Publications DipCo – Codesign-it! http://codesign-it-ventures.fr innovation collaborative Tue, 15 May 2018 06:01:59 +0000 fr-FR hourly 1 https://i0.wp.com/codesign-it-ventures.fr/wp-content/uploads/2015/08/Co_logo_small.png?fit=32%2C32 Publications DipCo – Codesign-it! http://codesign-it-ventures.fr 32 32 110756974 Prêts pour un apprentissage récursif ? http://codesign-it-ventures.fr/2018/05/15/prets-pour-un-apprentissage-recursif/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=prets-pour-un-apprentissage-recursif http://codesign-it-ventures.fr/2018/05/15/prets-pour-un-apprentissage-recursif/#comments Tue, 15 May 2018 05:56:19 +0000 http://codesign-it.com/?p=1816 [...]]]> Que signifie apprendre aujourd’hui ? Comment se mettre en posture d’apprentissage ? Comment mieux appréhender le parcours de l’apprenant ?

Lors de l’embarquement de la session d’avril, première matinée des trois jours consacrée à une réflexion sur le D.U Codesign, les participants ont tenté de mieux comprendre les enjeux de la formation en expérimentant le prototypage du parcours de l’apprenant. Faire un pas de côté et mettre en perspective récursivité et pédagogie inversée, tels étaient les enseignements « mis en jeu ». Retour sur un embarquement récursif.

Rituel de la première matinée de session, l’accueil des nouveaux arrivants. Cette fois, ils sont 4. Normalement, chacun a été informé de ce qui se passe dans le DU par un autre « DU’z’ien » ou « Du’Zienne ». A chaque session, les nouveaux arrivants se présentent rapidement et reçoivent un cahier par « l’embarqueur », un cahier qui servira peut-être de journal de bord. Cette fois, Édouard Cazamajour qui co-facilite cette session avec Catherine Foliot propose une nouvelle consigne de présentation.  « L’embarqueur » doit partager un mot à « l’embarqué », un mot qui l’accompagnera pendant le DU. « Lâcher-prise, exploration, changement, plaisir »… Que des mots inspirants pour un voyage collaboratif !

Parce que les groupes ne sont jamais les mêmes, – c’est la particularité de chaque session -, il n’est pas toujours facile de mettre un nom sur un visage. Afin de mieux se connaître, Édouard propose d’utiliser le diagramme de Venn. L’idée est d’échanger par trois sur nos points communs et de les écrire dans les intersections formées par les trois cercles. Les nouveaux arrivants se mettent chacun dans un groupe différent afin d’être intégrés tout de suite. On échange, puis on écrit nos points communs sur des post-it.

Après quelques minutes d’échanges, une nouvelle consigne d’Édouard :

  • Qu’est-ce qu’on partage au DU ?
  • Qu’est-ce qu’on ne partage pas ?
  • Qu’est-ce qu’on vient chercher ?

Une parole inspirante est écrite au tableau : « L’énergie de chacun est le cœur de la réussite du collectif. » Les discussions reprennent bon train. Dans mon trio formé avec Jean-Etienne et Anouk, nous échangeons beaucoup. Et ce que j’en retiens, c’est que malgré les motivations propres à chacun, l’année du DU est placée sous le signe du changement professionnel et personnel.

Le DU change aussi de coordinatrice. Nous assistons au passage de relais entre Mai-Liên et Julie pour qui une page se tourne. J’ai beaucoup appris sur les postures d’apprentissage et sur l’ingénierie pédagogique, partage Julie même si des questions l’animent encore : Comment fait-on pour comprendre ce qu’on attend de nous ? Comment fait-on pour comprendre l’enjeu des grilles PI (grille de pédagogie inversée) ?

Quant à Mai-liên, elle est passionnée par les questions d’innovation éducative et s’interroge la manière de créer les conditions pour que chacun puisse trouver sa voie…

D’ailleurs, elle nous partage sa vision du DU avec un prototype qu’elle a réalisé présentant l’écosystème de l’apprenant : « Il y a des vers de terre, l’eau qui fluidifie, le vent, qui décale, qui fait déplacer les éléments initialement posés, la terre qui structure, qui nourrit, les abeilles et les papillons qui permettent de se connecter, le soleil qui réchauffe et rassure, les petites pousses qui sont tous ces éléments que l’on apprend collectivement. Et il y a ces éléments qui composent et font le DU : les mentors, les intervenants, la grille PI, les lieux du DU, les collectifs de participants, les publications. C’est un système fragile et en mouvement.

Et aux participants de souligner : « Mais il n’y a pas de coordinatrice dans la maquette ! »

Soudain Mai-liên réalise qu’elle s’est oubliée sur le plateau de jeu. La coordinatrice, c’est le garde-forestier, s’exclame Catherine Foliot.

Dans cette métaphore de la forêt, poursuit Catherine, on a envie de réinterroger le parcours de l’apprenant. C’est une façon de mieux comprendre la vie secrète des arbres. Nous sommes tous interdépendants, complète Mai-liên.

Catherine propose de réfléchir sur ces trois questions :

  • Qu’est-ce qu’apprendre aujourd’hui ?
  • Quels sont nos maîtres, nos guides, nos référents ?
  • Quels sont les liens avec la posture de l’apprenant aujourd’hui ?

Après un temps de réflexion personnel, nous échangeons en sous-groupes. Dans le mien, ça fuse. Dès qu’on parle d’apprentissage, chacun se sent concerné. Apprendre aujourd’hui soulève de nombreuses problématiques. Pédagogique : le système éducatif doit permettre à chacun de trouver sa place ou encore l’expérimentation en classe de nouveaux modes d’apprentissage – jusqu’où pousser la pédagogie ? Scientifique : des études sur les neurosciences ont montré l’impact sur le cerveau de l’apprentissage descendant. Futuriste : l’utilisation de l’intelligence artificielle pour le recrutement, en passant par l’obsolescence des compétences.

Pour moi, apprendre aujourd’hui, c’est savoir repartir de zéro, c’est savoir changer de point de vue, c’est être capable de faire quelque chose dont je ne me croyais pas capable. Me reviennent les paroles du philosophe Alain Badiou que je partage au sous-groupe : « Le bonheur, c’est lorsque l’on découvre que l’on est capable de quelque chose dont on ne se savait pas capable. »

Après discussion, nous tombons d’accord sur le fait qu’apprendre, c’est finalement un moyen d’être heureux, un moyen d’approcher du bonheur.

Ensuite, Catherine nous délivre la consigne de prototyper le chemin des actions de l’apprenant dans son écosystème en tenant compte de cinq éléments :

  • Actions/tâches
  • Responsabilité
  • Engagement
  • Postures
  • Interactions

Le magasin est ouvert. Il regorge de fournitures en tous genres : pâtes à modeler de toutes les couleurs, grande feuille cartonnée, ficelles, agrafeuses, feutres. Chacun vient se servir, parfois hésite à prendre, ou bien amasse un maximum d’objets. La magie opère. Très vite, les participants retrouvent leur spontanéité d’enfant. De quoi réveiller son esprit créatif !

Dans mon sous-groupe, il y a comme un émerveillement partagé de jouer avec la pâte à modeler, d’y retrouver une odeur chimique qui donne envie de la manger. Très vite, une image s’impose à nous, celle d’un buffet de la connaissance. C’est de cette manière que nous envisageons le parcours de l’apprenant aujourd’hui. A table !

Lors de la restitution, nous précisons ce qu’est pour nous la métaphore du buffet : un empilage de connaissances, à picorer, à partager, à siroter. A la base du prototype, un socle bleu qui représente la responsabilité d’être heureux, de partager et de vouloir apprendre en permanence. Comme les « postures », représentées par les quatre pieds de la table, l’agilité, l’humilité, l’autonomie et la curiosité. Sur le plateau, les délices de l’esprit en n’oubliant pas la touche digitale !

Lors du feed-back, en mode chapeaux de Bono, c’est le rouge qui nous est donné par Jihène : « Ce prototype est généreux, c’est une belle invitation ». Et Martin d’ajouter : « En utilisant la table, vous avez pris en compte l’ensemble de l’écosystème »

Les prototypes réalisés par les autres sous-groupes sont des invitations au voyage.

Là, devant nous, se dresse l’aventure apprenante au cœur du DU. Le parcours de l’apprenant se construit d’allers-retours entre la vie professionnelle, le DU, la vie personnelle.

Ici, c’est un parcours d’élévation. L’objectif, c’est d’arriver tout là-haut, en prenant un chemin qui me permet de grandir « horizontalement » et « verticalement ».

Enfin, nous nous élevons dans l’espace. L’apprenant est au centre de ce monde cosmique où tout s’écrit et se reconstruit. A chaque étape, des actions et des postures. Le déséquilibre est intentionnel. Les apports de connaissance permettent de se rééquilibrer. C’est cela, être vivant.

« Cela m’évoque l’image du funambule », intervient Catherine, c’est le déséquilibre permanent qui permet d’avancer. Et pour conclure : « La maquette n’est qu’une partie de l’apprentissage. L’aventure du prototypage n’a de valeur que s’il est « feedbacké ». Ce sont des objets pour matérialiser les hypothèses, les valider ou non. »

Avant la fin de la session, vient le temps de la réflexivité. Deux questions nous sont posées par Catherine :

  • Qu’est-ce qui s’est passé ce matin ?
  • Qu’est-ce que ça produit pour moi et pour le groupe ?

Les constats positifs sont nombreux : « Prototyper en soi déclenche un moment interactif et ludique entre les participants, cela permet de faire baisser la pression, de s’assurer que le ressenti est partagé. Il émerge une dynamique intéressante où chacun peut s’exprimer. Dans le même temps, le sujet était bien choisi pour faire un prototype. » Pour ma part, j’ai découvert que le prototypage permet d’agréger de manière collective des pensées personnelles.

Ça y est ! Nous allons atterrir. Il en va de chacun d’être heureux de cet embarquement. J’entends par-ci, par-là : « C’était bien de démarrer la session comme ça ! Ça remet en perspective le pourquoi nous sommes là et notre posture d’apprenant ! » Et moi dans tout ça, qu’est-ce que j’en pense ? J’adhère à cette idée que le collaboratif génère quelque chose de plus grand. Je me dis que le bonheur partagé, c’est aussi lorsque nous découvrons que nous sommes capables de quelque chose dont nous ne nous savions pas capables… Et c’est le « nous », l’important.

Cet embarquement aura permis de paralléliser les parcours d’apprenants (« nous » en tant que participants et/ou « nous » en tant que facilitateurs). Et si en mathématiques, deux parallèles ne peuvent se rencontrer, lors d’une session de codesign, les droites peuvent parfois converger vers le bonheur d’apprendre collectivement.


Un grand merci à Catherine, Edouard, Julie et Mai-liên d’avoir créé les conditions de cette « découverte ».

Restitution proposée par Odile Lefranc-Monsinjon, participante du Diplôme Universitaire Codesign

Licence Creative Commons Cette œuvre du Diplôme Universitaire Codesign est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

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Sciences citoyennes et développement durable http://codesign-it-ventures.fr/2018/05/14/sciences-citoyennes-et-developpement-durable/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=sciences-citoyennes-et-developpement-durable http://codesign-it-ventures.fr/2018/05/14/sciences-citoyennes-et-developpement-durable/#respond Mon, 14 May 2018 11:08:55 +0000 http://codesign-it.com/?p=1811 [...]]]> Citizen science & sustainable development – Sciences citoyennes et développement durable

…un nouveau terrain de jeu pour le « co » : les sciences !

 

Cet après-midi du 26 février 2018, Rosy Mondardini nous a expliqué avec enthousiasme le concept de « citizen sciences » qui peut se traduire par sciences citoyennes, participatives ou collaboratives. Elle nous a ensuite montré comment cette pratique pouvait se mettre au service du développement durable et devenir un vrai contrepouvoir.

Rosy Mondardini est directrice du Citizen Science Center de Zurich et membre du Citizen Cyberlab de Genève.


Citizen sciences : une pratique
collaborative

Tous les citoyens volontaires peuvent participer à la récolte et à l’analyse de données et contribuer ainsi à la production de connaissances scientifiques. Ces travaux entrepris par le grand public sont supervisés par des scientifiques.

Cette pratique s’est largement développée depuis une vingtaine d’années notamment grâce aux progrès technologiques et à la généralisation des pratiques open source.

Quels domaines d’application ?

Rosy nous a présenté de nombreux domaines d’application pour les sciences citoyennes :

– le calcul distribué (volunteer computing) où des volontaires mettent à disposition les ressources de leurs ordinateurs personnels pour démultiplier les capacités de calcul

– la réflexion collective (volunteer thinking) où les citoyens mettent à disposition leurs capacités d’analyse (par exemple, dans le projet Galaxy Zoo, les citoyens volontaires classent des images de galaxies http://zoo1.galaxyzoo.org/)

– la collecte volontaire de données (volunteer sensing)…

Les Citizen Sciences au service du développement durable 

Le développement durable est un domaine de prédilection pour les sciences participatives. Le crowdsourcing et l’open data offrent des moyens de contrôle et de vérification indépendants qui permettent la constitution de vrais contrepouvoirs.

A différents titres, les sciences citoyennes peuvent efficacement contribuer aux 17 objectifs de développement durable établis par les États membres des Nations Unies et qui sont rassemblés dans l’Agenda 2030.

Après cet exposé très riche vient le temps de la problématisation.

Catherine Foliot et Sophie Mourey, qui facilitent la session, invitent chacun de nous à identifier un sujet sur un post-it. Nous les collons sur le tableau en les triant par thèmes (technique des dominos). Quatre grands sujets ressortent : l’engagement, la visibilité, la motivation et la data.

Par groupe de 4/ 5 personnes, nous élaborons les problématiques :

– pour la visibilité : il est difficile de faire connaître son projet scientifique et de mobiliser au-delà du premier cercle des amateurs éclairés
– pour la data : il est difficile d’avoir confiance dans les données produites dans le cadre des citizen sciences
– pour la motivation : comment faire de la motivation citoyenne un moteur de la recherche ?
– pour l’engagement : comment mettre encore plus ces initiatives de sciences citoyennes au service des priorités sociétales

Ces deux dernières problématiques, assez proches dans leur formulation, ont été regroupées en une seule.

Cascades de problématisations

Sophie nous propose ensuite un World Café en 3 temps pour transposer les problématiques identifiées dans les organisations, puis dans le codesign et enfin pour échanger autour des conditions de réussite.

Le World Café est un processus créatif qui vise à faciliter le dialogue constructif et le partage de connaissances et d’idées, en vue de créer un réseau d’échanges et d’actions. Ce processus reproduit l’ambiance d’un café dans lequel les participants débattent d’une question ou d’un sujet en petits groupes autour de tables. À intervalles réguliers, les participants changent de table. Un hôte reste à la table et résume la conversation précédente aux nouveaux arrivés. Les conversations en cours sont alors ‘fécondées’ avec les idées issues des conversations précédentes avec les autres participants. Au terme du processus, les principales idées sont résumées au cours d’une assemblée plénière et les possibilités de suivi sont soumises à discussion.

Les enseignements du jour

Les participants du D.U ont tous été convaincus par l’intérêt des sciences citoyennes, par les nombreuses opportunités offertes par cette méthode collaborative. Et, au travers des différents ateliers, nous avons identifié de nombreux enjeux autour de ces sciences citoyennes : fiabilité de la donnée récoltée, recrutement des citoyens volontaires pour collaborer à ce type de démarche (et représentativité de ces citoyens), identification d’un « risque big brother », constitution de contre-pouvoir…

3 modes d’animation des échanges ont été mobilisés pendant la session :

– 1er temps : identification post-it / dominos
– 2ème temps : problématisation en groupe de 4-5 sur panneau Plume (panneaux effaçables légers)
– 3ème temps : format World Café pour trouver des solutions aux 3 problématiques identifiées dans le 2ème temps dans deux secteurs d’application : les organisations et le codesign, en réfléchissant aux conditions de réussite 

World Café : du plus et du moins

La méthode du World Café a été segmentée dans cet exercice. Normalement, pendant un World Café, les groupes tournent d’une table à l’autre sur un seul sujet et réagissent et enrichissent les apports du groupe précédent. Ici, un choix plus ambitieux a été fait de décliner la problématique identifiée dans la première phase en trois. Mais ce choix a rendu plus complexe l’exercice et a empêché le côté itératif puisque la question posée change à chaque groupe.

World Café est un outil très efficace pour générer des interactions et des dialogues entre les participants. Très intéressant à utiliser pour recueillir les propos des groupes divers. C’est un outil très flexible qui s’adapte bien à de nombreux défis tels que : partage d’information, réflexion poussée, plan d’action, création de partenariat… etc

La méthode a eu des effets très bénéfiques : dynamisme des échanges, pollinisation et interactions rendues possibles avec tous les membres du DU.


Merci à Rosy Mondardini pour son intervention.

Restitution proposée par Anouk Teneul, participante du Diplôme Universitaire Codesign

Licence Creative Commons Cette œuvre du Diplôme Universitaire Codesign est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

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Ça ne prend pas toujours… http://codesign-it-ventures.fr/2018/05/14/ca-ne-prend-pas-toujours/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=ca-ne-prend-pas-toujours http://codesign-it-ventures.fr/2018/05/14/ca-ne-prend-pas-toujours/#comments Mon, 14 May 2018 10:12:37 +0000 http://codesign-it.com/?p=1807 [...]]]>  

La veille d’un atelier, avez-vous déjà eu l’inquiétude que le groupe ne prendrait pas ? J’ai souvent cette petite crainte, qui disparaît assez vite en me disant que jusqu’à présent, il y a toujours quelques chose qui se passe. Et dans le pire des cas, même si rien en sort, cela ne changera pas la face du monde. Mais en ce jour de janvier, lors de mon embarquement dans le DU, justement, ça ne prend pas !

Je suis arrivé la veille. Nous avons déjà formulé des problématiques à l’occasion des trois interventions précédentes. Cette fois-ci, l’atelier se fait en anglais et nous écoutons Shea Hagy, un architecte qui nous vient de Suède. Il nous invite à nous projeter dans le futur de l’industrie du bâtiment.

Première session de post-it : chacun imagine l’habitat et la ville de demain. La cohabitation avec la nature, la modularité des bâtiments, le recyclage, la vie lunaire… nous partageons à tour de rôle nos idées.

Shea nous propose alors des sujets sur lesquels travailler : CO2, Materials, Waste, User Centric, Equality, Innovation. Je vois déjà comment va se passer le reste de l’après-midi : problématiser en groupe sur un des sujets pendant 30 minutes, restituer, puis apporter un début de réponse sur la problématique de son choix.

Allez ! Equality me tente assez. Nous sommes quatre à nous plonger dedans pendant les 30 prochaines minutes. Première étape, le définir : “Que signifie Equality pour chacun de nous ?” 5, puis 10, puis 15 minutes de débat plus tard, nous n’avons toujours pas de définition précise, mais nous sommes d’accord pour parler d’équité et non d’égalité. Nous poursuivons et essayons de formuler une problématique. L’ambiance se tend.

Le fait que nous n’ayons pas de définition commune du mot “Equity” nous amène à être constamment en désaccord. De plus, ce sujet semble nous impliquer personnellement. Comme le dit l’une d’entre nous, derrière ce thème il y a la valeur de justice qui nous touche tous. Les systèmes de valeur s’entrechoquent…

Marion* prend la parole un peu agacée : “Comment fait-on quand nous sommes bloqués ?” Ça y est ! le mot est lancé ! “bloqués”
Du tac au tac, Cynthia* explique que cela n’arrive jamais et qu’on finit toujours par se mettre d’accord.
Et ma petite voix qui me dit : “Pourquoi avoir choisi ce sujet ? Au moins, pour définir CO2, il n’y avait pas besoin d’une dissertation de philosophie !”

Nous listons tant bien que mal les questions que nous nous posons autour de l’équité, sans être vraiment convaincus.

– “De toute façon, ce ne sera pas à nous d’y répondre !“
– “Oui, mais il faut au moins que le groupe suivant comprenne la problématique posée”.

Plus qu’1 minute… nous nous mettons d’accords sur une large problématique, pas trop engageante.

Ouf ! Nous avons survécu, sans conviction commune, mais nous sommes allés au bout. Nous avons tous hâte de découvrir le travail des autres groupes et de choisir une bonne problématique !

Après la restitution, la consigne est de repartir sur son sujet et de tenter d’apporter une solution. Tous les participants repartent dans leur kiosque, sauf nous quatre qui partons voir le facilitateur pour lui demander si, comme d’habitude, nous pouvons aller travailler sur d’autres problématiques.

Comme l’atelier se fait en anglais, l’équipe pédagogique ne souhaite pas apporter trop de complexité et chaque équipe travaille donc sur son sujet.. moment de silence… puis regain de motivation collectif. Marion* pose une condition : “OK, mais que ce ne soit plus conflictuel”

Même si cela nous demande un effort, nous avons tous à cœur d’aboutir à quelque chose. Je pense que pour chacun(e), l’enjeu est plus de dépasser ce moment un peu délicat que de trouver une solution.

C’est reparti : notre désaccord est une problématique en soi. Nous repartons de là. Nous essayons de définir un terrain de jeu. On teste, on tente, on se plante et on recommence…

Et puis, il y a aussi mes maladresses de débutant qui permettent de se focaliser sur autre chose : j’écris de manière illisible sur le panneau effaçable, on me fait vite remarquer qu’il faut TOUJOURS écrire en lettres capitales. “Ah ! et j’imagine que vous voulez un peu de couleurs aussi ?! ;)” Peu à peu, l’ambiance se détend.

Ah la fin de l’atelier, nouvelle consigne du facilitateur : un pitcheur reste à son kiosque et le reste du groupe va apporter ses idées aux autres kiosques pendant 5 minutes (pollinisation croisée). Quelle porte de sortie idéale pour tout le monde… sauf pour celui qui pitche !

Le reste de l’atelier a peu d’intérêt mais nous avons tout de même réussi à restituer en groupe des pistes qui nous semblaient intéressantes.

Avec un peu de recul, cette demi-journée s’est jouée sur 5 points :

La légèreté

Nous avons oublié une règle essentielle : aborder ces moments avec légèreté ! Très rapidement, nous nous sommes entrée dans une logique de “Sauver le monde”. Nous avons essayé de co-construire en 30 minutes LA solution qui allait résoudre l’exclusion dans le monde !

D’ailleurs, le fait d’avoir introduit de l’humour, du jeu, a permis de dédramatiser nos questionnements philosophiques.

La pause

Je pense que le moment de restitution entre les deux ateliers a été une pause essentielle pour le groupe. Nous n’y avons pas pensé, mais peut-être que nous aurions dû faire un temps mort.

Un terrain de jeu

Il doit être commun et compréhensible.
La session en anglais, et un thème qui nous touche… tous les ingrédients étaient réunis pour que nous ayons chacun notre interprétation.
Alors que nous avons passé les 30 premières minutes à nous confronter sur nos définitions, la définition d’un terrain de jeu commun a permis de relancer la dynamique de groupe.

Essayer (test and learn)

Nous n’arrivions vraiment pas à être en phase. La moindre initiative était discutée : pourquoi ? comment ? et si ?… le fait d’improviser, de tenter, d’être dans l’action a permis d’aboutir à quelque chose. Par exemple, pour converger vers une idée clé, nous avons tenté de faire un vote par dotmocratie (vote par gomettes). Bien entendu, nous avons sélectionné trop idées et avons dû voter 3 fois de suite ! Même si c’était laborieux, cela a permis de rajouter du comique de situation.

Le feedback / réflexivité

La veille, nous avions passé du temps sur la notion de feedback mais ne l’avons pas fait pour notre groupe. J’y ai pensé le soir en réfléchissant à ce que j’allais écrire. Je me demandais si lors de la restitution, chaque membre du groupe se sentait encore engagé ?

Suite à mes échanges, chacune m’a dit se sentir encore impliquée lors de la restitution mais contente que ça prenne fin. J’ai appris un peu plus tard que certaines avaient même pris le temps de discuter de leurs réactions.

Et une nouvelle fois, grâce à la participation de chacun(e), le groupe a réussi à se débloquer…

*les prénoms ont été changés


Merci à  Shea Hagy pour son intervention !

Restitution proposée par Aymeric Bellamy-Brown, participant du Diplôme Universitaire Codesign.

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Individualisme, conformisme et créativité http://codesign-it-ventures.fr/2018/05/14/individualisme-conformisme-et-creativite/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=individualisme-conformisme-et-creativite http://codesign-it-ventures.fr/2018/05/14/individualisme-conformisme-et-creativite/#respond Mon, 14 May 2018 09:56:36 +0000 http://codesign-it.com/?p=1802 [...]]]> La créativité est un sujet inépuisable, d’autant plus dans nos sociétés où l’individualisme et le conformisme s’entrechoquent continuellement.

Pour cette dernière demi-journée de notre session de décembre, Jeanne Bernard nous a fait le plaisir d’intervenir sur un sujet majeur : « Individualisme et Créativité ». Jeanne est membre du collectif Codesign-it, fondatrice et présidente de Katsi, agence de de résolution de problèmes et de facilitation de groupe, basée à Lyon. Elle accompagne des grands groupes et collectivités et propose des formations.

Pour introduire son propos, Jeanne a choisi de nous parler d’expériences marquantes de psychologie sociale : expériences de Standford, de Stanley Milgram ou encore de Solomon Asch.

Pour mettre en image cette dernière, nous avons visionné un extrait de l’expérience de Asch, qui démontre le pouvoir du conformisme sur les décisions d’un individu au sein d’un groupe. Solomon Asch explique que l’individu se conforme pour éviter d’une part le conflit entre deux opinions différentes (l’une exprimée par la majorité, l’autre exprimée ou représentée mentalement par le sujet en minorité) et d’autre part, pour éviter d’être rejeté par la majorité. Pour lui, le conformisme correspond à un suivisme. Plus largement, la notion de conformisme implique pour le sujet le changement de comportement à l’intérieur d’un groupe, conscient ou non, afin d’être en accord avec ce qui est attendu d’un individu ou d’un groupe dans une situation donnée : être conforme veut dire ne pas dévier de la norme admise, ne pas prendre une liberté en agissant de façon différente de ce qui est attendu, socialement.

L’influence du groupe peut être de nature informationnelle, lorsque l’individu sent que le groupe à raison contre son opinion, ou normative, lorsque l’individu recherche l’approbation des pairs.

Dans le cadre de la facilitation d’un groupe, le conformisme est un risque commun qu’il est important de prendre en compte afin de laisser la créativité de chacun s’exprimer et d’éviter que le groupe prenne le pas sur l’individu. Pour y remédier, Jeanne nous a donné quelques astuces :

-permettre à chacun d’exprimer, dans le silence, sur un temps imposé, ses idées sur un support,
-recourir au langage métaphorique afin de déséquilibrer le mode de pensée, notamment grâce aux cartes de photo-langage,
-utiliser les connexions forcées pour éviter l’influence informationnelle et prendre de la hauteur, grâce à des images inspirantes,
– …

Nous sommes ensuite allés plus loin dans l’échange de bonnes pratiques en évoquant les conditions à mettre en place afin de favoriser l’échange :

– Réaffirmer les règles du jeu et les valeurs, Il est primordial de les afficher pour s’y référer tout au long de la session.
– Réaliser un tour de table en préambule pour sentir l’état d’esprit des uns et des autres. Au besoin il peut être utile de diviser les groupes pour plus d’harmonie. De manière plus générale un temps de « check in » et de « check out » est nécessaire.

Enfin, afin de favoriser la symbiose entre le facilitateur et son groupe, il faut être au clair sur l’objectif et jouer sur 3 facteurs :

-temps : alternance de passages individuels, temps collectifs et de pauses
-modalités : post-it, métaphores
-et enfin un facteur capital : l’attitude, pleine de bienveillance et d’humour

Faut-il forcément savoir s’affranchir d’une logique de groupe pour être créatif ? Le groupe finit-il toujours par primer sur l’individu au risque de produire un consensus mou et conformiste ? Ne sommes-nous pas inégaux face à l’affirmation de nos idées et la confiance en soi ?

C’est avec toutes ces questions en tête que nous nous sommes répartis en 3 groupes afin de problématiser.

A l’issue de cette phase, le feedback de Jeanne au groupe a rapidement dévié vers une explication très pratique (encore une fois !) de la façon d’amener un feedback, grâce au « feedback sandwich », (ou encore « feedback burger »). Faire un feedback et le recevoir n’est pas toujours aisé, et j’ai trouvé ce découpage en différentes étapes efficace. Il s’agit d’entourer les pistes d’améliorations plutôt négatives d’un premier retour global et positif et d’un dernier retour positif et s’appuyant sur des éléments précis.

Ainsi dès le début, notre interlocuteur est mis en conditions pour entendre l’ensemble de notre feedback, positif comme négatif.

Cela a fait écho pour moi au moment d’échange que nous avons eu lors de cette même session de décembre à la suite de l’après-midi consacrée au grand ragout. L’objet de ce billet n’est pas de revenir en détail sur ces échanges mais certains propos auraient surement gagnés à être amenés de manières plus adaptées afin de ne pas blesser et d’être correctement entendus. Enfin last but not least, Greg a profité de ce moment pour nous faire cadeau d’une leçon du « feedback réussi en 10 points », condensé précieux de ce que le feedback doit être : authentique, bienveillant, concis, précis, préparé, recevable, réciproque…

Pour conclure, cette session pleine d’exemple pratiques aura été très concrète pour la nouvelle entrante du DU que je suis.


Merci beaucoup à Jeanne Bernard pour son intervention inspirante et à Elina et Greg pour la facilitation !

Restitution proposée par Laura Ranger-Martinez, participante du Diplôme Universitaire Codesign.

Licence Creative Commons Cette œuvre du Diplôme Universitaire Codesign est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

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Embarquer dans le D.U. Codesign http://codesign-it-ventures.fr/2018/05/14/embarquer-dans-le-d-u-codesign/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=embarquer-dans-le-d-u-codesign http://codesign-it-ventures.fr/2018/05/14/embarquer-dans-le-d-u-codesign/#comments Mon, 14 May 2018 09:41:55 +0000 http://codesign-it.com/?p=1795 [...]]]> Manuel de (sur)vie pour l’embarquement dans le Diplôme Universitaire Codesign

…ou comment se préparer à l’aventure en devenir du D.U.

Plantons le décor, nous sommes mardi matin, seconde journée de ma première session du D.U Codesign. La première journée a été pour moi un parachutage sur Mars, déstabilisante en termes d’apprentissage. Immersion au pas de charge dans un groupe déjà constitué, première application de la pédagogie inversée, découverte de la problématisation, réflexivité, tout un vocabulaire inconnu. Bref, j’ai débarqué dans un nouveau monde.

La première journée a été consacrée à la présentation puis problématisation sur l’application de la Théorie U à l’écriture collaborative d’un roman à la FDJ. Et donc pour moi, à la découverte de nouveaux outils, d’une autre forme de travail en équipe, de l’ébauche d’une nouvelle posture embryonnaire, bref, du rêve, du beau, du collaboratif, du révolutionnaire.

La seconde matinée a été très différente, tant en contenu qu’en énergie. La session a démarré avec une intervention de Greg Serikoff, un des cofondateurs du collectif professionnel Codesign-it et le co-responsable, avec Sophie Pène, de l’équipe pédagogique du D.U Codesign.

Greg a rappelé le socle fondateur du DU, défini ci-dessous :

Cette définition fait appel à plusieurs notions :

  • Multitudes des horizons, pour former des groupes hétérogènes mais néanmoins équilibrés;
  • Gestion du groupe : les nouveaux participants intègrent le D.U dans le but de préserver cet équilibre, avec l’aide des plus anciens qui veillent à une intégration bienveillante;
  • Objet expérimental, le D.U a vocation à valider un certain nombre d’hypothèses. Une de ces hypothèses est de ne pas partir sur un groupe figé mais en intégrant et faisant sortir du D.U des personnes au fur et à mesure.

Cette dynamique permanente implique une mise en déséquilibre des participants les poussant à évoluer, se repositionner sans cesse, et d’un autre côté, elle implique également une organisation et une quantité de travail très importante de la part de l’équipe pédagogique.Le projet du D.U Codesign est un projet volontariste et basé sur le volontariat d’une équipe pédagogique et d’un collectif associatif qui intervient à titre bénévole. Ces différents ingrédients font que l’implication, la motivation et l’autodiscipline des participants sont des éléments fondamentaux dans la réussite de la conduite de l’expérimentation.

Sur ce sujet, plusieurs points ont été remontés par Greg et Julie.

1/ Absentéisme : le fonctionnement du DU et son organisation rendent difficile la gestion des annulations de dernière minute;

2/ Arrivées tardives: le fonctionnement en pédagogie inversée rend nécessaire la ponctualité de la totalité des participants afin de pouvoir démarrer correctement une session;

3/ Retards et non-restitutions des publications : les publications sont l’élément de production tangible des sessions de travail du DU*.

*réf : Définition du codesign donnée par Dan Newman : “Mon travail : rendre l’intangible tangible”

Pour ma part, ce qui m’a le plus marqué, c’est la prise de conscience de l’effort fourni par l’équipe pédagogique, de l’affect qui entoure ce projet et l’implication personnelle de cette équipe, qui va au-delà d’une implication professionnelle.

Ce point m’a énormément touché et fait réfléchir, notamment sur ma perte d’intérêt vis à vis du D.U entre le moment où j’ai passé mes entretiens et le moment où j’ai embarqué (9 mois…. Le temps d’une gestation et parfois d’un désengagement / démotivation), sur la responsabilité -peut être non identifiée- que cela implique de participer à une telle expérimentation.

Le discours d’embarquement a été une prise de conscience, mais également une forme de rite de passage permettant de faire réellement partie d’un groupe soudé, d’une aventure humaine.

Pour autant, d’autres questions se posent suite à ce discours :

  • Quid des contraintes individuelles face à un engagement collectif ? Qu’est ce qui est acceptable quand on est engagé dans une dynamique de groupe (maladie, contrainte professionnelle, à quel niveau de gravité etc…) ;
  • Quelle conscience a-t-on de l’impact d’un comportement individuel sur un engagement collectif ;
  • Comment placer ses priorités quand on participe à une telle expérience, qui dure dans le temps ;
  • Quid de la posture de consommateurs versus une appropriation totale du D.U (embarquement des nouveaux arrivants) ;
  • Quid de l’application de certains concepts que nous retrouvons, d’intelligence collective, d’organisation holistique etc…., là, concrètement, dans nos vies de tous les jours, nos cadres plus usuels ;
  • De la différence d’engagement quand on est acteur, fondateur, versus consommateur (je m’inscris, je paye, et je viens ou pas);
  • De la limite du bénévolat (engagement de l’équipe pédagogique de manière bénévole), le coût affectif d’un engagement dans un tel projet versus le coût affectif d’être étudiant du D.U, le déphasage entre les deux;
  • Quid de la distance mise, des aléas de la vie et de l’organisation professionnelle/personnelle quand l’embarquement se fait plusieurs mois voire un an après l’inscription et l’entretien préalable au DU.

Une fois ces thématiques discutées, expliquées, rappelées, nous sommes passés vers un sujet plus cérébral. A savoir, co-réfléchir aux moyens qui permettraient de faire du D.U Codesign un objet plus efficace, réplicable, touchant plus de monde (impliquant moins d’efforts de la part des organisateurs, touchant un plus grand public, public international).

Les idées devront donc répondre aux critères suivants, à savoir comment :

  • Emmener plus loin ceux qui le souhaitent ;
  • Impacter plus de bénéficiaires ;
  • Nécessiter moins d’efforts ;
  • Permettre de faire mieux l’existant.

Un tableau est tracé avec en colonne chaque thème. Chaque participant prépare plusieurs post-it, répondant à un ou plusieurs de ces problèmes, et vient ensuite les ranger dans une ligne, avec un score dans la colonne de chaque critère (impact positif, aucun impact, impact négatif). Le but est de faire apparaître très rapidement les idées les plus pertinentes.

Le résultat du travail donne cela :

 

Et en prime nous avons imaginé les 10 commandements pour l’embarquement dans le D.U :

  • En retard jamais tu n’arriveras (enfin, essaye….)
  • Annulation de dernière minute tu ne feras pas (bon, sauf si tu es à l’hôpital…)
  • Ton mentor tu contacteras
  • Ta grille PI à jour tu maintiendras
  • Tes publications rapidement tu démarreras
  • À l’aide tu appelleras (et rapidement, n’attends pas de boire la tasse)
  • Du collaboratif pour tout tu appliqueras (peut-être pas pour acheter une baguette…)
  • Sur la démarche et le vécu de ton expérimentation tu insisteras
  • Le kif et le lâcher prise tu appliqueras !!!!!  
  • Le kif et le lâcher prise tu appliqueras parce c’est vraiment important!

Et juste un mot pour la fin, et il est très personnel. Mon travail repose sur une posture de leadership, qui devient pesante et frustrante avec le temps, d’où la réponse au chant de sirène du DU. Personnellement aujourd’hui je me dis que le collaboratif est avant tout une autorisation que l’on se donne, de ne pas avoir les bonnes réponses ou celles qui seront retenues, d’appeler à l’aide, de ne pas savoir, pas maîtriser mais d’y aller quand même.

Je vous souhaite un superbe parcours de D.U.


Restitution proposée par Jihene Bouraoui, participante du Diplôme Universitaire Codesign.

Et un grand merci à : Claire, Carlos, Stéphanie, Christelle, mais aussi Eric et Karine, qui m’ont aidé à sortir du combat imaginaire que je m’étais construit concernant la rédaction de cette publication 😊. Une preuve s’il en faut que le collaboratif fonctionne !

Licence Creative Commons Cette œuvre du Diplôme Universitaire Codesign est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

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Digital collaboratif : une solution, pas un gadget http://codesign-it-ventures.fr/2018/04/03/digital-collaboratif-une-solution-pas-un-gadget/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=digital-collaboratif-une-solution-pas-un-gadget http://codesign-it-ventures.fr/2018/04/03/digital-collaboratif-une-solution-pas-un-gadget/#comments Tue, 03 Apr 2018 19:48:12 +0000 http://codesign-it.com/?p=1689 [...]]]>

Facilitation Graphique par Frédéric DEBAILLEUL

Lors de cette session, Romain DAVID est venu nous présenter l’activité de son entreprise WISEMBLY ainsi que son histoire.

Au travers de son récit, Romain nous a partagé les pivots qu’ils avaient pu réaliser avec ces co-fondateurs.

Cette start-up est née d’une idée d’un groupe d’amis en école de commerce. Ils ont créé une application sous le nom de Balloon qui a été utilisée in fine d’une autre manière par leurs utilisateurs.

L’idée initiale était de créer un réseau social géolocalisé notamment pour les soirées étudiantes. Balloon est devenu un outil d’aide à l’organisation de conférence avec la possibilité de les rendre interactives.

Aujourd’hui après plusieurs pivots, Wisembly est une application qui permet d’améliorer la gestion des réunions en redonnant le contrôle aux collaborateurs.

Ce récit nous a donné deux enseignements immédiats qui sont :

1 – Le fait de tester une idée permet d’observer le comportement des utilisateurs pour créer,
2 – Les entrepreneurs ont cette capacité à prendre des risques et à trouver l’opportunité qui crée de la valeur pour un utilisateur.

Au sein de DU nous fonctionnons suivant une boucle de Pédagogie Inversée. Après chaque intervention, nous problématisons en sous-groupe sur le sujet, nous cherchons une tentative de réponse et nous la formulons. Nous obtenons un Feedback et nous terminons par une phase de réflexivité. Cette étape nous permet d’ancrer notre apprentissage.

Cette session de travail collaborative a particulièrement mis en valeur le codesign. Romain DAVID nous a partagé son expérience. Les groupes se sont formés. Ils ont tous travaillé de manière individuelle avec des angles différents sans se coordonner ou « se passer le mot ».

Les modes de pensée des entreprises demandent souvent tout gérer, paramétrer, préparer pour que les personnes soient efficaces ! Il ne faut pas perdre de temps ! il faut être concret ! Cette demande de contrôle nous encombre de détails qui flouent notre pensée et nous empêchent de réfléchir au vrai sujet. Nous devons nous déconditionner pour laisser une place suffisante pour poser le problème.

Modèle de cadrage

Or, en faisant cela nous risquons de nuire à la motivation des équipes, à la recherche du sujet qui peut intéresser chaque individu, d’avoir la liberté de choisir un angle d’approche d’un sujet.

Le D.U permet de montrer, via l’expérimentation qui y est menée, que la capacité d’un groupe à résoudre un problème est liée à plusieurs facteurs. Après avoir posé la problématique, il chemine ensuite au travers du modèle de cadrage (illustration ci-contre) afin de définir son fonctionnement.

Lors de cette session chaque sous-groupe a donc pris un angle différent.

La diversité des groupes et la motivation liée à la capacité à choisir en autonomie les objectifs, le process et les next steps ont crée en une matinée un feedback riche pour Romain DAVID.

 

5 problématiques en lien avec l’histoire de Wisembly ont été choisies. Elles sont décrites ci-dessous :

Facilitation Graphique par Evy Raelison

En seulement 4 heures, les résultats nous enseignent que trois composantes essentielles ressortent, par rapport aux modes de management classique. :

  • La formulation d’hypothèses
  • La diversité des groupes
  • La liberté de choix

Dans notre groupe, nous avons travaillé sur les pivots réalisés par Romain et ses co-fondateurs. Notre problématique était la suivante :

Il est difficile de trouver le bon moment du pivot parce que :

– Il faut (re)prendre des risques,
– la concurrence est forte,
– cela exige de reconstruire un écosystème,
– cela demande de changer alors que ça marche.

Après avoir tenté de traiter la question, nous avons interviewé Romain pour valider ou infirmer nos hypothèses.

Romain et ses co-fondateurs ont réalisé 3 pivots majeurs en 6 ans. Nous avons essayé d’identifier quels étaient leurs ingrédients pour réussir. Il y a une certaine forme de récursivité dans leur capacité collective à rebondir régulièrement avec en plus à chaque fois un effet d’échelle intéressant.

En conclusion, cela m’inspire l’hypothèse suivante : la capacité qu’à une entreprise à réussir tient aussi sur sa capacité à créer un jeu d’équipe qui fonctionne en autonomie et capable de pivoter naturellement pour un but qui lui est propre. Pour Romain et ses amis, leurs drivers étaient l’adrénaline, le challenge et la singularité et non pas de créer la meilleure application. Vive le Why ! Vive le codesign !

 


Merci à Romain DAVID pour son intervention !

Merci aussi à Léo Veyrier pour l’inspiration !

Restitution proposée par Edouard CAZAMAJOUR, participant du Diplôme Universitaire Codesign.

Licence Creative Commons Cette œuvre de Codesign-it! est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

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Codesign et science citoyenne, un délicat mélange http://codesign-it-ventures.fr/2018/04/03/codesign-et-science-citoyenne-un-delicat-melange/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=codesign-et-science-citoyenne-un-delicat-melange http://codesign-it-ventures.fr/2018/04/03/codesign-et-science-citoyenne-un-delicat-melange/#respond Tue, 03 Apr 2018 18:54:37 +0000 http://codesign-it.com/?p=1682 [...]]]> Doing It Together Science (DITOs) est un vaste projet visant à augmenter la participation du public et des responsables politiques dans la recherche et l’innovation scientifique à travers l’Europe.

Lors de sa présentation Imane Baïz, qui fait partie du CRI (Centre de Recherches Interdisciplinaires) pour manager le projet DITOs, nous a permis d’aborder la complexité du sujet et de ressentir l’organisation titanesque que cela représente. Une des intentions fortes exprimée est celle de passer d’un citoyen passif à un citoyen actif dans son environnement. Le champ d’action allant au-delà des sciences participatives, comprenant le Do-It-Yourself sur le thème du biodesign.

Au travers du partage d’enseignements de cette session pour le D.U. Codesign, j’ai regardé avec curiosité ce que le mélange a pu générer, me demandant ce que le codesign peut apporter pour œuvrer dans le sens de cette intention.

Tel un plat de spaghetti…

Une image que nous avons fait émerger est celle d’un gros plat de spaghettis. C’est pour autant le propre d’une situation complexe, et du codesign de s’y atteler collectivement.

DITO(s) cherche à rendre le citoyen actif, de par le développement d’un esprit critique de la science, et la réalisation d’actions concrète, le DoIT (Do-It-Together), et chercher à poser les fondements institutionnelles à la science participative, réalise des activités de lobbying. DITO(s) s’adresse à tout public, à travers des ateliers, des conférences et autres formats. Chacun ayant son langage, des intérêts différents, et des niveaux de maturité et d’implication différents.

Nous avions aussi notre propre compréhension du problème, venant d’autres sphères que celle des sciences citoyennes. La phase de problématisation n’avait rien d’évident.

En outre, nous avions tendance à formuler des objectifs plutôt que des problèmes, fermant d’autant les possibilités de réponses. Et puis nous pouvions adresser des problèmes desquels nous n’étions pas responsables, introduisant un biais dans la réponse. Greg Serikoff a pris pour exemple le problème suivant : « Assurer la pérennité de l’écosystème au-delà de l’établissement public ». C’est un objectif, pas un problème. Assurer la pérennité est déjà une solution. Et elle sous-tend que c’est notre responsabilité de l’équipe présente, ce qui introduit un biais.
En évitant de bien poser le contexte, nous orientions la réponse. Le codesign consiste à créer des problèmes ensemble pour les résoudre ensemble, et une vigilance est ainsi à porter sur des réponses qui pourraient induire une manipulation.

Pour aborder ce délicieux plat de spaghetti, nous avons travaillé en essaim. Pour démêler la situation et mieux qualifier nos problématiques, nous avons eu recours après la phase de problématisation en 3 groupes, à une seconde phase de problématisation, en essaim.
Nous avons dans cette itération élaboré la problématisation par groupe de deux, produisant cette fois 9 sujets.

Le travail en essaim permet de fragmenter le problème en plein de sous-problèmes. Il développe en outre l’agilité, le droit à l’erreur, et il est une façon d’optimiser les ressources.Dans la séquence, cette phase a permis aussi d’apporter du dynamisme, la phase de réponse s’est tenue à bon rythme.

Comment s’orienter dans une soupe d’anguilles ?

En préparant cette publication sur cette co-création de problèmes, je me suis demandé ce que nous avions apporté de plus que la mise en lumière du plat de nouilles, si nous avions contribué à aider Imane à s’y orienter, même si ce n’était pas expressément le but. Je me suis égarée. J’ai laissé la publication de côté. J’ai perdu mon temps. J’ai fait un pas de côté. J’ai saisi un des livres de Georges Didi Hubermann que j’avais sous la main, au sujet d’une autre science, l’histoire de l’art. « L’image survivante. Histoire de l’art et temps des fantômes selon Aby Warburg »

Sa question « Comment s’orienter dans la « soupe d’anguilles » ? » m’a fait écho à notre plat de spaghettis. Et la similitude ne s’est pas arrêtée aux images culinaires. Je vous laisse déguster. Plus loin il précise que Aby Warburg avait pour intention de « faire justice à l’extrême complexité des relations et détermination».

Reprenons notre chemin…

Cette mise en mouvement a bien opéré, il me semble, entendant la vivacité et le nombre des retours d’Imane, acceptant aussi les remises en question, jusqu’à celle du mot science, telle une scientifique. En outre, elle a pu imaginer notamment l’idée de voir DITOs comme une plateforme de mise en relation entre les différents acteurs de la société.

La configuration du temps et de l’espace, la variation de rythme, les conditions de l’environnement sont autant de variables qui ont joué. Ce que nous avons offert ce sont autant d’occasion de déplacer son point de vue.

Il peut être frustrant d’en voir tout de suite les effets, et la façon dont cela peut se traduire et se stabiliser dans le temps. Mais il est à espérer que les traces laissées par cette méthode permettent des transformations profondes et justes, et donc une moindre perte de temps et d’énergie, une optimisation des ressources de management du projet. DITO(s) me semble chercher à opérer ce même mouvement dans les sciences.

Une hypothèse

Ceci m’amène à poser l’hypothèse que le «pour quoi» de DITO(s), ne serait pas seulement de faire de la coordination, devenir une plateforme, mais de créer les conditions pour faire du codesign avec les sciences du vivant. Une sorte de BioCodesign ?? La démarche que nous opérons avec notre expérimentation du D.U., est d’ailleurs celle d’un scientifique nous a souligné Greg, mais de façon délinéarisée. Sous cet angle, utiliser des dispositifs visant à mettre en application des protocoles, n’est pas vraiment dans l’esprit de codesign. Cela pourrait aussi freiner la compréhension et le portage d’une tell e intention.Réaffirmer la vocation, réaligner les moyens, pourrait permettre une plus grande congruence et puissance de l’action.


Merci à Imane Baïz pour son intervention !

Merci à Nathalie Pillot dans son rôle d’activatrice et de relectrice.

Restitution proposée par Sarah Fortin, participante du Diplôme Universitaire Codesign.

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Le management symbolique http://codesign-it-ventures.fr/2018/04/03/le-management-symbolique/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=le-management-symbolique http://codesign-it-ventures.fr/2018/04/03/le-management-symbolique/#comments Tue, 03 Apr 2018 18:09:22 +0000 http://codesign-it.com/?p=1678 [...]]]>

Le management symbolique
ou
comment manager la complexité des organisations et de leur transformation
grâce à l’universalité et à la puissance des symboles

En cette après-midi de D.U. Codesign, Stéphane RIOT, fondateur de NoveTerra (écosystème d’experts et de chercheurs sur les modèles économiques et sociétaux de demain), va nous donner de l’énergie…va nous transmettre son énergie…en nous parlant de l’impact des symboles dans notre quotidien, au plus profond de nous, mais aussi des liens que l’on peut faire avec les entreprises ou les différentes organisations.

Tout part d’un principe ancestrale et incontestable : chaque organisme vivant a besoin pour vivre et survivre d’être au contact de différentes énergies, que nous appellerons les quatre éléments : la terre, l’eau, le feu et l’air.

Hippocrate, le père de la médecine, parlait lui-même de la médecine des quatre éléments pour expliquer le fonctionnement du vivant :

  • La TERRE : la structure, les squelettes et les os
  • L’EAU : les fluides, l’eau et le sang
  • Le FEU : l’énergie nécessaire au quotidien
  • L’AIR : ce dont nous avons besoin pour respirer

Pour survivre, les organismes vivants ont besoin que ces quatre éléments soient présents et ce de manière équilibrée. Si un tel équilibre n’est pas assuré, cela peut engendrer des difficultés, voir certaines souffrances dans les cas les plus extrêmes.

Partant de ce postulat, Stéphane nous propose de savoir si nous avons un élément prédominant chez nous. Pour cela, il organise un quiz d’une dizaine de questions (que vous retrouverez facilement d’ailleurs sur internet avec votre moteur de recherche préféré). Les questions défilent, et quelques sourires sur les visages des participants laissent déjà envisager la suite.

– Sommes-nous plutôt Terre et donc plutôt attaché aux règles, aux traditions ?
– Sommes-nous plutôt Eau, privilégiant les échanges, la communication, le partage avec les autres ?
– Sommes-nous plutôt Feu, bouillonnant d’énergie et passionné ?
– Sommes-nous plutôt Air, toujours inspiré et inspirant les autres ?

Le verdict tombe et la magie opère quand physiquement nous nous regroupons par petits groupes ayant le même élément dominant. La diversité des participants du DU fait que les groupes sont également équilibrés. Les échanges entre sous-groupes se poursuivent et nous sommes tous en quête déjà d’un peu plus d’équilibre. Ce que Stéphane appellera l’homéostasie*.

Dans la tête de certains, d’autres questions surgissent : « De quel élément dominant sont mes amis ? Ma femme ou mon mari est-il du même élément dominant que moi ou sommes-nous plutôt complémentaires ? Est-ce donc pour ça que je ne m’entends pas très bien avec mon chef ?… Ces questions en amènent d’autres mais Stéphane précise également que nous sommes en perpétuelle dynamique de vie et que nous ne naissons pas et mourrons pas en étant attaché toujours au même élément. Certains évoquent être passés par trois éléments dominants au cours des dernières années.

Si ce lien entre éléments et prédispositions individuelles semble convaincre tout le monde dans la salle…comment appliquer cela aux entreprises et aux organisations ?

Stéphane explique alors que les entreprises ont elles aussi un ou plusieurs éléments dominants et que souvent un déséquilibre provoqué par un élément moins présent peu amener des dysfonctionnements.

Il propose que lors d’un diagnostic d’entreprise et au-delà des méthodes traditionnelles et classiques, une analyse sous l’angle des quatre éléments soit faite :

– Faut-il un peu plus de TERRE ? Avec un peu plus de standards, de règles, d’organisations, de valeurs, de fondations.
– Faut-il un peu plus d’EAU ? Renforçant ainsi la communication interne, le visuel, les échanges et le partage.
– Faut-il plus de FEU ? En démultipliant de nouveaux challenges, en développant plus de créativité et de passion.
– Ou faut-il enfin plus d’AIR ? C’est-à-dire avoir une nouvelle vision, de nouvelles inspirations pour l’entreprise.

Une fois ce diagnostic fait, il est alors possible de faire prendre conscience des déséquilibres et de trouver de nouvelles idées, de nouvelles méthodes, de nouvelles actions…afin de rééquilibrer l’entreprise.

Chaque transformation importante a souvent tendance à accentuer ces déséquilibres. ll est alors nécessaire de regarder quel(s) élément(s) sont moins présents après la transformation afin de rééquilibrer le tout et relancer une nouvelle dynamique de performance.

Par ailleurs, il est amusant de voir que certains métiers sont profondément ancrés autour d’un symbole plutôt qu’un autre :

  • La TERRE : les notaires, les comptables, les avocats,…
  • L’EAU : les agence de communication, les RH, les coachs…
  • Le FEU : les start-up ; les services commerciaux,
  • L’AIR : les cabinets de conseil, la R&D…

Stéphane RIOT nous a démontré que les symboles étaient bien au service de l’universalité…mais ses dernières recherches promettent déjà de nouvelles révélations prochainement autour de l’impact des symboles dans les organisations. A suivre…

Voici  pour finir 3 illustrations concrètes d’utilisation des 4 éléments :

Management par la symbolique – Mini XP (expérimentation)

En chemin vers un rendez-vous client, mon associée m’interroge sur le contenu de ce fameux D.U dont je lui parle souvent ces temps-ci. Je refuse l’obstacle de lui résumer mes deux premières sessions en quelques mots et décide de lui répondre par une mini XP sur le management par la symbolique.

Je lui explique rapidement le parcours de Stéphane Riot (j’ai l’impression que ça va m’aider à crédibiliser la suite de l’explication) et me lance dans la reformulation de ce que j’ai compris du management par la symbolique. « C’est directement inspiré de la médecine d’Hippocrate qui considérait que pour être en bonne santé, un être humain doit trouver l’équilibre entre sa terre, son eau, son feu et son air. »

Puis je lui explique en quelques phrases ce que j’ai retenu de la description des 4 éléments. « Sa terre, ce sont ses racines, ses croyances, sa personnalité, etc. Son eau, c’est la capacité à communiquer, à créer du lien entre les gens. C’est aussi les émotions, positives ou négatives. Son feu, c’est son énergie. Et l’air renvoie aux idées, à l’inspiration, à la créativité, etc. ». Elle suit ; c’est facile à raconter et à comprendre, les symboles. Tout le monde connait.

Je lui demande : « Quelle est ta dominante à toi ? »
Sa réponse arrive du tac au tac : « Je suis dans l’eau avant tout. Et peut-être un peu aussi dans la terre ».
J’enchaîne : « Et moi ? Tu me vois comment ? »
Son regard s’éclaire « tilt ! ». Elle vient de comprendre, comme moi, pourquoi nous formons un binôme efficace. « Toi tu es dans l’air à fond ! Et dans le feu aussi. »

Transformer l’assurance maladie grâce au management par la symbolique

Nous retrouvons Stéphane Riot dans un café un matin pluvieux de novembre. Au-delà de la séquence que nous avons partagée avec lui au D.U, nous voulons recueillir quelques exemples de transformations par la symbolique pour illustrer notre publication.

Un premier exemple lui vient immédiatement à l’esprit : la transformation de l’Assurance Maladie ! Stéphane sort en effet d’une session intense avec les 200 cadres dirigeants de la CNAM (Caisse Nationale d’Assurance Maladie) qui doit se transformer, notamment pour développer l’e-santé et prendre en charge prochainement le RSI et ses équipes. Le séminaire doit lancer des commissions d’exploration sur ces sujets et s’appuie sur le management par la symbolique.

Stéphane nous décrit l’assistance : 200 cadres dirigeants de la CNAM, des médecins, des énarques, et le premier d’entre eux, Nicolas Revel, directeur général de la CNAM. Le professeur Alain Lyon-Caen est également présent. Il est chef du service neurologie de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, professeur de neurologie à l’UPMC et médecin-conseil national de la CNAM.

Stéphane introduit le séminaire en expliquant le management par la symbolique. Il fait référence à Hippocrate, bien connu de ces érudits et ces médecins. Il est incontestable. Et d’ailleurs, personne ne conteste. Personne ne ricane, même. En quelques minutes seulement, l’assemblée a adhéré au modèle et s’apprête à contribuer aux travaux de la session.

Accompagner la transformation d’un journal en réinvention

Stéphane Riot évoque également le cas d’un journal dont il accompagne la transformation dans un contexte de grande difficulté. Le titre, mensuel grand public français, subit lourdement la crise de la presse.

La mise en perspective par les 4 éléments, a permis à de faire remontée en conscience les difficultés et des manques qui n’étaient jusqu’alors pas complètement mis en évidence. Dans un contexte de crise, cette accélération est un facteur clé de la réussite de la transformation et des thèmes cœur métier apparaissent très rapidement comme des sujets de travail urgent. Le questionnement sur les nouveaux métiers de la presse (innovation) est par exemple au cœur de la transformation et a inspiré l’organisation de learning expeditions déclenchées suite au constat de manque d’air.

Organiser une entreprise multi-culturelle avec les 4 éléments

Stéphane Riot accompagner depuis 2 ans déjà une entreprise internationale en forte croissance dont l’enjeu était principalement la dispersion des équipes et leurs différences de cultures (50 personnes, 22 nationalités présentes dans une quinzaine de pays)

Depuis 2 ans l’équipe a décidé de se retrouver tous les ans  en France pour un séminaire d’une semaine de connexion (terre) et d’échange (eau) afin de (re)mobiliser les équipes autour d’objectifs communs (feu) et de reflexion sur les nouveaux espaces d’innovation (air)

Chaque année est l’occasion pour l’équipe de faire le bilan de l’année écoulée et de déterminer les besoins individuels et collectifs.

Cette année, l’entreprise prévoit ainsi de renforcer la cohésion interne (terre/eau) par la nomination d’une fonction hybride entre le RH et le Community manager nommée «  work smarter together »

 

Retrouvez son TedX sur les 4 éléments içi : https://www.youtube.com/watch?v=k9DlRVkumVc

* homéostasie : terme utilisé en biologie et en systémique et qui caractérise un phénomène par lequel un facteur clé est maintenu autour d’une valeur bénéfique pour le système. C’est un système de régulation.


Restitution proposée par Nicolas Bled & Carlos Cardoso, participants au Diplôme Universitaire Codesign.

Merci à Stéphane Riot pour sa contribution et sa disponibilité !

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La recherche et l’écoute : allez ouste, dehors ! http://codesign-it-ventures.fr/2018/04/03/la-recherche-et-lecoute-allez-ouste-dehors/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=la-recherche-et-lecoute-allez-ouste-dehors http://codesign-it-ventures.fr/2018/04/03/la-recherche-et-lecoute-allez-ouste-dehors/#comments Tue, 03 Apr 2018 17:26:14 +0000 http://codesign-it.com/?p=1673 [...]]]> Ce matin-là, nous nous interrogeons sur la posture du chercheur. Dans ce contexte, Catherine Foliot nous invite à construire la cabane du codesign.

Inspirée par la « Cambra » de l’artiste Ben (Vautier) à Nice, Catherine Foliot nous invite à construire la cabane du Codesign. Cambra signifie « chambre » en vieux niçois. L’œuvre de Ben est un cube sans porte ni fenêtre dans lequel les visiteurs peuvent entrer et jouer. Il n’a cessé de la transformer pendant 8 ans. Une œuvre ouverte et évolutive, un musée de Ben dans le musée de Nice. Délicieusement récursif.

A l’image de l’œuvre de Ben, la consigne donnée par Catherine est très ouverte et laisse une grande liberté d’action. Nous sommes invités à penser la fonction des murs et l’espace.

Avant de se lancer, nous vérifions qu’il est possible de construire notre cabane avec des tableaux Plume. Design frugal. Nous assemblons 4 panneaux pour voir si ça tient : un mur de chaque côté, un mur de fond, et un toit. Vote with your feet : chacun est invité à toucher le mur sur lequel il a envie de travailler. Se forment ainsi 4 sous-groupes, chacun responsable d’un pan de cette future cabane. Au sein de chaque équipe, on nommera un connecteur pour faire le lien avec les autres équipes et vérifier la cohérence des travaux.

Les équipes se mettent en action, l’exigence de concret et la dimension ludique semblent réveiller les énergies. Les connecteurs se mettent rapidement en écoute.

Dans mon équipe, on aborde d’abord les notions d’inclusion, de coprésence. La cabane du codesign doit être un espace qui accueille, qui protège, qui fait grandir, qui nourrit. Elle héberge l’intelligence collective, la créativité augmentée.

Nous dessinons une fenêtre pour ouvrir sur l’extérieur. Sortir du cadre, sortir de l’entre-soi, s’ouvrir à la diversité des points de vue. Qu’est-ce que le codesign change dans notre perception au monde ? Inversement, comment est perçu le codesign par un regard extérieur ?

Le toit est riche en symbolique. La charpente soutient, le toit protège et isole du froid. Il a une ouverture vers le ciel, les étoiles, la lumière, le soleil qui inonde la pièce. C’est un lieu de rêverie et de convivialité. C’est aussi un lieu responsable où les abeilles fabriquent du miel et les panneaux solaires produisent de l’énergie. Enfin c’est un lieu connecté au monde via son antenne.

Dans cet exercice, nous avons pu éprouver la posture du chercheur : observer, analyser, tester, déployer. C’est une posture exigeante qui se nourrit d’imperfection et d’impermanence. Il s’agit à la fois de penser ce qu’on fait et de faire pour penser. Dans mon groupe de travail, nous étions enlisés dans des débats conceptuels jusqu’à ce que l’un d’entre nous prenne un feutre et commence à dessiner une fenêtre. Ce simple geste a projeté toute l’équipe dans une dynamique d’action.

Mais le processus collaboratif a été très affaibli par le manque d’écoute au sein de l’équipe. Comment partager une vision si on n’arrive pas à s’écouter? Comment construire un espace collaboratif sensé accueillir les conversations si nous-mêmes n’arrivons pas à construire cet espace d’écoute et de collaboration entre nous ? C’est vrai aussi pour la collaboration avec les autres équipes. Nous aurions pu aller beaucoup plus loin dans cette cohérence et cette continuité entre les murs. Mais comment collaborer avec l’extérieur quand on a déjà du mal à collaborer à l’intérieur ?

Forts de cette expérience, nous nous sommes fixés des règles pour l’activité suivante: l’utilisation du bâton de parole. Cette technique a immédiatement prouvé son efficacité en facilitant les échanges entre les membres du groupe.

L’écoute est un prérequis au sein d’un processus collaboratif. Mais comment se donner les conditions pour une bonne écoute? On revient toujours à la nécessité d’un cadre, de règles, de rôles pour veiller au bon fonctionnement. C’est sans aucun doute parmi les premières activités à pratiquer dans le cadre du D.U. Codesign pour qu’il soit véritablement apprenant.

La démarche du chercheur, comme celle l’artiste, est souvent perçue comme solitaire par nature, même si les laboratoires de recherche et les résidences d’artistes sont là pour les sortir de cet isolement. Et si on observait leur façon d’écouter et d’interroger le monde pour nourrir nos expériences collaboratives?

Références :

MAMAC – Musée D’Art Moderne et d’Art Contemporain de Nice

La Cambra de Ben (Vautier)

L’Homme Spatial, Michel Lussault

La théorie U, Otto Sharmer

Le Vantage Point Model, MG Taylor

The Art of Hosting


Restitution proposée par Hélène CHANEL et relecture par Laurent DUCLOS, participants du Diplôme Universitaire Codesign.

Merci à Catherine Foliot pour son intervention !

Licence Creative Commons Cette œuvre de Codesign-it! est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

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La Joie de Dame Fortune, roman collaboratif. http://codesign-it-ventures.fr/2018/04/03/la-joie-de-dame-fortune-roman-collaboratif/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=la-joie-de-dame-fortune-roman-collaboratif http://codesign-it-ventures.fr/2018/04/03/la-joie-de-dame-fortune-roman-collaboratif/#respond Tue, 03 Apr 2018 16:59:28 +0000 http://codesign-it.com/?p=1664 [...]]]>  

La statuette de Dame Fortune

« Créer, c’est vivre deux fois » Albert Camus

Résumé :

Cette publication retrace le déroulement d’une session du diplôme universitaire de Codesign. Le cœur de la session est le récit d’une expérience de co-écriture d’un roman épistolaire et d’éclairages sur le modèle du parcours de vie de Jean-Pierre Boutinet et du méta-modèle de la Théorie U d’Otto Sharmer. Les réflexions des participants s’ouvrent sur la place de l’initiateur-trice d’un projet dans son déroulement et sa suite, la potentielle utilisation de la Théorie U dans une œuvre artistique collective et la place de la joie dans le travail collaboratif.

Caroline Guyon et Christine Da Silva, collaboratrices de La Française Des Jeux, sont les deux intervenantes venues stimuler les participants du diplôme universitaire de Codesign. Pour cela, Caroline et Christine ont partagé leur expérience de co-écriture d’une histoire singulière, à la fois au cœur et en marge de leur emploi. L’histoire de Dame Fortune et du roman qui lui est consacré.

 

Déroulement de la session :

Lundi 2 octobre, 9h, temps maussade, température basse, café chaud, nouvel espace du 12co, les participants se réunissent pour parcourir trois nouvelles journées dans le Diplôme Universitaire de codesign et les boucles de pédagogie inversée. Rien ne laisse présager que la joie sera si grandement présente ce matin.

Comme souvent, la session commence par un imprévu. Le pitcheur de l’accueil n’est pas là : qui va pitcher ? Car pour que la session commence, le rituel de l’accueil est nécessaire afin de connecter l’intervenant au groupe et de le mettre dans de bonnes conditions en connaissant mieux le déroulement de la formation et la composition du collectif. C’est Véronique qui, spontanément, se propose pour accueillir Caroline et Christine avant de leur laisser la parole.

Pour trouver le début de l’histoire qui nous est raconté, il faut remonter en 2014, dans le hall de La Française des Jeux. Caroline, ingénieur qualité, passe chaque jour devant une œuvre d’art, sans vraiment la remarquer. L’œuvre est dans le paysage, elle est le symbole de l’entreprise. Et puis un jour, Caroline se demande qu’elle est donc cette œuvre ? Ce symbole ? Elle est attirée par l’œuvre, et même les œuvres, identiques, présentes sur chaque site de l’entreprise et qui pourtant semblent être ignorées par le plus grand nombre. Cette œuvre c’est Dame Fortune, c’est écrit sur le socle mais une question naît : qui est-elle ? Qui est Dame Fortune ?

L’envie d’écrire sur l’œuvre mobilise Caroline. Elle transcende son propre jugement et les suppositions inhibitrices en partageant cette envie avec quelques collègues lors d’un déjeuner : Et si nous écrivions ensemble sur la vie de Dame Fortune ?

Certains répondront positivement à l’appel de Caroline, dont Christine. Les rencontres se dérouleront de façon hebdomadaire, le mardi entre 12h et 14h, dans un restaurant voisin de l’entreprise. Le collectif de 9 personnes est lancé et pose les principes qui le guidera pendant 6 mois :

Valeur commune : “Créer ensemble, c’est vivre deux fois plus heureux”. Réadaptée, la phrase d’Albert Camus, car il semblait délicat de « promettre la réincarnation ».
– Règles de fonctionnement : créer sans se juger, se faire plaisir, rester positif. Le fruit de notre imagination ne peut être divulgué qu’avec l’accord du groupe.

Les questions qui soudent le collectif autour de l’envie d’écrire prennent forme :

– Pourquoi Dame Fortune tu es sur tous nos sites ?
– Pourquoi tu as les yeux bandés ?
– Qui es-tu ?

Dans le récit de cette expérience, la méthode ne précède pas l’envie. C’est chemin faisant, durant les premières semaines, que le collectif découvre les travaux de Jean-Pierre Boutinet sur la trajectoire de vie et le parcours de vie. Ce cadre sera la base du travail du collectif sur la vie de Dame Fortune, la structure du roman. Durant 3 mois, les échanges seront focalisés sur les événements et le déroulement de la vie de Dame Fortune.

La trajectoire et le parcours de vie de Dame Fortune

L’étape méthodologique suivante sera la découverte de la Théorie U. Il s’agit pour le collectif d’un méta-modèle qui leur permet de réinterpréter leur expérience au travers des étapes décrites par Otto Charmer. Caroline nous relate alors des éléments essentiels d’un parcours en U : esprit ouvert et suspension de la voix du jugement, puis coeur ouvert et suspension de la voix du cynisme et enfin volonté ouverte et suspension de la voix de la peur.

Autre élément qui pourrait être considéré comme un détail, mais que nos deux intervenantes s’accordent à qualifier de point crucial dans la vie du collectif : la date, une échéance pour achever l’ouvrage. Et la date fait sens dans l’entreprise qui réunit ce collectif puisque durant l’année de la co-écriture il y a un vendredi 13, un seul. La date devient alors une évidence.

Dans son cheminement avec à présent le U pour fil conducteur, après de multiples échanges et correspondances en plus des rencontres hebdomadaires, le collectif choisit la forme du roman épistolaire pour raconter l’histoire de Dame Fortune. A l’approche du vendredi 13, deux nouvelles questions se posent : l’ouvrage doit-il être publié ? Et si oui, sous les vrais noms ou sous des pseudonymes ? Le groupe s’accorde selon ses principes : il faut l’accord de chacun pour que la publication soit réalisée et si l’anonymat est préféré il sera adopté.

Le jour J étant arrivé la publication est réalisé sur l’Intranet de l’entreprise et partagé au plus grand nombre. En parallèle un livre en auto-édition est édité. La personne qui a publié est nécessairement sortie de l’anonymat, tandis que l’ouvrage est signé par les « Fortune Tellers ».

La suite des aventures du collectif était déjà présente sur la couverture de l’ouvrage puisqu’il s’agit du dessin… De nouveau l’appel est lancé, un collectif se mobilise, l’esprit, le cœur et la volonté ouvert-e-s les traits prennent forme à chaque nouveau rendez-vous…

Peut-être verrez-vous un jour une exposition d’œuvres collaboratives que Caroline et Christine auront réalisée avec d’autres, et si c’est le cas, je prends le pari que le vernissage se fera un vendredi 13.

Suite à ce partage, vient l’étape de problématisation, réalisée en parallélisant, c’est à dire en divisant le groupe de participant-e-s en sous-groupes de 5 à 7 personnes, pour rechercher un problème suite à la stimulation. La problématisation, pour essentielle qu’elle soit, est régulièrement problématique et confusante. On voit souvent émerger une intention ou une suggestion, une réponse même, parfois dissimulée dans une question, ou une affirmation sans que pour autant il s’agisse tout à fait d’un problème. La tentation de la question est grande et nous, participant-e-s, y cédons fréquemment. Cependant, il s’agit d’une démarche apprenante et dans les sous-groupes, il y a souvent une personne pour pointer l’écueil, si ce n’est pas le facilitateur ou le collectif qui le fait au moment du partage des problèmes.

Problèmes identifiés :

– Cultiver la joie dans le travail collaboratif.
– La méthode U permet à des artistes de co-créer des œuvres de meilleure qualité, reformulé ensuite en : comment ne pas diluer une expertise dans un travail collaboratif ?
– Conserver la juste place du leader (influence, neutralité, moteur, autonomie, …) alors qu’il est partie prenante
– Passer de mon projet à notre projet avec des volontaires (rêve, méthode, …)

Le temps consacré à la réflexivité permet de mettre en commun ce que les participants ont vécu, retiennent, ont appris durant la session. Dans ce cas, la méthode du domino a été utilisée. Réuni-e-s en plénière, Alain, notre facilitateur nous a invité à écrire sur un post-it ce que l’on souhaite partager, puis un-e participant-e initie le partage en lisant et en collant son post-it, si une autre personne à une chose identique ou proche, il suffit d’aller réunir les post-it. Si non, on passe au partage d’un autre post-it et du regroupement éventuel qui l’accompagne et ainsi de suite jusqu’à ce que chacun-e ait partagé ses réflexions. Cela permet de voir les points de convergence et les points plus singuliers.

Dans notre cas, la part des mots ou phrases lié-e-s à une dimension émotionnelle m’a marqué et notamment en ce qui concerne la joie : « la joie est dans la co-création », « la phase de prototypage est la plus excitante », « la méthode n’est qu’un support, la joie de la création collective est le vrai moteur », « la joie est dans la concrétisation d’un projet collectif » …

Des éléments saillants s’attachent à la place de leader, de l’impulsion de l’initiateur-trice : « l’initiateur d’un projet peut passer au rôle de participant (ou sortir) sans que le projet ne meure », « partager et laisser agir », « le rôle et la responsabilité du porteur de projet évolue au cours du temps », « connaître dès le début d’un projet l’évolution du rôle d’un porteur d’idée », « exprimer ses rêves », « parler de ses projets », « oser co-initier », « fédérer un groupe autour d’un idée perso en faisant de la place à chacun », …

 

D’autre encore reviennent sur l’importance du cadre : « un cadre partagé allié à beaucoup de liberté », « pour garantir ce « presencing » le cadre est nécessaire », « fixer les règles pour libérer la créativité », « se donner des règles, un cadre en amont + partage de valeurs ».

A l’occasion de cette séquence de réflexivité, le temps maussade de l’extérieur est oublié grâce à l’enthousiasme de ce qui se déroule à l’intérieur.

Ressources complémentaires :

– Les travaux de Jean-Pierre Boutinet sur le Parcours de vie et autres publications : http://www.jeanpierreboutinet.fr

– Le site internet du Presencing Institute et la Théorie U : https://www.presencing.com

– Résumé de la théorie U : « Éclairer l’angle mort de notre époque » https://www.presencing.com/sites/default/files/page-files/TU-ExecSum-French.pdf

L’un des apports majeurs concerne, pour ma part, les notions de trajectoire et de parcours de vie. L’élan donné par l’extérieur et l’élan donné par soi-même sont des notions qui me semblent être au cœur des démarches collaboratives. Lorsque la complexité est présente et l’incertitude ambiante, la capacité d’un collectif à chercher des pistes de solutions puis à prendre des décisions et enfin à les mettre en œuvre semblent proches du passage de la trajectoire au parcours de vie. Le groupe faisant alors, dans une certaine mesure, des choix déterminants dans la construction de son futur, impactant parfois celui d’autres, leur donnant une trajectoire avant qu’à leur tour, ils construisent leur parcours de vie…

Concernant le processus collaboratif tel qu’il nous a été présenté par Caroline et Christine (et tel que je l’ai perçu et retenu), j’en garde une sensation d’enthousiasme, de plaisir, de joie dans cette dynamique hybride, à la fois dans et hors de l’entreprise, à la fois pour soi et pour/avec les autres, à la fois dans un cadre et dans l’autonomie, …

Plusieurs fois, le fantasme qu’une formule existerait pour favoriser cette joie a été évoqué lors des échanges, elle pourrait ressembler à :

oser partager + motivation intrinsèque + production collective + échéance + implication = joie

J’ai personnellement été saisi par le récit de ce cas concret d’une démarche qui se calque, en chemin, sur la Théorie U. J’aime quand les modèles, méta-modèles, techniques, concepts, sont présentés par le prisme de l’expérience. Cela me permet de réaliser de façon plus précise à quoi ils peuvent se rattacher en situation. A mon sens cela évite de se perdre en conjectures ou en réflexions infinies qui, bien qu’intéressantes, risquent de perdre de leur substance en se s’éloignant du réel.

A l’issue de cette matinée, des questions nouvelles émergent :

– Quelle est le processus de la reconnaissance dans le souhait de l’anonymat ?
– Quel est l’impact de ce type de démarche sur son travail du quotidien ?
– Quelle est l’influence de ces démarches sur la confiance en soi et l’estime de soi ?
– La joie peut-elle devenir un nouvel indicateur au travail ?

Autant de questions qui invitent à découvrir de nouveaux ouvrages, partager des expériences, mener de nouvelles explorations


Publication proposée par Guillaume Roissard, avec la précieuse contribution de Sophie Mourey, participant-e-s du Diplôme Universitaire Codesign

Merci à Caroline Guyon et à Christine Da Silva pour leur intervention !

Licence Creative Commons Cette œuvre de Codesign-it! est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

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