’en faire. L’envie que d’autres s’emparent de ces contenus pour se les approprier, les déformer, les réinventer, leur donner d’autres formes, les compléter, s’en servir et les partager à leur tour.

“ Le livre est sous licence CC BY SA ; et c’est très important pour nous ! C’est une licence Creative Commons qui permet une très large réappropriation ; qui permet à tous de l’utiliser comme ils le souhaitent. À deux conditions : perpétuer cette licence s’il y a des nouveaux contenus créés, et toujours citer l’origine pour qu’on puisse tracer les chemins que prennent ces connaissances et ces supports. Qu’on puisse documenter la diffusion, l’essaimage de ces productions, et reconnaître ceux qui y ont contribué.” 

Greg Serikoff, membre de Codesign-it

Les premières lignes du livre ont vu le jour au Lab des Labs #2 en décembre 2018. C’était la deuxième édition de cette rencontre annuelle de la communauté des Labs invitée par le collectif Codesign-it. L’idée du livre Le Lab des Labs y est lancée et plébiscitée par les 90 acteurs présents pour l’occasion.  Un mois après, la même proposition est faite aux 70 participants de la journée Futurs publics “Un lab…et après ?” au 110 bis – le Lab de l’éducation nationale et de la jeunesse. Depuis les contributions n’ont fait que s’additionner. En février 2019, le livre, à l’état de maquette, est mis en ligne et proposé à la relecture. Toutes les pages du livres étaient ouvertes et chacun a pu contribuer là où il le souhaitait.

Sous la direction de Catherine Foliot et Greg Serikoff pour Codesign-it, ainsi que Manuel Zacklad pour le CNAM, le document partagé a évolué en live pour aboutir à sa version finale,  imprimée le 23 novembre dernier. 

Parmi les 277 contributeurs, on notera notamment l’effort exceptionnel de l’agence Ultragramme (Juliette Goiffon et Charles Beauté) qui a travaillé la structure visuelle et l’expérience de navigation proposée dans l’ouvrage; avec une forme qui sert le fond, pour en faire un ouvrage aussi beau qu’utile.

 

 

 

Manuel Zacklad, le regard du chercheur. Responsable académique du DipCo, (diplôme en innovation collaborative) et du programme de recherche « Observatoire des Labs », il est aussi professeur et directeur du laboratoire Dicen-IDF au CNAM. 

“ D’un point de vue socioéconomique, les Labs renvoient à ce bouleversement très large dans lequel nous nous trouvons : la fin du taylorisme et du fordisme. Les organisations publiques ou privées sont dans un contexte d’innovation intensive, et ont des dimensions servicielles très importantes qui doivent s’associer avec le foisonnement des applications numériques. La séparation entre la conception et l’exécution avec laquelle nous avons vécu pendant des années n’est plus tenable notamment dans les services à valeur ajoutée. Aujourd’hui les organisations cherchent à intégrer de manière plus organique ces deux fonctions. Elles demandent à de plus en plus de personnes de s’impliquer dans la conception. Elles s’interrogent sur la place à donner au numérique dans les innovations servicielles. 

Ce sont les enjeux que traversent la plupart des organisations publiques ou privées aujourd’hui. La conséquence est qu’il faut repenser des organisations du travail décentralisées et héritées du fordisme. Et les Labs relèvent d’une tendance à inciter une forme de réinvention transgressive de l’organisation. Historiquement, le mode projet avait été une première étape, mais il est aujourd’hui gangrené par un excès de processus, un excès de KPIs, et il a un peu perdu sa raison d’être initiale qui était d’être un apprentissage organisationnel tourné vers les clients. Aujourd’hui les gens vont dans le projet comme ils vont à l’usine. 

Les Labs et le mode Design prennent le relais de cet essoufflement. Dans les Labs, on a la synthèse du meilleur des courants managériaux des dix dernières années : des éléments d’apprentissage organisationnel, des éléments liés à la communication interpersonnelle et au coaching, au lean et à l’agilité, au design et à la créativité, au collaboratif.

Mais le phénomène des Labs est lui aussi menacé, car les entreprises adorent standardiser. C’est ce qui s’est passé avec le design thinking par exemple, qui est devenu comme une sorte de recette qu’on va pratiquer sans designer. Il faut montrer que le phénomène est vivant, qu’il évolue tout le temps, qu’il est basé sur des communautés d’acteurs qui se rencontrent et font des efforts de créativité au quotidien. ”

Le CGET représenté par Emmanuel Dupont a assuré au livre une existence physique, avec l’ambition de le diffuser dans les territoires en servant une communauté d’acteurs la plus large possible.

“ Nous sommes convaincus que les Labs ont un rôle à jouer dans la transformation de l’action publique et notamment sur les questions de territoires. Car ils permettent de s’affranchir des échelles pour anticiper le déploiement des politiques publiques et associer les parties prenantes. Ils favorisent l’articulation entre le niveau national et local. Ils sont également des outils et des dispositifs qui permettent de rassembler les acteurs et d’accompagner les projets d’innovation sociale au niveau des territoires (qui sont de très bons incubateurs pour ces projets sociaux). Enfin, les Labs portent une transformation des modes d’organisation et d’engagement dans le travail. Les ¾ des problèmes que nous avons à gérer dans les territoires sont générés par les modes d’organisation actuels. ”

Emmanuel Dupont, Responsable du pôle Stratégie de recherche et d’innovation à la CGET

Le livre est comme une boîte à outils. Il peut se lire de façon linéaire mais aussi en piochant dedans, car il est pensé par double pages. 

“ Le livre est relié sans reliure sur la tranche; c’est un détail auquel a pensé l’agence Ultragramme. On peut l’ouvrir complètement à plat sans l’abîmer. Il est donc photocopiable dans les meilleures conditions. Vous pouvez facilement les agrandir pour créer vos propres supports, canevas ou posters. ”

Catherine Foliot, membre de Codesign-it

“ C’est fou comme la reliure d’un livre peut parler des communs !! ”

Greg Serikoff, membre de Codesign-it

On se se repère aisément grâce au code couleur dans les marges, correspondant aux 4 « regards ». A tout moment, on sait qui parle : la communauté des acteurs de labs, un lab en particulier, les designers ou le chercheur.

Le livre cherche à couvrir exhaustivement tous les aspects d’un Lab, dans sa dimension systémique. Le sommaire est basé sur le modèle Lab Framework, qui montre toutes les composantes d’un Lab.

On retrouve comment faire correspondre ces composantes à l’intention des porteurs d’un Lab tout au long du livre, mais aussi dans les fiches de présentation de 17 Labs en fin d’ouvrage. « Ces fiches forment une photo de ces labs prise il y a quelques mois. » précise Greg Serikoff. “Tous ces dispositifs ont déjà évolué sensiblement, car les Labs évoluent très vite.”

277 contributeurs ont oeuvré pour ce Commun, et beaucoup d’autres sont encore attendus pour la suite. Déjà, en cette semaine de sortie, Les remarques, critiques, nouvelles contributions sont nombreuses et la communauté s’agrandit encore. 

La communauté est invitée à imaginer son avenir collectif, et commence déjà à proposer des pistes, au travers de thématiques et de modalités :

  • Comment structurer le réseau, s’identifier, se contacter ? 
  • Quelle visibilité externe pour le réseau ? Comment montrer l’utilité des labs ? 
  • Et si on créait un #labdeslabs sur les réseaux sociaux ?
  • Et si on se retrouvait sur certains sujets en plus petit comité ? 
  • Comment cracker des sujets d’éducation et de citoyenneté avec notre communauté ? 
  • Comment, au sein d’un Lab de territoire, initier des démarches aux financements à la fois publics et privés ? Quel serait le bon véhicule juridique pour cela ? 
  • Au vu de l’évolution si rapide des labs, comment poursuivre ces échanges plus régulièrement, au-delà du livre, en se rencontrant ? 
  • Comment dans une édition numéro 2 et à travers l’objet, montrer les évolutions et les changements apportés au livre ? Les anciennes et les nouvelles pages ? 
  • Comment le temps consacré à la communauté peut il à la fois servir la communauté mais également les problématiques de mon lab ? 
  • Comment aider une personne à répondre à sa problématique ? Par du co-développement  par exemple ? mais en se concentrant sur son sujet ? 
  • Comment arriver à construire des outils et des pratiques sur l’impact de l’innovation au-delà de nos organisations ? sur la société et l’environnement? 
  • Un syndicat des labs ? 
  • Comment les contributions au niveau de la recherche publique peuvent-elles s’arrimer  à la dynamique productive des Labs ? 

Le prochain rendez-vous de la communauté aura lieu en février 2020 avec le Lab des Labs #3 ! Une occasion pour approfondir ces propositions ? Si vous êtes acteur de Lab et souhaitez participer, contactez le collectif ! 

Si vous avez contribué au livre, un exemplaire imprimé vous est offert. Sinon, vous trouverez l’ouvrage en format digital et librement téléchargeable ici . Les achats en ligne du livre dans sa version papier seront aussi bientôt possibles.

Licence Creative Commons

Cette œuvre de Codesign-it! et Fanny de Font-Réaulx est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

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Codesign et science citoyenne, un délicat mélange http://codesign-it-ventures.fr/2018/04/03/codesign-et-science-citoyenne-un-delicat-melange/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=codesign-et-science-citoyenne-un-delicat-melange http://codesign-it-ventures.fr/2018/04/03/codesign-et-science-citoyenne-un-delicat-melange/#respond Tue, 03 Apr 2018 18:54:37 +0000 http://codesign-it.com/?p=1682 [...]]]> Doing It Together Science (DITOs) est un vaste projet visant à augmenter la participation du public et des responsables politiques dans la recherche et l’innovation scientifique à travers l’Europe.

Lors de sa présentation Imane Baïz, qui fait partie du CRI (Centre de Recherches Interdisciplinaires) pour manager le projet DITOs, nous a permis d’aborder la complexité du sujet et de ressentir l’organisation titanesque que cela représente. Une des intentions fortes exprimée est celle de passer d’un citoyen passif à un citoyen actif dans son environnement. Le champ d’action allant au-delà des sciences participatives, comprenant le Do-It-Yourself sur le thème du biodesign.

Au travers du partage d’enseignements de cette session pour le D.U. Codesign, j’ai regardé avec curiosité ce que le mélange a pu générer, me demandant ce que le codesign peut apporter pour œuvrer dans le sens de cette intention.

Tel un plat de spaghetti…

Une image que nous avons fait émerger est celle d’un gros plat de spaghettis. C’est pour autant le propre d’une situation complexe, et du codesign de s’y atteler collectivement.

DITO(s) cherche à rendre le citoyen actif, de par le développement d’un esprit critique de la science, et la réalisation d’actions concrète, le DoIT (Do-It-Together), et chercher à poser les fondements institutionnelles à la science participative, réalise des activités de lobbying. DITO(s) s’adresse à tout public, à travers des ateliers, des conférences et autres formats. Chacun ayant son langage, des intérêts différents, et des niveaux de maturité et d’implication différents.

Nous avions aussi notre propre compréhension du problème, venant d’autres sphères que celle des sciences citoyennes. La phase de problématisation n’avait rien d’évident.

En outre, nous avions tendance à formuler des objectifs plutôt que des problèmes, fermant d’autant les possibilités de réponses. Et puis nous pouvions adresser des problèmes desquels nous n’étions pas responsables, introduisant un biais dans la réponse. Greg Serikoff a pris pour exemple le problème suivant : « Assurer la pérennité de l’écosystème au-delà de l’établissement public ». C’est un objectif, pas un problème. Assurer la pérennité est déjà une solution. Et elle sous-tend que c’est notre responsabilité de l’équipe présente, ce qui introduit un biais.
En évitant de bien poser le contexte, nous orientions la réponse. Le codesign consiste à créer des problèmes ensemble pour les résoudre ensemble, et une vigilance est ainsi à porter sur des réponses qui pourraient induire une manipulation.

Pour aborder ce délicieux plat de spaghetti, nous avons travaillé en essaim. Pour démêler la situation et mieux qualifier nos problématiques, nous avons eu recours après la phase de problématisation en 3 groupes, à une seconde phase de problématisation, en essaim.
Nous avons dans cette itération élaboré la problématisation par groupe de deux, produisant cette fois 9 sujets.

Le travail en essaim permet de fragmenter le problème en plein de sous-problèmes. Il développe en outre l’agilité, le droit à l’erreur, et il est une façon d’optimiser les ressources.Dans la séquence, cette phase a permis aussi d’apporter du dynamisme, la phase de réponse s’est tenue à bon rythme.

Comment s’orienter dans une soupe d’anguilles ?

En préparant cette publication sur cette co-création de problèmes, je me suis demandé ce que nous avions apporté de plus que la mise en lumière du plat de nouilles, si nous avions contribué à aider Imane à s’y orienter, même si ce n’était pas expressément le but. Je me suis égarée. J’ai laissé la publication de côté. J’ai perdu mon temps. J’ai fait un pas de côté. J’ai saisi un des livres de Georges Didi Hubermann que j’avais sous la main, au sujet d’une autre science, l’histoire de l’art. « L’image survivante. Histoire de l’art et temps des fantômes selon Aby Warburg »

Sa question « Comment s’orienter dans la « soupe d’anguilles » ? » m’a fait écho à notre plat de spaghettis. Et la similitude ne s’est pas arrêtée aux images culinaires. Je vous laisse déguster. Plus loin il précise que Aby Warburg avait pour intention de « faire justice à l’extrême complexité des relations et détermination».

Reprenons notre chemin…

Cette mise en mouvement a bien opéré, il me semble, entendant la vivacité et le nombre des retours d’Imane, acceptant aussi les remises en question, jusqu’à celle du mot science, telle une scientifique. En outre, elle a pu imaginer notamment l’idée de voir DITOs comme une plateforme de mise en relation entre les différents acteurs de la société.

La configuration du temps et de l’espace, la variation de rythme, les conditions de l’environnement sont autant de variables qui ont joué. Ce que nous avons offert ce sont autant d’occasion de déplacer son point de vue.

Il peut être frustrant d’en voir tout de suite les effets, et la façon dont cela peut se traduire et se stabiliser dans le temps. Mais il est à espérer que les traces laissées par cette méthode permettent des transformations profondes et justes, et donc une moindre perte de temps et d’énergie, une optimisation des ressources de management du projet. DITO(s) me semble chercher à opérer ce même mouvement dans les sciences.

Une hypothèse

Ceci m’amène à poser l’hypothèse que le «pour quoi» de DITO(s), ne serait pas seulement de faire de la coordination, devenir une plateforme, mais de créer les conditions pour faire du codesign avec les sciences du vivant. Une sorte de BioCodesign ?? La démarche que nous opérons avec notre expérimentation du D.U., est d’ailleurs celle d’un scientifique nous a souligné Greg, mais de façon délinéarisée. Sous cet angle, utiliser des dispositifs visant à mettre en application des protocoles, n’est pas vraiment dans l’esprit de codesign. Cela pourrait aussi freiner la compréhension et le portage d’une tell e intention.Réaffirmer la vocation, réaligner les moyens, pourrait permettre une plus grande congruence et puissance de l’action.


Merci à Imane Baïz pour son intervention !

Merci à Nathalie Pillot dans son rôle d’activatrice et de relectrice.

Restitution proposée par Sarah Fortin, participante du Diplôme Universitaire Codesign.

Licence Creative Commons Cette œuvre de Codesign-it! est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

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Un lieu pour faire sens http://codesign-it-ventures.fr/2018/04/03/un-lieu-pour-faire-sens/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=un-lieu-pour-faire-sens http://codesign-it-ventures.fr/2018/04/03/un-lieu-pour-faire-sens/#respond Tue, 03 Apr 2018 13:42:06 +0000 http://codesign-it.com/?p=1644 [...]]]> Toute société s’organise dans l’articulation de sept dimensions:

  • politique : normes, règles, institution, gouvernance
  • naturelle : manifestations de l’incorporation des données physique et biologiques
  • économique : production et distribution des richesses et des biens
  • sociologique : tout ce qui participe à la construction du social
  • temporelle :
  • individuelle : valeur de l’autonomie, de la latitude personnelle, du choix
  • spatiale : questions liées à la distance, aux placements, aux côtoiements

Sébastien Rocq débute cette session par la présentation théorique de la notion d’espace social.

Aujourd’hui, il est primordial de parler aux personnes pour qui on crée un espace, dans un langage qu’elles comprennent, qu’à travers la dimension spatiale, il est proposé une disposition :

“L’espace est d’abord et avant tout une construction sociale” La production de l’espace – Henri Lefebvre

Dans le cadre d’un design d’espace dédié à la stimulation de l’intelligence collective, au codesign, apparaît essentiel qu’une partie du lieu, de l’espace ne soit pas programmée. Cette absence de programmation, de sur-design laisse alors place à l’appropriation du lieu par les individus. Car on ne pré-détermine pas ce qu’est un lieu avant que les individus en prennent possession, se l’approprient.

Sébastien cite Michel Lussault : “Il faut voir l’espace comme un agencement spatial des réalités sociales”

L’agencement, la construction d’un espace suppose alors une compréhension amont de la société pour laquelle il est pensé, designé. Cela dit l’importance de l’espace dans la démarche de codesign. L’espace, l’environnement influence les liens qui peuvent se créer entre les individus.

Sébastien nous parle de notre société et de sa transformation : nous sommes entrés aujourd’hui dans l’ère du collaboratif, notre économie aussi, nous sommes à la fois consommateur ET créateur. Il n’y a plus de frontière entre le pro et le perso et de cette mutation de notre société  découle aussi l’accroissement du besoin de chacun de s’approprier le lieu dans lequel il évolue (personnalisation de son espace de travail, habitudes de placement dans une salle de réunion, actions rituelles…).

Au même titre que la créativité ne peut naître qu’à certaines conditions : l’imagination doit être stimulée, l’esprit doit se sentir libre, l’individu à l’aise dans son environnement.

Alors, que doit-on rechercher dans la conception d’un lieu dédié à la naissance de nouvelles idées, à l’innovation?

Pour rendre une démarche d’innovation possible, il est nécessaire d’accepter qu’elle ne peut pas se faire en intra, l’internalisation ne fonctionne généralement pas : il faut créer une bulle ouverte dédiée à l’innovation. Ce lieu permettra de monter des prototypes, expérimenter, tenter, tester, itérer… Donner à voir, rendre matériel cette quête de nouveauté, d’innovation. Rendre possible la rencontre et l’union des forces, idées et créativité de chacun.

L’erreur serait de sur-designer, car à trop vouloir prévoir, organiser, anticiper, nous serions alors contre-productifs. Tout réside dans la juste mesure, le juste milieu. Le lieu se crée et s’invente au fur et à mesure, il se co-crée par les utilisateurs qui se l’approprient, le font évoluer, le transforment. Il doit pour cela rester accessible, ouvert : chacun doit pouvoir s’y retrouver.

Un lieu d’innovation, d’intelligence collective doit conjuguer trois dimensions :

 

Alors, quelle programmation peut-on en faire ? Quelle liberté y laisser ?

Julie Credou nous parle de son expérience de chercheuse et prend l’exemple du lieu de rencontres informelles de l’ENS Cachan. Ce lieu, hors cadre et pourtant installé au cœur de l’institution a permis à bon nombre d’étudiants chercheurs d’échanger et avancer dans leurs travaux, en partageant une bière (voire plusieurs), un instant, une conversation.

Pour Julie, il est évident et précieux de laisser la place aux rencontres fortuites, à l’informel. C’est la notion de sérendipité

 De ces lieux de rencontres et moments de déconnexion naissent de grandes idées, des réponses à des questionnements, des tests d’hypothèses. Ces instants permettent la célébration de chaque étape d’un projet mais aussi le partage sans cadre, sans peur du jugement de l’autre, sans bride pour l’imagination; grâce à ces lieux d’ancrage identifiés comme des lieux de confiance. Les moments rituels, informels font que les échanges brassent, les idées émergent. Les bienfaits de la spontanéité sont à préserver et demandent de l’ouverture, de l’empathie, de la bienveillance.

Convivialité, bienveillance, liberté, autant de notions auxquelles les pouvoirs décideurs doivent être attentifs et ouverts.

Car dans l’entreprise, comme dans un lieu de recherche, la démarche d’innovation appelle de la structure, de l’exigence. Et plus c’est structuré, plus il faut des moments rituels. Plus c’est exigeant, plus la pression est forte et plus le besoin de relâche est grand. Plus c’est important, plus on a besoin de feedbacks et de confronter les idées.

Pour l’entreprise, créer un lieu d’innovation, c’est créer un lieu porteur de sens.

Comment créer de l’adhésion autour d’un projet ? Il faut lui donner une intention.

Les impératifs pour que cela fonctionne :

1/ le projet soit rattaché assez haut dans l’organisation hiérarchique, aux décideurs. il faut un sponsor à haut niveau et un ancrage dans la réalité du terrain.

2/ ne pas laisser cet espace devenir un jouet, une posture, un outil de vitrine, de communication. Ce lieu a pour objectif de créer de la valeur ajoutée. Au sein de l’entreprise, le lab a pour objectif de matérialiser et donner à voir : il ne peut être seulement vitrine de la volonté d’innover. Afin d’éviter cet écueil, la définition et la méthode de sélection des projets est à penser en amont, dans la phase même de codesign de l’espace. Car l’espace ne devient lieu d’innovation qu’à partir du moment où il s’y passe quelque chose. Et cela réside avant tout dans le lâcher-prise du sponsor stratégique, dans son acceptation de l’idée que ce lieu doit fonctionner en dehors des normes de l’entreprise.

Le lieu doit être polyvalent dans ses usages (temps de travail collaboratif, temps de pause, temps de tests, prototypages…) cela s’accompagne d’un réseau d’acteurs capables d’en tirer parti et d’une équipe en capacité de le faire vivre.

Un lieu d’innovation a donc besoin d’un agencement, de fonctions et d’activités définies, d’une gouvernance et d’une équipe dédiée.

Les rôles “casquettes” d’une équipe Lab

Arrive alors le moment de problématiser. Le sujet : le lab, lieu de stimulation de l’intelligence collective. Lieu de proposition et d’émergence de projets. Lieu de recherches, de tests, d’apprentissages et d’échanges. Lieu des possibles : outils de prototypage, modularité, aspect ludique.

L’espace doit alors offrir à l’utilisateur toute l’autonomie nécessaire à sa créativité.

Un lieu d’intelligence collective, d’innovation collaborative est fondé sur l’initiative des acteurs et l’autonomie de leur travail.

Nous avons été invité à problématiser et réfléchir à des hypothèses pour la création d’un lab d’innovation au sein d’un grand groupe en nous basant sur le vantage points model.Nous avons donc travaillé par groupe sur des dimensions différentes. Certains se sont intéressés à l’ancrage stratégique, au programme d’activités, à l’aménagement du lieu et enfin au prototypage des activités. Chaque dimension est interdépendante des autres et nous avons tous pourtant réussi à réfléchir et proposer des solutions.

De cette séance de travail en groupe, il se dégage deux grandes conclusions :

  • le prototypage est un outil formidable pour matérialiser, accélérer la productivité, expérimenter de manière très rapide
  • il est important d’aborder tous les plans d’un projet de manière systémique et itérative

Ce que je retiens de cette session :

1/ notion de l’importance du sponsorship
2/ rôles de l’équipe et importance d’intégrer toutes ces dimensions dès le départ
3/ l’adhésion passe par un projet porteur de sens : ne jamais oublier le « pourquoi »
4/ la liberté passe par l’appropriation personnelle du lieu
5/ sur-designer est contre-productif
6/ les temps de pauses, l’informel stimulent aussi la créativité, la naissance d’idées car ils sont des temps de partage et d’échange précieux
7/ Importance d’aborder un projet de manière systémique

Pour aller plus loin :

http://laviemanifeste.com/wp-content/uploads/2007/09/michel_lussault.mp3 : interview de Michel Lussault

Bourdieu Pierre. Espace social et genèse des « classes ». In: Actes de la recherche en sciences sociales. Vol. 52-53, juin 1984. Le travail politique. pp. 3-14; doi : 10.3406/arss.1984.3327

http://www.persee.fr/doc/arss_0335-5322_1984_num_52_1_3327

Lauriol Jacques, Perret Véronique, Tannery Franck, « Stratégies, espaces et territoires. Une introduction sous un prisme géographique », Revue française de gestion, 2008/4 (n° 184), p. 91-103. DOI : 10.3166/rfg.184.91-103.

URL : http://www.cairn.info/revue-francaise-de-gestion-2008-4-page-91.htm

La production de l’espace – Henri Lefebvre

Recherche et convivialité (Apérologie) – Office et Culture – Julie Credou


Restitution proposée Claire Lalanne, participante du Diplôme Universitaire Codesign.

Merci à Sébastien Rocq et Julie Credou pour leur intervention !

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Quelle société apprenante voulons-nous ? http://codesign-it-ventures.fr/2017/11/29/quelle-societe-apprenante-voulons-nous/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=quelle-societe-apprenante-voulons-nous http://codesign-it-ventures.fr/2017/11/29/quelle-societe-apprenante-voulons-nous/#respond Wed, 29 Nov 2017 14:13:50 +0000 http://codesign-it.com/?p=1365 [...]]]> Nous accueillons Amodsen Chotia du CRI (Centre de Recherches Interdisciplinaires) sur un sujet passionnant : les enjeux liés à la société apprenante. Amodsen CHOTIA, biologiste et physicien, est chercheur en innovation pédagogique dans le champ des Sciences du vivant au CRI.

I – QU’EST-CE QUE LE CRI ?

L’ambition du CRI est de créer de la valeur autour de l’interdisciplinarité. Il accompagne et impulse de nouvelles idées au bénéfice des différents acteurs de l’éducation : les rectorats, enseignants, chercheurs, chefs d’établissements, et surtout les apprenants ! Il organise des rencontres pluridisciplinaires afin que chaque spécialiste puisse réinterroger sa propre discipline avec une perspective nouvelle enrichie par l’interdisciplinarité. Discipline > Pluridisciplinarité > Interdisciplinarité

Le CRI  est un hub. Un lieu physique de rencontres, hébergeant de petites équipes de recherche pour faire progresser l’éducation, offrant des espaces de prototypage, prolongé par un écosystème numérique pour apprendre et partager. La coopération à toutes les échelles est clé dans l’apprentissage.

Les étudiants du CRI sont immergés dans ce hub, et y réalisent des boucles d’apprentissage.
Exemple de boucle d’apprentissage dans le champ des sciences du vivant :

Observer > Questionner > Prototyper > Apprendre en faisant ou Apprendre en jouant > Essai/erreur.

Les chercheurs stimulent ces boucles d’apprentissage par leur posture de mentors bienveillants. Les interactions et itérations sont permanentes et croisées entre étudiants, entre chercheurs, et entre étudiants et chercheurs. La pédagogie inversée est créatrice de valeur par rapport à la classique pédagogie descendante, ce sont les étudiants qui ont l’initiative des questions adressées aux chercheurs qui les stimulent et les accompagnent.

Ce dispositif pourrait-il s’appliquer à d’autres lieux de formation ? À l’école élémentaire ? Aux masters ? Aux écoles doctorales ? A la formation continue et à la société toute entière ?

Son rayonnement repose sur la diffusion de recommandations pour des structures éducatives apprenantes.Le CRI a notamment formulé des propositions pour des universités apprenantes :

Son enjeu est d’adapter le système scolaire aux évolutions sociétales en cours . « Le système scolaire est une étape importante dans le processus de socialisation. Il détermine la vision du monde de chacun, sa manière de penser, de se comporter. »

Nous faisons toutes les deux le constat que le fonctionnement de la plupart des organisations tant privées que publiques procède aujourd’hui de celui vertical de l’école de la République. Au sommet de la hiérarchie les anciens bons élèves, en bas les moins bons. Les processus de décision sont verticaux et descendants, on se réfère à des cadres et modèles éprouvés peu propices à l’expérimentation, aux itérations répétées et à l’innovation requises pour s’adapter aux évolutions sociétales. Le droit à l’erreur n’existe pas.

Au terme de cette présentation du CRI, nous formulons l’hypothèse que la transformation du système éducatif peut être une réponse aux grands enjeux de transition.

II – POURQUOI ET COMMENT TRANSFORMER LE SYSTÈME ÉDUCATIF POUR RÉPONDRE AUX DÉFIS DE LA TRANSITION ?

Notre société toute entière doit devenir apprenante afin de faire face à des transformations majeures. L’enjeu est créer un système éducatif construisant la confiance de ceux qui demain vont vivre un nouveau monde qu’on ne peut leur décrire.

Sir Ken Robinson a produit il y a 6 ans une analyse fine des origines et des limites du modèle éducatif actuel. Il est le produit du cartésianisme des Lumières conjugué aux enjeux économiques de l’ère industrielle. Il opère une sélection entre les individus capables d’adopter un raisonnement linéaire dit académique et les autres, relégués au bas de l’échelle sociale. La collaboration, essentielle au processus d’apprentissage, y est proscrite : c’est de la triche. En exigeant des enfants une attention exclusive à des programmes académiques, au détriment de leur sensibilité et de leurs autres aptitudes, il tarit leur capacité à adopter une pensée divergente. Celle-ci diffère de la créativité. La créativité est un processus permettant l’émergence d’idées originales ayant de la valeur. La pensée divergente, compétence nécessaire à la créativité, est l’aptitude à identifier de multiples réponses à une question, de multiples interprétations possibles de celle-ci, à penser latéralement, pas seulement de manière linéaire ou convergente. Une étude a montré que 98 % des enfants détiennent cette aptitude à un niveau extrêmement élevé, et qu’elle se détériore profondément au fil des années de scolarisation, aux termes desquelles on considère qu’une personne est « éduquée », c’est à dire « formatée ».

Quelles sont les alternatives ? Comment changer de paradigme en matière d’éducation ?

Voici quelques Ted Talks de Ken Robinson pour y voir plus clair :

Changer les paradigmes de l’éducation
L’école tue la créativité
Comment échapper à la vallée de la mort de l’éducation
Déclencher la révolution

Nous avons choisi de rapporter ici sous un angle très subjectif ce que nous retenons de cette intervention pour notre parcours personnel. Nous travaillons dans le champ du développement des compétences et de la transformation RH dans des organisations de service public et sommes toutes deux mères de famille, portant un regard attentif et souvent critique sur l’école de nos enfants.

C’est avec ce prisme que nous avons choisi et collecté les réflexions et propositions des différents groupes, les plus fécondes, à notre sens, pour répondre à ce défi. Cet inventaire constitue l’ébauche d’une boite à outils à expérimenter, s’approprier, enrichir.

Apprendre pour saisir le présent et appréhender l’avenir

Via la formation initiale, on apprend surtout le passé : les programmes de l’élémentaire au Bac portent sur l’étude du passé, de la préhistoire au 21ème siècle. Ceci contribue mais ne suffit pas à éclairer le présent, ni surtout à y repérer les signaux faibles de l’avenir afin de s’y préparer et surtout de le construire. Il faudrait enseigner la prospective inventée par Gaston Berger, industriel et philosophe, ancien résistant devenu directeur général de l’enseignement supérieur au ministère de l’éducation nationale de 1953 à 1960. Celle-ci permet à tous de construire le présent en fonction de l’avenir que nous souhaitons. Gaston Berger nous incite à «voir loin, large» (pour dépasser les vues étroites des spécialistes), à «prendre des risques» (la prospective permet une liberté que n’autorise ni le court terme ni l’urgence), et de «penser à l’homme».

«(L’avenir sera) alors ce que nous aurons voulu qu’il fût» car «regarder un atome le change, regarder un homme le transforme, regarder l’avenir le bouleverse ».

Libérer l’école et les apprenants 

Parallèlement à la création de l’école laïque et obligatoire, on a créé des corps enseignants et une science, les sciences de l’éducation, qui ont comme confisqué la fonction enseignante. A tel point que les parents qui aujourd’hui décident de prendre en charge l’éducation de leurs enfants parlent de « faire l’école à la maison »… Il nous paraît important de reconnaître à la société dans toutes ses composantes son aptitude à former. L’école ne doit plus être un lieu unique (l’école ou l’université) pour un ou deux temps (formation initiale puis professionnelle) mais partout, dans la société ouverte et toute la vie.

De la même façon, le statut d’apprenant est plus souvent associé à la nécessité de combler un déficit de connaissances qu’à un processus naturel d’adaptation au présent et de préparation de l’avenir.

Faut-il s’affranchir des modèles existants ?

Si les cadres et les modèles sont utiles, rassurants, ils ne facilitent pas l’émergence d’une culture et de postures d’ouverture, de curiosité, de créativité, d’innovation, encore moins la prise de risque, l’audace, les logiques d’essai/erreur. Se référer à des modèles expose au risque de reproduire des schémas de pensée et d’action inadaptés aux besoins actuels. Une fois les modèles intégrés, maîtrisés, l’enjeu est de s’en affranchir. Et d’insuffler très tôt des logiques d’observation, de questionnement, de test, et d’itération, dans lesquelles l’erreur est reconnue comme une étape de l’apprentissage.

C’est bien le schéma de l’expérimentation que nous avons à mener dans le cadre du DU : observer un contexte, le questionner, poser des hypothèses (ou tout du moins une) pour tenter de résoudre une problématique, réaliser des tests et observer ce que cela produit…

Hybrider les formats pour passer de l’école pour TOUS à l’école pour CHACUN

L’enjeu de l’éducation, c’est que chacun, quelles que soient ses aptitudes, puisse se construire, faire grandir sa confiance en lui et être reconnu comme individu. Des parcours personnalisés prenant en compte les projets et talents de chacun permettraient de recontacter l’envie innée d’apprendre, alimentée par le sens que chacun verrait à la réalisation de son futur souhaité.

Nous préconisons une école dynamique sachant s’adapter à chacun et encourageant une posture apprenante, audacieuse et agile, tout au long de la vie. Elle ne rejetterait pas en bloc le système classique au profit de systèmes alternatifs mais concilierait le meilleur des deux mondes en recommandant des méthodes, parcours, contenus, personnalisés, adaptés aux besoins, profils et potentiels de chacun (enfants/adultes).

Dans ces systèmes hybrides, protéiformes, chacun pourrait se positionner sur les différents curseurs et les faire évoluer, pour bénéficier de la meilleure trajectoire … pour lui-même !

Exemples de curseurs :
– Lieux ouverts type FabLab vs lieux fermés type salle de classe
– Parcours unique vs parcours séquentiel, itératif et personnalisé choisi par l’apprenant
– Apprentissage collectifs vs individuel
– Théorique vs pratique
Facilitateurs bienveillants proposant des ressources inspirantes vs enseignants
– Posture passive vs posture apprenante, audacieuse et participative

Nous nous laisserions bien tenter par un système en mode PARKOUR !

Cohabiter avec les Intelligences Artificielles : un défi pour la société apprenante ?

La cohabitation entre les humains et les Intelligences Artificielles (IA) représente elle aussi un défi pour la société apprenante. Comment collaborer, co-apprendre ? Peut-on concevoir des démarches collaboratives entre intelligences humaines et intelligences artificielles ? Une pédagogie inversée augmentée ? Une forme de trans-pédagogie ? Voici un nouveau défi à relever pour les équipes du CRI et le collectif Codesign-it !

Certains se sont prêtés au jeu en proposant de nouveaux blocs thématiques pour enrichir nos connaissances :

– technique (interface, augmentation, making, 3 lois de la robotique, algorithme),
– intelligence du futur (veille, langage, art, etc.),
– relation (rapports aux émotions, à la sexualité, à l’éthique, à la psychologie, à l’éducation citoyenne, affranchissement des genres, transhumanisme),
– organisation (management inter-intelligence, nouvelle place du travail dans la société, création d’un job de CRO (Chief Robot Officer) ?

III – CE QUE NOUS RETENONS

Cette plongée au cœur d’un sujet central pour nos sociétés ne nous laisse pas indemnes ! Comment faire pour que d’autres s’emparent du sujet ? Comment essaimer, polliniser, partager les réflexions  via des canaux variés qui permettront à tous de prendre conscience des enjeux et des expérimentations menées dans une logique d’appropriation, de test et d’essaimage …

Hybrider et inclure pour accélérer la transformation ? Faire bouger les lignes collectivement en intégrant l’ensemble des parties prenantes nous semble être une clé. Pour cela, nous rêvons de faire tomber les frontières de la sphère éducative en invitant les entreprises à s’interroger, à contribuer, à s’engager à chacun des niveaux, bien au-delà des dispositifs existants (apprentissage, stage…), dans des rencontres et actions communes fertiles.

Nous rêvons d’un monde apprenant en mouvement permanent où chacun des membres de l’écosystème aurait la possibilité de jouer l’ensemble des rôles à tout moment pour stimuler sans cesse les boucles d’apprentissage : un jour « apprenant », la minute qui suit « producteur de contenus », le lendemain « diffuseur », puis « co-financeur », ou encore « facilitateur », etc.
Un monde où le vivant serait utilisé partout, tout le temps, pour apprendre à tout moment. Un monde où l’audace, la prise de risque, le droit à l’erreur seraient reconnus, encouragés et intégrés dès le plus jeune âge.

Un monde qui permettrait à chacun de développer tout au long de sa vie les compétences qui lui seraient utiles pour s’intégrer, évoluer, transformer, innover. Des compétences utiles pour lui mais aussi pour le collectif. Un monde où l’école n’existerait plus parce qu’il existerait des milliers d’espaces d’expériences et d’apprentissage tous différents.

Nous rêvons d’un monde qui offrirait aux générations futures la promesse de vivre une Aventure Apprenante tout au long de leur vie. Une aventure unique, une aventure qui ne serait pas linéaire, qui ne serait pas prédéterminée, une aventure hybride, personnalisée où chacun aurait la possible de n’emporter que le meilleur…pour lui-même, et au bénéfice de tous.

Pour aller plus loin : Synthèse du rapport Taddei sur la société apprenante 

 

Restitution proposée par Sarah Illien et Hélène Amoussou, participantes du Diplôme Universitaire Codesign.

Merci à Amodsen CHOTIA pour sa stimulation, Alain BIRIOTTI pour sa facilitation

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Dessinez-moi l’école de demain http://codesign-it-ventures.fr/2017/05/23/dessinez-moi-lecole-de-demain/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=dessinez-moi-lecole-de-demain http://codesign-it-ventures.fr/2017/05/23/dessinez-moi-lecole-de-demain/#respond Tue, 23 May 2017 07:04:38 +0000 http://codesign-it.com/?p=883 [...]]]> Pas de calage en amont entre Rémi Sabouraud, notre facilitateur, et François Taddei, notre « stimulateur », faute de temps. Cela a généré une situation assez inédite puisque le design de l’après-midi a été proposé spontanément par Quentin (participant du DU) et accepté par Rémi, peut-être un peu surpris voir amusé de se faire hacker le rôle de facilitateur, tiens c’est donc une éventualité quand le design n’est pas calé… à retenir.

Nous accueillons François Taddei chez lui… au CRI, Centre de Recherches Interdisciplinaires, créé en 2005, « agrégeant des dizaines d’actions innovantes en matière d’éducation ». François en est le cofondateur et directeur. « Ingénieur devenu généticien, il dirige une équipe Inserm à l’université Paris Descartes qui travaille sur l’ingénierie des systèmes et les dynamiques évolutives »… Tout un programme !

Il milite pour des approches interdisciplinaires (source Wikipedia) et plaide pour une révolution copernicienne qui transformerait un système éducatif engoncé dans le contrôle en « écosystème innovant ».

Centre de Recherches Interdisciplinaires ?

Le CRI a joué un rôle essentiel dans la création du DU Codesign, comme partenaire et incubateur.

Ce projet un peu fou à l’initiative de Codesign-it! et plus particulièrement de Greg Serikoff, a trouvé le soutien dont il avait besoin chez François Taddei : une co-création qui a débouché sur un diplôme universitaire dont le programme est organique, la pédagogie inversée, et le sujet inconnu pour la grande majorité de gens (à en croire les regards circonspects quand je prononce ce mot…), et que même les membres de Codesign-it! se risquent rarement à définir !

Le sujet du jour : Un service de R&D pour faire évoluer l’Éducation Nationale et la « formation tout au long de la vie » (FTLV), à quoi ça peut ressembler ? En effet, la ministre Najat Vallaud Belkacem a commandé à François Taddei un pré-rapport pour janvier… Nous sommes invités en toute simplicité à réfléchir à L’École de demain dans laquelle le collaboratif et l’innovation auraient toute leur place. (Depuis cette session, le rapport est sorti.)

Parmi les participants du DU, nous sommes plusieurs à être parents, plusieurs à être un peu désabusés ou agacés par le fonctionnement du système éducatif existant, donc évidemment pas du tout neutres face à ce sujet…

Nous sommes en novembre, le rapport sera rendu en mars, et les élections présidentielles sont en mai… à quoi cela va t-il servir ? Encore un rapport enterré à cause de l’agenda politique…les dés sont jetés, non ?

C’est peut être la première fois que nous pouvons ressentir l’état d’esprit de salariés, invités par leur entreprise à une session dite collaborative, une session traitant d’un sujet qui les concerne, qui les touche même, sur lequel ils ont déjà un avis potentiellement tranché, et pensent que la marge de manœuvre est faible…

Cette expérience m’a montré l’importance du contexte dans lequel se déroule une session, l’importance de poser toutes les questions en amont en tant que codesigner pour comprendre où l’on met les pieds,….

Prendre le pouls, et identifier le risque d’inertie d’une partie des participants parfois gavés d’initiatives sans lendemain où la phase « pendant » est plaisante mais « l’après » n’est pas au niveau des promesses.

Cette expérience m’a fait prendre la mesure de l’importance du casting du sponsor meeting (réunion de cadrage) en amont d’une session, et souligne l’intérêt d’y embarquer un « échantillon représentatif » de la population concernée par le sujet, histoire de prendre connaissance des points de vue en présence…

Car oui la plupart du temps, nous avons été habitués au fil des sessions à réfléchir à des sujets concrets générant des discussions avec un intervenant ayant toute latitude pour mettre en œuvre les idées et solutions qui ont émergé en session. Ici, la situation est bien plus complexe.

Voici nos 4 pistes de problématisation et les tentatives de réponses :

1/Comment rendre plus simple, intelligible le concept de l’apprentissage ?

En passant du cerveau, seul détenteur du savoir à un apprentissage plus holistique avec nos 3 cerveaux : cerveau/cœur/ventre

2/ Quelle plateforme/méthodologie collaborative en recherche ?

  • Une plateforme qui mixe plusieurs acteurs : enseignants, chercheurs, parents, mentors, apprenants.
  • Une plateforme qui rayonne à la fois aux niveaux national, régional, et local : qui crée pour chacun un espace personnel, un suivi complet de sa formation et sa carrière, qui apporte des connaissances.
  • Une plateforme s’appuyant sur une étape en présentiel : le CLUB : la clef du Savoir : un chapiteau itinérant pour discuter de ce R&D.

3/ Comment les parties prenantes s’emparent du sujet ? Deviennent acteurs ?

  • Prévoir des jeux de rôles, du théâtre de forum
  • Du photo-langage
  • Avoir une approche kinesthésie, corps, 3D
  • Rédiger un recueil de bonnes pratiques
  • Intégrer des temps d’observation, questionner la façon d’apprendre.

4/ Comment générer une critique constructive sur le sujet ?

  • En préambule, il s’agit de regarder l’école comme une formation professionnelle : les enfants sont des adultes et les adultes sont des enfants.
  • Solliciter une pluralité de points de vue : les parents, les profs, le Ministère, les neuro-scientifiques, les pédagogues ..
  • La méthode serait inspirée de la critique scientifique : Observation / effet / proposition/ expérimentation.
  • Une des étapes serait un partage d’expériences d’apprentissage et transmissions marquantes de la part des parents et des enfants : « je me souviendrai toujours du jour où… »

Et en vrac :

  • Privilégier la critique avec humour : sketch sur les 5C de l’Éducation nationale aujourd’hui (C’est Con mais C’est Comme Ça)
  • Les Learning Expeditions des enfants dans d’autres écoles, dans des formations d’adultes, avec rapport d’étonnement.
  • Créer des passerelles entre les professeurs des écoles, les formateurs en entreprise et le citoyen, pour apprendre à apprendre.

Un grand merci à François Taddei du CRI pour son intervention. Merci également à Rémi Sabouraud pour sa graine de folie qui ouvre le champ des possibles de manière exponentielle !

Restitution proposée par Carine Garet Ramé, participante du Diplôme Universitaire Codesign.

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A la recherche du problème perdu… http://codesign-it-ventures.fr/2017/03/18/a-la-recherche-du-probleme-perdu/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=a-la-recherche-du-probleme-perdu http://codesign-it-ventures.fr/2017/03/18/a-la-recherche-du-probleme-perdu/#respond Sat, 18 Mar 2017 14:15:52 +0000 http://codesign-it.com/?p=762 [...]]]> entonnoir

Nous avons la solution, quelle est le problème ?

En élaborant des solutions, nous restons parfois suspendus à se demander : au fait, quel était le problème à résoudre, où va-t-on, à quelle question répond-t-on ? Ou pas. Difficile parfois de concilier le temps de la question et du faire.

A chaque session du D.U.Codesign, nous parcourons l’étape de problématisation du cycle de pédagogie inversée (PI). Fort heureusement. Une sorte d’hygiène que je trouve salutaire pour des pratiques d’innovation collaborative qui cherchent et donnent sens.

Lorsque j’ai perçu l’attention particulière portée à la problématisation lors de cette session fin janvier avec Ange Ansour, intervenue pour parler des Savanturiers, je n’ai pas hésité à me saisir de cette publication. Pas de hasard que ce sujet émerge alors, je constatais une forme de récursivité en reprenant la définition des Savanturiers : « Nous sommes tous nés chercheurs, donc curieux et avides de comprendre et d’agir. Les Savanturiers œuvrent pour une école ambitieuse qui formerait tous les élèves à la créativité du questionnement, à la rigueur de la recherche et à la coopération au service de l’intérêt commun. Nous nous engageons pour former des citoyens humanistes et acteurs d’une société juste de la production et du partage des savoirs. »

Une mise en péril dansante

Ange Ansour nous permet d’aborder la complexité des Savanturiers, et met en avant le problème d’une croissance incontrôlée, avec de fortes demandes de croissance supplémentaire. Elle nous suggère un challenge : comment répondre à la demande de croissance, tout en restant un dispositif complémentaire de l’école, sachant que l’action n’a jamais été structurée ?

Nous pouvons nous emparer de cette question, ou bien en chercher une autre. Ces questions doivent nous importer personnellement dans tous les cas.

Ma recherche de question commence avec deux autres participants, Emmanuelle et Martin. Nous avons tendance à énoncer des réponses plus que des questions, pour ensuite mettre en évidence la question sous-jacente. La problématisation me fait penser ainsi au jeu du Jeopardy. Je cherche la traduction française : « mettre en péril ». Je perçois bien cela comme une excursion risquée dans les abîmes de la réflexivité. Pour s’y aventurer, la nécessité de rester connecté à notre réalité, s’abandonner au présent. Une attention fine pour porter une question qui apporte de la détermination, échappe à une pente passive du « business as usual ».

Nous nous arrêtons sur la définition des termes que nous employons. Besoin d’un temps d’incorporation. Se relier. Acquérir un language commun. Chacun doit rester dans la danse. Prendre le temps d’expliciter son propos, relié à ce qui l’anime.

Nous reprenons contact avec la réalité du projet, avec Ange Ansour, pour clarifier ce que nous avons pu comprendre différemment, et assurer nos pas.

Après une série de questions, nous itérons, je trouve maintenant mes questions précédentes un peu fade. Comme si après le temps de nous accorder, en phase avec le sujet, il était possible d’aller donner plus de relief à ce que nous faisons.

Les questions émergentes et la rencontre

Nous traversons beaucoup de questions et finissons par celle de la nécessité de passer à un autre stade développement, de réaliser une métamorphose.

Notre problématisation...

Notre problématisation…

Vient le moment le plus intense, je trouve, la rencontre entre ce que nous avons pu faire grandir en nous et communiquer, et ce qui est capté par l’interlocuteur qui porte le sujet.

Ce que je trouve magnifique, c’est la possibilité de venir réveiller quelque chose chez l’autre, l’écho crée, et le mouvement généré.

En l’occurrence, Ange Ansour est interpellée par la question de la métamorphose, qui vient, selon elle, cristalliser quelque chose qui était présent mais pas formulé ainsi. Elle ira même plus loin en identifiant ce qui permettrait de se métamorphoser, posant une nouvelle question, celle de la nécessité de réaliser un deuil.

Problématiser =  un entonnoir + un maker

Une meta-discussion sur la problématisation agrémente nos diverses restitutions.

Greg Serikoff, responsable de l’équipe pédagogique du D.U. Codesign, pointe certains risques de la problématisation. Celui de l’évitement : ne pas qualifier un problème, en recherchant l’ouverture par peur de limiter le problème. La problématisation risque aussi de renvoyer des questions en permanence, consistant à fuir des problèmes car on ne voit pas la solution.

Un problème bien qualifié permet de l’attaquer vite, insiste Greg Serikoff. Il est important notamment de formuler nos phrases en entier. Ange Ansour nous interpelle également à plusieurs reprises avec précision sur la définition des termes que nous employons. Elle fait le parallèle avec la démarche scientifique, où la difficulté consiste à apprendre à renoncer à des données non exploitables. De la difficulté à faire entonnoir.

Cette démarche est également dans la philosophie des makers, renchéri Greg Serikoff. En tant que maker, parmi la vastitude des choix accessibles, en fonction des forces dont je dispose, je dois faire des choix et des renoncements rapides, se rendre compte qu’un problème n’en est pas un. Une philosophie qui permet des boucles rapides, la fragmentation  d’une question.

Plusieurs façons d’isoler les questions de la problématique

Ange Ansour élargit notre regard en mentionnant trois façons d’isoler les questions de la problématique, en vue : d’une solution ; de dévoiler un mécanisme ; ou d’isoler un facteur.

 

3-chats

réel, avec l’idée, les invariants
mécanique, comme le fera un ingénieur, utile pour un objet complexe à structurer
perceptif, très employé en politique ou en marketing…

 

 

 

Cet échange a été inspiré par le modèle des 3 chats de Matt et Gail Taylor.

L’intérêt étant de passer d’un chat à l’autre pour examiner la question, ce que j’ai voulu mettre en pratique au travers de cette restitution. Comme l’indiqua Ange Ansour, l’essentiel dans les pédagogie innovantes est la mise en pratique des savoirs.

J’aime bien l’idée d’utiliser un modèle pour s’accorder sur la façon de voir une situation, prenant ainsi différents angles, permettant à chacun de s’y retrouver selon ses préférences, et de se mettre à la place d’autrui, en empathie. Il faut bien un biais d’entrée, autant l’expliciter pour faciliter le travail collaboratif.

Greg Serikoff remarque que nous avions plus de naturel dans la problématisation.
Je me demande pour ma part, certes, comment je pourrai encore progresser avec naturel, et aussi comment je pourrai faciliter la qualification de bonnes questions dans des entités peu structurées similaires à celle des Savanturiers, et avec des personnes qui n’ont pas forcément cette pratique, culture, et disponibilité à priori….

Merci à Emmanuelle Faure et Martin Boudier  !

Merci à Ange Ansour pour son intervention !

Restitution proposée par Sarah Fortin, participant du Diplôme Universitaire Codesign

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Apprendre à apprendre ? http://codesign-it-ventures.fr/2016/08/19/apprendre-a-apprendre/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=apprendre-a-apprendre http://codesign-it-ventures.fr/2016/08/19/apprendre-a-apprendre/#respond Fri, 19 Aug 2016 14:26:03 +0000 http://codesign-it.com/?p=594 [...]]]> Qu’est ce que cela veut dire ? Pourquoi est-ce important ? Et comment transformer notre système éducatif et nos organisations pour relever ce défi ?

 

app

 

Léa Douhard, du CRI (centre de recherche interdisciplinaire), est venue nous inspirer à l’AZAP de la Française des Jeux, sur un sujet qui nous concerne toutes et tous :

Apprendre à apprendre, définie comme la compétence à maîtriser au 21ème siècle.

 

Pourquoi est-ce important d’apprendre à apprendre ?

Car nous sommes dans un monde qui vit certainement sa révolution la plus majeure : la révolution du numérique, qui vient bouleverser tous nos modèles (économiques, sociaux…).

Le secteur de l’emploi s’en trouve en pleine mutation. Certaines études avancent les chiffres suivants :

  • 65 % des écoliers d’aujourd’hui pratiqueront, une fois diplômés, des métiers qui n’ont même pas encore été inventés (infographie du cabinet Wagepoint en 2013, rapportée par Manpowergroup)
  • La génération Y changera en moyenne 15 à 20 fois de travail dans sa vie professionnelle (étude du Future Workspace)
  • D’ici 15 à 20 ans, 50% des emplois auront disparu (étude Fast Forward 2030: The Future of Work and the Workplace par le cabinet CBRE), notamment avec le développement de l’intelligence artificielle

Or, nous restons, notamment en France, dans un système où l’hyperspécialisation de la formation reste la norme -alors que son contenu risque d’être obsolète à la fin du cursus universitaire-, ce qui fait que nous sommes dépassés par cette mutation accélérée.

Par ailleurs, notre société semble avoir du mal à changer de paradigme et à apporter des solutions nouvelles face à la révolution numérique qu’elle subit.

Léa illustre ce propos en citant Bernard Stiegler (dans son livre la société automatique) : la gouvernance algorithmique « anticipe nos faits et gestes et automatise nos attentes ». Par exemple, les réseaux sociaux nous proposent des contenus proches de ce que nous lisons déjà et nous conforte ainsi dans nos positions, nous empêchant ainsi de changer de point de vue. L’infobésité accentue cet effet du big data.

Bernard Stiegler indique sur le sujet de l’emploi que le chômage tel qu’on le connaît aujourd’hui va disparaître car le salariat tel qu’on le connaît aujourd’hui va également disparaître.

 

Sommes-nous capables, dans un cadre de standardisation et d’appauvrissement de nos connaissances, d’aborder ces changements de paradigmes ? Sommes-nous capables d’aborder la connaissance non comme une finalité mais comme un continuum ?

Léa nous cite Geoff Mulgan, qui dit qu’il existe 3 niveaux d’intelligence :

  • Apprendre à résoudre des problèmes existants (à l’école par ex.)
  • Apprendre à résoudre des nouveaux problèmes (grâce à l’open data, big data…)
  • Apprendre à définir et à résoudre des nouveaux problèmes

Sur les 2 premiers points, la France reste en recul, avec son système éducatif très descendant. Elle n’a pas non plus su prendre sa part dans la géopolitique de la connaissance, en mettant par exemple en avant ses contenus. A titre d’exemple, sur la plateforme de cours en ligne Coursera, 48% des contenus sont créés par des universités américaines alors que 73% des apprenants actifs sont étrangers (les 5 premiers étant issus de Chine, Inde, Brésil, Corée du Sud et France).

Sur le troisième point, réside, selon Léa, le défi à relever pour nos sociétés, là où tous les acteurs ont encore leurs cartes à jouer.

 

Comment relever ce défi ? Ou comment préparer les générations en apprentissage à relever ce défi ?

Léa nous propose 6 scénarios d’approches innovantes d’apprentissage :

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Réalité virtuelle : un moyen intéressant pour nous immerger dans des mondes qu’on ne pourrait pas appréhender autrement et de travailler notamment sur notre empathie. 2 exemples cités : Clouds Over Sidra et The Enemy.

Gamification : ou l’apprentissage par le jeu, un moyen d’apprentissage par l’expérience plutôt que par la théorie. 2 exemples cités : Mon collège avec Minetest et Papers, please.

Ouvrir l’université : le conseil national du numérique (CNN) dans son avis rendu en mai 2016 au secrétaire d’Etat chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche Thierry Mandon, affirme le rôle d’accélérateur de la transformation numérique de l’université.

5 « polarités de transformation » sont évoquées dans le référentiel établi : les lieux d’apprentissage (exemple cité par Léa de l’université américaine Minerva, créée en 2012, sans Campus, et qui propose à ses étudiants de vivre dans 7 villes différentes durant leurs 4 années d’études afin de favoriser l’apprentissage par l’expérience), les contenus pédagogiques et les données, les recherches en éducation, les services numériques et les modèles économiques (exemple cité par Léa de l’université américaine Berkeley, qui propose à tous ses diplômés de suivre des formations gratuites une fois par an, favorisant ainsi l’apprentissage tout au long de la vie).

Apprendre par la recherche : tous chercheurs ! Exemple cité : les savanturiers du CRI.

Fouille de données : ou data mining, consiste à explorer les données (par exemple les historiques de modification d’une page sur wikipédia), afin d’atteindre un niveau de connaissance ou de compréhension supérieur.

Adaptive learning : est le fait de concevoir des parcours d’apprentissage adaptés à différents profils en utilisant différents outils (big data, psychologie cognitive, neurosciences, intelligence artificielle…). Un levier pour lutter contre l’inégalité des chances. Exemple de plateforme en France : Domoscio.

 

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Après le temps de l’inspiration (un grand merci à Léa pour cet exposé !), est venu le moment pour nous d’identifier les problématiques associées à ce défi en France, dans nos écoles, dans nos organisations…

De nos réflexions passionnées et intenses sur ce sujet qui nous touche de près, est ressortie la nécessité de sortir des initiatives innovantes d’apprentissage locales vers un passage à l’échelle, de déconditionner l’ensemble des acteurs de l’écosystème, de préserver la richesse et la diversité des connaissances tout en apprenant à la gérer… Et la place du codesign dans tout cela ? Plein de pistes à explorer…

 

 

Quelques liens et références utiles évoqués en séance :

 

Merci à Léa Douhard (CRI)  pour son intervention !

Restitution proposée par Zeineb CHAABANE, participante du Diplôme Universitaire Codesign.

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