critique – Codesign-it! http://codesign-it-ventures.fr innovation collaborative Fri, 14 Sep 2018 06:27:18 +0000 fr-FR hourly 1 https://i2.wp.com/codesign-it-ventures.fr/wp-content/uploads/2015/08/Co_logo_small.png?fit=32%2C32 critique – Codesign-it! http://codesign-it-ventures.fr 32 32 110756974 Meta-modèles de transfo http://codesign-it-ventures.fr/2018/01/02/meta-modeles-de-transfo/ http://codesign-it-ventures.fr/2018/01/02/meta-modeles-de-transfo/#respond Tue, 02 Jan 2018 14:51:32 +0000 http://codesign-it.com/?p=1439 [...]]]>  

Samy Ellouze, qui intervient aujourd’hui, affecté par un évènement de vie récent, rebondit et met en perspective des modèles essentiels disant beaucoup de choses de ce qu’est vivre, créer, transformer, designer…

1) Modèle des « 3 cerveaux »

La TÊTE
Système nerveux -> C’est le siège de la raison qui nous fait imaginer le futur grâce à la mécanique de projection

Le CŒUR
Système sanguin -> C’est le siège des émotions qui nous expérimentons dans le présent grâce à la mécanique du ressenti

Le VENTRE
Système digestif -> C’est le siège de l’action qui nous ancre dans le passé grâce à une mécanique de répétition (de ce qui a marché)

La coordination de ces 3 cerveaux (donc des 3 dynamiques) va conditionner l’équilibre d’un individu.
Nous observons (en particulier dans notre monde occidental) que nous entrons parfois dans une forme de boucle d’insanité injonctive : pense/fait/pense/fait/pense/fait/pense/fait/pense/fait…

Cette insanité shunte les émotions et ressentis et peut nous éloigner de l’instant présent qui est pourtant « la seule vérité » (on ne vit que dans l’instant) et le siège de nos motivations intrinsèques. C’est aussi là que tend à se loger la relation à l’autre dans sa dimension émotionnelle.
Si on ne débranche pas la tête parfois, nous risquons d’échapper au présent de vie.

En simplifiant à l’extrême, nous pourrions mettre notre attention dans le « bon système », c’est à dire celui qui est adapté à notre intention :

– Lorsque je pense à l’avenir, je mets mon attention dans ma tête (réflexion),
– Lorsque je suis avec des amis, je mets mon attention sur mon cœur (ressenti)
– Lorsque je fais un repas, je mets mon attention sur mes expériences passées (action)

Des exemples (caricaturaux) de confusion :

– Si je « projette » au moment ou je fais… Je me mets la pression,
– Si j’« agis » au moment où je suis avec des amis… Je perds en qualité de présence,
– Si je « ressens » au moment où je pense à l’avenir… Je peux prendre peur.

2) Modèle du DFM

Il est aisé de superposer le modèle des 3 cerveaux sur 3 activités humaines primordiales : Décider, Faire, Mesurer (DFM) !

– DÉCIDER avec la TÊTE qui raisonne (fait des liens de cause à effet)
– FAIRE avec le VENTRE qui digère (qui domine la peur)
– MESURER avec le CŒUR qui ressent (positif ou négatif)

Il y a d’ailleurs une récursivité forte et des itérations permanentes entre ces 3 « balises » :
Je décide ce que je vais faire, je fais ce que j’ai décidé, je mesure avec mon ressenti si ce que j’ai fait est positif ou négatif (pour moi) ce qui me conduit à décider de la suite que je ferai et dont je mesurerai le résultat et ainsi de suite…

Finalement ces 3 activités constituent ce que « vivre » est !

Ainsi nous comprenons que la puissance d’un être humain réside dans son corps (Tête, Cœur, Ventre) et nous en déduisons l’impérieuse nécessité d’en prendre soin de façon équilibrée et spécifique. La superposition des 2 modèles nous aide à comprendre que parfois nous mélangeons les séquences (ex: trop d’émotion dans l’action, ou trop de rationnel dans la mesure,…) alors que nous bénéficierions de garder l’intégrité de chacune des séquences comme nous l’apprend par ailleurs le triangle de Disney.

3) Modèle du triangle de DISNEY

Ce modèle permettant de préserver la créativité dans les organisations (créé et utilisé par le créateur des célèbres studios) postule que la posture somatique de chaque séquence doit être préservée pour ne pas polluer son rôle/sa fonction dans le cycle de création/innovation.

1er rôle : L’émission d’idées
Posture : Le « RÊVEUR » (qui imagine le futur avec sa Tête)

2ème rôle : Le plan d’action
Posture : Le « RÉALISATEUR » (qui traduit les idées en plan d’action avec son Ventre)

3ème rôle : Le challenge (critique) du plan d’action
Posture : Le « CRITIQUE » (qui cherche ce qui ne va pas avec son Cœur)

Puisqu’il n’y a rien de plus traumatisant pour celui qui émet des idées nouvelles que la critique de ces idées, il sera nécessaire de protéger les personnes et/ou les posture et ce à chacune des phases du processus.

Disney avait lui-même créé des lieux spécifiques pour chacune des phases.

Nous mesurons la récursivité des 3 modèles intervenant chacun à un niveau logique différent mais « décrivant » la même chose.

 

4) Prolongement transversal de ces modèles : « Input => Transformation => Output »

« Vivre » en 3 étapes c’est aussi notre capacité de transformation du monde (écosystème) que cela ouvre.

L’école de Palo Alto nous enseigne que « nous ne pouvons pas ne pas communiquer » et bien il en va de même concernant l’action : « nous ne pouvons pas ne pas être acteur »

Et cela se démontre par la récurrence permanente du processus modélisé suivant :
Input => Transformation => Output

– Je reçois un « Input » provenant de l’extérieur
– Je le traite et le transforme (throughput) avec ce qui provient de l’intérieur (moi ou organisation)
– Je restitue un « Output » à l’extérieur

La nature de la transformation qui se produit se fait en fonction de/des objectifs de la personne ou de l’organisation.

5) Croisement des 2 modèles : DFM et IN-Transfo-OUT

Croiser les 2 modèles peut permettre d’initier toute mission de conseil de type « systémique » portant sur les flux, en effet, toute activité humaine collective pourrait être découpée et placée dans ce tableau d’analyse.

Avec le mode de raisonnement suivant :

Qui vous donne Quoi et vous donnez Quoi à Qui ?
Entre les 2 a lieu la transformation.
Ce que nous comprenons c’est que le Qui conditionnant le reste (le Quoi, le Comment, le Quand, etc…), il est important de mettre une focale sur cette dimension.

Ce type d’analyse nous amène a dédramatiser ce qu’est un problème, en effet vu sous l’angle des modèles croisés, vivre c’est avoir des problèmes et tenter de les résoudre.

Il y a au moins 2 types de problèmes :
– Les « normaux » qui se règlent
– Les « anormaux » qui reviennent (le système ne les règle pas de façon endogène)

C’est pour les problèmes « anormaux » que le Design peut apporter une approche solutionnante car le Design va tenir compte des acteurs et de la situation de façon élargie, de façon plus exhaustive (c’est là qu’il devient CO-design et tient compte de l’éCOsystème).
Pourquoi ? « Car c’est toujours la situation qui a raison », il n’y a pas de vérité extra-situationnelle, il n’y a pas de bons modèles mais des modèles qui révèlent des lectures de situations.

6) Conditions du design et d’utilisation de modèles pour atterrir

Modèles et Design (Codesign) ne peuvent offrir d’efficience qu’à certaines conditions liées à la situation :

– Une Intention Collective => Tout le monde souhaite-t-il la même chose ?
– Une Question/Problématique => Tout le monde comprend-il la même chose ?
– Un Garant de processus => Tout le monde est-il prêt à suivre le garant ?

Pour encore plus de puissance d’action il sera utile de connaître le niveau d’alignement des acteurs de l’organisation sur : « Vision » « Mission » « Buts » « Objectifs » « Tâches ».

Introduire des expériences (tripes et cœur) pour savoir où en sont les acteurs permettra une meilleure lucidité.
En effet, « on ne part pas d’ailleurs que de là où on est » !

Dans ce travail amont de défrichage lucide de la situation (avec l’intention de permettre un meilleur alignement), il est contre-intuitif de commencer avec les plus résistants, pourtant il y a beaucoup de bénéfices à interpeller ces grands résistants en premier :

. Ils sont les plus engagés
. Ils ne donnent aucun « bullshit »
. Ils ont une puissance de transformation incroyable

Ce voyage au pays des méta-modèles nous a déséquilibrés de nos postures bien trop sages et tranquilles (tellement rassurés que nous sommes par ce qui est « CONCRET »), il nous a permis de visiter la dimension verticale (micro/macro) de tout modèle et aussi la dimension horizontale de leur utilisation (« sur-optimiser un élément du système c’est pénaliser l’ensemble du système »).

 


Restitution proposée par GréGoire Gatbois, participant du Diplôme Universitaire Codesign.

Les circonstances troublées ont offert beaucoup d’humanité et de spiritualité à cette intervention. Bravo et merci Samy Ellouze !
Merci aussi à Alain Biriotti pour sa facilitation.

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Dessinez-moi l’école de demain http://codesign-it-ventures.fr/2017/05/23/dessinez-moi-lecole-de-demain/ http://codesign-it-ventures.fr/2017/05/23/dessinez-moi-lecole-de-demain/#respond Tue, 23 May 2017 07:04:38 +0000 http://codesign-it.com/?p=883 [...]]]> Pas de calage en amont entre Rémi Sabouraud, notre facilitateur, et François Taddei, notre « stimulateur », faute de temps. Cela a généré une situation assez inédite puisque le design de l’après-midi a été proposé spontanément par Quentin (participant du DU) et accepté par Rémi, peut-être un peu surpris voir amusé de se faire hacker le rôle de facilitateur, tiens c’est donc une éventualité quand le design n’est pas calé… à retenir.

Nous accueillons François Taddei chez lui… au CRI, Centre de Recherches Interdisciplinaires, créé en 2005, « agrégeant des dizaines d’actions innovantes en matière d’éducation ». François en est le cofondateur et directeur. « Ingénieur devenu généticien, il dirige une équipe Inserm à l’université Paris Descartes qui travaille sur l’ingénierie des systèmes et les dynamiques évolutives »… Tout un programme !

Il milite pour des approches interdisciplinaires (source Wikipedia) et plaide pour une révolution copernicienne qui transformerait un système éducatif engoncé dans le contrôle en « écosystème innovant ».

Centre de Recherches Interdisciplinaires ?

Le CRI a joué un rôle essentiel dans la création du DU Codesign, comme partenaire et incubateur.

Ce projet un peu fou à l’initiative de Codesign-it! et plus particulièrement de Greg Serikoff, a trouvé le soutien dont il avait besoin chez François Taddei : une co-création qui a débouché sur un diplôme universitaire dont le programme est organique, la pédagogie inversée, et le sujet inconnu pour la grande majorité de gens (à en croire les regards circonspects quand je prononce ce mot…), et que même les membres de Codesign-it! se risquent rarement à définir !

Le sujet du jour : Un service de R&D pour faire évoluer l’Éducation Nationale et la « formation tout au long de la vie » (FTLV), à quoi ça peut ressembler ? En effet, la ministre Najat Vallaud Belkacem a commandé à François Taddei un pré-rapport pour janvier… Nous sommes invités en toute simplicité à réfléchir à L’École de demain dans laquelle le collaboratif et l’innovation auraient toute leur place. (Depuis cette session, le rapport est sorti.)

Parmi les participants du DU, nous sommes plusieurs à être parents, plusieurs à être un peu désabusés ou agacés par le fonctionnement du système éducatif existant, donc évidemment pas du tout neutres face à ce sujet…

Nous sommes en novembre, le rapport sera rendu en mars, et les élections présidentielles sont en mai… à quoi cela va t-il servir ? Encore un rapport enterré à cause de l’agenda politique…les dés sont jetés, non ?

C’est peut être la première fois que nous pouvons ressentir l’état d’esprit de salariés, invités par leur entreprise à une session dite collaborative, une session traitant d’un sujet qui les concerne, qui les touche même, sur lequel ils ont déjà un avis potentiellement tranché, et pensent que la marge de manœuvre est faible…

Cette expérience m’a montré l’importance du contexte dans lequel se déroule une session, l’importance de poser toutes les questions en amont en tant que codesigner pour comprendre où l’on met les pieds,….

Prendre le pouls, et identifier le risque d’inertie d’une partie des participants parfois gavés d’initiatives sans lendemain où la phase « pendant » est plaisante mais « l’après » n’est pas au niveau des promesses.

Cette expérience m’a fait prendre la mesure de l’importance du casting du sponsor meeting (réunion de cadrage) en amont d’une session, et souligne l’intérêt d’y embarquer un « échantillon représentatif » de la population concernée par le sujet, histoire de prendre connaissance des points de vue en présence…

Car oui la plupart du temps, nous avons été habitués au fil des sessions à réfléchir à des sujets concrets générant des discussions avec un intervenant ayant toute latitude pour mettre en œuvre les idées et solutions qui ont émergé en session. Ici, la situation est bien plus complexe.

Voici nos 4 pistes de problématisation et les tentatives de réponses :

1/Comment rendre plus simple, intelligible le concept de l’apprentissage ?

En passant du cerveau, seul détenteur du savoir à un apprentissage plus holistique avec nos 3 cerveaux : cerveau/cœur/ventre

2/ Quelle plateforme/méthodologie collaborative en recherche ?

  • Une plateforme qui mixe plusieurs acteurs : enseignants, chercheurs, parents, mentors, apprenants.
  • Une plateforme qui rayonne à la fois aux niveaux national, régional, et local : qui crée pour chacun un espace personnel, un suivi complet de sa formation et sa carrière, qui apporte des connaissances.
  • Une plateforme s’appuyant sur une étape en présentiel : le CLUB : la clef du Savoir : un chapiteau itinérant pour discuter de ce R&D.

3/ Comment les parties prenantes s’emparent du sujet ? Deviennent acteurs ?

  • Prévoir des jeux de rôles, du théâtre de forum
  • Du photo-langage
  • Avoir une approche kinesthésie, corps, 3D
  • Rédiger un recueil de bonnes pratiques
  • Intégrer des temps d’observation, questionner la façon d’apprendre.

4/ Comment générer une critique constructive sur le sujet ?

  • En préambule, il s’agit de regarder l’école comme une formation professionnelle : les enfants sont des adultes et les adultes sont des enfants.
  • Solliciter une pluralité de points de vue : les parents, les profs, le Ministère, les neuro-scientifiques, les pédagogues ..
  • La méthode serait inspirée de la critique scientifique : Observation / effet / proposition/ expérimentation.
  • Une des étapes serait un partage d’expériences d’apprentissage et transmissions marquantes de la part des parents et des enfants : « je me souviendrai toujours du jour où… »

Et en vrac :

  • Privilégier la critique avec humour : sketch sur les 5C de l’Éducation nationale aujourd’hui (C’est Con mais C’est Comme Ça)
  • Les Learning Expeditions des enfants dans d’autres écoles, dans des formations d’adultes, avec rapport d’étonnement.
  • Créer des passerelles entre les professeurs des écoles, les formateurs en entreprise et le citoyen, pour apprendre à apprendre.

Un grand merci à François Taddei du CRI pour son intervention. Merci également à Rémi Sabouraud pour sa graine de folie qui ouvre le champ des possibles de manière exponentielle !

Restitution proposée par Carine Garet Ramé, participante du Diplôme Universitaire Codesign.

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